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L’AUTO-ACTIVITE DU PROLETARIAT COMME ENJEU POLITIQUE CENTRAL

L’AUTO-ACTIVITE DU PROLETARIAT COMME ENJEU POLITIQUE CENTRAL

C’est en tout cas la thèse que Alain Bihr et quelques de ses amis de A Contre-Courant, des Amis de l’émancipation sociale et de Carré Rouge, ont mis au centre de leurs réflexions en divers moments.

L’affaire, en fait, s’est déployée en deux temps.

En 1981, lors d’une rencontre, ils se mettent d’accord pour entreprendre un travail commun de ré-appropriation et de ré-élaboration théoriques et politiques en commençant par les questions touchant à l’auto-organisation, à l’auto-émancipation et à la démocratie.
Alain Bihr a déjà , pour sa part, réfléchi à la question et a déjà rédigé un texte conséquent qu’il considère comme étant impossible à retravailler ou à mettre à jour. Il sera donc publié comme tel, avec cependant des coupures, dont celles relatives à la dictature du prolétariat qui doivent faire l’objet d’un examen séparé.

Dans ce premier temps, la discussion restera de peu d’ampleur.

20 ans après, plutôt 25 même, les amis décident de la reprendre. Alain Bihr rédigera alors une note de réévaluation

POURQUOI LE PROLETARIAT

Dans un premier temps, nous en tiendrons au premier texte déjà bien conséquent, ce qui impliquera toutefois un certain nombre de choix.

Je ferai également d’entrée une première remarque, mais cependant sans m’y attarder pour l’instant, d’une part parce que Alain Bihr n’évoque pas lui-même les raisons qui l’ont conduit à n’utiliser que le concept de «  prolétariat » pour désigner la classe qui s’oppose à la classe bourgeoise, d’autre part parce que le sujet mérite lui-même un développement conséquent qui rendra certainement nécessaire un autre travail, au moins d’égale importance à celui que nous entreprenons aujourd’hui.

UN ENJEU POLITIQUE CENTRAL

Interrogeons-nous, dit Alain Bihr, sur la place de l’auto-activité du prolétariat dans le processus de la lutte des classes sous le capitalisme : «  Je lui accorderai une place centrale en en faisant l’enjeu essentiel de ce processus. »

Que signifierait la réalisation pleine et entière de l’auto-activité du prolétariat ?
Qu’impliquerait-elle ?

Alain Bihr répond : «  La fin de l’oppression ( exploitation, domination, aliénation ) capitaliste, le dépassement des rapports sociaux sur lesquels repose cette oppression, à commencer par le capital lui-même, la réorganisation et la réorientation de l’ensemble de la pratique sociale modelée par ces rapports. »

«  C’est précisément ce vers quoi tend toute la lutte d’émancipation du prolétariat.
«  Et c’est aussi ce à quoi tente de s’opposer par tous les moyens la classe dominante ( ou le bloc au pouvoir ) et ses alliés : défendre ou approfondir la domination revient toujours pour elle à combattre cette puissance menaçante qu’est l’auto-activité du prolétariat, grosse de ce possible qu’est la révolution communiste : pour empêcher ce possible de prendre forme et de s’actualiser, il lui faut sans cesse réprimer, institutionnaliser, intégrer, neutraliser l’auto-activité du prolétariat qui enveloppe et développe ce possible. »

LA CLASSE DOMINANTE NE PEUT DETRUIRE LE PROLETARIAT

L’auto-activité du prolétariat, en tant que réalité et virtualité, constitue bien l’enjeu décisif de la lutte des classes au sein du capitalisme, puisqu’elle représente la seule alternative au pouvoir du capital.

