Quantcast
RSS SyndicationTwitterFacebookFeedBurnerNetVibes


La théorie de la «  théorie du complot »

Une grande part des débats relatifs à l’annonce de la mort de Ben Laden est consacrée à disqualifier la réflexion critique en l’assimilant à des délires paranoïaques. Celui qui fait état de suspicion envers les diverses versions officielles est aussitôt affublé du terme peu élogieux de conspirationniste. Les médias institutionnels se rangent de façon acritique du côté du pouvoir et tentent avec acharnement de rendre cohérent l’incohérent.

Le concept « théorie du complot » est utilisé de façon abusive et systématique pour discréditer la moindre interrogation rationnelle. Les contours indéfinis de cette notion-cadre permettent d’englober sans distinction toute une série de réflexions. Le procédé est simple. Il s’agit de mettre sur un pied d’égalité diverses théories dont les plus faibles remettent en question les doutes légitimes. Les questions pertinentes se voient étouffées sous un fatras d’hypothèses immotivées.

La défiance envers les discours officiels n’est que la résultante logique de diverses tentatives de machination confirmées. Le pouvoir étasunien est accoutumé à l’intoxication comme le démontre le cas emblématique de l’assassinat de Kennedy. En dépit de ses nombreuses aberrations, la thèse bancale du tireur isolé n’a toujours pas été révisée.

On se souvient encore mieux de la propagande grossière qui a mené à la guerre et l’occupation de l’Irak. Des dirigeants politiques de haut rang, des experts et des journalistes soi-disant réfléchis nous rabâchaient sans cesse avec les « armes de destruction massive » qu’ils ne trouveront jamais.

On nous a présenté ensuite des plans détaillés de centres de commandements hypersophistiqués d’Al-Qaida dans les grottes de Tora Bora qui se sont révélées parfaitement imaginaires. On n’a pas oublié non plus l’opération de sauvetage en Irak de Jessica Lynch totalement mise en scène sans parler de l’affaire des couveuses au Koweït destinée à émouvoir le peuple étasunien et justifier leur entrée en guerre.

Ce sont ces mêmes journalistes et experts, candides ou complices, qui raillent aujourd’hui les observateurs qui font preuve de prudence méthodologique envers des sources confondues à de nombreuses reprises pour manipulations caractérisées.

Récuser a priori l’existence d’interventions concertées et clandestines à visée géostratégique revient à nier l’existence même de services secrets. Une agence de renseignement n’est pas une agence de presse et la CIA ne peut donc être traitée comme une source impartiale. Faute de preuves tangibles des circonstances de la mort de Ben Laden, nous sommes priés de nous en remettre à la bonne foi du directeur de la CIA ou du président des Etats-Unis. Or vérité, politique et guerre n’ont jamais fait bon ménage.

Que sait-on à propos d’Oussama Ben Laden si ce n’est ce que les autorités étasuniennes nous en disent ? Il est admis par tous qu’Al-Qaida est une filiale de combattants arabes formés par les services secrets étasuniens, pakistanais et saoudiens pour lutter contre l’influence communiste et panarabiste.

Cette mouvance occulte n’a jamais autant servi les intérêts des Etats-Unis qu’aujourd’hui. Qui parle à perte de vue d’Al-Qaida ? La labellisation Al-Qaida suffit à disqualifier ipso facto des mouvements insurrectionnels populaires dans des pays occupés. Ces incantations martelées et répétées acquièrent valeur de démonstration.

Aussitôt la mort de Ben Laden annoncée, on nous prévient déjà que la lutte contre le terrorisme n’a pas pris fin et qu’il faut se méfier encore davantage de la vindicte islamiste. Al-Qaida aurait promis de venger la mort de son fondateur. Cet ennemi est si commode qu’il procure l’argument nécessaire au maintien de troupes étrangères en Afghanistan.

