Olivier A. NDENKOP
Les amis du Nigéria ne sont pas ceux qui, par une communication surfaite, proposent leur « aide » pour lutter contre la secte islamiste. Il s’agit plutôt d’embrasser l’ennemi nigérian pour mieux l’étouffer !
Premier pays producteur de pétrole en Afrique et sixième mondial avec 2,5 millions de barils par jour, le Nigéria a commis le « crime » de céder des puits de pétrole à la Chine. Une concurrence jugée insupportable pour les États-Unis, la France et l’Angleterre qui pompent le pétrole nigérian sans inquiétudes depuis 50 ans. De leur côté, les pétromonarchies arabes s’inquiètent d’un Nigéria trop puissant qui pourra ne plus se soumettre au diktat de l’Arabie Saoudite et du Qatar sur le marché du pétrole et du gaz. A l’image de l’Iran (2ème) et du Venezuela (5ème producteur de pétrole mondial) qui gèrent leur pétrole en toute souveraineté. Boko Haram est le cheval de Troie qu’utilisent les puissances impérialistes pour contrer la Chine et détruire la première puissance économique africaine qu’est devenu le Nigéria en le divisant en deux états comme au Soudan.
Quelques questions pour briser le tabou
Première puissance économique africaine depuis le premier trimestre 2014, premier (…)
LUNITERRE
Irak, Syrie, Palestine, Ukraine, ... et demain ? La violence guerrière se répand littéralement comme une trainée de poudre... Y-a-t-il un dénominateur commun à tous ces conflits ? Sur les médias « officiels », de « grands spécialistes » s’efforcent de nous démontrer que non... ! Alors que ces mêmes médias nous rebattent les oreilles en nous expliquant que partout les « occidentaux », EU plus Europe, et en faits, EU plus France, interviennent au nom de la « démocratie »... Mais tout le monde peut constater que le résultat de ces interventions est un accroissement du chaos, de la violence la plus barbare et de l’obscurantisme... Et nos médias d’en remettre une couche pour justifier la prolongation, et bientôt l’intensification, des hostilités.... Mais d’où sont sorties toutes ces hordes infernales qui permettent aux va-t-en-guerre « occidentaux » de se faire hypocritement passer pour des anges ?
Rappelons-nous que les premières flammèches de ce « nouvel » islamisme radical ont été allumées en Afghanistan par les États-Unis, contre l’Union Soviétique...
Constatons que le dernier incendie « islamiste » en date fait prétexte pour les EU de revenir en Irak, d’où ils étaient supposés se « désengager », après y avoir semé, là comme ailleurs, le chaos.
Constatons qu’il leur fait enfin prétexte à intervenir en Syrie, où leur tentative de « révolution », manipulée et meurtrière, était en passe d’échouer complètement.
En Ukraine, constatons que le coup de l’« Euromaïdan » n’aurait pas abouti sans ses troupes de choc néo-nazies, et que le gouvernement « démocratique » de Kiev dépend entièrement de ces fanatiques barbares pour écraser la République Populaire du Donbass.
Constatons que c’est dans cette fange boueuse et sanguinaire que se complaisent nos « hérauts » médiatiques de l’ « occident » ! Irak, Syrie, Palestine, Ukraine,... et demain ?
Après la Lybie, la Côte (…)
Mikaela HONUNG
Pour commencer l’auteur constate que Wikileaks a permis d’identifier l’ambassade des États-Unis comme base pour des actes subversifs de grande portée dans le pays, incluant naturellement la mise sur écoute des membres du gouvernement nigérian, mais aussi l’espionage financier de Nigérians de premier plan ainsi que le soutien et le financement de groupes subversifs et le chantage exercé contre des politiciens de premier plan pour les contraindre à agir conformément aux intérêts des EU.
Selon Wikileaks, l’ACRI a été fondée par les EU pour faire contrepoids à ECOMOG, sous contrôle nigérian (ACRI est l’acronyme d’Africa Crisis Response Initiative et ECOMOG d’Economic Community of West African States Monitoring Group, un groupe du reste moins impliqué dans l’économie que dans la guerre).
