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La guerre, le néolibéralisme et l’Empire au XXIème siècle.








Counterpunch, 14 mars 2007.


Sameer Dossani : A propos de la toute récente loi irakienne sur le pétrole, on sait bien que la loi a été concoctée aux Etats-Unis avant d’être soumise à la consultation de quelques Irakiens, tous des fidèles du premier ministre Noori Al Maliki, puis envoyée au Parlement irakien. Cette loi ouvre la voie à la fragmentation et à la privatisation du pétrole irakien. Quels sont les projets économiques des Etats-Unis en Irak ? Vue la tournure désastreuse prise par l’occupation, pourront-ils mener à bien ces projets ?

Noam Chomsky : Tout cela n’est pas très clair. Ce que vous venez de dire est exact. La loi n’a même pas été vue par le Parlement irakien avant d’être complètement achevée, c’est donc un travail de l’intérieur. Jusqu’où cela ira ?, on ne peut trop dire encore. Cette loi permet des PSA (Production Sharing Agreements, Accords de partage de la production), façon traditionnelle de rouler le pays producteur et de garantir la prise contrôle et les grands profits aux entreprises étrangères. C’est assez différent des autres dispositions contractuelles qui existent dans la région - c’est bien ce qui existait auparavant, mais par la suite les productions de pétrole ont été nationalisées et les pays demandaient des conditions plus favorables à leurs intérêts dans les négociations avec les entreprises impliquées. La loi est vague sur ce point-là , tout est donc possible.

En ce qui concerne les intérêts économiques des Etats-Unis je pense qu’il y a une distinction à faire. Le premier intérêt -et c’est vrai partout au Moyen Orient, y compris en Arabie saoudite, le plus grand producteur- ça a toujours été le contrôle, et non pas l’accès, et non pas le profit. Le profit est un intérêt secondaire et l’accès est un intérêt de troisième ordre.

Ainsi pendant les années où les Etats-Unis n’utilisaient pas du tout le pétrole du Moyen Orient, quand ils étaient le plus grand producteur et le plus grand exportateur, ils avaient la même politique, ils voulaient contrôler les sources de pétrole et les raisons en sont tout à fait connues. Au milieu des années 1940, le département d’Etat a clairement signalé que les ressources pétrolières dans la région, alors principalement l’Arabie saoudite, étaient une stupéfiante source de pouvoir stratégique - ce qui transformait le Moyen Orient en région la plus importante du monde en termes stratégiques. Ils ajoutaient qu’il s’agissait de l’une des plus grandes richesses matérielles de l’histoire. Mais le point clef c’est qu’il s’agissait d’un pouvoir stratégique, ce qui signifie que si vous contrôlez les ressources énergétiques, alors vous pouvez contrôler le monde parce que le monde a besoin des ressources énergétiques.

Tout cela a été dit tout à fait clairement par George Kennan lorsqu’il était l’un des architectes de la politique états-unienne pour le Moyen Orient. Il avait déclaré que le contrôle du pétrole du Moyen Orient nous donnerait un pouvoir de veto sur nos rivaux. Il pensait spécialement au Japon, au cas où le Japon s’industrialiserait -ce pays était encore ravagé à la suite de la guerre-, nous aurons le pouvoir de veto tant que nous contrôlerons le pétrole. Et cela a toujours été très clair pendant toutes ces années. Ainsi pendant la première étape de la guerre d’Irak (l’ex conseiller à la sécurité nationale) Zbigniew Brzezinskki, l’un des plus avisés des planificateurs -il n’était pas très enthousiaste pour cette guerre- a déclaré que si les Etats-Unis remportent la guerre, c’est-à -dire s’ils parviennent à imposer un régime vassal en Irak, alors les Etats-Unis disposeront d’un appréciable niveau d’influence sur leurs rivaux européens et asiatiques parce qu’ils auront la main sur le robinet.

Et cela est parfaitement bien connu dans les plus hauts niveaux gouvernementaux. Il y a quelques mois, Dick Cheney a déclaré que le contrôle des pipelines peut être « un moyen d’intimider et de faire du chantage ». Il parlait du contrôle des pipelines par d’autres. Ainsi si ce sont nos ennemis qui l’ont, c’est un instrument d’intimidation et de contrainte. Evidemment la même chose est vraie s’il se trouve en nos mains. On n’est pas censé penser ainsi parce que nous sommes supposés nobles, mais le reste du monde le comprend certainement très bien de cette façon. En effet, c’est un outil d’intimidation et de contrainte, que ce soit sur la question de l’orientation des pipelines ou que ce soit sur la question du contrôle de la production ou des régimes en question, et le contrôle peut se réaliser de différentes façons. Voilà donc l’objectif principal - le contrôle.

