auteur Oleg NESTERENKO

Les sanctions européennes ont permis de restructurer l’économie russe

Oleg NESTERENKO

Le 23 février 2026, le ministère français des Affaires étrangères, les sanctions adoptées contre la Russie font plus de mal à la Russie qu’à l’Europe, puisque les exportations russes d’hydrocarbures auraient été divisées par deux depuis 2022. Ces sanctions sont censées diminuées les capacités de la Russie sur le front ukrainien, tout en protégeant les secteurs essentiels et les Européens. De plus, les sanctions européennes auraient des effets importants, qui s’accumulent, sans oublier le gel des actifs russes. Le ministère cherche également à rassurer la population française, en affirmant que ces sanctions ne visent que certains responsables et oligarques russes et n’ont pas d’impact sur la population russe, puisque les produits essentiels (alimentaire, santé et agriculture) ne sont pas visés. Stratégiquement, l’UE devrait rester neutre, tout en affirmant son soutien à l’Ukraine et en notant que les sanctions sont un acte politique non-belligérant. Dans la logique européenne, les sanctions ne sont qu’un levier diplomatique devant forcer la Russie à la négociation.

La transcription de l’émission/interview à la radio Sputnik Afrique : « Les sanctions européennes ont permis de restructurer l’économie russe » Karine Bechet : Le ministère français des Affaires étrangères affirme que les sanctions adoptées contre la Russie sont efficaces. Pourtant, l’économie russe n’est pas tombée, comme cela était attendue, l’industrie se développe et pas uniquement dans le domaine militaire, sans même parler de l’agriculture et de l’élevage qui se développe. Oleg Nesterenko, quel fut l’impact, finalement bénéfique, des sanctions européennes sur l’économie russe ? Oleg Nesterenko : Bonjour, en parlant des sanctions, il est important de rappeler que toute sanction qui cible un État en dehors de celles qui sont émises par une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU constitue une violation du droit international. Nous ne parlons pas ici des règles fantaisistes que personne n’a jamais vues et dont la classe politique occidentale parle depuis des années, en (…)

Aucune guerre ne vaut la mort d’un seul enfant

Oleg NESTERENKO

Voici quatre ans, en mars 2022, une semaine avant les tout premiers négociations de paix entre la Russie et l’Ukraine, je partageais un article sur le réseau LinkedIn. Je vous le présente ici, tel quel, sans y altérer la moindre ligne. Son propos, j'en suis convaincu, conserve toute sa pertinence en ce mois de mars 2026, après quatre années de guerre en Ukraine et quelques jours depuis le début de l’agression de l’Iran.

Aucune guerre ne vaut la mort d’un seul enfant. Étant le père ayant connu la mort d’un de ces quatre enfants, étant une personne qui a vu la guerre de face - je suis bien placé pour le dire. Pour ceux qui ont des difficultés à voir au-delà de l’image, qui n’arrivent pas à voir clair sous l’inondation des propagandes en cours et pour ceux qui ne connaissent pas assez bien l’histoire, voici une petite remise en ordre des idées sur les véritables coupables du chaos dans le monde, dont les derniers événements en Ukraine ne sont que le dernier exemple sur une longue liste et ne sont, certainement pas, les derniers. Voici les faits sur les principales victimes de la Russie ? Non – sur les principales victimes de la « démocratie » de l'État américain (à ne pas confondre avec le peuple), ainsi que les remarques sur la situation de l’indignation du « monde civilisé » qui ont accompagné les massacres. Pour ne pas être trop long, je ne donnerai que quelques brefs exemples en (…)

Groenland - Etats-Unis - l’UE : le bal de l’hypocrisie

Oleg NESTERENKO

Dès son premier mandat, Donald Trump a manifesté son désir d'acquérir le Groenland, territoire danois depuis le XVIe siècle. Ces propos, initialement accueillis avec scepticisme, ont ressurgi lors de son retour au pouvoir en janvier 2025, ravivant l'intérêt américain pour cette colonie arctique danoise. Les déclarations de la Maison Blanche concernant la convoitise du Groenland, initialement perçues comme une extravagante aberration, ont pris une toute nouvelle tournure avec l'enlèvement du président vénézuélien légitime le 3 janvier. Ce passage de la fantaisie à l'action a révélé à la communauté internationale la détermination des États-Unis d'Amérique, sous la présidence Trump, à transgresser le droit international, au besoin, afin d’obtenir les bénéfices géo-économiques unilatéraux.