Dans le document Wikileaks, on n’oublie pas de rappeler que dans les années 70 et 80 le Nigéria a soutenu les guerres de libération des pays d’Afrique australe. C’est pourquoi les EU ont fondé l’ACRI, qui a tiré profit des tensions croissantes entre sectes au Nigéria et recruté avec l’aide de la CIA de jeunes islamistes qu’elle a formés au terrorisme dans des bases ad hoc. Un câble états-unien du 29 juin 2009 prédisait l’attentat dévastateur de Boko Haram qui a eu lieu deux mois plus tard. L’Arabie saoudite avait formé des « rebelles » libyens qui à leur tour ont formé des « rebelles » maliens, qui ont formé ceux de Boko Haram.
Un autre document de Wikileaks a dévoilé que la (…)
M. SAADOUNE
Des pays africains se sont réunis à Paris autour du président français François Hollande pour déclarer la guerre à Boko Haram qui provoque une aversion mondialisée après l’enlèvement massif de 200 lycéennes au nord du Nigeria. Réunis à l’Elysée, les chefs d’Etat africains concernés, ceux du Nigeria, du Cameroun, du Tchad, du Niger et du Bénin ont décidé d’une série de mesures allant de l’organisation de patrouilles coordonnées à la mise en place d’un « système de partage du renseignement » en passant par la surveillance des frontières.
Sur le plus long terme, ils ont décidé de créer une « cellule de fusion du renseignement » et une équipe dédiée à élaborer une « stratégie régionale de lutte contre le terrorisme dans le cadre de la Commission du Bassin du lac Tchad ».
L'émotion provoquée par le terrible forfait de la secte Boko Haram contre les lycéennes nigérianes dispense-t-elle de poser la question qui fâche : pourquoi le Nigeria, premier concerné et ses voisins, le Cameroun, le Niger, le Tchad et le Bénin, se sont réunis à Paris au lieu d'Abuja pour se concerter et prendre ces mesures ? On a, bien entendu, la réponse générale structurelle, celle de l'incapacité de l'Union africaine et des organisations régionales à être des vrais espaces de concertation et d'action pour prévenir les crises ou les traiter. Le principe de non-ingérence régulièrement évoqué sonne creux quand les pays concernés n'ont pas une volonté réelle de le mettre en œuvre et ne se donnent pas les moyens d'agir sans attendre les initiatives (…)
Alain CHOUET
Les preneurs d’otage de "Boko Haram" et leur chef, Aboubakar Shekau, sont présentés sur les plateaux français de télévision comme une bande de "fous furieux" et de "drogués". Hélas, ce mouvement terroriste est plus sophistiqué que cette présentation ne le laisse penser. Alain Chouet, ancien chef du "service de renseignement de sécurité" à la DGSE (services français), se penche sur les objectifs de Boko Haram, sur ses soutiens et sur ses modes de financement. François Hollande qui a invité à Paris le Nigeria et ses voisins pour préparer "une riposte régionale" à la prise d’otages du groupe terroriste devrait lire cette contribution fort instructive.
L’effervescence médiatique et « pipole » mondiale suscitée, avec d’ailleurs beaucoup de retard, par l’enlèvement et la séquestration de 250 jeunes filles dans le nord du Nigeria a présenté toutes les caractéristiques d’un feu de paille. Violente et brève. Elle a donné lieu à une profusion de plateaux télé à l’occasion desquels une kyrielle d’experts – ou soi-disant tels – de l’Afrique et du terrorisme sont venus doctement nous expliquer que les preneurs d’otages et surtout leur chef, Aboubakar Shekau, sont une bande de fous furieux bien décidés, sans doute sous l’empire de stupéfiants, à islamiser l’Afrique par le fer et le feu et à y délocaliser l’organisation de feu Ben Laden dont personne ne sait plus très bien où elle se trouve.
L’explication est donc fort simple : les militants de Boko Haram sont des abrutis méchants qui veulent reconstituer Al-Qaïda en Afrique par une alliance que l’on subodore d’ouest en est avec AQMI au Sahel et les shebab somaliens. L’horreur délirante (…)