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KHADAFI DELENDA EST - « Deus lo volt ! Deus lo volt !"

Dans son onusien concile (1) la communauté des croyants a bien entendu le prêche de monseigneur Béhachelle, «  Khadafi delenda est ! … » Relayé par l’émissaire du chanoine de Latran en posture naboléonienne… (2)

La prochaine croisade, nous le savons déjà sera autour du prêche « Iran delenda est !... » avec les mêmes prédicateurs… Notre zéro philosophe national ne s’en dissimulait même pas l’intention hier matin sur France Inter (3-4) qui lui donnait son audience, disant qu’il fallait arrêter le guide de Tripoli pour arrêter demain celui de Téhéran. La démesure préventive ne l’effraie pas et interpellé sur le précédent gazaoui il se défaussait en fin d’émission, lui qui philosophait dans un char israélien pendant que grillaient sous le phosphore des centaines d’enfants palestiniens pour rappeler qu’il n’y avait "aucun rapport’ et que dans la défense de certains tout est permis…

Pour ces pontifes qui ignorent la couleur du sang des enfants, le monde n’est qu’une grande cour dont ils habitent le palais.

Nous voici revenu en un temps déraisonnable, celui du Sermon d’Urbain II « Deus lo volt ! Deus lo volt !" (5)

Urbain II : (Clermont, le 27 novembre 1095, Urbain II prêchant pour la première croisade)

« Hommes français, hommes d’au-delà des montagnes, nations, ainsi qu’on le voit briller dans vos oeuvres, choisies et chéries de Dieu, et séparées des autres peuples de l’univers, tant par la situation de votre territoire que par la foi catholique et l’honneur que vous rendez à la sainte Église, c’est à vous que nous adressons nos paroles, c’est vers vous que se dirigent nos exhortations : nous voulons vous faire connaître quelle cause douloureuse nous a amenés dans vos pays, comment nous y avons été attirés par vos besoins et ceux de tous les fidèles. Des confins de Jérusalem et de la ville de Constantinople nous sont parvenus de tristes récits : souvent déjà nos oreilles en avaient été frappées ; des peuples du royaume des Persans, nation maudite, nation entièrement étrangère à Dieu, race qui n’a point confié son esprit au Seigneur, a envahi en ces contrées les terres des chrétiens, les a dévastées par le fer, le pillage, l’incendie, a emmené une partie d’entre eux captifs dans son pays, en a mis d’autres misérablement à mort, a renversé de fond en comble les églises de Dieu, ou les a fait servir aux cérémonies de son culte ; ces hommes renversent les autels après les avoir souillés de leurs impuretés ; ils circoncisent les chrétiens, et font couler le sang des circoncis ou sur les autels, ou dans les vases baptismaux ; ceux qu’ils veulent faire périr d’une mort honteuse, ils leur percent le nombril, en font sortir l’extrémité des intestins, la lient à un pieu ; puis, à coups de fouet, les obligent de courir autour jusqu’à ce que, leurs entrailles sortant de leur corps, ils tombent à terre, privés de vie. D’autres attachés à un poteau, sont percés de flèches ; à quelques autres, ils font tendre le cou, et, se jetant sur eux, le glaive à la main, s’exercent à le trancher d’un seul coup. Que dirai-je de l’abominable pollution des femmes ? Il serait plus fâcheux d’en parler que de s’en taire. Ils ont démembré l’empire grec, et en ont soumis à leur domination un espace qu’on ne pourrait traverser en deux mois de voyage. A qui donc appartient-il de les punir et de leur arracher ce qu’ils ont envahi, si ce n’est à vous, à qui le Seigneur a accordé par-dessus toutes les autres nations l’insigne gloire des armes, la grandeur de l’âme, l’agilité du corps et la force d’abaisser la tête de ceux qui vous résistent ?

