auteur Albert ETTINGER

Ouïghours : les vérités sacrifiées de Madame Defranoux (V) Incohérences, contrevérités et aveux

Albert ETTINGER

Le livre de Laurence Defranoux a pour titre "Ouïghours, Histoire d’un peuple sacrifié" (Éditions Tallandier, 2022 et 2025). Il a pour ambition de corroborer et d’établir une fois pour toutes le récit occidental du « génocide ouïghour » perpétré par le « régime communiste chinois ».

Le « massacre du peuple ouïghour » : Ce que nous révèlent les dates La chronologie permet souvent de mieux comprendre la nature d’événements reliés entre eux en élucidant leur relation de cause à effet. Selon Defranoux, la campagne internationale contre un prétendu « ethnocide » au Xinjiang atteint Paris en 2009, cinq ans après la fondation du WUC/Congrès mondial ouïghour à Munich par les services étasuniens, quand « une cinquantaine de personnes alertent les passants avec le slogan "Stop au massacre du peuple ouïghour", et arborent des tee-shirts qui supplient : "Aidez-nous, sauvez les Ouïghours" ». (1) L’« élimination du peuple ouïghour » aurait donc débuté au plus tard en 2009, et l’urgence de « sauver les Ouïghours » en train d’être « massacrés » aurait déjà été pressante à cette date-là ? Mais attention : 2009, c’est trois ans avant l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping (en 2012) ; c’est cinq ans avant que les autorités chinoises ne réagissent à l’attentat meurtrier de la (…)

Ouïghours : les vérités sacrifiées de Madame Defranoux - (IV) Les silences et les mensonges par omission

Albert ETTINGER

Ouïghours, Histoire d’un peuple sacrifié s’appelle le livre de Laurence Defranoux (Éditions Tallandier, 2022 et 2025) qui a pour ambition de corroborer et d’établir une fois pour toutes le récit occidental du « génocide ouïghour » perpétré par le « régime communiste chinois ».

Un choix partisan des sources En sus des « témoins » plus ou moins anonymes, Laurence Defranoux fonde son récit antichinois sur des sources journalistiques, françaises et anglo-saxonnes (Libération, Le Monde, The New York Times ...), sur des « défenseurs des droits humains » et sur des « recherches » d’experts dont elle cherche à cacher les affiliations, le financement, le parti-pris politico-idéologique ou le fanatisme religieux. À première vue, ses allégations paraissent donc abondamment sourcées. Cependant, on aurait tort de chercher, dans sa bibliographie, une seule œuvre ou prise de position qui s’écarte de la pensée unique occidentale. Aucune trace, parmi les sources de Defranoux, de voix dissidentes comme celles du professeur Kenneth J. Hammond (1) ou de Jeffrey D. Sachs et de William Schabas (« Les accusations de génocide dans le Xinjiang sont injustifiées » (2), aucune trace non plus de ce que Thomas Heberer et Helwig Schmidt-Glintzer, des sinologues allemands réputés, (…)
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Ouïghours : les vérités sacrifiées de Laurence Defranoux (III). La boîte à outils des manipulateurs

Albert ETTINGER

“ Ouïghours, Histoire d’un peuple sacrifié ”, tel est le titre du livre de Laurence Defranoux (Éditions Tallandier, 2022 et 2025) qui a pour ambition de corroborer et d’établir une fois pour toutes le récit occidental du « génocide ouïghour » perpétré par le « régime communiste chinois ».

