auteur Erno RENONCOURT

Le verbe gagner conjugué au temps trumpien

Erno RENONCOURT

En suivant le narratif trumpien sur l'agression israélo-américaine contre l'Iran, il saute aux yeux que la chronologie de cette guerre, telle que racontée par Donald Trump et massivement relayée par l’ « écho-système communicant asservi » des médias occidentaux, délivre une déclinaison innovante de la conjugaison du verbe gagner.

Au temps trumpien du présent déformé, par la crasseuse ignorance du passé (histoire) et la confiance arrogante dans le futur improbable algorithmé, par la réalité virtuelle (technologie/IA) et les fictions hollywoodiennes (conditionnement culturel par l’abrutissement), le verbe gagner se conjugue ainsi durant les 24 jours de guerre : 1. 1er jour : nous allons gagner rapidement 2. 2ème jour : nous avons gagné, tout est détruit. 3. 3ème jour : nous sommes en train de gagner. 4. 5ème jour : nous allons bombarder plus massivement pour pouvoir gagner. 5. 11ème jour : nous demandons l'aide de l'Otan et de la Chine pour gagner. 6. 15ème jour : nous gagnerons même sans l'aide des ingrats et des lâches de l'Europe et d'ailleurs. 7. 20ème jour : nous lançons un ultimatum de trois jours à l'Iran, sinon, nous gagnerons 8. 23ème jour : nous repoussons l'ultimatum, car nous avons de toute façon gagné. Comment ne pas penser à Orwell qui, dans son ouvrage 1984, avait prédit , mais (…)

Haïti, 1986 - 2026 : De l’horizon démocratique à l’extinction anthropologique

Erno RENONCOURT

Le 7 février 1986, une lueur d'espérance colorait le ciel nuageux et obscur d'Haïti. À l'horizon de l’expérience politique haïtienne, avaient scintillé les premières lueurs d'une aube démocratique qui annonçait la promesse d'un apprentissage collectif de la responsabilité pour atteindre le rêve inespéré d'une innovation sociale. D'abord célébrée collectivement comme une seconde indépendance, elle a ensuite connu le même déclin, la même trajectoire d'enfumage que cet envol historique du collectif haïtien vers l’assumation de sa dignité et la résurgence de son humanité, que fut l'indépendance. Comprendre la dynamique anthropologique shitholisante qui relie et anime ces deux événements historiques, modéliser contextuellement le repère qui a orienté le pilotage des élites haïtiennes et établir le bilan des forces globales qui ont influencé cette évolution shitholique, telle est la triple quête de cette raisonnance qui se veut une analyse rétrospective de ce segment historique du passé (1986 – 2026), dans le prisme du présent gangstérisé, pour entrevoir les chances d’un possible sursaut des générations futures d'Haïti vers une trajectoire d'intelligence stratégique et d'apprenance collective.

(Partie 1 de 2) : Sur les causes de la shitholisation d’Haïti entre 1986 et 2026 Le 7 février 1986, avec la chute des Duvalier, le ciel politique d’Haïti, obscurci par des décennies de régimes corrompus et sanguinaires, s'était éclairci sous les pâles rayons d’une aube fébrile de changement. Cette éclaircie fut pourtant collectivement célébrée comme une seconde indépendance, car elle laissait entrevoir, à une population séculairement déshumanisée, un horizon démocratique radieux. Horizon dans le prisme duquel scintillait la promesse d’un autre possible pour Haïti, en rupture d’avec le cycle des 29 années de la présidence à vie, sur fond de totalitarisme et d’obscurantisme, qui venait d’être mis à l’arrêt. Et tenant compte de la terreur qui régnait en Haïti depuis 1957, la fin de la présidence à vie en février 1986 tenait lieu de révolution. Une analyse rétrospective du réel haïtien A cette date, il nous manquait la maturité systémique pour relier le local au global, et (…)

Bonjour 2026 et déjà l’éternel sentiment d’un déjà vu

Erno RENONCOURT
Seulement 48 heures après le début de la nouvelle année, le monde se réveille avec un sentiment de déjà vu : La même impuissance devant l’invariante barbarie de l’Occident, dans sa détermination à exploiter et déshumaniser les peuples à son gré pour maintenir son hégémonie sur les ressources de la planète. Ainsi, dans le clair-obscur de ce 3 janvier 2026, la nouvelle de l'agression militaire du Grand Barbare Occidental contre le peuple digne, libre et souverain du Venezuela s’est répandue faiblement et avec douleur dans les lieux humains où subsiste encore une certaine résistance à la mise au pas du monde par le rouleau compresseur de la géostratégie de la globalisation. Bien évidemment, comme le laisse augurer le silence servile des médias occidentaux sur ce crime, qui viole le droit international, il n'y aura pas de coalition de volontaires des puissances démocratiques du monde pour soutenir le Venezuela, jusqu'au dernier Vénézuélien, comme c'est le cas avec l'Ukraine. Et les (…)

La fabrique de l’ignorance collective par l’insignifiance culturelle anoblie Partie 4 : Exemples de Cas des biais académiques et médiatiques