Le deuxième objectif ce sont certainement les profits des entreprises états-uniennes et britanniques, accompagnées de quelques autres bien entendu. Et en effet dans le cas de la loi irakienne sur le pétrole ces considérations sont à prendre en compte. Les PSA et les contrats à long terme avec des taux ridicules, tout cela signifie d’immenses profits comme c’était le cas dans le passé. Ainsi il y a quelques semaines Exxon-Mobil a fait connaître ses profits pour l’année 2006, ce sont les profits les plus élevés de l’histoire des Etats-Unis pour une entreprise donnée. Ils ont rompu le record de l’année antérieure, qui était également revenu à Exxon-Mobil. Les autres entreprises pétrolières se portent merveilleusement bien - l’argent leur sort par les oreilles. Et les entreprises qui leur sont liées connaissent la même réussite, telles Haliburton, Bechtel, etc.

L’industrie pétrolière a des conséquences matérielles au-delà de la question énergétique. Il y a beaucoup d’autres conséquences. Prenez l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis (EAU). Ils ont d’immenses projets de construction payés par les pétrodollars, lesquels sont ainsi recyclés vers Bechtel et les autres grandes entreprises de construction. Une bonne partie revient directement vers l’industrie militaire états-unienne. Il y a d’immenses marchés pour les exportations militaires états-uniennes et l’industrie militaire aux Etats-Unis est très liée à l’économie des technologies de pointe de façon générale. Bref, il s’agit d’une sorte de système circulaire - hauts prix pour le pétrole, les pétrodollars reviennent aux Etats-Unis pour les grands projets de construction et pour l’industrie des technologies de pointe, pour le développement, pour l’achat de bons du trésor ce qui contribue à soutenir l’économie - c’est une part majeure de l’économie. Et bien entendu cela ne concerne pas que les Etats-Unis. La Grande-Bretagne, la France et d’autres font de grands efforts pour obtenir les mêmes marchés et parfois ils y parviennent. Récemment Il y a eu un grand scandale de corruption en Grande-Bretagne ; ils avaient voulu graisser la patte à des fonctionnaires saoudiens pour une vente d’avions. Donc l’idée de base du système énergétique c’est qu’il devrait se trouver sous le contrôle de clients loyaux vis-à -vis des Etats-Unis ; et il leur est permis de s’enrichir, et y compris de devenir superriches, mais les pétrodollars doivent principalement revenir vers l’Occident, à commencer par les Etats-Unis, sous diverses formes. Voilà donc le deuxième objectif.

Un troisième objectif c’est l’accessibilité. Cela est beaucoup moins important, notamment parce que le système de distribution est de toute façon presque complètement aux mains des grandes entreprises pétrolières et une fois que le pétrole se trouve en haute mer, il peut aller partout. Donc l’accessibilité n’est pas un problème majeur. Les chercheurs des sciences politiques, pour se moquer de l’explication selon laquelle les Etats-Unis ont envahi l’Irak pour acquérir son pétrole, soulignent que les Etats-Unis pourraient obtenir le pétrole du Moyen Orient ailleurs ; ce ne peut donc pas être la raison de l’invasion. C’est vrai, mais c’est sans intérêt parce que les vrais raisons sont, et ont toujours été, d’abord le contrôle et deuxièmement le profit ; et en fait les projections de l’intelligence des Etats-Unis pour les années à venir ont indiqué que tandis que les Etats-Unis doivent contrôler l’énergie du Moyen Orient pour les raisons traditionnelles, ils doivent d’abord compter sur les ressources du Bassin atlantique, c’est-à -dire l’Afrique de l’ouest et le continent américain. Ils sont supposément plus sûrs et nous pouvons donc les utiliser, mais nous devons contrôler le pétrole du Moyen Orient parce qu’il s’agit d’un fabuleux moyen de contrôle stratégique.


Sameer Dossani : Les difficultés de l’occupation de l’Irak ont éloigné l’attention des autres parties du monde, dont l’Amérique latine. Récemment le président vénézuélien Hugo Chávez et d’autres, comme le président équatorien Rafael Correa, Evo Morales en Bolivie, ont commencé à parler d’accords d’échange régionaux, comme l’ALBA (Alliance bolivarienne des Amériques, acronyme qui signifie « aube » en espagnol). Et dans le cas du Venezuela, des enveloppes d’aides censées bénéficier les populations locales en opposition aux pratiques des entreprises multinationales. Les critiques affirment que ces politiques sont a) insoutenables, parce qu’elles dépendent de la richesse pétrolière vénézuélienne, et b) qu’elles servent les intérêts du gouvernement Chávez. Que dites-vous de ces critiques ?