Les prétextes fallacieux Les prétextes drapés dans des justifications sécuritaires antirusses et antichinoises, que brandit la présidence américaine pour justifier sa volonté de s’approprier l’île du Groenland, ne sont que des mensonges caractérisés que la Maison Blanche ne prend même pas la peine de camoufler davantage. L'époque où l'on exhibait à l'ONU une prétendue fiole d'anthrax, comme le fit le secrétaire d'État américain Colin Powell le 5 février 2003, pour maquiller l'invasion de l'Irak sous un vernis de légitimité, semble révolue. Cette mascarade avait alors servi de prétexte pour déclencher la destruction d'un pays et le massacre de son peuple. L'anéantissement de l'Irak, ne nous y trompons pas, n'était pas un but en soi, mais la conséquence inéluctable d'une stratégie américaine. La véritable motivation résidait dans la nécessité de neutraliser l'initiative de Saddam Hussein contre le « pétrodollar ». En octobre 2000, le président irakien avait osé déclarer son (…)

Le futur de l’armée ukrainienne : le zugzwang pour l’UE

Oleg NESTERENKO

Le zugzwang est une situation dans le jeu d’échecs dans laquelle le joueur n'a aucun mouvement favorable possible - toute action qu'il fera entraînera une détérioration imminente de sa position sur le plateau de jeu. Dans le cadre des actuelles négociations officieuses de l’accord de paix entre l’Ukraine et la Fédération de Russie ou, pour être plus précis, entre le bloc de l’OTAN et Moscou, la question du nombre du contingent de l’armée ukrainienne de la période post-guerre est présentée comme un des points clés du désaccord entre les Russes et les Ukrainiens, avec les « va-t-en-guerre » européens derrière. Sans présenter l’analyse de l’ensemble des clauses d'un éventuel accord de paix, je m’arrêterai sur la question quantitative de la future armée ukrainienne, dont l'importance, singulièrement sous-estimée, transcende les narrations propagandistes des grands médias occidentaux.

Le récit dominant oppose la volonté de Moscou de minimiser le nombre de militaires dans l'armée ukrainienne à la position du camp ukraino-européen, réticent à toute réduction d'effectifs. Le plan de paix proposé par l'administration Trump préconise une réduction de l'armée ukrainienne à 600 000 militaires actifs, tandis que les exigences de l'Union Européenne oscillent autour de 800 000 individus. Cela étant, il est à souligner que la focalisation sur l'aspect sécuritaire de cette question s'avère non seulement fallacieuse, mais aussi déconnectée des impératifs socio-économiques de la réalité que l’Ukraine connaîtra dans un avenir proche. L'équation est considérablement plus complexe. Les effectifs de l’armée Aujourd’hui, le nombre exact de soldats et d'officiers servant dans l'armée ukrainienne reste indéterminé. Les estimations, issues de sources officielles et non officielles, suggèrent une fourchette de 800 à 950 mille individus, incluant un nombre significatif de (…)

Comment devenir « un acteur clé des opérations d’influence russes en Europe et en Afrique » ? Mode d’emploi

Oleg NESTERENKO
Vous rêvez de devenir un acteur clé des opérations d'influence russes en Europe et en Afrique qui pourra, malgré ses liens présumés avec le GRU (la direction générale des renseignements de l'État-Major des Forces armées de la Fédération de Russie), continuer d'opérer sans entrave ? Vous pensez que c'est mission impossible ? Détrompez-vous, c'est d'une simplicité enfantine ! Suivez ces quelques étapes, et vous voilà propulsé au rang d'éminence grise, adulé par les uns, détesté par les autres, mais surtout difficilement contournables. Premièrement, cultivez, si vous l'osez, ces créatures d'un autre âge : les convictions personnelles. Vous avez bien lu, ces chimères qui sont aussi rares qu'un tweet élogieux sur X. Surtout, ne commettez pas l'erreur mentalement fatale à 95% de la population occidentale, qui prend la nourriture servie par les fast-foods des médias mainstream, dont le nom est Légion, pour des plats de chefs étoilés servant des éléments à la construction des (…)