auteur Simon KORNER

Aventurisme extrême : le déclin dangereux des États-Unis (The Socialist Correspondent)

Simon KORNER
Le monde est plus dangereux que jamais. Je voudrais examiner pourquoi, en me concentrant d'abord sur les États-Unis, leurs forces et leurs vulnérabilités. Ce sont ses vulnérabilités qui l'ont contraint à adopter une politique calculée de violence imprudente à travers le monde, une stratégie pleinement soutenue par l'ensemble de la machine américaine, et qui n'est pas une aberration de Donald Trump. L'aventurisme extrême auquel nous assistons aujourd'hui est encore plus dangereux que le bellicisme américain du passé, car il est plus répandu, plus provocateur et plus désespéré. Examinons le contexte actuel. DOMINANCE AMÉRICAINE La domination mondiale des États-Unis est sous pression, car la taille de leur économie par rapport au reste du monde diminue. Mais comme le capitalisme en général, les États-Unis ont une capacité énorme d'innovation, de renouvellement et de violence. Si l'on examine quelques indicateurs clés, les États-Unis restent puissants. Ils dominent le (…)
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Le bellicisme britannique en Ukraine

Simon KORNER
Dès le début de la guerre en Ukraine, la Grande-Bretagne a fortement insisté pour sa poursuite et son escalade. Boris Johnson a saboté les négociations de paix en 2022, et Starmer sabote aujourd'hui celles de Trump en refusant de reconnaître la Crimée comme russe et en insistant sur le fait que l'Ukraine doit décider des termes de tout accord de paix, deux lignes rouges pour la Russie. Avant le coup d'État ukrainien orchestré par l'Occident en 2014, la Grande-Bretagne se rapprocha de la Russie. Les échanges commerciaux et les investissements entre la Grande-Bretagne et la Russie étaient en croissance. BP détenait une participation de 19,75 % dans la compagnie pétrolière Rosneft, la Russie était le principal client des Nissan Qashqai fabriqués à Sunderland, et des liens étroits existaient entre les universités britanniques et russes, proposant des programmes de double diplôme, ainsi qu'une collaboration financière entre la City de Londres et Moscou. L'immigration russe au (…)
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La chute d’Assad et les perspectives pour le peuple syrien

Simon KORNER
Chronologie 2021-2025 : Principaux développements du conflit dans la guerre de changement de régime en Syrie : 2011 : Les manifestations dégénèrent rapidement en violences de la part de puissances étrangères. L'insurrection djihadiste armée se propage. 2011 : Des groupes djihadistes soutenus par la Turquie prennent le contrôle de la province d'Idlib, dans le nord du pays. 2012 : L'Iran envoie des troupes et des milices pour soutenir Assad. Septembre 2012 : La vieille ville d'Alep est gravement endommagée par les rebelles. Début 2013 : Obama autorise l'opération Timber Sycamore de la CIA. Mai 2013 : Des troupes du Hezbollah sont envoyées pour soutenir Assad. Juin 2014 : Assad remporte une victoire écrasante aux élections. Le peuple soutient une Syrie unie Mai 2015 : Daech occupe Palmyre et détruit des objets anciens. Septembre 2015 : Le gouvernement syrien ne contrôle plus que 20 % du pays. Assad demande une intervention russe ; premières bombardements aériens russes. (…)
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Les dangers de la guerre mondiale, et les forces qui l’atténuent

Simon KORNER
Ce qui suit est la transcription du discours d’ouverture de Simon Korner à la conférence annuelle du Socialist Correspondent qui s’est tenue au Conway Hall à Londres le 26 octobre 2024. ********** Depuis la conférence du Socialist Correspondent de l’année dernière, les dangers d’un conflit direct entre les grandes puissances se sont multipliés. Le refus des États-Unis d’accepter le déclin de leur suprématie, de faire des compromis ou de négocier, signifie que les conflits en cours en Ukraine et au Moyen-Orient risquent d’atteindre un point de non-retour. Cet « aventurisme extrême » et cette « croyance en leur propre impunité », comme l’a averti le président Poutine en juillet, pourraient « se transformer en tragédie ». (1) Signes d'une guerre qui approche Historiquement, l’imminence d’un conflit international a été signalée par au moins trois facteurs : premièrement, une course aux armements majeure ; deuxièmement, la formation de blocs armés rivaux ; et troisièmement, une (…)
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Taïwan fait partie de la Chine

Simon KORNER

L’île de Taïwan fait partie de la Chine. Une Chine signifie exactement ce qu’elle dit : qu’il n’y a qu’un seul pays appelé Chine, y compris Taïwan. C’est un principe convenu par l’ONU et 181 pays dans le monde, dont les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Europe, le Japon et l’Australie.

Seuls quatorze pays ont accordé une reconnaissance diplomatique à Taïwan – contre quinze après que les Îles Salomon ont établi des liens plus étroits avec la Chine cette année. Après la défaite du Japon lors de la Seconde Guerre mondiale, tout le territoire chinois qu'il avait occupé a été restitué à la Chine en vertu de traités signés par les puissances alliées victorieuses. Ce sont ces traités que les États-Unis cherchent à déchirer. Ainsi, la visite à Taïwan, une province renégat de la Chine, de Nancy Pelosi – présidente du Congrès américain et politicienne extrêmement influente, troisième à la présidence après le vice-président Kamala Harris – visait à provoquer. Brisant des décennies de diplomatie américaine dans ses relations avec la Chine, la visite n'avait d'autre but que de remettre en cause le principe d'une seule Chine. Représentant les objectifs stratégiques de la politique étrangère américaine, Pelosi tentait d'inciter la Chine à une réponse qui pourrait servir de (…)