Le mode opératoire de la pub : des émotions pour empêcher toute réflexion Le livre de Laurence Defranoux est, en majeure partie, un baratin qui ne s’adresse ni à la raison du lecteur, ni à son bon sens. Au lieu de preuves vérifiables (et donc réfutables), il mise sur les émotions fortes suscitées par une avalanche de « témoignages » non sourcés et jamais questionnés, un langage outrancier souvent vague, et l’évocation d’idées reçues, d’appréhensions et d’images anxiogènes ancrées dans le subconscient du lecteur. Que veut dire au juste l’affirmation du titre que le « peuple Ouïghour » aurait été « sacrifié » ? Dans le cadre de quel rituel, pour expier les péchés de qui ? Quand, dans la préface, Glucksmann parle de la « nuit dans laquelle un peuple, sa culture et son histoire étaient appelés à disparaître », est-ce dire qu’il n’y aurait plus de Ouïghours au Xinjiang ? Pas même ceux que l’on voit dans cette vidéo mise récemment sur YouTube par une jeune Américaine sinophone qui y (…)

Ouïghours : les vérités sacrifiées de Madame Defranoux - II. Idées reçues, calomnies et absurdités

Albert ETTINGER

Ouïghours, Histoire d’un peuple sacrifié s’appelle le livre de Laurence Defranoux (Éditions Tallendier, 2022 et 2025) qui a pour ambition de corroborer et d’établir une fois pour toutes le récit occidental du « génocide ouïghour » perpétré par le « régime communiste chinois ». Je l’ai lu attentivement, et ce qui va suivre (en plusieurs étapes), ce sont les remarques et réflexions que cette lecture m’a inspirées.

La manière de regarder la Chine de Madame Defranoux est semblable à celle d’une borgne souffrant de surcroît de myopie et de daltonisme. Sa vue altérée peut s’expliquer en partie par son anticommunisme primaire. Une de ses consœurs (bien plus douée et bien plus honnête qu’elle) n’a-t-elle pas déjà remarqué il y a plusieurs années que ses collègues au sein de médias réputés « de gauche » devaient leur piètre culture politique à l’infâme Livre noir du communisme ? Defranoux fait flèche de tout bois pour attaquer la Chine C’est assurément le cas de Laurence Defranoux qui s’évertue à brosser de la Chine communiste un tableau tout en noir, à commencer par le portrait en vitriol de ses dirigeants. Mao Zedong, toujours vénéré dans son pays pour l’avoir libéré de l’ancien régime semi-colonial et semi-féodal, n’est à ses yeux que le « responsable de plus de 36 millions de morts. » (1) Quant à Xi Jinping, non contente de le dénigrer comme un « pur produit du système » (ce qui ne vaut (…)

Ouïghours : les vérités sacrifiées de Madame Defranoux

Albert ETTINGER

Cet article est le premier d’une série écrite par notre ami Albert Ettinger, intellectuel luxembourgeois (voir plus bas) que Le Grand Soir a eu l’honneur d’accueillir 17 fois dans ses colonnes.
Ici, il décortique avec une rigueur chirurgicale et une grande honnêteté l’enfumage obstiné de "la responsable Xinjiang" au quotidien Libération.
Je m’en réjouis particulièrement parce que j’ai eu affaire à cette dame dont j’affiche, preuve à l’appui, tout en bas de cet article, un exemple de l’absence de toute espèce de moralité.
Maxime Vivas

Ouïghours, Histoire d’un peuple sacrifié s’appelle le livre de Laurence Defranoux (Éditions Tallendier, 2022 et 2025) qui a pour ambition de corroborer et d’établir une fois pour toutes le récit occidental du « génocide ouïghour » perpétré par le « régime communiste chinois ». Je l’ai lu attentivement, et ce qui va suivre (en plusieurs étapes), ce sont les remarques et réflexions que cette lecture m’a inspirées. (I) Les défenseurs des « droits humains » à géométrie variable au service de l’empire US Qui est-ce qui nous parle dans ce livre de 378 pages (dans son édition de 2025), et quel est le point de vue à partir duquel le livre nous interpelle ? Quels sont les intérêts qu’il sert et quels sont les buts qu’il poursuit ? Un premier élément de réponse nous est donné par le nom qui apparaît sur la page de couverture à côté de celui de l’autrice. Car pour promouvoir son livre et chanter ses louanges, Laurence Defranoux a eu recours à un homme politique qui jouit des faveurs de (…)