auteur Luciana BOHNE

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L’escroquerie démocratique : Hillary ou Trump ? (Counterpunch)

Luciana BOHNE
« Pensez-vous que nous serions mieux sous Hillary ou Trump, » m'ont demandé les membres de mon groupe d'écriture, lors d'une réunion en Octobre. « Ce n'est pas une question de l'un ou l'autre. Je ne peux pas vous donner une réponse courte. » Finalement, j'ai rédigé la réponse que voici. Aux Etats-Unis, nous avons la démocratie politique mais la démocratie économique est rare. Nous avons les structures politiques de la démocratie, mais elles vacillent sur des fondations faites de clauses d'exception. Ces exceptions limitent les progrès de la démocratie d'en bas. Nous avons la démocratie pour quelques-uns et l'exclusion pour tous les autres. Nous avons le socialisme pour le capital et le capitalisme pour le reste. D'ailleurs, tout droit ou liberté politique est provisoire. Ils sont accordés avec des clauses d'exception rédigées en petits caractères ou avec des lacunes accumulées au fil du temps qui attribuent à l'État le privilège de les résilier. Nous avons une démocratie qui se (…)

La barbarie gagne du terrain

Luciana BOHNE

En Octobre de 1930, Thomas Mann lançait un « Appel à la raison » dans le Berliner Tageblatt :

"Cet état d’esprit fantastique, d’une humanité qui n’a plus d’idées, est compensé par une mise en scène politique grotesque, qui utilise les techniques de l’Armée du Salut : alléluias, tintements de cloche et la répétition de slogans monotones à la manière des derviches, jusqu’à ce que tout le monde ait l’écume à la bouche.

Le fanatisme se transforme en une source de salut, l'enthousiasme en extase épileptique . . . et le visage de la raison disparaît sous un voile". L'appel a échoué. Hitler est devenu chancelier en 1933 et, peu de temps après, l'incendie du Reichstag, il a fait passer un « Décret d'habilitation » qui suspendait les libertés individuelles, la liberté d'opinion, y compris la liberté de la presse, la liberté d’organiser des rassemblements et de se rassembler, la confidentialité des communications postales, télégraphiques et téléphoniques. Bien que soumis à des perquisitions, des restrictions sur la propriété et des confiscations, les Allemands se sentaient libres tant qu'ils se comportaient comme de « bons Allemands » et obéissaient à la loi. On dirait qu’en Europe, on est revenu aux années 1930, bien que les « idéologies » soient censées avoir disparu avec la chute de l'Union soviétique. Heureusement, le parti de droite radicale de Marine Le Pen, le Front National, vient de perdre (…)