«  Cette proposition, dit Alain Bihr, n’est en somme qu’une conséquence de l’asymétrie fondamentale entre le prolétariat et la classe dominante dans leur face à face conceptuel.
«  Alors, dit-il, que le prolétariat ne se réalise pleinement comme classe qu’en détruisant la classe dominante, cette dernière ne peut pas pour sa part détruire le prolétariat sans lequel elle n’existerait pas comme classe dominante : son existence suppose en effet l’oppression ( l’exploitation, la domination, l’aliénation ) du prolétariat, donc son existence en tant que classe opprimée, mais suppose en même temps la négation de ce que cette situation d’oppression fait naître : la lutte contre l’oppression, l’auto-activité du prolétariat comme sens, contenu et forme de lutte, la révolution prolétarienne comme point d’aboutissement de cette auto-activité.

«  Autrement dit, précise Alain Bihr, la classe dominante doit sans cesse nier les conséquences de ses propres prémisses.

«  On retrouve ici cette contradiction interne à la domination capitaliste : ce sont les conditions mêmes de la domination capitaliste qui font de l’auto-activité du prolétariat l’enjeu de la lutte des classes sous le capitalisme. »

LE PROLETARIAT UNIQUEMENT COMME FORCE DE TRAVAIL

D’abord, le capital ne connait et ne reconnaît le prolétariat que comme force de travail ( simple ), force productive qu’il s’agit pour lui de consommer dans le travail et de reproduire hors du travail selon les exigences de sa propre reproduction.

«  Telle est la condition faite par le capital au prolétariat en tant que classe en soi, condition dont l’analyse nécessite le recours aux trois concepts d’exploitation, de domination et d’aliénation.

LE PROLETARIAT EST EXPLOITE

«  Le prolétariat est exploité, c’est-à -dire qu’il se voit extorquer un sur-travail selon des modalités diverses, mais qui se ramènent pour l’essentiel à la formation de plus-value selon le processus analysé par Marx.

LE PROLETARIAT EST DOMINE

«  Le prolétariat est dominé, c’est-à -dire qu’il se trouve exclu de la capacité à orienter la praxis sociale et à en maîtriser les médiations essentielles ( gestion du sur-produit social, information de la communication sociale, mise en oeuvre de la rationalité sociale, production symbolique, etc...), toutes tâches qui sont accaparées par les classes dominantes.

LE PROLETARIAT EST ALIENE

«  Enfin, le prolétariat est aliéné, c’est-à -dire que principal producteur de la vie sociale dans son infrastructure matérielle, il voit non seulement son oeuvre échapper à son contrôle et même, pour une large part, à sa conscience, mais encore se retourner contre lui et l’écraser.

«  Aliéné, le prolétariat l’est par la misère matérielle, sociale, morale, intellectuelle à laquelle le condamne le capitalisme en tant que classe en soi. »

LA PERTE TOTALE DE L’HUMAIN

«  Et si l’on voulait, poursuit Alain Bihr, résumer d’un terme ce triple aspect de la condition ou situation du prolétariat sous le capitalisme, c’est à celui d’expropriation qu’il faudrait encore recourir : exproprié à l’égard de la maîtrise de ses conditions matérielles d’existence, il se trouve exproprié de l’usage de la majeure partie du produit de son travail, exproprié de la conduite de la société, exproprié enfin de la jouissance des multiples puissances sociales qui font la riche détermination de l’homme moderne - donc exproprié de l’humanité telle qu’elle se définit, en acte et en puissance, sous le capitalisme.

«  On retrouve ici, conclut Alain Bihr, la définition donnée par Marx du prolétariat dans un de ses célèbres textes de jeunesse comme classe incarnant «  la perte totale de l’humain. »

MAIS LE PROLETARIAT, C’EST LE TRAVAIL VIVAN T

Cependant, et en même temps,, ce processus d’expropriation qui prive le prolétariat de toute maîtrise ( propriété et possession ) sur ses conditions d’existence, est aussi celui qui en fait le détenteur exclusif du travail vivant, base sur laquelle le prolétariat pourra établir son rapport de forces dans l’acte d’échange de la force de travail.

De même, ajoute Alain Bihr, si la séparation entre travail mort et travail vivant constitue le prolétariat comme porteur du travail vivant face au capital qui se présente alors comme somme de travail mort, elle rend du même coup ce dernier tributaire du premier, puisqu’il n’y a de valorisation possible du capital qu’à travers l’acte de mise en mouvement du travail mort par le travail vivant.

