auteur Salma AHMED ELAMASSIE

Lettre de Gaza - 24 juillet 2014

Salma AHMED ELAMASSIE
Chers amis, Ecrire n’est pas du tout facile ! Je ne suis pas une journaliste qui doit prendre son stylo et courir après l'actualité. Je suis une habitante de la bande de Gaza qui n’a pas dormi de la nuit à cause du massacre de Chujaeya, grand quartier à l’est de Gaza ville, qui doit son nom à Chujaa Alkordi, « Chujaa » veut dire « courageux ». Le crime des habitants de ce quartier est d'habiter tout près de la frontière avec Israël. L’armée israélienne a tiré toute la nuit. C’était une nuit très dure et triste : on n’a pas pu dormir et on a passé la nuit à côté de la radio, heureusement chargée. Des familles dont les maisons ont été bombardées demandaient aux ambulances et à la Croix Rouge d’aller sauver la vie de leurs blessés. Ni la Croix Rouge, ni les ambulances, ni la presse ne pouvaient entrer dans ce quartier à cause des obus des chars et des missiles de F16. Je n'ai fait que prier et pleurer. Quel dur réveil ... Les photos et les vidéos de ces massacres m’ont choquée. J'ai (…)

Témoignage d’une habitante de Gaza

Salma AHMED ELAMASSIE

Chers amis,

Ecrire n’est pas du tout facile ! Je ne suis pas une journaliste qui doit prendre son stylo et courir après l’actualité.
Je suis une habitante de la bande de Gaza qui n’a pas dormi de la nuit à cause du massacre de Chujaeya, grand quartier à l’est de Gaza ville, qui doit son nom à Chujaa Alkordi, « Chujaa » veut dire « courageux ».

Le crime des habitants de ce quartier est d'habiter tout près de la frontière avec Israël. L’armée israélienne a tiré toute la nuit. C’était une nuit très dure et triste : on n’a pas pu dormir et on a passé la nuit à côté de la radio, heureusement chargée. Des familles dont les maisons ont été bombardées demandaient aux ambulances et à la Croix Rouge d’aller sauver la vie de leurs blessés. Ni la Croix Rouge, ni les ambulances, ni la presse ne pouvaient entrer dans ce quartier à cause des obus des chars et des missiles de F16. Je n'ai fait que prier et pleurer. Quel dur réveil ... Les photos et les vidéos de ces massacres m’ont choquée. J'ai crié comme une folle, non, comme une maman qui avait perdu ses enfants : « il faut arrêter, il faut en finir avec ces attaques brutales et barbares.” Mon mari, qui était à l’hôpital Al Shefa, m’a appelée pour avoir de nos nouvelles, il m’a dit qu’on n’y sentait que l’odeur du sang : tellement il y avait des morts et des blessés. Beaucoup de (…)