Thème Hongrie
20 septembre 2018
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Changement de régime à Budapest ?
Diana JOHNSTONE
CNN a récemment découvert un paradoxe. Comment était-il possible, se demandait la chaîne, qu'en 1989, Viktor Orban, alors leader de l'opposition libérale acclamé par l'Occident, appelait les troupes soviétiques à quitter la Hongrie, et maintenant qu'il est Premier ministre, il se rapproche de Vladimir Poutine ?
Pour la même raison, imbécile.
Orban voulait que son pays soit indépendant à l'époque, et il veut qu'il le soit maintenant.
En 1989, la Hongrie était un satellite de l'Union soviétique. Peu importe ce que les Hongrois voulaient, ils devaient suivre les directives de Moscou et adhérer à l'idéologie communiste soviétique.
Aujourd'hui, la Hongrie doit suivre les directives de Bruxelles et adhérer à l'idéologie de l'UE, c'est-à-dire à "nos valeurs communes".
Mais quelles sont exactement ces "valeurs communes" ?
Il n'y a pas si longtemps, "l'Occident", c'est-à-dire les États-Unis et l'Europe, revendiquaient une dévotion aux "valeurs chrétiennes". Ces valeurs étaient (…)
Manifestation massive contre le gouvernement en Hongrie
Philippe ALCOY
Mardi 28 octobre au soir, des dizaines de milliers de manifestants ont pris possession des rues de la capitale hongroise, Budapest. C’est la deuxième manifestation massive en trois jours (dimanche 26 plus de dix mille personnes avaient manifesté également). Les manifestants s’opposent à un projet de loi du gouvernement conservateur de Viktor Orban qui prétend mettre en place une taxe sur l’utilisation d’internet. La contestation de cette loi semble être en train de jouer un rôle de canalisateur d’un mécontentement social plus profond contenu depuis des années au sein de la société hongroise.
D’après cette nouvelle loi, les fournisseurs d’internet et leurs clients devront payer une taxe de 0,50 euros par gigaoctet téléchargé. Cela a provoqué la rage de la population, notamment parmi les jeunes. C’est comme ça que l’on a organisé rapidement une manifestation dimanche dernier devant le ministère de l’économie et le siège du parti d’Orban, la FIDESZ.
Plus de 10 000 personnes y ont (…)
Hongrie : le leader de l’extrême droite antisémite est d’origine juive, et a tenté la corruption pour le cacher !
Pablo Gorondi (Aporrea)
15 août 2012 - Comme une étoile montante dans le parti d'extrême droite JOBBIK en Hongrie, Csanád Szegedi avait été remarqué pour ses commentaires incendiaires concernant les Juifs. Il les accusait « d'acheter » le pays, critiquait la « judéité » de l'élite politique et affirmait que les Juifs étaient en train de profaner les symboles nationaux.
Puis arriva une révélation qui fit tomber de son piédestal le porte-étendard de la droite ultra-nationaliste : Szegedi était Juif..
Après des semaines de rumeurs sur Internet, Szegedi a reconnu en juin que ses grands parents maternels étaient Juifs, ce qui fait qu'il est Juif aussi selon la loi juive, même s'il ne pratique pas. Sa grand'mère était une survivante d'Auschwitz et son Grand Père un ancien des Camps de Travail Forcé.
Depuis lors, l'homme politique de 30 ans est devenu un paria pour le parti Jobbik et sa carrière politique est compromise. Szegedi refuse toute entrevue sur cette histoire.
L'origine du drame est la cassette (…)
Hongrie : Les inquiétudes hypocrites de l’impérialisme...
Philippe ALCOY
On assiste depuis quelques temps dans les journaux, à la radio et à la télé à une multiplication de reportages et d’articles sur « la dérive autoritaire » en Hongrie. Cet intérêt soudain pour les « atteintes à la démocratie » dans ce pays n’est pas une exclusivité de la presse française : tous les quotidiens des pays impérialistes en parlent. Même Hilary Clinton, secrétaire d’Etat américaine, a exprimé son « inquiétude » par rapport aux atteintes contre les « libertés démocratiques » en Hongrie dans une lettre adressée au premier ministre hongrois Viktor Orbán.
Le véritable enjeu des protestations des dirigeants européens
Ce qui se cache derrière cette campagne médiatique très partielle menée contre Orbán et qui a réellement exaspéréles dirigeants impérialistes, à commencer par ceux de l'Union Européenne, ce sont en fait essentiellement deux projets de loi que le gouvernement national-populiste a finalement fait voter. La première concerne l'inscription dans la nouvelle Constitution d'une règle prévoyant la nécessité d'un vote à une majorité des deux tiers au Parlement pour tout changement en matière de politique fiscale, notamment pour modifier le taux unique d'imposition sur le revenu (16% actuellement et largement favorable aux plus riches). Pour les commentateurs de la bourgeoisie, cela « empêcherait les nécessaires ajustements en cas de dérapage du déficit ou de la dette » [1].
L'autre projet de loi qui est à la base de la réaction de l'UE concerne la modification des statuts de la Banque Centrale Hongroise (MNB) qui menacerait (…)
10 janvier 2012
Hongrie : Bienvenue en Orbanistan !
Vincze SZABO
Mais au fait, comment en est-on arrivé là ?
Selon beaucoup d'observateurs, la Hongrie est considérée comme un laboratoire politique européen. Je propose de revenir brièvement sur l'évolution de ces deux dernières décennies, afin de mieux comprendre la situation actuelle de la Hongrie. Sans tomber dans l'ingérence, l'Europe ne peut ignorer ce qui se passe en Hongrie et devrait en tirer ses propres enseignements afin de sortir de l'impasse économique, sociale et politique dans laquelle elle se précipite.
Une question lancinante revient fréquemment dans les débats : comment le "meilleur élève" de l'ex-bloc communiste, jeune démocratie la plus prometteuse dans les années 90, peut-elle basculer aujourd'hui dans l'autoritarisme ?
Marquée par l'empreinte d'un socialisme du goulash, la Hongrie fut le premier pays de la région à ouvrir son économie à l'ouest. La population, à l'exception des opposants politiques, y vivait relativement bien : Kadar [1] s'assurait que les assiettes (…)