Que vos coeurs s’émeuvent et que vos âmes s’excitent au courage par les faits de vos ancêtres, la vertu et la grandeur du roi Charlemagne et de son fils Louis, et de vos autres rois, qui ont détruit la domination des Turcs et étendu dans leur pays l’empire de la sainte Église. Soyez touchés surtout en faveur du saint sépulcre de Jésus-Christ, notre sauveur, possédé par des peuples immondes, et des saints lieux qu’ils déshonorent et souillent avec irrévérence de leurs impuretés. O très courageux chevaliers, postérité sortie de pères invincibles, ne dégénérez point, mais rappelez-vous les vertus de vos ancêtres ; que si vous vous sentez retenus par le cher amour de vos enfants, de vos parents, de vos femmes, remettez-vous en mémoire ce que dit le Seigneur dans son Évangile : "Qui aime son père et sa mère plus que moi, n’est pas digne de moi. Quiconque abandonnera pour mon nom sa maison, ou ses frères, ou ses soeurs, ou son père, ou sa mère, sa femme, ou ses enfants, ou ses terres, en recevra le centuple, et aura pour héritage la vie éternelle". Ne vous laissez retenir par aucun souci pour vos propriétés et les affaires de votre famille, car cette terre que vous habitez, renfermée entre les eaux de la mer et les hauteurs des montagnes, tient à l’étroit votre nombreuse population ; elle n’abonde pas en richesses, et fournit à peine à la nourriture de ceux qui la cultivent : de là vient que vous vous déchirez et dévorez à l’envie, que vous élevez des guerres, et que plusieurs périssent par de mutuelles blessures. Éteignez donc entre vous toute haine, que les querelles se taisent, que les guerres s’apaisent, et que toute l’aigreur de vos dissensions s’assoupisse. Prenez la route du saint sépulcre, arrachez ce pays des mains de ces peuples abominables, et soumettez-le à votre puissance. Dieu a donné à Israël en propriété cette terre dont l’Écriture dit "qu’il y coule du lait et du miel.
Jérusalem en est le centre, son territoire, fertile par-dessus tous les autres, offre pour ainsi dire les délices d’un autre paradis : le Rédempteur du genre humain l’a illustré par sa venue, honoré de sa résidence, consacré par sa Passion, racheté par sa mort, signalé par sa sépulture. Cette cité royale, située au milieu du monde, maintenant tenue captive par ses ennemis, est réduite en la servitude de nations ignorantes de la loi de Dieu ; elle vous demande donc et souhaite sa délivrance, et ne cesse de vous implorer pour que vous veniez à son secours. C’est de vous surtout qu’elle attend de l’aide, parce qu’ainsi que nous vous l’avons dit Dieu vous a accordé, par-dessus toutes les nations, l’insigne gloire des armes : prenez donc cette route, en rémission de vos péchés, et partez assurés de la gloire impérissable qui vous attend dans le royaume des cieux. »

Le pape Urbain ayant prononcé ce discours plein d’urbanité et plusieurs autres du même genre, unit en un même sentiment tous ceux qui se trouvaient présents, tellement qu’ils s’écrièrent tous : Dieu le veut ! Dieu le veut ! Ce qu’ayant entendu le vénérable pontife de Rome, il rendit grâces à Dieu, les yeux élevés au ciel, et, de la main demandant le silence, dit :

« Très chers frères, aujourd’hui se manifeste en vous ce que le Seigneur a dit dans son Évangile : Lorsque deux ou trois seront assemblés en mon nom, je serai au milieu d’eux. Car si le Seigneur Dieu n’eût point été dans vos âmes, vous n’eussiez pas tous prononcé une même parole : et en effet, quoique cette parole soit partie d’un grand nombre de bouches, elle n’a eu qu’un même principe ; c’est pourquoi je dis que Dieu même l’a prononcée par vous, car c’est lui qui l’avait mise dans votre sein. Qu’elle soit donc dans les combats votre cri de guerre, car cette parole est issue de Dieu : lorsque vous vous élancerez avec une belliqueuse impétuosité contre vos ennemis, que dans l’armée du Seigneur se fasse entendre généralement ce seul cri : Dieu le veut ! Dieu le veut ! Nous n’ordonnons ni ne conseillons ce voyage ni aux vieillards, ni aux faibles, ni à ceux qui ne sont pas propres aux armes ; que cette route ne soit point prise par les femmes sans leurs maris ou sans leurs frères, ou sans leurs garants légitimes, car de telles personnes sont un embarras plutôt qu’un secours, et deviennent plus à charge qu’utiles. Que les riches aident les pauvres, et emmènent avec eux, à leurs frais, des hommes propres à la guerre ; il n’est permis ni aux prêtres ni aux clercs, quel que puisse être leur ordre, de partir sans le congé de leur évêque, car s’ils y allaient sans ce congé, le voyage leur serait inutile ; aucun laïc ne devra sagement se mettre en route, si ce n’est avec la bénédiction de son pasteur ; quiconque aura donc volonté d’entreprendre ce saint pèlerinage, en prendra l’engagement envers Dieu, et se dévouera en sacrifice comme une hostie vivante, sainte et agréable à Dieu ; qu’il porte le signe de la croix du Seigneur sur son front ou sur sa poitrine ; que celui qui, en accomplissement de son voeu, voudra se mettre en marche, la place derrière lui entre ses épaules ; il accomplira par cette double action le précepte du Seigneur, qui a enseigné dans son Évangile : " Celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas, n’est pas digne de moi. ". »

Ainsi naissent les guerres, maîtres et prêtres et prêcheurs de haines de toute nature, bénisseurs de bombardiers qui exploitaient précédemment les peuples qu’ils prétendent représenter avant d’en faire les chairs à canon de leur lucratif commerce de mort.