Noam Chomsky : Tout d’abord ce sont des critiques assez étranges. Est-ce que les programmes des Etats-Unis sont soutenables ? Non, pas s’il y a une dépression ou même une récession. De plus, l’aide états-unienne est justement l’une des plus basses de toutes les sociétés avancées au prorata de la richesse ; on peut donc commencer par dire que la question n’existe pas vraiment, et cette aide peut de plus être retirée à tout moment, comme cela se produit d’ailleurs sans cesse.

Quant à la question de savoir s’il s’agit d’une aide intéressée, pourquoi croyez-vous que les autres pays offrent des aides ? Ils sont tout à fait sincères sur ce point. Parfois, des actions de pur altruisme peuvent être réalisées, peut-être par la Norvège ; mais de façon générale, l’aide est présentée comme favorable « à nos intérêts », non pas seulement de la part des Etats-Unis, mais également de la part de la Grande-Bretagne, de la part de la France, et d’autres. Cela relève de politiques stratégiques globales visant à étendre le contrôle autant que possible partout dans le monde. Donc, si c’est vrai que le Venezuela agit ainsi pour cette raison, cela revient à dire : « Eh bien, ils font comme nous ». Enfin, quoi qu’il en soit, il ne s’agit pas d’une critique.

Quelles sont les raisons ? C’est complexe. Tout d’abord, il y a tout un arrière-plan. Pour la première fois depuis 500 ans, depuis la conquête espagnole de l’Amérique latine -tout particulièrement en Amérique du sud- la région s’oriente vers une sorte d’intégration. C’est une intégration duale. C’est dans une certaine mesure une intégration internationale c’est-à -dire que les pays sont de plus en plus intégrés les uns les autres. La structure traditionnelle en Amérique latine était que chaque pays était prioritairement tourné vers les centres de pouvoir occidentaux. Donc d’abord ce fut l’Espagne, et plus récemment les Etats-Unis, et les pays n’avaient pas de relations les uns avec les autres. C’est également vrai du réseau de transport. Ils sont conçus pour l’exportation des marchandises et pour l’importation de produits de luxe.

La différence avec la situation de l’Asie orientale est frappante. L’Asie orientale n’a guère de ressources ; l’Amérique latine dispose de beaucoup de ressources. On s’attendrait à ce qu’il y ait un développement rapide en Amérique latine, et non en Asie orientale, mais il n’en est pas ainsi. L’une des raisons c’est que l’Amérique latine a adhéré de façon très rigoureuse aux politiques néolibérales ces 25 dernières années, les politiques du FMI et de la Banque mondiale, lesquels sont globalement des instruments du département du Trésor des Etats-Unis. Ils se sont pliés aux règles et ils ont énormément souffert - la plupart de la population, veux-je dire. Les secteurs aisés s’en sont bien sortis. L’Asie orientale a tout simplement ignoré les règles et suivi les mêmes politiques que se sont appliqués les pays riches, y compris les Etats-Unis, pour parvenir à la richesse et à la puissance. En conséquence l’Asie orientale a rencontré la croissance, mais en plus de cela, si vous regardez par exemple les imports-exports, l’Amérique latine exporte des matériaux bruts, ce qui rapporte peu, et à importé des produits de luxe pour les riches. L’Asie orientale a importé des biens de capital et a avancé vers le progrès industriel et a fini par exporter des produits de haute technologie.


Sameer Dossani : Qu’entendez-vous par biens de capital [capital goods] ?

Noam Chomsky : Des machines outils, des choses que vous pouvez utiliser pour produire des biens, de l’électronique, des biotechnologies, etc. Je veux dire qu’il s’agit là des exportations qui rapportent beaucoup, à la différence du riz. Je veux dire, pour les Etats-Unis, le riz est tellement peut intéressant à exporter que l’agrobusiness doit obtenir près de 40% de ses profits à travers des subventions du gouvernement états-unien, versées depuis l’époque du gouvernement Reagan, dans le cadre de la politique qui visait à affaiblir les principes du marché - ils adorent la rhétorique sur le marché, mais ils détestent que le principe leur soit appliqué. Et les termes de l’échange tendent à favoriser les produits manufacturés, vous savez, il y a des variations, mais ils tendent à baisser pour les produits primaires par rapport aux biens à haute valeur ajoutée comme les exportations industrielles. Les économistes adorent parler de cette notion appelée « avantage comparatif » : vous devriez produire ce que vous êtes bons à produire - mais en fait les pays se développent en rejetant ce principe et en oeuvrant à la modification de l’avantage comparatif.

