Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes

A propos de "The ghost Writer" de Roman Polanski

Censeurs parce que frivoles

Une dépêche de l’Agence EFE - publiée dans le quotidien espagnol El Mundo - nous informe que le film The Ghost Writer a reçu le prix de la Critique Cinématographique Internationale, pour l’année 2010, décerné lors de l’ouverture du Festival de Cinéma de San Sebastian (Espagne). L’absence du metteur en scène du film - Roman Polanski - et le qualificatif de « paranoïaque » que lui colle l’actrice Olivia Wiliams constituent l’essentiel de l’information. Grâce à cette dépêche, nous voilà informés sur la « minijupe noire » que portait l’actrice Wiliams et sur son « large sourire », mais nous ne connaîtrons rien du sujet du film qui a valu à Polanski l’Ours d’Argent au Festival du Film de Berlin.

Nous lisons attentivement, écarquillons les yeux et n’apprenons rien d’autre que ceci, des lèvres de l’actrice : « Vous tous qui connaissez ce film vous savez qu’il en est l’auteur au sens fort, qu’il est l’auteur de tous ses aspects. S’il avait pu fabriquer les décors ou mettre au point les éclairages, il l’aurait fait. Le film est son oeuvre »… et rien d’autre. Alors le lecteur se surprend à devenir vraiment paranoïaque en soupçonnant que derrière tant de glamour on essaye de lui cacher quelque chose. En effet, ces jours-ci, le thème du film qu’on nous cache s’est trouvé au centre de nombreuses nouvelles. Le prix décerné à ce film tombe quelques jours seulement après les manifestations contre la présentation des mémoires de l’ex-Premier Ministre britannique Tony Blair qui ont eu lieu en Irlande et en Angleterre et, justement, c’est une intrigue tissée autour des mémoires d’un ex-premier ministre anglais impliqué dans la guerre contre l’Irak qui est au centre du film de Polanski.

Assassinats politiques, recrutements par la CIA de jeunes étudiants dans de prestigieuses universités, instrumentalisation d’êtres humains dans le but de dominer le monde s’entremêlent de façon inquiétante dans The Ghost Writer. Et, pour comble, - contrairement à ce qu’on enseigne à Hollywood - dans ce film, la vérité ne parvient jamais jusqu’à l’opinion publique après être passée entre les mains d’audacieux journalistes.

Il aurait pu être bigrement intéressant de commenter un tel sujet suite à l’attribution d’un prix prestigieux, et plus encore lorsque ce sujet n’est pas absent de l’actualité du jour, mais : bernique ! Cette même grande presse qui va chercher midi à quatorze heures et triture la moindre réalisation artistique à Cuba pour en tirer n’importe quelle déduction politique, noie dans la banalité un manifeste politique aussi évident que cette oeuvre de Polanski.

A Cuba, nous avons vu ce film lors du Festival du Film Français et nous avons reçu un message du metteur en scène plein de gratitude à l’adresse des spectateurs de notre île et dans lequel il s’excusait de ne pouvoir être présent. Et il n’est venu à l’idée de personne de dire que le metteur en scène était paranoïaque, mais après avoir vu le film et après avoir lu cette « couverture » je pense que - si par hasard il l’est - ce ne sont pas les raisons qui doivent lui manquer.

Iroel Sánchez
La pupila Insomne/Rebelión

Source http://lapupilainsomne.wordpress.com/2010/09/20/censura-por-frivolizacion/

Traduction M. Colinas

URL de cet article 11562
   
Même Thème
La République contre son École
Muriel FITOUSSI, Eddy KHALDI
Certains, après la sortie de « Main basse sur l’école publique », (1) n’ont pas voulu croire, au moins dans un premier temps, dans la radicalité des postulats et parti-pris idéologiques qui avaient présidé, comme nous le dénoncions alors, aux mesures initiées par Xavier Darcos. Puis la « fusée des réformes » a décollé, et les yeux de nombreux citoyens, au-delà même de la communauté éducative, ont été décillés. Les atteintes graves au service public d’éducation se sont succédées à un rythme infernal, de la (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

"De toutes les ironies exprimées par la politique étrangère américaine, notre position vis-à -vis de Cuba est la plus paradoxale. Une forte dégradation de la situation économique a provoqué une poussée du nombre de Cubains entrant illégalement aux Etats-Unis.

Nous faisons tout ce que nous pouvons pour détériorer la situation économique et ainsi accroître le flux. Nous encourageons également cet exode en accordant aux Cubains, qui arrivent illégalement ou qui s’approchent par voie de mer, un statut de résident et une assistance pour s’installer.

Dans le même temps, nous n’avons pas respecté les quotas de visas pour les Cubains désireux d’immigrer aux Etats-Unis [...] quand Castro tente d’empêcher des cubains malheureux de quitter leur pays infortuné, nous l’accusons de violer des droits de l’homme. Mais quand il menace d’ouvrir grand les portes si nous continuons à accueillir sans limites des cubains sans visas - y compris ceux qui ont commis des actes de violence pour aboutir à leurs fins - nous brandissons des menaces imprécises mais aux conséquences terribles. "

Jay Taylor, responsable de la section des intérêts américains à Cuba entre 1987 et 1990, in "Playing into Castro’s hands", the Guardian, Londres, 9 août 1994.


CUBA : modèle de résistance ou résistance d’un modèle ? (conférence/débat audio)
Conférence de Viktor Dedaj, animateur du site "Le Grand Soir", sur le Libre Teamspeak le 4 Décembre 2011. Notre conférencier nous explique enfin la vérité sur Cuba, sur son régime, et démonte minutieusement toute la propagande des États-Unis contre Cuba. Une conférence aussi excellente qu’indispensable. L’exposé initial de Viktor Dedaj dure une quarantaine de minutes et est suivi de deux heures de questions/débat avec les auditeurs. - http://lelibrets.blogspot.com/ Le compte Youtube ayant (...)
22 
L’UNESCO et le «  symposium international sur la liberté d’expression » : entre instrumentalisation et nouvelle croisade (il fallait le voir pour le croire)
Le 26 janvier 2011, la presse Cubaine a annoncé l’homologation du premier vaccin thérapeutique au monde contre les stades avancés du cancer du poumon. Vous n’en avez pas entendu parler. Soit la presse cubaine ment, soit notre presse, jouissant de sa liberté d’expression légendaire, a décidé de ne pas vous en parler. (1) Le même jour, à l’initiative de la délégation suédoise à l’UNESCO, s’est tenu au siège de l’organisation à Paris un colloque international intitulé « Symposium international sur la liberté (...)
18 
Revolucionarios : "On ne nait pas révolutionnaire... on le devient."
Chères lectrices, cher lecteurs du Grand Soir Nous vous proposons à la diffusion un documentaire intitulé « Revolucionarios ». Durée 57 Min – Version VOSTFR. Ce film, le premier d’une série, c’est la révolution cubaine racontée par celles et ceux, souvent anonymes, qui y ont participé d’une manière ou d’une autre. Des témoignages qui permettront de comprendre la réalité de ce que vivait le peuple cubain avant l’insurrection, de découvrir les raisons de cet engagement dans la lutte et de voir comment chacun (...)
19 
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.