auteur Mounir KILANI
23 février 2026
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Ukraine 2026 : l’effacement stratégique de l’Occident
Mounir KILANI
Le 24 février 2026, la guerre entrera dans sa cinquième année. Ce qui devait être un éclair s'est transformé en un marasme. Derrière la stabilisation des lignes de front, une mutation profonde s'opère : la capacité de l'Occident à dicter le rythme du monde s'est enlisée dans les plaines ukrainiennes. Analyse d'un basculement stratégique.
Quatre ans. Une durée que personne, au printemps 2022, n'avait sérieusement envisagée. À Moscou comme à Kiev, à Washington comme à Bruxelles, on pariait sur un choc bref, décisif, transformateur. L'histoire devait s'accélérer. Elle s'est installée.
Quatre ans plus tard, les lignes de front ont bougé, les arsenaux se sont vidés puis reconstitués, les économies se sont adaptées, les opinions se sont lassées. Pourtant, la transformation la plus profonde n'est pas territoriale. Elle est mentale.
Cette guerre n'a pas seulement redessiné des lignes sur une carte. Elle a fissuré les certitudes stratégiques héritées de la guerre froide et mis fin à l'illusion d'un ordre occidental incontesté.
L'enjeu, désormais, dépasse le sort de l'Ukraine. La capacité de l'Occident à imposer son tempo stratégique s'est érodée.
Drones, données, endurance économique, guerre des récits : autant de facteurs qui redéfinissent les rapports de force. Loin d'être un simple affrontement régional, la (…)
21 décembre 2025
Bruxelles punit la pensée : l’affaire Jacques Baud ou la faillite intellectuelle européenne
Mounir KILANI
Ancien colonel suisse, expert du renseignement, auteur s’appuyant sur des sources occidentales, Jacques Baud n’a commis ni crime ni délit.
Son tort ? Avoir analysé la guerre en Ukraine sans se plier au récit officiel.
En le sanctionnant sans procès, l’Union européenne franchit une ligne rouge : celle où la bureaucratie remplace le débat, et où la neutralité suisse se dissout dans le silence.
Le 15 décembre 2025, le Conseil de l’Union européenne a ajouté un nom pour le moins inattendu à sa liste de sanctions : Jacques Baud.
Ni oligarque.
Ni espion.
Ni trafiquant d’armes.
Un ancien colonel suisse, analyste stratégique, spécialiste du renseignement, auteur d’ouvrages documentés sur la guerre en Ukraine.
Ce geste, présenté comme une mesure technique de lutte contre la « désinformation pro-russe », constitue en réalité un tournant politique grave : Bruxelles a décidé de punir non pas un crime, mais une pensée. Et, ce faisant, elle expose crûment sa propre faillite (…)
20 novembre 2025
Le rapport secret de l’OTAN : on a perdu, mais surtout ne le dites pas au peuple
Mounir KILANI
Un « rapport secret » ? C’est en réalité un aveu public d’impuissance, habillé en grand soir diplomatique.
Ce document, intitulé « Ensuring a Just and Durable Peace for Ukraine », a été adopté le 11 octobre 2025 par le Comité politique de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN. Il porte la signature de la députée italienne Simona Flavia Malpezzi. Bien que publiquement accessible sur le site nato-pa.int, il est passé sous silence par la grande majorité des médias mainstream européens.
La raison de ce black-out médiatique est simple : pourquoi relateraient-ils la preuve même de leur propre impuissance ? Derrière le jargon diplomatique et les formules creuses se dissimule une vérité plus crue : les élites occidentales sont dans le déni, obnubilées par la préservation de leurs intérêts et de leurs privilèges. Tout le reste n’est que secondaire.
Les « Principes Nobles »... ou la pensée magique en action
Voici une liste de principes relevant plus de la pensée magique que de la (…)
L’OTAN, l’ennemi intérieur : corruption, blindés en panne et le spectre d’Eisenhower
Mounir KILANI
Au cœur de l’OTAN, la machine logistique s’enraye : pots-de-vin, contrats truqués, et conflits d’intérêts à la NSPA. Soixante ans après Eisenhower, le spectre du complexe militaro-industriel hante à nouveau l’Alliance.
L'Heure des Comptes : la NSPA entre la logistique et l'ombre
Une machine bien huilée... jusqu'à ce qu'elle grince.
Dans l'écrin discret de Capellen, au Luxembourg, la NATO Support and Procurement Agency (NSPA) orchestre une logistique colossale : elle coordonne les achats d'armement des 32 pays de l'Alliance. Munitions, drones, carburant naval - en 2025, son portefeuille s'élève à 9,5 milliards d'euros, un budget en forte croissance sous l'effet des tensions géopolitiques.
Pourtant, sous les apparences d'une mécanique rodée, un scandale de corruption éclate au printemps 2025. Il expose les fissures d'un système où opacité et réseaux d'influence ont prospéré.
Plutôt que de retracer la chronique judiciaire - arrestations, pots-de-vin, sociétés écrans -, explorons ce scandale par ses coulisses humaines. Et ses paradoxes : une organisation conçue pour protéger, mais vulnérable à ses propres rouages.
Les artisans de l'ombre
Imaginez un ancien officier, la cinquantaine, (…)
11 novembre 2025
L’Europe achète américain et espère que ça vole
Mounir KILANI
Entre achats américains et équipements souvent défaillants, l’Europe se réarme… mais reste dépendante. Un panorama ironique des ratés et absurdités de la défense européenne.
On nous vend la « souveraineté européenne » à grand renfort de discours solennels et de communiqués victorieux. Pendant ce temps, sur le terrain, les faits dessinent une autre réalité, plus douce-amère, où la farce le dispute au tragique. Feuilletons ce catalogue des armements défaillants, où chaque pays y va de son anecdote savoureuse.
Belgique : les F-35 ou l’ivresse des cimes sans ciel
Le 13 octobre 2025, cérémonie à Florennes : trois F-35 belges, fleurons de la technologie américaine, se posent sous les applaudissements. Le quatrième, plus timide, reste cloué au sol aux Açores, victime d’une « maintenance non planifiée ». Un symbole presque trop parfait. Pour la modique somme de 5,6 milliards d’euros, la Belgique a acquis 34 de ces « Ferrari des airs ». Le hic ? Son espace aérien est trop exigu pour y former ses pilotes. Il faudra donc payer un supplément pour les envoyer s’entraîner... en Italie. On achète des avions sans avoir de ciel où les faire voler : l’élégance de la (…)