Prenez le cas des Etats-Unis. Il y a 200 ans l’avantage comparatif des Etats-Unis c’était d’exporter du poisson et des fourrures, et peut-être du coton, grâce à l’esclavage. Si les Etats-Unis avaient suivi les principes qui sont aujourd’hui imposés aux pays pauvres, nous serions un pauvre pays à peine peuplé, qui exporterait des matières premières. Cependant les Etats-Unis ont violé toutes ces lois - les lois des économistes et les principes néolibéraux. Les Etats-Unis ont imposé des tarifs douaniers très élevés sur les produits importés de Grande-Bretagne, les textiles pour commencer, plus tard sur l’acier et d’autres produits ; c’était les tarifs douaniers les plus élevés du monde, le plus fort protectionnisme du monde du XIXème siècle. En conséquence les Etats-Unis ont pu modifier leur avantage comparatif, le faisant passer des matières premières aux produits manufacturés, puis finalement aux produits de haute technologie ; et cette logique est à l’oeuvre jusqu’à nos jours. Seuls les pays pauvres sont censés suivre les principes dictés par les économistes. Aux Etats-Unis il y a un secteur d’économie d’Etat, et c’est le principal mécanisme qui a permis les avancées dans la production de haute technologie. C’est de là que proviennent les ordinateurs, Internet, les lasers, les containers pour le commerce ; l’aviation civile est en gros une extension de l’industrie militaire. Actuellement ils avancent vers l’ingénierie génétique, les biotechnologies, les pharmaceutiques, etc. La recherche et le développement -c’est-à -dire les risques, et les principaux coûts dans le développement- ces coûts sont portés par les citoyens parce que ce sont les financements du secteur d’Etat et ils se développent dans le secteur d’Etat. Lorsque vient le moment de réaliser des profits on donne le relais aux entreprises privées ; voilà le schéma de base du fonctionnement de l’économie des pays avancés.

C’est l’une des raisons qui font que les Etats-Unis ne peuvent pas intégrer un Accord de libre-échange - tout simplement ils n’acceptent pas les systèmes du marché à l’intérieur. Pour en revenir à l’Asie orientale et à l’Amérique latine. L’Amérique latine a suivi les règles et s’est appauvrie ; l’Asie orientale a ignoré les règles et a pu avoir croissance et développement un peu sur le modèle des pays riches. Donc l’une des formes de l’intégration en Amérique latine est l’intégration des sociétés les unes avec les autres, bien que l’alternative soit porteuse d’objectifs plus ambitieux, mais il y en a d’autres. Et le deuxième volet de l’intégration c’est l’intégration interne. L’Amérique latine enfin commence à faire quelque chose, modestement, sur la question de la fracture sociale, laquelle est extrême. Chacune de ces sociétés est caractérisée par une petite élite très riche et une énorme masse de personnes pauvres. Il y a de plus une corrélation assez forte avec la race. Les élites riches tendent à être blanches, la partie européanisée de la société ; la masse des personnes pauvres sont plutôt des métisses, des Indiens et des noirs. Ce n’est pas une corrélation absolue, mais cela est très perceptible. Et on s’occupe enfin de cela, dans une grande mesure comme conséquence de la pression des mouvements populaires qui sont très puissants en Amérique latine actuellement, beaucoup plus que partout ailleurs.

C’est dans ce contexte qu’apparaît le phénomène vénézuélien. Le Venezuela utilise actuellement, avec Chávez, son pétrole pour renforcer ce processus - aussi bien l’intégration internationale que l’intégration interne. Il a aidé certains pays à se libérer de l’emprise des Etats-Unis, emprise qui s’exerçait sous la menace de la violence -laquelle a été réduite- et en partie par le contrôle économique. Voilà pourquoi les pays, les uns après les autres, éjectent le FMI, restructurent leur dette, voire refusent de la payer, parfois avec le soutien ouvert du Venezuela. En Argentine particulièrement le Venezuela a acheté un tiers de la dette et cela a permis à l’Argentine de « se libérer du FMI », comme l’a dit le président Nestor Kirchner. L’intégration internationale progresse également avec d’autres pays que le Venezuela. On ne parle pas de cela ici, parce que c’est en quelque sorte la nouvelle qui ne convient pas, mais il se passe énormément de choses. Ainsi début décembre 2006 par exemple, il y a eu une rencontre de tous les dirigeants de l’Amérique du sud à Cochabamba, en Bolivie -au coeur du territoire de Morales, territoire indien-, et ils ont émis des propositions, ils avaient des idées concrètes et des suggestions qui pourraient mener à une sorte de structure comparable à l’Union européenne.

