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L’Age de la déraison

tableau : L’Extraction de la Pierre de Folie, Jérôme Bosch

Celles et ceux qui croyaient que la Conférence de COPENHAGE pouvait résoudre les problèmes de la planète, sont les mêmes que celles et ceux qui croyaient que notre myrmidon allait nous amener vers des lendemains qui chantent.

C’est pourtant moins cette « volonté d’impuissance » - somme toute logique - à laisser les choses en l’état et à gérer ce système marchand mortifère que nous ont donné en spectacles les pouvoirs en place, qui doit nous interroger, que le stade de déraison et d’inconscience qu’a atteint l’humanité au seuil de la catastrophe.

LA FIN D’UNE EPOQUE

La croyance aveugle, qui anime les peuples, et les « démocraties » depuis plus de deux cent ans, en la toute puissance du système représentatif et en la confiance dans ses représentants, non seulement ne résolvent pas les problèmes de notre temps, mais nous entraînent dans une spirale régressive sur le plan, certes écologique, mais aussi social et même éthique.

La magie du « discours officiel » garde encore une bonne partie de sa force… le bon peuple, comme au temps du servage et de la domination de l’Eglise, prend pour « pain béni » les oraisons et promesses, de ses « bons maîtres » de ceux qui ont fait profession de lui apporter bonheur et prospérité,… La preuve ? Il continue à voter pour eux. Bien sûr il y a de la grogne et de la révolte,… mais à terme la magie des mots, efficacement secondée par la puissance des médias, a raison des sautes d’humeur à défaut de prises de conscience.

Le discours scientifique, qui a en grande partie fondé la crédibilité du discours philosophique marchand : la raison, la logique, le progrès, l’innovation,… ce discours donc est devenu obsolète, et en particulier dans le domaine écologique. En effet, les scientifiques qui depuis des années alertent, ne sont en fait pas écoutés,… les gestionnaires du capital se contentent d’entrer dans la logique débile « expertise/contre-expertise » pour semer le trouble, l’incompréhension et justifier le fait qu’il ne faille rien faire, ou pas grand-chose, ou pas tout de suite,….

On n’entend plus la sonnette d’alarme des scientifique mais seulement le tintement des tiroirs-caisses des financiers de la planète.

La Conférence de COPENHAGE, marque une nouvelle étape dans ce « jeu de poker-menteur » qui se joue entre dirigeants et opinions publiques. Pourquoi ?

Pour deux raisons essentielles : ils étaient tous là et les questions à traiter étaient vitales

- Ils étaient tous là  : On peut faire l’hypothèse que tous avaient conscience de l’importance de l’enjeu… D’autre part il n’y avait pas le prétexte classique de dire : « on n’était pas tous là donc on ne pouvait pas prendre des décisions ».

- Les questions à traiter étaient vitales : Il ne s’agissait, en effet, pas de quelconques questions commerciales, mais tout simplement de l’avenir de la planète.

Après deux ans de « préparation », un déploiement inouïe de moyens, une dépense d’énergie colossale, une préparation médiatique sans précédent,… la montagne a accouché d’une souris… que dis-je ?… d’un souriceau mort-né.

Mais s’agissait-il bien d’une « montagne » ?... Là est la question.

Que représentent aujourd’hui les pouvoirs en place pour résoudre des questions aussi essentielles ? La preuve vient d’en être faite : rien .

Conservateurs et progressistes, « démocraties » et dictatures, tous y étaient et tous ont été d’accord, de fait, pour… ne rien faire. C’est une unanimité unique dans l’Histoire de l’Humanité. Erreur, il existe un autre cas : la faillite de la Société Des Nation entre les deux guerres… et l’on sait comme cela s’est terminé.

Chacun bien sûr se renvoie la balle de l’ « échec », mais les faits sont là .

La situation est désormais claire : on ne peut absolument pas compter sur les politiques pour sauver notre peau et celle des générations futures. Tous, à différents degrés sont liés au système marchand dont ils assurent - même si certains s’en défendent - la pérennité.

