Paolo FERRERO
Du 22 au 24 octobre, le 16e sommet des Brics s'est tenu à Kazan, en Russie. Il s'agit d'un événement dont l'importance dépasse la chronique car il représente plastiquement une étape d'un processus historique qui est en train de changer, pour le meilleur, la réalité du monde. L'importance du sommet tient avant tout à sa taille : les pays des Brics représentent ensemble environ 45 % de la population de la planète et 35 % de l'économie mondiale.
Les points décisifs que je souhaite souligner ne sont cependant pas quantitatifs mais qualitatifs.
Tout d'abord, la posture des Brics. Nous venons d'un monde unipolaire où les Etats-Unis ont la mainmise depuis plusieurs décennies. Les Brics posent clairement la nécessité de dépasser cette situation pour arriver à un monde multipolaire. Les États-Unis, pour éviter le danger de perdre leur position dominante, provoquent un état de guerre qui cherche - par des moyens militaires - à empêcher cette grande transition d'un monde unipolaire à un monde multipolaire. Face à cette situation d'agression occidentale, le sommet de Kazan n'a pas créé un bloc d'opposition aux États-Unis. Il a explicitement déclaré que l'adhésion aux Brics est compatible avec l'adhésion à l'OTAN et qu'il n'y a pas d'obligations de principe pour les pays qui veulent faire partie des Brics.
Alors que les États-Unis, pour éviter de perdre leur position dominante, divisent le monde en deux avec des politiques de (…)
Paolo FERRERO
Le choix du gouvernement israélien de mener deux actions terroristes contre le Hezbollah et hier d'attaquer directement le Liban vise à élargir le conflit au Moyen-Orient et tend à déclencher la Troisième Guerre mondiale.
En effet, il est clair que si la guerre avec le Hezbollah prend forme, les alliés du Liban, dont l'Iran, entreront également en jeu. Le gouvernement iranien a fait tout ce qui était en son pouvoir pour éviter la guerre - y compris en ne répondant pas aux attaques terroristes d'Israël contre lui - mais la détermination avec laquelle Israël cherche la confrontation ouvre certainement la voie à n'importe quel scénario.
En outre, la transformation en bombes activées à distance de moyens de communication de masse largement répandus, utilisés en se fiant à leur innocuité, ouvre une nouvelle frontière au terrorisme, avec une augmentation exponentielle de l'insécurité quotidienne. Si ce n'est pas un groupe d'aliénés, mais l'État sioniste, présenté comme le gardien et l'avant-garde de la civilisation occidentale, qui donne naissance à ce nouveau niveau de terrorisme, qui peut frapper n'importe lequel d'entre nous et nos familles à tout moment, les jeux sont faits : le monde est (…)
Paolo FERRERO
Les pays occidentaux ont décidé d'utiliser cette situation "limite" pour faire chanter, dans le style mafieux le plus classique, les grands entrepreneurs de la communication. Un chantage visant à planifier la manipulation de l'information et, en général, la domestication de l'opinion publique.
Ces derniers jours, la police française a arrêté le patron de Telegram, Pavel Durov. Après quelques jours en prison, il a été libéré contre une forte caution. Les chefs d'accusation sont nombreux et risquent de maintenir le milliardaire en prison pendant des décennies. Comme le personnage n'était pas inconnu et qu'il n'était apparemment même pas sans instruction, le monde entier a discuté de ce fait pendant des jours.
Je dirais que face à une telle situation, il y a trois possibilités :
1) La justice française fonctionne comme une montre suisse et frappe tous ceux qui transgressent les principes de base de la démocratie et de la vie civilisée.
2) Le président français ou l'Etat français en tant que tel a ses propres raisons spécifiques et privées d'ouvrir des négociations avec Durov et donc, en toute autonomie, l'arrête pour se faire justice "tout seul".
3) La justice française est une arme utilisée par le pouvoir politique occidental et en particulier par les Etats-Unis (…)
Paolo FERRERO
Nous ne savons pas comment se dérouleront les élections aux États-Unis, mais il est certain que le président, quel qu'il soit, dirigera également l'Union européenne. Il y aura beaucoup de controverses politiques sur la compétence ou la représentativité des dirigeants européens, mais il me semble que l'essentiel est que le choix du triumvirat dirigeant de l'UE se caractérise par une sorte de ramification de l'OTAN construite autour de la guerre contre la Russie et des politiques d'austérité.
Ils disent : la guerre contre la Russie jusqu'à la victoire. Quiconque pense avec sa tête comprend que ce mot d'ordre signifie - si tout se passe bien - la poursuite de la guerre et de l'horrible massacre en cours pour les quelques années à venir. Si, par contre, cela se passe mal, l'escalade aboutira à une guerre nucléaire dans un avenir proche, dont l'Europe sera le principal théâtre de guerre. Dans tous les cas, aux morts s'ajouteront des politiques d'austérité qui réduiront les droits (…)
Paolo FERRERO
Ce qu'ils préparent, ce n'est pas la Troisième Guerre mondiale, mais la troisième destruction de l'Europe en un peu plus d'un siècle.
De toute évidence, la plupart des dirigeants occidentaux ont décidé d'intensifier la guerre avec la Russie. Premièrement, l'orientation exprimée par plusieurs pays d'envoyer officiellement des troupes au sol pour combattre en Ukraine. Deuxièmement, la décision d'autoriser l'armée ukrainienne à utiliser des armes fournies par l'Occident pour frapper des cibles militaires situées sur le sol russe.
Ces deux orientations constituent une nouveauté absolue : pendant plus de deux ans, tous les pays de l'OTAN ont exclu ces éventualités dans les termes les plus clairs.
Il s'agit là d'hypothèses insensées. D'une part, parce qu'elles représentent à toutes fins utiles un pas supplémentaire vers une entrée en guerre des pays de l'OTAN contre la Russie. D'autre part, parce que ces décisions ne resteront pas sans conséquences : la Russie en prendra acte et réagira.
Il s'agit d'une folie criminelle insensée, car il est clair que les pays occidentaux, à commencer par les États-Unis, après (…)