La version la plus extrême, la version la plus avancée c’est l’ALBA, dont vous parlez, l’initiative vénézuélienne, mais il y en a d’autres. Le MERCOSUR, qui est une alliance commerciale régionale, encore tâtonnante, mais qui au moins existe. Il y a de grandes entraves à l’intégration, ce n’est pas simple de démanteler 500 ans d’histoire, internationalement ou régionalement, mais on fait des pas dans cette direction, et le Venezuela joue un rôle significatif. Aux Etats-Unis sur ces questions il y a comme une nouvelle ligne de parti, qui est la suivante : d’accord, nous admettons que le continent vire à gauche, mais il y a une bonne gauche et une mauvaise gauche, et nous devons faire la distinction entre les deux. La mauvaise gauche c’est Chávez, of course, Morales et probablement Correa, mais ce n’est pas encore tout à fait sûr, et Kirchner aussi appartient aux mauvais. La bonne gauche c’est Lula au Brésil, Garcà­a au Pérou. Pour le cas Bachelet au Chili ils ne savent pas trop, etc.

De façon à maintenir cette ligne de propagande, il faut éliminer un nombre important de faits, par exemple la Conférence de Cochabamba, dont je vous parlais, ou bien le fait que lorsque Lula a été réélu, en octobre 2006, son premier geste a été de se rendre à Caracas pour soutenir Chávez dans sa campagne électorale, pour lancer un projet brésilo-vénézuélien de construction d’un pont sur l’Orénoque et pour discuter d’autres projets. Eh bien, tout cela ne cadre pas trop avec le schéma qu’on veut nous présenter, et donc, autant que je puisse m’en souvenir, la presse états-unienne n’en a pas du tout parlé -je n’ai pas tout vérifié, mais je n’ai pas pu le trouver dans la presse états-unienne-, et il y a beaucoup d’autres choses comme ça. Je veux dire, toute propagande comporte toujours quelque part de vérité, mais les choses sont beaucoup plus complexes. Il existe une véritable volonté d’intégration et une véritable pression populaire pour l’intégration interne, ce qui est très important. Souvenons-nous qu’il s’agit de corriger une structure vieille de 500 ans, et parmi d’autres choses cela affaiblit les dispositifs dont disposait Washington pour contrôler l’Amérique du sud. Donc les gouvernements que les Etats-Unis soutiennent aujourd’hui, y compris Lula, ce sont les gouvernements qu’ils auraient renversés il y a quelques années.


Sameer Dossani : En Amérique latine, le Venezuela ne représente qu’une partie du mécontentement général qui éloigne les gouvernements du FMI. Mais ailleurs dans le monde, notamment en Afrique, le FMI et ses diktats néolibéraux sont toujours aussi forts, et le résultat prévisible c’est que la grande pauvreté règne encore. D’autres pays -l’Inde par exemple- échappent à cette pression mais poursuivent encore des politiques économiques néolibérales. Quels espoirs voyez-vous pour les citoyens et les mouvements dans ces pays ? Y a-t-il des leçons que l’on puisse tirer du cas de l’Amérique latine ? Comment pouvons-nous aux Etats-Unis soutenir ces luttes pour la justice économique en ces pays ?

Noam Chomsky : Beaucoup dépend de ce que nous faisons. Après tout les Etats-Unis sont le pays le plus puissant de la planète et le pays le plus riche du monde et c’est un pays qui a une influence énorme. Ce n’est pas un hasard si ces politiques, dont vous parlez, sont appelées le Consensus de Washington, c’est l’endroit d’où elles émanent.

L’Afrique sub-saharienne et l’Amérique latine sont les deux régions du monde qui ont suivi le plus rigoureusement les principes néolibéraux, les principes orthodoxes du Consensus de Washington, et ce sont les deux endroits du monde où la souffrance a été la plus forte. Et vous avez raison, en Afrique sub-saharienne ça continue. Ils n’ont tout simplement pas les ressources, les capacités ; les pays sont détruits en conséquence de l’histoire de conquêtes et de dévastations impériales. Et ils ne sont pas encore parvenus à s’unir. Leurs espoirs de renaissance après la fin du colonialisme formel ont été anéantis par l’interventionnisme occidental. Ainsi par exemple, l’assassinat de Patrice Lumumba au Congo -le plus riche et potentiellement le plus puissant pays de la région- et l’installation au pouvoir du meurtrier Mobutu [Sese Seko] peu après, je veux parler de ces successions de catastrophes qui dévastent encore la région ; et il n’y a de signes de résolution.

Les Français dans leurs régions d’Afrique ont fait la même chose. Gangsters après gangsters, les Français ont soutenu le terrorisme d’Etat et ils ont fait toutes sortes de choses. La même chose pour les Britanniques, dans leurs régions. Donc beaucoup de pays africains ont un terrible héritage à dépasser, et c’est très difficile, et ils n’obtiennent guère de soutien de l’extérieur. Mais nous devons faire ce que nous pouvons pour soutenir les luttes de libération nationale dans ces pays.

