Thème Belgique

Triple ou quadruple capitulation européenne ? Lettre ouverte à Paul Magnette, Président du PS (Belgique)

André LACROIX
Monsieur le Président, Cher Paul Magnette, J’ai lu avec beaucoup d’intérêt votre newsletter intitulée « L’été 2025 aura été, pour l’Europe, celui d’une triple capitulation. » Votre constat est sans appel. Vous y dénoncez clairement : la capitulation militaire européenne devant la sommation faite par les États-Unis aux pays de l’OTAN de consacrer 5% de leur PIB à l’armement, la capitulation commerciale d’Ursula von der Leyen devant Trump lui imposant des droits de douane de 15%, l’achat d’énergie fossile pour 750 milliards d’euros et l’investissement de 600 milliards dans les secteurs stratégiques étasuniens, la capitulation morale face au génocide en cours à Gaza. Grande absente de votre analyse : la capitulation de la réflexion géopolitique. Pas un mot chez vous sur le conflit ukrainien. Tout ce que vous déplorez, c’est que la hausse brutale des dépenses militaires se soit décidée « sans aucune réflexion stratégique sur la manière dont de nouveaux investissements peuvent (…)

Echange de courriers entre des militants pro-palestiniens et le Ministre belge des Affaires étrangères

Daniel VANHOVE

Suite à une pétition en soutien à la Palestine et adressée au Ministre Maxime Prévot pour une prise de décisions à l’encontre du régime génocidaire israélien, voici sa réponse... et la nôtre, ensuite :

Madame, Monsieur, Merci pour votre courriel. Vous êtes nombreux à m’écrire à propos de la situation à Gaza et du conflit entre la Palestine et Israël, conflit qui a atteint des sommets d'horreur inacceptables. Votre indignation est légitime ; je suis moi-même profondément choqué par la situation sur place, et interpellé aussi par ses conséquences en Belgique. C’est une évidence, que je m’étonne de devoir parfois rappeler à certains responsables politiques : face aux évènements, nous avons une obligation légale et un devoir moral d’agir. Y compris pour éviter la survenance d’un génocide. C’est ce que je fais, jour et nuit, avec mes équipes, dans l'exercice des responsabilités qui m'ont été confiées. Et je suis loin d’être le seul : des centaines de milliers de personnes, en Belgique et à travers le monde, se mobilisent. Pas toujours en faveur d’un camp en particulier, mais pour la paix entre Palestiniens et Israéliens. Je travaille activement, depuis ma prise de fonction en (…)

Violence dans les prisons belges ? Désolé, pas de chiffres disponibles...

Luk VERVAET

Je n'aime pas beaucoup les chiffres, car ils sont dénués d'émotion et rendent souvent les gens invisibles. Mais le contraire ne serait-il pas vrai ? Si les chiffres sont parfois cachés, c’est qu’ils dévoilent des réalités. Ils nous permettent de voir les évolutions, de tirer des conclusions et de faire des prévisions sur ce que l'avenir nous réserve. Ce troisième article est une contribution sur l'absence de chiffres et de statistiques relatifs à la violence en prison. Cette absence révèle le déni ou l'indifférence des responsables politiques et des autorités pénitentiaires face à cette violence et l’absence totale de vision quant à l'avenir.

« Circulez, y a rien à voir » Dans un pays capitaliste hautement développé comme la Belgique, il existe des statistiques sur tout et n'importe quoi. Du nombre de kilos de frites consommés par les Belges chaque année au nombre de personnes souffrant de surpoids. Du nombre de litres d'alcool ou de paquets de cigarettes consommés par les Belges chaque année au nombre de cancers diagnostiqués au cours de la même période. Sur le site web de la police (1), vous trouverez le nombre de crimes enregistrés chaque année, au niveau national, par région, par infraction, dans les moindres détails. Le Gun Violence Incident Monitor (GVIM) recense le nombre d'incidents impliquant des armes à feu : l'année dernière, on en a dénombré 184, dont 13 morts et 44 blessés à Bruxelles. « Une courbe ascendante et une évolution inquiétante du niveau de violence », a écrit un institut pour la paix (2). Mais lorsqu'il s'agit de la violence dans les 38 prisons belges, nous ne disposons pas de statistiques, (…)

Bravo pour la police, haro sur les détenus

Luk VERVAET

Une semaine ordinaire en juillet (La violence de la prison, partie 2)

Le jeudi 17 juillet, le personnel de la prison de Wortel s'est mis en grève pendant 24 heures pour protester contre « les problèmes de sécurité persistants, le manque d'investissements depuis des années, les caméras défectueuses et les détenus agressifs sans papiers ». (1) Le même jour, la police a dû intervenir dans la prison de Hasselt pour transférer un détenu dans une cellule d'isolement. Peu après, selon la presse, deux gardiens ont été agressés par un détenu violent. Ils ont dû être transportés à l'hôpital et sont dans l'incapacité de travailler. À peine trois jours plus tard, le dimanche 20 juillet, le personnel de la prison de Hasselt a cessé le travail après qu'un gardien a été blessé par balle à l'extérieur de la prison. Les détenus n'ont pas été autorisés à quitter leur cellule. Toutes les activités, telles que les promenades, ont été suspendues jusqu'au lundi matin. (2) Le même jeudi 17 juillet, plusieurs détenus de Lantin ont refusé de regagner leur cellule après (…)

Quand un groupe microscopique entend faire la loi

André LACROIX

L’UBB (Union bouddhique belge) voudrait que le bouddhisme soit reconnu en Belgique comme une philosophie non confessionnelle, alors que partout dans le monde il se définit et se pratique comme une religion.

Le fait que le bouddhisme ne reconnaît pas de dieu ne suffit évidemment pas à faire qu’il ne soit pas une religion, car il coche toutes les cases définissant une religion, aux plans historique, philosophique et sociologique (1). Il n’existe d’ailleurs dans le monde aucun bouddhologue sérieux, bouddhiste ou non, pour nier cette évidence. Quelle mouche a bien pu piquer l’UBB ? Entendait-elle ainsi se faire mieux admettre dans un monde moderne en manque de références spirituelles, en se faisant passer pour une simple sagesse dont tout un chacun (croyant ou non) pourrait faire son miel ? Quoi qu’il en soit, cette prétention est non seulement trompeuse, elle est aussi contreproductive, car si le bouddhisme belge avait demandé à être reconnu au même titre que les autres cultes reconnus, à savoir les cultes catholique (1830), israélite (1830), anglican (1835), protestant-évangélique (1876), islamique (1974), orthodoxe (1985), il aurait obtenu gain de cause depuis belle lurette. Et ce (…)