auteur Vanessa IKONOMOFF

18 

Tir de barrage

Vanessa IKONOMOFF

LGS a reçu cet article qui est un commentaire paru dans l’édition du 25/11/14 du mensuel Bastille-République-Nations.

Nous le soumettons au débat, en complément de ceux que nous avons publiés sur le sujet et qui se distinguaient par une autre approche.
LGS

Le projet de barrage qui devait être édifié à Sivens (Tarn) est suspendu après la mort d’un jeune manifestant, consécutive à un tir de grenade par les forces de gendarmerie. Le décès d’un homme impose la retenue. Valide-t-il pour autant la cause que celui-ci entendait défendre ? Le projet de barrage qui devait être édifié à Sivens (Tarn) est suspendu après la mort d’un jeune manifestant, consécutive à un tir de grenade par les forces de gendarmerie. Le décès d’un homme impose la retenue. Valide-t-il pour autant la cause que celui-ci entendait défendre ? Suffit-il désormais d’exciper d’un martyr pour gagner une bataille ? Et si, par malheur, les ouvriers de Florange ou de Good Year avaient déploré une victime dans leurs rangs, les pouvoirs publics eussent-ils organisé dare-dare le sauvetage de leurs usines respectives ? On en doute, tant l’émotion médiatique semble à géométrie variable. Et tant pis pour les habitants pro-barrage qui ont défilé par milliers à Albi le 15 (…)

Indignation variable

Vanessa IKONOMOFF

Il n’y a pas si longtemps, les défilés récurrents, en Hongrie, de milices paramilitaires proches du mouvement d’extrême-droite Jobbik avaient suscité l’inquiétude. Une émotion non moins légitime s’était fait jour lorsque des nervis issus du parti grec néo-nazi Aube Dorée, entre deux ratonnades, avaient tué un jeune musicien à Athènes.

Dans la foulée, certains n’ont pas hésité à évoquer ces agissements nauséabonds pour commenter l’action de gros bras face aux forces de l’ordre à l’issue de la manifestation poujadiste dite « jour de colère » qui s’est déroulée à Paris le 26 janvier. Plus douteuse encore fut la comparaison exprimée par le président des eurodéputés socialistes lorsque des représentants de la Ligue du Nord lancèrent des quolibets en direction du Président de la République italienne qui s’exprimait devant l’hémicycle de Strasbourg : « la dernière fois que la démocratie s’effondra en Europe, cela commença par des attaques contre des responsables politiques » s’indigna Hannes Swoboda. Sans aller jusqu’à les traiter de fascistes, les journaux dits de gauche se sont alarmés de la vague « ultraréactionnaire » qu’incarneraient les centaines de milliers de marcheurs de la « Manif pour tous » qui ont défilé le 2 février dans la capitale au nom des « valeurs familiales ». Surtout, les mêmes n’ont pas eu de (…)