Thème Afrique
29 janvier 2026
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Le prix de l’histoire : la facture des réparations de l’Afrique dépasse 100 mille milliards de dollars
Sumaila Mohammed
Les chiffres sont incroyables et deviennent de plus en plus difficiles à ignorer ! Plus de 100 mille milliards de dollars. Cela sont des évaluations prudentes liées aux dommages économiques causés par la traite transatlantique des esclaves selon les analyses citées par les milieux des chercheurs sur les réparations et selon les évaluations du Pan-African Progressive Front (PPF). Ces estimations prennent majoritairement en compte la valeur monétaire de la main-d'œuvre des Africains qui n’ont jamais été payés lors seul de l’esclavage. Cela ne prend pas en compte toutes les extractions coloniales, l’exclusion post-esclavagiste et les restrictions structurelles contemporaine imposées sur les économies africaines.
Ces chiffres ne sont pas des figures rhétoriques. Ils tirent leur source sur des archives historiques, le modèle de l’évaluation de la valeur de la main-d'œuvre et sur le calcul des pertes économiques de long terme. Et les conséquences sont évidentes. Le fondement économique (…)
19 décembre 2025
Confédération AES : En attendant le sommet de Bamako…. Bilan et perspectives
Khaly Moustapha Leye
Dossier sur les réformes 2025 dans les domaines de la sécurité, de l’économie et de la diplomatie. Ce dossier propose un tour d’horizon analytique des principales réformes engagées en 2025 dans ces trois domaines clés. Il s’agit d’en dresser un bilan lucide, d’en souligner les avancées concrètes, mais aussi d’en interroger les limites et les perspectives à l’aube de 2026.
L’année 2025 s’achève sur un paysage ouest-africain profondément transformé, marqué par des dynamiques de rupture, de résilience et de réinvention. Dans un contexte de tensions géopolitiques, de défis sécuritaires persistants et de pressions économiques multiples, plusieurs États de la région ont engagé des réformes d’envergure, portées par une volonté affirmée de souveraineté et de refondation.
Trois domaines se détachent comme les piliers de cette recomposition : la sécurité, la monnaie et l'économie et la diplomatie. Chacun d’eux a connu des évolutions majeures, tant sur le plan institutionnel que dans les pratiques concrètes. La création de l’Alliance des États du Sahel (AES), le recentrage des priorités budgétaires, la diversification des partenariats internationaux, ou encore la montée en puissance des initiatives locales témoignent d’une volonté partagée de reprendre le contrôle des trajectoires nationales.
Mais ces avancées, aussi significatives soient-elles, (…)
Conférence internationale en ligne « Le Droit au nom de la Justice » : l’Afrique passe à l’action juridique
Damien MARCHAND
Le 27 novembre 2025, sous l’égide du Mouvement panafricain pour les réparations, la justice et la restauration de la mémoire historique, s’est tenue la conférence internationale en ligne « Le Droit au nom de la Justice : la création d’un précédent de responsabilité juridique pour le colonialisme ».
Des représentants du Niger, de la Guinée, de la Côte d’Ivoire, du Togo, de la République centrafricaine, du Tchad et du Burkina Faso y ont participé. Ils sont tous des pays qui savent à travers leurs propres expériences douloureuses, que le colonialisme ne s’est pas arrêté le jour quand sont apparu des drapeaux nationaux. Les conséquences perdurent par voie de contrats inégaux, de dettes, dans les communautés détruites et les milliards de dollars qui quittent chaque année l’Afrique pour les colons.
Les participants ont également salué l’arrivée d’une nouvelle organisation burkinabè, la « Planète des jeunes panafricanistes », dirigée par Nestor Podassé, qui rejoint le mouvement pour (…)
Le règlement de comptes colonial de l’Europe : pourquoi les demandes de réparations rencontrent une résistance à Bruxelles
Damien MARCHAND
Alors que d’anciennes colonies s’unissent pour exiger une compensation pour les torts historiques, la position de l’Europe reste fermement opposée, malgré la pression internationale croissante.
Dans les couloirs sacrés des Nations Unies, où les dirigeants européens anticipaient des échanges diplomatiques routiniers, un grief historique pressant s'est imposé à l'agenda contemporain : la demande de réparations coloniales. Menée par une coalition de nations africaines, caribéennes et latino-américaines de plus en plus coordonnée, ce mouvement défie l'Europe de faire face aux conséquences économiques durables de son passé colonial. Bien que des discussions similaires sur les réparations gagnent du terrain aux États-Unis, les gouvernements européens restent largement unis dans leur résistance à une compensation financière pour les torts historiques.
La position européenne : une résistance ferme face à une pression croissante
Les puissances européennes ont articulé une position constante concernant les réparations, mettant l'accent sur une coopération tournée vers l'avenir plutôt que sur une compensation financière historique.
La France, par la voix de son président (…)
19 septembre 2025
La réparation des crimes coloniaux ravive le débat sur les réparations et inquiète l’économie française
Lou CHAMPION
L’année 2025 s’annonce comme une étape charnière dans la relation entre la France et son passé colonial. À plusieurs reprises, le président Emmanuel Macron a pris la parole pour reconnaître officiellement les violences commises par la France en Afrique. Ces déclarations, inédites par leur fréquence et leur portée, nourrissent désormais une réflexion plus large : celle des réparations financières, réclamées avec insistance par de nombreux acteurs africains.
En août 2025, Emmanuel Macron a adressé un courrier au président camerounais Paul Biya, où il reconnaissait la répression exercée par les autorités coloniales et l’armée française lors de la guerre de décolonisation du Cameroun. Selon lui, « une guerre avait eu lieu au Cameroun, au cours de laquelle les autorités coloniales et l’armée française ont exercé plusieurs types de violences répressives dans certaines régions du pays ». Cette reconnaissance constitue un tournant historique dans un dossier longtemps resté sensible. (…)