Il est trop complexe ici de rentrer dans les détails de l’histoire, mais souvenons-nous de tout ce qui s’est passé. Par exemple lorsque l’empire portugais s’est effondré, au milieu des années 1970, les anciennes colonies portugaises avaient une opportunité ; l’Angola, le Mozambique, et d’autres anciennes colonies portugaises, auraient pu s’orienter vers le développement indépendant. Mais l’Afrique du sud, avec le soutien des Etats-Unis, ne l’a pas permis - c’était l’Afrique du sud de l’apartheid. Ainsi en Angola, des troupes sud-africaines soutenues par les Etats-Unis ont tout simplement envahi le pays pour essayer de renverser le gouvernement élu, toujours avec le soutien des Etats-Unis, ont soutenu des mouvements terroristes, le mouvement de Savimbi, pour essayer d’affaiblir le gouvernement, et ils y seraient parvenus sans le soutien des forces envoyées par Cuba pour soutenir le gouvernement.

Cela a déclenché un mouvement d’hystérie aux Etats-Unis. L’ambassadeur des Etats-Unis à l’ONU Daniel Moynihan disait : « les Russes essaient de couper notre ligne de survie, nos sources de substitution au pétrole du Moyen Orient ». Henry Kissinger partait à l’assaut, etc. Et tout cela était perçu, ou pour le moins présenté, comme une opération soviétique. En fait nous savons maintenant, grâce à un excellent travail universitaire, qu’il s’agissait d’une initiative cubaine ; c’est notamment Piero Gleijeses à la Johns Hopkins qui a consulté les archives et produit un travail universitaire de qualité. Ce qui s’est passé c’est que Cuba est entré en scène de sa propre initiative et de façon complètement désintéressée ; ils n’ont jamais reçu la moindre reconnaissance pour ce qu’ils ont fait, tout cela est encore très peu connu, mais le fait est que les Cubains ont repoussé l’offensive sud-africaine. Et ils n’ont pas seulement évité la reconquête de l’Angola ; il y avait aussi une dimension symbolique extraordinaire. Ces troupes cubaines étaient noires, et cela a d’une certaine façon brisé la mythologie de la conquête blanche ; c’était la première fois que des soldats noirs l’emportaient sur des armées blanches, les Sud-Africains soutenus par les Etats-Unis. Et cela a eu une grande importance, cela a eu beaucoup de conséquences dans toute l’Afrique. Pour les blancs sud-africains c’était le signe que leur conquête n’allait pas être éternelle. Et aux noirs d’Afrique du sud et des autres pays de la région, cela a montré qu’il n’y a aucune raison de se soumettre au pouvoir blanc.

Cette cassure des bases de la mythologie de la puissance blanche est très importante, et pas seulement dans ce cas-là . La même chose est vraie dans de nombreux autres cas, l’esclavage, le mouvement des femmes, toutes sortes de choses. Rien que briser l’idée selon laquelle vous devez vous soumettre à un pouvoir surpuissant... lorsque cette idée est brisée, beaucoup de choses sont rompues en même temps. Cela a donc représenté un pas important vers la libération de l’Afrique et Cuba mérite une grande reconnaissance pour cela. Eux-mêmes n’ont jamais cherché à en obtenir de reconnaissances parce qu’ils souhaitaient que les reconnaissances soient créditées aux pays africains eux-mêmes. Ce n’est que maintenant que l’on commence à prendre connaissance de cela, et c’est encore limité à certains cercles universitaires, parce que vous n’avez pas de reportage de première page dans le New York Times sur des thèmes de ce genre. Ensuite l’Angola est tombé dans une sorte de catastrophe, principalement en raison des déprédations commises par les terroristes soutenus par les Etats-Unis, des choses horribles, et maintenant c’est une histoire d’horreur. Des choses similaires se produisaient ailleurs. La Commission des Nations Unies sur l’Afrique estimait que rien que dans les anciennes colonies portugaises -le Mozambique et l’Angola- à peu près un million et demi de personnes ont été tuées en raison de l’agression commise par l’Afrique du sud soutenue par les Etats-Unis pendant les années Reagan. C’est tout de même une catastrophe assez sérieuse. Ils ont aussi estimé les dommages à 60 milliards de dollars. Et les Français en Algérie et dans leurs régions avaient fait à peu près la même chose. C’est une histoire horrible, terrible, et l’Afrique sub-saharienne doit parcourir encore un long chemin pour s’arracher à ces siècles de destructions qui continuent encore.

