auteur Abdel BARI ATWAN
2 juin 2018
Avec le soutien des dictatures arabes, Trump veut liquider la cause palestinienne
Abdel BARI ATWAN
Abdel Bari Atwan - Avant « l'accord du siècle », les alliés arabes de Trump tentent de forcer les Palestiniens à capituler.
La célébration, la semaine dernière, du transfert de l'ambassade des États-Unis à Jérusalem occupée – qui vient conforter la volonté d’Israël de faire de Jérusalem sa capitale éternelle le jour du soixante-dixième anniversaire de sa prise de contrôle de la Palestine – a été la première étape essentielle de ce qui conduira, comme l’espère l'administration Trump – et si tout se passe bien – à l'effondrement total et définitif de la cause palestinienne.
En déplaçant l'ambassade en toute hâte pour faire coïncider son transfert avec l'anniversaire de la Nakba, les États-Unis et Israël ont lancé un « ballon d'essai » pour mesurer les réactions arabes et internationales avant de dévoiler « l’accord ».
Malheureusement, les réactions ont été insignifiantes dans la plupart des territoires palestiniens occupés à part la bande de Gaza où des manifestations de masse (…)
20 décembre 2017
Palestine : Les conséquences imprévues de la décision de Trump (Raï al-Yaoum)
Abdel BARI ATWAN
L’initiative de Trump sur Jérusalem a remis la Palestine sur le devant de la scène arabe et islamique.
En reconnaissant Jérusalem occupée comme la capitale de l'État d'occupation israélien, le président américain Donald Trump a mis une balle dans le pied de ses alliés « arabes sunnites » du Golfe arabe – principalement l’Arabie saoudite et l’Égypte.
Il a également allumé la mèche d'une intifada qui pourrait durer des mois, voire des années, et qui sera le prélude d'une guerre régionale qui remodèlera la carte de la région, l'équilibre des pouvoirs et les alliances.
Le pari de Trump, salué par le premier ministre israélien Binyamin Netanyahou et le lobby israélien à Washington, a marginalisé les deux principaux alliés arabes des Etats-Unis, l'Arabie Saoudite et l'Egypte, et a considérablement renforcé la position de deux Etats non arabes, l'Iran et la Turquie, qui sont en compétition avec eux pour le leadership du monde islamique et de ses autorités religieuses.
Le fait que le commandant iranien Qassem Soleimani en appelle publiquement aux dirigeants des ailes armées des (…)
29 septembre 2013
La Libye : une « success story » de l’OTAN
Abdel BARI ATWAN
Bienvenue dans la nouvelle Libye, un pays « libéré » par l’OTAN qui se retrouve maintenant sans les revenus pétroliers qui pourraient le rendre riche, sans aucune sécurité ni stabilité et avec une criminalité et une corruption à des niveaux sans précédents.
Vendredi dernier, le magazine The Economist a publié un rapport sur l’implosion de la Libye. Mon attention a été captée par les photos qui illustraient l’article - en particulier une illustration montrant un graffitti sur le mur d’un café du bord de mer dans la capitale Tripoli, qui disait : « Le seul chemin vers le Paradis est le chemin vers l’aéroport ».
La plaisanterie est très significative de l’état dans lequel se trouve la Libye après sa « libération » depuis le ciel par les avions de guerre de l’OTAN, et depuis le sol par la révolution qui a renversé le régime autoritaire de Muammar al-Ghadaffi. J’ai récemment rencontré à Londres beaucoup de gens arrivant de Libye, et leurs récits sur ce qu’est aujourd’hui la vie quotidienne, sont tout bonnement incroyables.
La capitale Tripoli n’a eu ni eau ni électricité pendant toute une semaine.
Les milices armées tiennent le haut du pavé et imposent leur loi dans les rues, faute d’un vrai gouvernement, d’institutions assurant une (…)
18 novembre 2012
Le monde arabe se solidarise-t-il enfin avec la Palestine ?
Abdel BARI ATWAN
Le mouvement de la résistance de Gaza progresse et obtient des résultats sans précédent dans sa lutte contre la machine de guerre israélienne qui s'est une fois de plus déchaînée contre lui. Personne ne fera rendre grâce à la résistance gazaouie.
Ca a été un moment vraiment historique quand les Israéliens - et non les pauvres habitants de Gaza- ont été obligés de courir vers les abris lorsque les sirènes ont annoncé l'arrivée des missiles Farj dans le centre de Tel Aviv. Les Israéliens en avaient perdu l'habitude pendant la longue période de paix et de sécurité qui avait précédé l'assaut.
Leurs leaders n'ont jamais hésité à perpétrer massacre après massacre chez les Palestiniens - faisant exploser des corps d'enfants avec leurs missiles, leurs bombes et leurs fusils. Le meurtre des élèves de l'école primaire Bahr al-Baqar en Egypte et celui des réfugiés du camp de Jénine en Cisjordanie font partie de la longue liste de leurs crimes.
Au cours des 40 dernières années - ce qui (…)
Le soulèvement chiite en Arabie Saoudite inquiète le Golfe
Abdel BARI ATWAN
Les autorités saoudiennes ont beaucoup de mal à empêcher la vague de protestation qui submerge plusieurs pays arabes d'envahir l'Arabie Saoudite. Pour éviter l'effondrement de la monarchie ou l'affaiblissement de sa légitimité, elles ont recours à deux méthodes : améliorer les conditions de vie des citoyens ou faire d'énormes cadeaux financiers aux pays voisins comme la Jordanie (1,4 milliards de dollars).
Cependant, il semble que ces efforts, malgré leur importance, n'ont servi qu'à "retarder" les évènements ; de fait, les manifestations populaires qui ont éclaté dans la ville chiite d'Al-Awwamiyah ( le gouvernorat d'Al-Qatif) ces deux derniers jours et ont mené à de violentes confrontations avec la police, ont pris tout le monde par surprise et ont confirmé que les barricades édifiées par le régime saoudien contre le printemps arabe n'étaient pas assez solides.
Le monarque saoudien, Abdallah Bin-Abd-al-Aziz, a pris conscience du danger que représente la vague de protestation (…)