De même encore, renchérit-il, si la domination du capital transforme les prolétaires en simples exécutants des procès divers à travers lesquels il se reproduit, il met du même coup ces derniers en mesure de bloquer, d’entraver, d’infléchir ces procès...

Aussi, pour Alain Bihr, «  si l’être en soi du prolétariat signifie que le prolétariat est d’abord et fondamentalement pour le capital, il signifie aussi, du même coup, que le capital n’est, quant à lui, que pour le prolétariat.

«  Et c’est en s’appuyant sur ce second aspect de sa situation objective que le prolétariat va pouvoir entamer sa lutte contre le capital. »

UNE FORCE SOCIALE DISTINCTE ET AUTONOME

Ainsi, en effet, par sa lutte contre le capital, le prolétariat dépasse son simple être en soi et se pose comme classe pour soi : comme force sociale distincte et autonome.
«  Pour lui, dit Alain Bihr, sa lutte de classe est toujours lutte pour la classe : pour son existence en tant que «  sujet du devenir social historique et de son propre devenir en tant que classe.

«  Autrement dit encore, dans et par sa lutte contre le capital, le prolétariat se met à s’auto-produire comme classe. »

Alain Bihr va alors montrer que la lutte de classe du prolétariat implique elle-même plusieurs dimensions qui sont autant de dimensions de l’être pour soi du prolétariat.

AUTO-PRODUCTION ET RE-APPROPRIATION

L’auto-production dont il parle est aussi une oeuvre de réappropriation de ses conditions objectives d’existence en tant que classe sociale dont il est essentiellement exproprié.
«  Elle vise ainsi à transformer les rapports sociaux et les pratiques sociales en fonction de ses intérêts propres de classe, de manière à rendre possible son existence en tant que classe sociale distincte et non en tant que simple masse exploitée, dominée, aliénée.
«  Le prolétariat concourt ainsi à déterminer les orientations et à façonner l’organisation de la praxis sociale historique...Du même coup, il concourt à infléchir ou même à transformer ses conditions objectives d’existence : l’être en soi du prolétariat est donc médiatisé par son être pour soi.

«  Ce que le prolétariat est à un moment de son histoire, au sein des structures capitalistes, est aussi l’oeuvre de ses luttes antérieures contre ces structures.
«  Ainsi se concrétise l’idée d’auto-production du prolétariat comme classe au cours de sa lutte. »

UNE OEUVRE D’AUTO-AFFIRMATION

Alain Bihr va montrer ensuite que la seconde dimension de la lutte de classe se présente comme une oeuvre d’auto-affirmation par rapport à toutes les autres classes de la société : ce n’est qu’à cette condition que le prolétariat se pose comme une force distincte et autonome, et c’est là la dimension la plus manifeste de sa lutte en tant que classe.

UNE OEUVRE D’AUTO-DETERMINATION

Ce mouvement d’auto-affirmation implique en premier lieu l’auto-détermination du prolétariat.

«  Ce dernier, dit-il, ne peut se poser en tant que «  sujet » socio-politique en face et contre les autres classes de la société que du moment où il parvient à défendre et à affirmer des finalités socio-historiques propres et des intérêts de classe originaux différents de ceux de toutes les autres classes de la société capitaliste.

«  Cette capacité à se fixer des tâches historiques propres requiert à son tour que le prolétariat se rassemble, se regroupe, s’organise de manière autonome. »

UNE OEUVRE D’AUTO-ORGANISATION

L’auto-organisation, poursuit Alain Bihr, constitue ainsi un second aspect de l’auto-affirmation et implique des formes originales d’organisation, appropriées au contenu spécifique de son action : à ses intérêts de classe, à ses finalités socio-historiques, à ses objectifs stratégiques et tactiques.

UNE OEUVRE D’AUTO-REFLEXION

Enfin, Alain Bihr considère que auto-détermination et auto-organisation impliquent et culminent dans l’émergence d’une conscience de classe autonome, expression à la fois de la situation présente du prolétariat, de ses intérêts les plus immédiats comme de ses possibilités socio-historiques ultimes : l’auto-réflexion constitue ainsi le troisième aspect de l’auto-affirmation du prolétariat.

