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Les racines de l’internationalisme vénézuélien.








Dimanche 21 octobre 2007.


De nos jours, les médias vénézuéliens ont pris l’habitude de dénoncer de façon permanente la soi-disant politique du président Chávez qui aurait la fâcheuse tendance à offrir partout dans le monde la richesse de tous les Vénézuéliens. L’objectif de Chávez serait selon ses accusateurs de se gagner les faveurs des gouvernements facilement achetables, ou, à défaut, de se gagner des loyautés parmi certains secteurs bien précis.

Cette façon de dénoncer la « regaladera » [la manie de faire généreusement des cadeaux] du président n’est pas de la plus haute élégance. Mais l’élégance n’est pas le fort de l’opposition vénézuélienne, à tout point vue, d’ailleurs, le clinquant, le dernier cliché parvenu de Miami, la musique braillarde états-unienne, voilà leur esthétique. Généralement les riches vénézuéliens trouvent le vallenato, savoureux rythme colombien, vulgaire et ennuyeux.

Inutile de dire que lorsque le pétrole de tous les Vénézuéliens était offert généreusement aux grandes entreprises capitalistes états-uniennes, la presse commerciale oligarchique ne dénonçait pas le moins du monde la moindre « regaladera » de la part des gouvernements de la IVème république. On ne sache pas sur ce point que Reporter sans Frontières est en ce temps-là dénoncé la triste uniformité de la presse vénézuélienne... Ce n’était pas un risque d’uniformisation, mais une uniformité parfaitement bien achevée. L’une des grandes réussites du gouvernement Chávez, difficilement discutable, c’est d’avoir réussi à récupérer la souveraineté sur les bassins pétroliers. Aucune entreprise pétrolière ne gagne plus d’argent que l’État vénézuélien, tous les accords léonins avec les grandes entreprises pétrolières sont peu à peu envoyés dans les poubelles de l’histoire.

L’internationalisme du président Chávez c’est de proposer des accords commerciaux aux pays de la région qui ne les étranglent pas. Certains petits pays des Antilles vivent dans une dépendance dramatique par rapport au pétrole. Aucune raffinerie bien entendu, guère de moyens de stockage, tel est le legs du colonialisme et de l’impérialisme. Les grandes entreprises pétrolières qui soutiraient presque gratuitement le pétrole vénézuélien au peuple vénézuélien le revendaient aux petits pays des Antilles à quelques encablures des côtes vénézuéliennes en réalisant des culbutes astronomiques. Chávez a changé la donne.

Certains protestent lorsque le Venezuela vend du pétrole au Nicaragua sur la base d’accords commerciaux non léonins. Le Nicaragua est l’un des pays les plus pauvres du monde et quelques centaines de milliers de barils changent à vue d’oeil la situation de l’économie. Mais cela serait de mauvaise politique et tout bonnement révoltant selon les médias vénézuéliens, auxquels font écho, hélas, sans imagination, les porte-parole de l’opposition qui s’essaient à la vie politique réelle. Certains professeurs étaient y compris allés déposer un message de protestation à l’ambassade du Nicaragua en juin 2007, le président Daniel Ortega s’étant rendu coupable d’impérialisme. Il avait osé conseiller à l’opposition vénézuélienne de renoncer à parier sur l’affrontement avec le gouvernement à peine réélu haut la main. Tel est l’état moral déplorable de certains secteurs universitaires vénézuéliens.

Naturellement les secteurs populaires, ceux qui s’identifient à l’action gouvernementale, s’enorgueillissent, avec la discrète grandeur si naturelle chez les humbles, de la solidarité latino-américaniste active du gouvernement bolivarien. Le pauvre sait ce que signifie solidarité.

La tradition d’internationalisme dans le mouvement populaire vénézuélien est en effet ancienne. Alà­ Primera, cantautor del pueblo, a créé l’une des plus belles chansons de solidarité avec la lutte du peuple salvadorien dans les années 1980 : « ¡Dale Salvadoreño ! », véritable hymne du mouvement international de solidarité. Des centaines de Vénézuéliens s’étaient rendus en Amérique dans les années 1980. Chávez n’a pas inventé le sentiment latino-américaniste au Venezuela, comme le dit ridiculement l’opposition. Mais les couches sociales qui vivaient, et vivent encore, la tête à Miami n’avaient pas, et n’ont pas, idée des sentiments profonds et limpides qui habitent les coeurs du peuple vénézuélien.

Le militant anti-impérialiste vietnamien Nguyen Van Troi avait été arrêté par l’occupant états-unien le 9 mai 1964. Il avait tenté de miner un pont sur lequel allait passer le secrétaire McNamara. Les Irakiens n’ont rien inventé. Arrêté, torturé, il n’a jamais dit un mot qui puisse donner des informations sur ses camarades. Il a ensuite été condamné à mort.

Un commando des Forces Armées de Libération Nationale (FALN), guérilla vénézuélienne, était alors entré dans l’ambassade états-unienne au Venezuela et avait arrêté le colonel Michael Smolen. Pour récupérer son militaire l’impérialisme devait libérer Nguyen Van Troi. L’exécution du résistant vietnamien a été reportée. Le militaire états-unien a été libéré.

Le 15 octobre 1964 Nguyen Van Troi a été exécuté. 23 ans avant Thomas Sankara.

Numancia Martinez Poggi




"Democracy-building" au Venezuela : la nouvelle stratégie des USA pour pour évincer le président Chavez, par Tom Barry.


Venezuela : Les paradoxes de la révolution bolivarienne, par Pierre Beaudet.


Petit manuel critique d’ un Venezuela galvaudé : à l’usage des curieux, des néophytes et des citoyens... par Romain Migus et Albert Mondovi.





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