L’Inde c’est une histoire plus complexe. Elle est indépendante depuis 1947. Avant la conquête britannique du XVIIIème siècle, l’Inde et la Chine étaient les centres commerciaux et industriels du monde. La conquête britannique a transformé l’Inde en une société paysanne pauvre. Les Britanniques ont bien construit des routes et des infrastructures, mais tout cela était principalement à l’avantage des envahisseurs, pour l’exportation des marchandises, etc. Il y a eu de terribles famines - Mike Davis a écrit un très beau livre sur les famines de l’ère victorienne, de terribles famines qui auraient pu être évitées, à partir de l’arrivée des Britanniques jusqu’à la fin des années 1940. Depuis l’indépendance de l’Inde, ils ont renoué avec la croissance et il n’y a plus eu de famine. C’est devenu une société à peu près gouvernable qui a commencé à se développer. Durant les années 1980, il y a eu une augmentation significative du taux de croissance. Durant les années 1990, ils ont appliqué les soi-disant réformes néolibérales de leur propre initiative, je veux dire que cela ne s’est pas fait sous le contrôle du FMI, comme vous le disiez, et depuis lors il y a eu des changements.

En Occident on leur adresse beaucoup d’éloges -vous savez les louanges sur la nouvelle Inde dans le genre Thomas Friedman- et en effet la croissance a augmenté, et un secteur de la société a notablement amélioré sa situation, est sorti de la pauvreté. Mais souvenons-nous qu’il s’agit d’un secteur de la société ; la grande majorité de la société est fortement appauvrie, peut-être même affecté par les politiques néolibérales, les mêmes politiques qui sont à l’origine des merveilleux laboratoires de Hyderabad et Bangalore -et qui sont effectivement merveilleux, je les ai vus, ils sont identiques au MIT. Il y a bien une augmentation de la richesse dans ce secteur de la société, mais ces mêmes politiques affaiblissent la grande majorité de la population paysanne. Parallèlement le gouvernement a retiré tout soutien à l’agriculture, le crédit à taux faible, l’irrigation, l’aide rurale, les programmes d’assistance, etc. ; et ils ont aussi d’une certaine façon fait pression sur les paysans pauvres pour qu’ils passent des produits de subsistances aux produits d’exportation - c’est le conseil que les économistes donnent généralement.

Le Mexique par exemple dans le cadre de l’ALENA (Accord de libre-échange nord-américain) était censé passer de la production de riz et de maïs pour la population à la production, disons, de fleurs pour l’exportation aux Etats-Unis, avec « davantage de valeur ajoutée ». Dans un séminaire, quelque part, cela peut sembler très bien, mais dans le monde réel il se trouve que cela ne marche pas pour des raisons très simples. Les prix des produits tendent à varier énormément, et$ s’il y a une catastrophe naturelle, un ouragan par exemple, et vous produisez des fleurs, elles seront détruites pour cette année - comme les citriques ont été détruits en Californie cette année en raison du froid. Bien, si vous êtes dans l’agrobusiness, vous pouvez gérer la situation. La disparition des citriques en Californie peut faire monter le prix des oranges aux Etats-Unis, mais l’agrobusiness survivra parfaitement bien à cette situation. Cependant les agriculteurs pauvres ne peuvent pas ; je veux dire, un fermier pauvre ne peut pas dire à ses enfants : « Ne vous cassez pas la tête à manger cette année parce que les prix du coton ont chuté ou parce qu’une tempête a détruit nos fleurs et peut-être que tu pourras manger l’an prochain » ; vous ne pouvez pas faire cela. Donc ce que vous devez faire c’est essayer d’obtenir des crédits. Comme le gouvernement a retiré son soutien à la majorité de la population, vous allez voir les usuriers, qui vous prennent de hauts taux d’intérêt, que vous n’allez pas pouvoir payer ; et au bout du compte vous devez vendre votre petit lopin de terre. Assez vite vous êtes incapable de soutenir votre famille et vous vous suicidez.

Et en effet le taux de suicide paysan a augmenté en Inde presque aussi vite que les louanges de Thomas Friedman pour les merveilles de cette économie. La consommation de grain per capita en Inde a baissé, la moyenne a baissé considérablement, depuis le lancement des réformes. La productivité manufacturière a augmenté ; les salaires manufacturiers ont baissé. Au début des soi-disant réformes, l’Inde se trouvait à peu près au 124ème rang dans le classement de l’Indice de développement humain des Nations Unies, indice qui mesure la mortalité infantile et ce genre de choses. Depuis le début des réformes, il s’est dégradé - la dernière fois que j’ai regardé l’Inde se trouvait au 127ème rang, ce qui n’est certainement pas un progrès.

