Guillaume SUING
Avec la promotion du transhumanisme, les êtres bioniques seraient-ils considérés comme des sujets politiques dotés de droits et d’une capacité de décision au même titre que les travailleurs 100% humains ? Tout le monde pourrait-il avoir accès à des “améliorations” technologiques, dont la qualité varierait en fonction de la classe sociale ?
Quel sera le rôle des syndicats d’ici 20 ans ? Vont-ils disparaître avec l’automatisation de masse et l’IA ? A défaut, quel serait l’impact de leur disparition dans ce contexte ?
Je suis toujours tenté de voir, dans les questions sur notre avenir lointain, les symptômes d’une crise en réalité très actuelle. La réduction massive des classes ouvrières sensu stricto dans les pays impérialistes, à mesure qu’ils externalisent leur production industrielle d’une part, et que le développement technologique bondit d’autre part, donne l’impression qu’elles disparaîtront un jour complètement, réfutant le coeur de la théorie marxiste.
L’évolution ou (…)
Xu Li
Le 17 juillet, la cérémonie d’ouverture de la Conférence mondiale sur l'IA 2026 (WAIC) et de la Réunion de haut niveau sur la gouvernance mondiale en matière d'IA s’est tenue à Shanghai. Le président chinois Xi Jinping y a prononcé un discours clé. Face aux immenses opportunités et défis sans précédent posés par l'essor fulgurant de l'intelligence artificielle, le chef de l'État chinois a esquissé une feuille de route claire, articulée autour de quatre observations.
Premièrement, adhérer au principe d'ouverture et de coopération gagnant-gagnant tout en promouvant un développement stimulé par l'innovation. Deuxièmement, renforcer la sensibilisation aux risques et assurer que l'IA soit sûre et contrôlable. Troisièmement, encourager l'inclusivité et promouvoir l'inspiration mutuelle entre les civilisations. Quatrièmement, prôner la solidarité et améliorer la gouvernance mondiale.
Ces dernières années, la Chine a non seulement connu une croissance exponentielle dans le domaine de (…)
Alexandre HEDAN
Avec mes quelques principaux réseaux sociaux, je me tiens une veille de l'actualité nationale et mondiale et je mets mon grain de sel... Comme tout le monde.
Jusque ici, la qualité des informations étaient supérieure sur la toile et la télévision peinait à nous dissuader de surfer pour la regarder elle.
C'est chose révolue.
La toile a été verrouillée en quelques temps. Nous n'avons pas eu le temps de réagir. Plus de contenu. Tout ce qui pouvait avoir du sens est censuré.
Il va nous falloir rebâtir Internet. Je pense que c'est déjà en cours. Il faut s'approprier ou construire et entretenir des serveurs...
Pour les élections municipales et mêmes présidentielles en France c'est foutu. Pas d'internet.
C'est à chacun de nous de créer du contenu. De faire de la qualité ; en empêchant la vulgarité.
Pour notre propre confort intellectuel, moral, citoyen...
Le coup porté à Internet est des plus terribles. Mais ça n'est que de l'info. Des données. Qui sont sues par des gens. (…)
Guillaume SUING
C’est LE sujet du moment, celui de toutes les angoisses, de tous les vertiges dystopiques. Beaucoup penseront d’ailleurs, pourquoi pas, que ce texte est signé ChatGPT. Appel à toutes les intelligences “naturelles” donc, pour s’en assurer ou s’en dissuader...
Nous sommes dans l’oeil d’une crise existentielle cyclonique, bien plus forte que celle de nos aïeuls luddites[1], puisque l’intelligence artificielle (IA) va s’imposer à la quasi-totalité du salariat, et plus seulement, comme c’est déjà le cas, à la seule classe ouvrière, par une automatisation exponentielle de la force de travail.
Crise économique oblige, doublée d’une crise morale, démultipliée par une crise climatique : Tout concourt à rejeter cette révolution technologique, noyés que nous sommes dans des questions de tous ordres sur l’avenir. C’est pourtant l’unanimité du rejet qui devrait nous interroger, par delà les diversions d’une peur du progrès consubstantielle à notre histoire humaine. Au niveau (…)
Cassandre G
Pris au piège, nous n'imaginons même plus la possibilité de nous déconnecter. Nous n'y survivrions pas. Pourtant, sachez-le : chaque clic rétrécit votre âme. Ceci n'est plus une alarme. C'est un constat. C'est notre époque. Un présent où nous nous confions, sans le savoir, à un confessionnal numérique qui écoute tout — sans conscience ni jugement. Il surprend nos murmures à toute heure, transforme nos doutes et nos confidences en carburant inépuisable. Par ses artifices, il enlace nos raisons, profile nos mémoires, ajuste nos opinions, aligne nos pensées. Et tandis que nous nous croyons originaux, marginaux ou divergents, nous ne sommes déjà plus qu'une donnée parmi des milliards, emportée par le raz-de-marée de l'humanité numérique. Cette imposture virtuelle brise nos élans, dissout nos voix singulières.
Le mythe de Faust et Raphaël
Nous rejouons, sans le savoir, le plus ancien des mythes : le pacte de Faust à l'ère numérique. Mais peut-être sommes-nous plutôt les Raphaël de La Peau de chagrin, ce roman de Balzac sidérant et affolant, où le héros fatal et mélancolique croit exaucer ses vœux magiques, tandis que chaque requête réduit son intimité et sa vie.
Faust vendait son âme au diable contre un savoir et un pouvoir illimités. Nous, nous signons des Conditions Générales d'Utilisation (CGU), aux caractères microscopiques – ces contrats que personne ne lit mais que tous acceptent. Cocher la case « Accepter » revient à sceller un pacte dont nous ignorons les termes. Nous pressentons la supercherie, mais l'illusion et la précipitation l'emportent sur toute prudence.
Un contrat n'a pas de compromis poétique : c'est un mécanisme très concret, à la fois rigoureusement flou et strictement procédurier – celui qui valide votre consentement sans conscience, cette intuition naïve qui (…)