Erno RENONCOURT

Nous voici pour le quatrième acte de cette tribune qui problématise l’insignifiance culturelle anoblie comme l’une des failles béantes qui alimentent l’engrenage de l’errance anthropologique haïtienne. Comme nous le postulons dans les manuscrits de l’axiomatique de l’indigence, l’écosystème haïtien est troué de failles béantes et profondes, lesquelles, creusées dans la conscience des groupes dominants, laissent éroder les valeurs irradiantes et le potentiel transformateur de l’imaginaire du collectif. Ce qui donne lieu à des interactions déshumanisantes entretenues, dans l’enfumage se quelques réussites, par des processus de boîte noire qui participent à la fabrique de l’ignorance collective. Laquelle est le grand propulseur de l’auto-déshumanisation du local et le verrou de sa dépendance asservissante vis-à-vis de la géostratégie de la globalisation. A travers les exemples de cas de Gary Victor (écrivain prolifique et éditorialiste au journal Le National), de Pierre-Louis Naud (Chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadienne) et du regretté Franck Étienne (Écrivain, Artiste, légende littéraire nationale) que nous proposons dans cet article pour déconstruire le mythe des réussites culturelles et académiques, en montrant leurs liens avec l’écosystème indigent, nous nous attaquons à du lourd. Oui, nous avons conscience d’augmenter ainsi le nombre de nos ennemis dans la population, de resserrer les verrous de notre mise en quarantaine professionnelle et peut-être même d’accélérer notre mise à mort, tant nous savons combien le shithole est solidaire et uni dans les impostures qui mettent en avant les succès individuels dans les rêves blancs d’ailleurs. Mais, c’est le prix à payer pour embellir l’imaginaire collectif ! Car c’est toujours par le sacrifice de quelques-uns que se créent, dans le voile des ténèbres épaisses, les brèches qui éclairent vers d’autres possibles plus dignes. Bonne lecture.

Dans la troisième partie de cette tribune, nous avons nommé et audibilisé la problématique anthropologiquement paradoxale, existentiellement angoissante et stratégiquement complexe, qui donne à Haïti ses attraits shitholiques. Un pays qui est hanté par de terrifiants cauchemars noirs, à force d’être shitholisé par les rêves blancs d’ailleurs de ses groupes dominants. Il va de soi que raisonner sur une problématique aussi insolente ne peut que nous valoir de nombreuses inimitiés. Et pour cause ! C’est toujours par le honnissement que l’on récompense ceux et celles qui s’appliquent à démystifier les récits et les contes de fée des réussites indigentes de leur société. Même quand leur objectif, ce faisant, est de faire luire les axes de nouveaux repères éthiques pour redresser les postures collectives, servilement inclinées vers le cycle bas de la vie. Évidemment, dans un shithole, l’insignifiance culturelle aidant, beaucoup ne retiendront dans cette problématique que sa tonalité (…)

La fabrique de l’ignorance collective par l’insignifiance culturelle anoblie. Partie 3 : des biais fonctionnels à contre sens éthique à l’errance anthropologique

Erno RENONCOURT

L’enchevêtrement des évènements sur le théâtre social haïtien précipite le shithole, une fois de plus, dans la lumière médiatique internationale. Des sanctions internationales, depuis 2022, contre la quasi-totalité de la représentation politique gangstérisée haïtienne, qui a été promue en 2011, par les groupes dominants économiques haïtiens et leur soutien diplomatique, derrière l’écran de fumée du projet Haïti is open for business, aux arrestations, en 2025, de deux puissants hommes d’affaires, parmi les dizaines se trouvant catalogués par le Canada, les États-Unis et l’Organisation des Nations Unies (ONU) comme les principaux sponsors de la criminalité transnationale qui shitholise Haïti, jusqu’au vote du Conseil de Sécurité des Nations Unies, le 30 septembre 2025, pour une prétendue mission de suppression des gangs, tout se déroule selon un scénario macabre qui prend sa source dans ce que nous appelons le processus d’attrition stratégique d’Haïti. Nous espérons que l'originalité de la thématique abordée ici et la rigueur avec laquelle nous la traitons compenseront la longueur de ce texte. Nous sommes de ceux qui continuent de croire qu'il existe encore des lecteurs et lectrices qui ne recherchent pas que des contenus courts et expéditifs, et qu'ils peuvent avoir l'autonomie intellectuelle pour résister à la reprogrammation de leur structure neuronale et refuser de céder à la dictature du "short" et du passage à vide cognitif d'un texte à l'autre sans aucune appropriation pour une action transformatrice.

Le contexte socio-politique du shithole et les biais des enfumeurs Sans entrer ici dans les détails, nous pouvons noter, en passant, que le nom de la mission s’inscrit dans la continuité de la stratégie d’imposture de l’ONU. Et pour cause ! Ces gangs, que la crapulerie internationale, ci-devant communauté internationale, veut supprimer aujourd’hui, ont été promus et fédérés en 2020 par Hélène La Lime, qui, dans son rôle de Représentante du Secrétaire Général de l‘ONU en Haïti, avait tenu de nombreux plaidoyers pour soutenir l’idée que la fédération des gangs haïtiens était un projet pour faire baisser la violence et la criminalité en Haïti. Mais, c’est l’inverse qui s’est fait dans la réalité Car ces gangs, une fois fédérés, avaient été élevés au rang de nouveaux acteurs du jeu politique haïtien, par les principales missions diplomatiques en Haïti, lesquelles réunies au sein du Core Group sont les vrais maitres du shithole. Ce jeu trouble laisse deviner, à qui est systémiquement (…)