auteur Jérôme ROOS

La Gauche et l’Euro : où est le problème ?

Jérôme ROOS

Beaucoup plus que de regagner le pouvoir gouvernemental pour sortir de l’euro, le défi pour la gauche grecque est de construire le pouvoir social susceptible d’appuyer une rupture radicale.

Maintenant qu’Alexis Tsipras a démissionné, que SYRIZA a éclaté et que le premier gouvernement de gauche radicale en Europe a été mis à genoux en moins de six mois, vient le temps de la réflexion. Quels enseignements pouvons-nous tirer des expériences de ces six derniers mois ? Et comment se présente la lutte aujourd’hui ? La première leçon, et la plus évidente, c’est qu’à l’intérieur de la zone euro, il n’y a pas de place pour la démocratie, et encore moins pour une alternative de progrès social. Bien entendu, ceci était clair bien avant que SYRIZA n’arrive au pouvoir, mais il y avait encore beaucoup de membres des partis de la gauche européenne — dont surtout Tsipras et son entourage — qui paraissaient se réfugier dans la croyance naïve que l’union monétaire pourrait d’une façon ou d’une autre être rendue un peu plus humaine. L’échec dramatique de la stratégie de négociation de Tsipras a démontré de façon limpide que ce n’étaient, malheureusement, que chimères. La nature (…)

Venezuela : c’est l’opposition qui est anti-démocratique (Roar Mag)

Jérôme ROOS

Ne vous laissez pas berner par la vue de manifestations au Venezuela : cette fois les méchants anti-démocratiques ne sont pas au gouvernement mais dans l’opposition pro-américaine.

(…) Je suis de plus en plus frustré par (1) l'absence totale d'information équilibrée sur le Venezuela dans les médias internationaux, y compris dans des publications de centre-gauche comme The Guardian ; (2) la facilité apparente avec laquelle les camarades de la gauche libertaire ignorent les événements au Venezuela comme s'ils étaient en quelque sorte « étrangers » à notre cause , tout simplement parce nous ne sommes pas censés avoir une affinité idéologique étroite avec le chavisme, et (3) la base mal informée sur laquelle de nombreux militants et même mouvements importants ont pris le parti des manifestants contre le gouvernement, partageant aveuglément la propagande de l'opposition de droite et répercutant les interprétations superficielles et dangereusement bornées sur les manifestations. J'ai l'intention d'écrire plus longuement sur ce sujet, mais voici déjà quelques réflexions : 1. Ce n'est pas parce que des gens sont dans la rue qu'ils sont de notre côté. Nous vivons à (…)