«  Il est à peine besoin de faire remarquer, ajoute cependant Alain Bihr, combien ces différents aspects de l’auto-affirmation du prolétariat résultent directement de sa lutte contre les autres classes de la société capitaliste et contre l’ensemble des structures de celle-ci.

«  Ce n’est que dans et par la lutte que le prolétariat peut parvenir à affirmer ses intérêts de classe spécifiques, à se rassembler en des organisations propres à faire éclore et à conforter en lui-même une conscience adéquate de sa force et de ses possibilités historiques.

«  Ici, plus que jamais, le pour soi du prolétariat apparaît directement comme l’oeuvre de sa lutte de classe contre le capitalisme. »

SE TRANSFORMER PROFONDEMENT LUI-MEME

Lutte contre le capitalisme, mais aussi contre lui-même.

Alain Bihr est sans ambiguïté : «  C’est là une troisième dimension de la lutte de classe du prolétariat qui met en jeu le rapport de la classe à elle-même.

«  Le prolétariat ne peut ni s’approprier les moments essentiels de la praxis sociale ni s’affirmer contre les autres couches de la société capitaliste sans se transformer profondément lui-même en tant qu’il est déterminé par les rapports capitalistes, les pratiques sociales qu’ils façonnent, les fins ( valeur et sens ) qu’ils imposent.

«  Autrement dit, sans se nier en tant que classe constituée dans et par la praxis capitaliste. Le prolétariat n’est pas étranger au capitalisme, il naît dans la société capitaliste, il s’y trouve, il y participe, il la fait fonctionner. Les idées, les normes, les attitudes capitalistes tendent constamment à envahir le prolétariat, et aussi longtemps que la société actuelle durera, il ne pourra pas en être autrement.

«  Aussi la lutte du prolétariat contre le capital doit-elle s’accompagner d’un travail de classe sur elle-même afin de nier tous les traits et déterminations qui la constituent comme classe en soi, comme classe marquée du sceau de son exploitation, de sa domination, de son aliénation. »

L’EMANCIPATION DES TRAVAILLEURS
SERA L’OEUVRE DES TRAVAILLEURS EUX-MEME

Selon Alain Bihr, cette idée est décisive pour la compréhension de la nature de la révolution prolétarienne.

«  Contentons-nous, dit-il, afin d’avancer dans cette voie, d’en tirer deux conséquences.
«  La première tient dans l’affirmation que «  l’émancipation des travailleurs sera l’oeuvre des travailleurs eux-mêmes. » ( Marx )

«  En effet, poursuit-il, si la position du prolétariat comme sujet autonome, se libérant de l’oppression capitaliste, nécessite un important et incessant travail de la classe sur elle-même, rien ni personne ne peut émanciper le prolétariat sinon lui-même.

«  L’auto-émancipation du prolétariat... en tant qu’horizon de sa lutte de classe de trouve ainsi directement fondée sur la dialectique d’auto-affirmation et d’auto-négation qui caractérise cette lutte. »

UN PROCESSUS ININTERROMPU OU REVOLUTION PERMANENTE

En second lieu, cette même dialectique conduit à introduire l’idée de révolution permanente, en lui donnant toutefois, précise-t-il, un sens différent de celui de Trotsky.
«  J’entends par là que le processus d’émancipation du prolétariat doit être un processus ininterrompu dans lequel tout élément d’auto-affirmation doit être dépassé en un élément supérieur, sous peine de fournir la base d’un renouvellement de la domination et de l’aliénation du prolétariat par le capital.

«  Autrement dit, le prolétariat n’avance sur la voie de son auto-émancipation qu’en niant ( dépassant ) jusqu’aux moments antérieurs de son pour soi ; car toute stagnation s’assimile pour lui rapidement à une régression, les éléments acquis par sa lutte étant alors intégrés par la classe dominante au sein d’un dispositif réaménageant les formes et les moyens de sa domination. »

( bientôt la suite )

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