La peur est un appui de première main pour les propagandistes. Un public qui a peur est enclin à se soumettre à l’autorité et à exalter son identité nationale. Il suffit de dire que les islamistes haïssent le monde occidental et qu’ils veulent le détruire pour s’assurer le soutien inconditionnel à la politique impérialiste des Etats-Unis.

Les théoriciens du complot ne seraient-ils pas ceux qui soutiennent la thèse d’un complot international djihadiste, ceux qui voient des conspirateurs à la moindre expression d’une critique, ceux qui propagent une vision schématique du monde divisé entre le bien et le mal, la liberté et l’obscurantisme pour justifier leurs interventions militaires ?

Emrah Kaynak

URL de cet article 13660
   
Frédéric Rousseau. L’Enfant juif de Varsovie. Histoire d’une photographie.
Bernard GENSANE
Paris, Le Seuil, 2009 Nous connaissons tous la photo de ce jeune garçon juif, les mains en l’air, terrorisé parce qu’un soldat allemand pointe sur lui un fusil-mitrailleur. En compagnie de sa mère, qui se retourne par crainte de recevoir une salve de balles dans le dos, et d’un groupe d’enfants et d’adultes, il sort d’un immeuble du ghetto de Varsovie. A noter que ce que l’enfant voit devant lui est peut-être plus terrorisant que ce qui le menace derrière lui. Au fil d’un travail très rigoureux, (...)
Agrandir | voir bibliographie

 

Le plus grand crime depuis la deuxième guerre mondiale a été la politique étrangère des Etats-Unis.

Ramsey Clark
Ministre de la Justice des Etats-Unis sous la présidence de Lyndon Johnson

Le DECODEX Alternatif (méfiez-vous des imitations)
(mise à jour le 19/02/2017) Le Grand Soir, toujours à l’écoute de ses lecteurs (réguliers, occasionnels ou accidentels) vous offre le DECODEX ALTERNATIF, un vrai DECODEX rédigé par de vrais gens dotés d’une véritable expérience. Ces analyses ne sont basées ni sur une vague impression après un survol rapide, ni sur un coup de fil à « Conspiracywatch », mais sur l’expérience de militants/bénévoles chevronnés de « l’information alternative ». Contrairement à d’autres DECODEX de bas de gamme qui circulent sur le (...)
96 
Cette épuisante sensation de courir dans l’eau (plaidoyer pour rompre définitivement avec le PS)
Vous avez déjà essayé de courir dans l’eau ? Epuisant n’est-ce pas ? Au bout de quelques pas, je me dis que j’irai plus vite en marchant. Alors je marche. Comme je n’ai jamais pris la peine de me chronométrer, je ne sais ce qu’il en est réellement, mais la sensation d’aller plus vite et plus loin est bien là. Et quoi de plus subjectif que le temps ? Préambule défoulant : Socialistes, j’ai un aveu à vous faire : je ne vous supporte plus. Ni vos tronches, ni vos discours, ni vos écrits, ni vos (...)
57 
« SIN EMBARGO » - Paroles cubaines sur le blocus (et le reste aussi) - Préambule - 1/13
PREAMBULE « Un microphone ? Hum... » Ca y’est, deux jours à la Havane et je commence à me sentir comme un fucking Chevalier de la Table Ronde à la recherche du Graal. Oui, j’ai besoin d’un microphone, avec une petite prise, pour le brancher là. « Tu veux acheter un microphone ? » Ben oui, à peine arrivé, le mien est tombé en panne, alors j’ai besoin d’un microphone. « Oui, oui, je comprends. Un microphone... ». Je suis dans un centre culturel. Un grand centre culturel. J’ai l’impression de voir des (...)
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l'équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
CLIQUEZ ICI
© Copy Left Le Grand Soir - Diffusion autorisée et même encouragée. Merci de mentionner les sources.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir

Contacts | Qui sommes-nous ? | Administrateurs : Viktor Dedaj | Maxime Vivas
Le saviez-vous ? Le Grand Soir a vu le jour en 2002.