LE DOUBLE JEU DES « ECOLOGISTES »

Par la nature même des problèmes posés, et des prétentions qui sont les leurs, ceux-ci sont au coeur de l’opération… et ceux d’entre eux - tous ne s’en sont pas abaissés jusque là - qui ont fait profession politicienne de l’écologie, ont bien compris qu’il y avait désormais des places à prendre dans le fromage.

Or, malgré un discours séduisant, maniant l’espoir et le catastrophisme, ils jouent un jeu éminemment pervers. Au rayon de l’écologiste on trouve toutes les tendances, toutes les couleurs, toutes les nuances, du « vert de gris » au « vert-crapaud-mourant-d’amour », en passant par le « vert caca d’oie »… mais l’objectif est unique : prendre des places de pouvoir.

Ils ont été partis prenante de la Conférence de COPENHAGE qui devait assurer leur triomphe, et comptaient bien en tirer un maximum de bénéfice. Ils surfent désormais sur de fiasco sur le thème éculé : « Ah si on nous avait écouté » et espèrent tirer profit de la déception générale lors des prochaines élections.

La voracité politicienne de ces nouveaux parvenus risque de dévier la prise de conscience de la vacuité des dispositions/dispositifs politiques aujourd’hui opérant dans les « démocraties ». En effet ils « collent » au plus prêt des pouvoirs en place, collaborant avec eux, y participants, les manipulant, les utilisant, les culpabilisant… brouillant les véritables questions à des fins purement institutionnelles. Mais tenant finalement les même discours que les autres : « votez pour nous, on fera le reste ! ».

Après une période - bien courte - de remise en question des méthodes de pouvoir, ils en sont revenus à un fonctionnement parfaitement traditionnel… or c’est bien de cette remise en cause de ce qu’est le Pouvoir, de sa finalité et de son opérationnalité, qu’il est question aujourd’hui.

REPENSER « LE » POLITIQUE

Ce ne sont pas les cartes qu’il faut changer mais carrément le jeu.

Si le monde a pu fonctionner durant deux siècles, avec les soubresauts que l’on sait, sur des principes politiques présentés comme éternels : la République, la démocratie, le suffrage universel,… force est de constater que la magie ne joue plus, que la machine s’est enrayée. La démagogie, la corruption, le misérabilisme de la pensée et l’incompétence des dirigeants élus, sans parler des dictateurs, leur complicité avec les puissances financières et industrielles, sont devenues des pièges mortels dans un monde toujours plus nombreux, aux ressources limitées et à la puissance industrielle - créatrice et destructrice - qui est la sienne aujourd’hui.

La déraison aujourd’hui est de continuer à raisonner et à agir comme autrefois.

L’initiative qui peut désormais nous sauver n’est plus dans les urnes, ni dans des défilés de rue, ni dans la confiance, o combien naïve, que l’on peut placer dans les promesses, jamais tenues, de bonimenteurs, mais dans les initiatives concrètes, les pratiques que l’on peut, et que l’on doit, mettre en oeuvre.

La déraison serait de continuer à faire confiance en des individus qui ne la méritent pas.

Celles et ceux qui ont pris, qui prennent, des initiatives, tiennent probablement en main les clefs de l’avenir. Ils appliquent des mesures, définissent des modes d’action, fondent une éthique qui n’ont rien à voir avec le système marchand en voie de décomposition et avec les pratiques affairistes voire maffieuses de ses serviteurs.

COPENHAGUE est le tombeau des illusions perdues,… les dernières. Les soubresauts grotesques des myrmidons officiels risque, si nous n’y prenons pas garde, d’être le préambule d’une danse macabre pour toutes les espèces. La balle n’est pas dans leur camp, mais dans le notre, et ils sont hors jeu.

L’avenir est ouvert, mais écrit nulle part, pas plus que l’assurance du triomphe de la raison.

Patrick MIGNARD
Janvier 2010

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