Ainsi naissent les croisades sans cesse renouvelées, au non de l’axe du bien… Pacem in terris ! (6)

Jacques Richaud 18 3 2011

(1) March 17, 2011, 6:47 p.m. EDT U.N. backs no-fly zone, strikes in Libya
http://www.marketwatch.com/story/un-backs-no-fly-zone-strikes-in-libya...
SAN FRANCISCO (MarketWatch) — The United Nations Security Council voted 10 to 0 supporting the use of "all necessary measures" including the use of a no-fly zone to protect civilians and rebel forces in Libya from forces loyal to Col. Moammar Gadhafi. Russia and China, which held veto powers, abstained from the vote, along with three other council members. The passing of the measure is expected to lead to U.N.-backed military strikes in Libya within hours, according to media reports.

(2) Vers une intervention militaire française en Libye - In Secret défense- Rien de ce qui est kaki, bleu marine ou bleu ciel ne nous sera étranger :
http://www.marianne2.fr/blogsecretdefense/Vers-une-intervention-milita...

(3) jeudi 17 mars 2011 Bernard-Henri Lévy Philosophe, essayiste.
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/sept-neuf/index.php?id=102555

(4) « Delenda Carthago » ou « Carthago delenda est » est une célèbre citation .Elle signifie « Il faut détruire Carthage ! » Après les premières guerres puniques remportées par les Romains, la guerre totale envers Carthage s’acheva par la destruction complète de la ville. Selon la tradition Caton l’ancien prononçait cette formule à chaque fois qu’il commençait ou terminait un discours devant le Sénat de Rome, quel qu’en soit le sujet. Nous connaissons des chroniqueurs contemporains qui poursuivent cette obsessionnelle dénonciation des sujets de leurs peurs et de leurs phobies. La blancheur de la chemise ne reflète pas toujours la clarté de l’esprit.

(5) Sermon d’Urbain II Deus lo volt ! Deus lo volt !

http://www.udenap.org/groupe_de_pages_04/sermon_d_urbain_ii.htm

(6)PACEM IN TERRIS LETTRE ENCYCLIQUE DU SOUVERAIN PONTIFE JEAN XXIII Sur la paix entre toutes les nations,fondée sur la vérité, la justice, la charité, la liberté.
http://www.vatican.va/holy_father/john_xxiii/encyclicals/documents/hf_...
A nos vénérables frères, patriarches, primats, archevêques, évêques et autres ordinaires, en paix et communion avec le Siège Apostolique, au clergé et aux fidèles de l’univers ainsi qu’à tous les hommes de bonne volonté…(…) 116 - Enfin, rien de fécond comme un tel résultat. La paix rend service à tous : individus, familles, nations, humanité entière. Il résonne encore à nos oreilles, l’avertissement de Pie XII : « Avec la paix, rien n’est perdu ; mais tout peut l’être par la guerre (60). » -117 - Aussi... Nous estimons de Notre devoir d’adjurer tous les hommes, et surtout les gouvernants, de n’épargner aucun effort pour imprimer aux événements un cours conforme à la raison et à l’humanité. -118 - Que les assemblées les plus hautes et les plus qualifiées étudient à fond le problème d’un équilibre international vraiment humain, d’un équilibre à base de confiance réciproque, de loyauté dans la diplomatie, de fidélité dans l’observation des traités. Qu’un examen approfondi et complet dégage le point à partir duquel se négocieraient des accords amiables, durables et bénéfiques…(…) 172 - Pour que cette paix s’étende à tout le troupeau confié à vos soins, et spécialement pour l’avantage des classes les plus modestes, qui appellent une aide et une protection particulières....(…) Nous implorons du Dieu très-haut bonheur et prospérité. Donné à Rome, près Saint-Pierre, le Jeudi saint, 11 avril de l’année 1963, la cinquième de Notre pontificat. IOANNES PP. XXIII

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