auteur Pierre GUERLAIN

Russiagate : l’incroyable cadeau des Démocrates à Trump

Pierre GUERLAIN
Le procureur Mueller a rendu son rapport et le ministre de la justice américain nommé par Trump, Barr, en a donné un résumé qui n’a pas été dénoncé par Mueller qui donc est fiable. L’information essentielle du rapport est qu’il n’y a pas de preuve de conspiration ou collusion entre Trump et la Russie. Ce soupçon de conspiration était la raison principale de la nomination du procureur spécial et donc, sur ce plan là, le Russiagate s’écroule. Après 3 ans de polémique et 22 mois d’enquête avec des moyens énormes, ce qui s’écroule est en fait une cabale ou une théorie du complot ourdie par le clan Clinton et constamment vendue par des médias dits « libéraux » proche des Démocrates néolibéraux. Le rapport Mueller, dans ce que l’on sait par le résumé de 4 pages, confirme par ailleurs tout un tas de violations du droit par des proches de Trump, violations que nous connaissions déjà par les divers reportages ou livres comme celui de Bob Woodward, Fear : Trump in the White House. Le (…)

Retrait de Syrie et d’Afghanistan : pantalonnade de Trump

Pierre GUERLAIN
Le 19 décembre 2018 le président américain annonçait qu’il retirait les troupes américaines de Syrie. Sa décision qui correspondait à une promesse de campagne devait s’appliquer dans les 30 prochains jours. Il a aussi ajouté qu’il allait retirer 7000 soldats d’Afghanistan. Toute la classe politique américaine ou presque a alors repris son antienne : Trump ne respectait pas les alliés des États-Unis, mettait en danger les Kurdes, ne finissait pas le boulot contre l’État islamique et donnait carte blanche à la Russie et à l’Iran. Son ministre de la défense, Mattis, un va-t-en-guerre confirmé et responsable de la destruction de Falloujah en Irak [9] et auteur de phrases dignes d’un psychopathe [10] a démissionné. On aurait pu croire que les États-Unis avaient toujours respecté leurs alliés, en Irak en 2003 par exemple, et qu’ils étaient soudain en train de gagner la guerre asymétrique en Afghanistan, ce qui s’est avéré impossible en 17 ans de présence militaire dans ce pays. Alors (…)

Russiagate ou comment casser la gauche

Pierre GUERLAIN
Partons d’une interprétation largement partagée dans le monde intellectuel et médiatique : Trump, l’oligarque américain, est une catastrophe sur tous les plans, écologique, économique, géopolitique et sur le plan de l’égalité entre hommes et femmes, et entre groupes ethno-raciaux. Ce postulat ne sera pas remis en question ici. Cependant ceux qui s’opposent à lui, ou disent s’opposer à ses politiques, sont souvent pris dans des contradictions et des alliances fort étranges. Dès avril 2017, Matt Taibbi, un journaliste qui parle russe, avait évoqué un « Putin derangement syndrome », une forme d’hystérie de masse évoquant une conspiration qui affectait les médias américains [19]. Le dérangement politique n’a cessé de s’aggraver. Il y a tout d’abord « l’opposition inauthentique », selon le mot de Sheldon Wolin [20], c’est à dire tous ceux qui appartiennent au parti démocrate mais votent les crédits militaires ou encouragent Trump à déplacer l’ambassade américaine à Jérusalem, voire (…)

Le retour gagnant des Néoconservateurs américains

Pierre GUERLAIN
Le cirque permanent qu’est la présidence Trump est un spectacle qui occupe et enrichit les médias dominants mais obscurcit les enjeux fondamentaux de cette présidence. Il est clair que Trump ne connaît pas grand chose aux phénomènes politiques et économiques, qu’il n’a pas l’envergure intellectuelle pour comprendre l’assurance santé ou les relations internationales et qu’il semble changer d’avis et de politique au gré des influences diverses qui s’exercent sur lui. Homme égocentrique, caractériel et impulsif, il accumule les gaffes, les contradictions et les renvois des responsables qu’il a nommés. Son tout nouveau chef de cabinet, John Kelly, a commencé par virer son directeur de la communication, Scaramucci, nommé dix jours plus tôt et qui avait lui obtenu la démission de deux proches. Néanmoins, dans le chaos perpétuel on peut distinguer les zones dans lesquelles Trump peut donner libre cours à ses préférences réactionnaires, ses préjugés et son envie d’apparaître comme le (…)

Discorde entre les Etats-Unis et l’Arabie Saoudite

Pierre GUERLAIN
Lors d’un entretien avec le journaliste Jefferey Goldberg pour le magazine The Atlantic un échange entre le Premier ministre australien, Malcolm Turnbull, et Obama est cité. À la question de Turnbull « Les Saoudiens ne sont-ils pas vos amis ? » le Président américain répond « C’est compliqué ». La relation entre ces deux pays n’était pas jusqu’alors si compliquée. De retour de la conférence de Yalta, le président Franklin Roosevelt avait rencontré le roi d’Arabie saoudite, Abdul Aziz ibn Saoud. Les bases de la relation étaient simples : l’Arabie garantissait l’approvisionnement en pétrole des États-Unis qui en retour garantissaient la sécurité du royaume, un royaume bien plus faible qu’aujourd’hui. En dépit de hauts et de bas, notamment au moment de l’embargo sur le pétrole après la guerre du Yom Kippour en 1973, cette relation a perduré jusqu’à maintenant. L’Arabie saoudite est rapidement devenue un des piliers de la présence américaine au Moyen-Orient. Avant la chute du Shah (…)