Thème Libye
9 février 2026
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L’assassinat de Saif al-Islam et l’unité interdite de la Libye
Beto Cremonte (Desde Abajo)
« Les hommes peuvent disparaître, mais la Libye demeure. » C'est par ces mots que l'équipe politique de Saif al-Islam Kadhafi a annoncé son assassinat dans sa résidence de Zintan.
Le communiqué ne parlait pas d'une mort quelconque : il parlait de martyre, de trahison et d'un crime contre la patrie. Ce texte, diffusé peu après l'assassinat, n'était pas seulement un requiem ; c'était une accusation politique, un positionnement exemplaire, même dans l'adieu à son leader. L'embuscade lâche qui a coûté la vie à Saif al-Islam a mis fin à un projet proche de l'unité de la Libye, non pas comme une évocation du passé, mais comme une reconstruction future.
La scène résonne avec force dans la mémoire libyenne. Il y a quinze ans, son père, Mouammar Kadhafi, était capturé et exécuté après l'intervention militaire de l'OTAN, de l'UE et des États-Unis qui détruisit l'État libyen sous prétexte de « protéger les civils » et de renverser la prétendue tyrannie que représentait Kadhafi. Depuis (…)
27 octobre 2025
Affaire Sarkozy : Un document audio exceptionnel.
Djamel LABIDI
Il s'agit du témoignage de Mr Motfah Missouri, diplomate et interprète en langue française de feu le président Mouammar Kadhafi. Il était donc le témoin direct, et "incontournable" comme il le dit, des entretiens du chef d'Etat Libyen en français, et donc des rencontres aussi bien directes que téléphoniques avec le président Sarkozy et ses proches collaborateurs.
Mediapart en a fait déjà état. Mais ce qui fait l'intérêt particulier de ce document audio, c'est le caractère vivant de ce témoignage, son ton spontané, direct, et donc sa marque de sincérité.
L'interview de Mr Missouri a été réalisée par une célèbre journaliste de Radio Algérie internationale, Mme Myriam Abdou. Elle s'est déjà fait connaitre par des interviews de personnalités africaines, arabes, occidentales ou d'acteurs d'évènements ayant eu un retentissement mondial. Sa rigueur, son professionnalisme, la crédibilité de son travail de journaliste sur les grands dossiers internationaux sont reconnus.
Voici donc le (…)
16 juillet 2025
Retour sur l’illustration de l’article de Djamel Labidi : l’arbitraire
Smail HADJ ALI
Si les « élites globalisées », dominantes, occidentales et leurs médias, privés et publics, ont été le fer de lance idéologique de l'agression militaire impérialo-sioniste contre la Libye, celles, dominées, de la périphérie, ou du Sud Global, pour emprunter une notion vague en vogue, n'ont pas chômé.
Dans le cas de l’Algérie, au-delà de la mobilisation dans le cadre des « Printemps arabes » néo-colonisés, de ladite société civile, - une prénotion fourre-tout conçue comme un instrument de déstabilisation des souverainetés nationales – plusieurs journaux privés, nés au début des années 90, grâce à l'aide publique, se sont mobilisés pour défendre et encourager cette agression. Parallèlement, ils se donnèrent le mot pour condamner la position invariable de leur pays sur le principe de 'non-ingérence', qui interdit, au nom du droit international, – dont on sait qu’il obéit à une « logique coloniale » – à tout État de s’immiscer, sous quelles formes que ce soit, dans les affaires (…)
3 juillet 2025
L’arbitraire
Djamel LABIDI
Il ne faut pas être dupe. Toutes les polémiques qui ont lieu actuellement dans les sphères politiques et médiatiques occidentales sur le degré de destruction des installations nucléaires iraniennes, causé par les attaques récentes, sont de la poudre aux yeux. Elles n'ont qu'un but, celui de cacher que l'objectif stratégique véritable des dirigeants occidentaux et israéliens est d'abattre le pouvoir iranien. Et ce but demeure.
L'argument principal, confectionné pour une opinion occidentale crédule, est qu'il faut détruire le régime, et le remplacer par un autre, "ami", afin que la question du nucléaire iranien soit "définitivement réglée". Un procédé habituel de la propagande occidentale pour masquer l'objectif recherché quand il est impossible à légitimer. En réalité, l'objectif véritable est le "Regime change", le changement de régime. Si c'était la question nucléaire, elle ne nécessiterait que de simples négociations et non une agression armée. Cet objectif de "regime change" sera maintenu tant qu'il ne sera pas atteint.
Cette façon de procéder est, comme on va le voir, une constante de la politique occidentale en phase d'agressivité. La récidive de l'attaque contre l'Iran est une quasi-certitude, sauf évènement majeur dans le rapport des forces en présence, pour la raison simple que cela s'est produit systématiquement dans le passé, à de multiples reprises, et dans des circonstances semblables. (…)
7 mai 2025
En Libye, Khalifa Haftar, l’ami des États-Unis, fait disparaitre les députés.
Jacques-Marie BOURGET
Grâce à Sarkozy et ses amis de l'Occident la Libye est désormais un pays brisé, en pièces détachées. A Benghazi, le potentat local, le "maréchal" Khalifa Haftar, marionnette de la "Communauté Internationale", a trouvé une astuce pour faire taire l'opposition : il enlève les députés récalcitrants.
La poignée de journalistes qui s’intéresse encore au sort de Benghazi, « berceau de la Révolution contre Kadhafi » sont épatés. La lecture de quelques reportages est convaincante : la ville d’un million d’habitants, si violemment divisée et livrée à l’anarchie des milices religieuses, est en train de se remettre sur pieds. L’économie qui structure la société est en plein boom et les hommes d’affaires débarquent. Tableau surprenant dans une Libye écrasée par les « forces occidentales », Sarkozy et la France en tête.
C’est dans ce contexte de « résurrection », qu’un phénomène tragique se perpétue et vient ternir la jolie carte postale du Benghazi nouveau, il s’agit des disparitions qui se multiplient, celles d’individus plus ou moins engagés dans la société qui s’envolent comme fumée. L’enlèvement discret, et peut être derrière l’assassinat, est devenu une pratique de répression politique courante. Et tragique.
Le rapt qui fait actuellement le plus de bruit est celui d’Ibrahim (…)