Enfin, ce ne sont que des données partielles, je ne peux pas continuer, mais ce sont là les différents aspects du développement indien. Pour certains ç’a été très bien, pour d’autres ç’a signifié, dans le meilleur des cas, la stagnation, et dans le pire des cas un désastre. Et souvenons-nous par ailleurs que pour d’immenses secteurs de l’Inde, les femmes par exemple, la vie est assez semblable à la vie sous les talibans. Des études sérieuses concernant par exemple l’Etat d’Uttar Pradesh, qui compte peut-être 160 millions d’habitants, ont découvert qu’ils ont la plus faible proportion au monde du rapport femmes/hommes. Et ce n’est pas en raison de l’assassinat des petites filles, c’est dû à la manière dont la femme est traitée, ce qui ferait passer les talibans pour des gens très décents. Ce sont là d’immenses régions, et ils ne s’en sortent pas mieux, pour beaucoup la situation a empiré. La même chose se passe en Chine, c’est plus difficile à dire pour la Chine, c’est une société fermée, je ne connais pas les détails, mais la situation est probablement assez semblable. L’Inde est une société plus ouverte, il y a donc plus de données disponibles.

Pour en revenir au Mexique et la production du maïs et des haricots, je veux dire, ce qui se passe là -bas. Pourquoi il y a-t-il une forte augmentation de l’immigration illégale en provenance du Mexique ces dernières années ? C’est l’un des résultats prévisibles de l’ALENA : si vous inondez -et le pire ne s’est pas encore produit, ce n’est qu’un début-, si vous inondez le Mexique avec des produits provenant de l’agrobusiness états-unien, fortement subventionnés -c’est comme cela qu’ils obtiennent des profits-, les agriculteurs mexicains ne peuvent pas participer à la compétition. Puis arrive la théorie des économistes, vous savez, « cessez de produire du riz et du maïs et produisez des fleurs et d’autres produits d’exportation », et il se produit ce dont je vous parlais, et les gens ne peuvent pas survivre. Il y a donc un déplacement de la population de la campagne vers les villes où il n’y a pas de travail parce que l’entreprise mexicaine ne peut pas concurrencer les multinationales états-uniennes qui bénéficient d’énormes avantages sous le faux nom des accords d’échange. Et effectivement il y a un déplacement de population à travers la frontière. Le prix de la tortilla, vous savez l’aliment de base pour les pauvres, est monté à perte de vue - les gens ne peuvent plus l’acheter. Si vous faites pousser votre propre alimentation, vous pouvez vous en sortir, où s’il y a une agriculture de subsistance, bon, vous pouvez plus ou moins gérer, mais pas lorsque vous abandonnez.

Une fois de plus, la situation a profité à une partie de la population, le nombre des millionnaires a augmenté, tout comme en Inde. L’Inde est aujourd’hui très bien classée internationalement pour le nombre de millionnaires, mais également pour le nombre de suicides, ainsi que pour la malnutrition sévère, etc. Ces pays, qui sont plutôt des pays riches, d’une certaine façon s’en sortent plus mal que les pays les plus pauvres. Le PIB per capita en Inde est inférieur à celui de la Bolivie. Il n’y a pas de quoi se réjouir, la Bolivie est le pays le plus pauvre d’Amérique du sud. Ce sont là plusieurs côtés des mêmes politiques.

Souvenons-nous que le lancement de l’ALENA, en 1994, a signifié une nouvelle politique. En 1994 Clinton a militarisé la frontière - ce fut l’Opération Gatekeeper. Antérieurement il y avait une frontière plutôt ouverte. La frontière bien sûr a été établie par la conquête, comme la plupart des frontières. Et il y avait des gens semblables des deux côtés, des gens traversaient la frontière pour visiter leurs amis ou leurs proches et ce genre de choses. Donc la frontière est militarisée depuis 1994. Bien, c’est peut-être une coïncidence, mais plus probablement je pense que c’est parce que le gouvernement Clinton avait compris que les prévisions joyeuses concernant l’ALENA étaient purement propagandistiques et que ce qui était plus probable c’est que certains effets sur le Mexique allaient provoquer un déplacement substantiel de population, une immigration ; laquelle allait s’ajouter aux gens qui fuyaient l’Amérique centrale ravagée par les guerres terroristes de Reagan dans cette région. Et en effet maintenant vous avez ce qu’ils appellent une crise de l’immigration. Ces faits sont liés, vous ne pouvez pas les prendre de façon isolée.


- Source : Counterpunch
www.counterpunch.org/dossani03092007.html

- Titre original :
« War, neoliberalism and Empire in the 21st Century »

- Traduction : Numancia Martà­nez Poggi (vendredi 6 avril 2007)




L’empire de la consommation, par Eduardo Galeano.

Il n’y a pas de guerre contre le terrorisme, interview de Noam Chomsky, par Geov Parrish + seize articles de Noam Chomsky.






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