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Obama programme une escalade des massacres au Yémen

En ouvrant un nouveau front au Yémen pour y mettre en oeuvre le programme de la CIA "d’assassinats ciblés" par des drones, l’administration Obama ne cesse d’augmenter la participation des Services Secrets et des discrètes Forces d’Opérations Militaires Spéciales américaines qui forment à eux deux la Compagnie du Meurtre Tous Azimuts.

"La Maison Blanche, afin d’augmenter la pression sur la branche d’Al Qaida au Yémen, envisage d’ajouter le drone armé de la CIA, Predator, au combat" a rapporté l’agence Associated Press jeudi dernier citant à l’appui des officiels haut-placés de Washington.

"Les Forces d’Opération Spéciales américaines et la CIA ont installé des équipements de surveillance, des drones et du personnel au Yémen, à Djibouti, au Kenya et en Ethiopie" pour préparer l’intensification de la folie meurtrière, rapportait le Wall Street Journal, mercredi dernier.

Le Washington Post citait des officiels des Services Secrets selon lesquels la CIA voit maintenant la cellule Al Qaeda de la péninsule arabique comme une menace "plus urgente" que l’organisation Al Qaeda du Pakistan.

Le Yémen comme l’Afghanistan et l’Irak avant lui, est attaqué, non pour éradiquer le terrorisme - le meurtre de civils par les missiles de croisière et des attaques de drones ne fera que générer plus d’attaques terroristes - mais à cause de sa situation stratégique, à proximité de l’Arabie Saoudite, l’exportateur numéro un de pétrole, et du détroit vital de Bab al-Mandab à travers lequel trois millions de barils de pétrole passent chaque jour.

"Ils (Al-Qaeda Yémen - NdT) ne font pas l’objet d’autant de pression - pas encore du moins - que leurs amis des secteurs tribaux du Pakistan" un officiel a dit à Reuters mercredi dernier. "Tous ceux qui sont de notre côté comprennent que cela doit changer."

Le "niveau de pression" infligé à la population des secteurs tribaux sous contrôle de l’administration fédérale du Pakistan est bien connu. Selon les officiels pakistanais cités dans les médias, au moins 700 civils ont été tués par des attaques de drones en 2009. Selon l’estimation d’un think tank (groupe de réflexion NdT) américain favorable à Obama, au moins un tiers de ceux qui ont été tués par des drones au Pakistan sont des civils. Cette année, les attaques de drones ont été dix fois plus nombreuses, avec des frappes de missiles qui sont passées d’une par semaine à au moins une par jour.

Même les inondations qui ont dévasté le Pakistan n’ont pas interrompu la mécanique des assassinats. La dernière attaque signalée a eu lieu lundi au nord du Waziristan, et a fait 20 morts dont quatre femmes et trois enfants.

Et voilà que, en prenant prétexte du terrorisme, Washington se propose d’infliger la même sorte de terreur d’état à un pays désespérément pauvre qui est déjà déchiré par des conflits régionaux religieux, ethniques et tribaux. Un mouvement séparatiste couve depuis 16 ans dans le sud du Yémen qui constituait une autre nation jusqu’à ce qu’il soit réuni au nord en 1990.

Des adeptes du religieux chiite dissident assassiné, Huaasain Bard al-Din al Huthi, luttent contre le gouvernement sunnite depuis six ans dans les provinces Sa’ada et Amran du nord.

Et la population entière est plongée dans une misère et une privation extrêmes : un bon quart des 24 millions de yéménites souffrent de la faim d’une manière chronique et presque la moitié vit avec moins de 2 dollars par jour. Selon un rapport de la banque mondiale, 43% des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition.

La contribution que l’administration d’Obama se propose de faire à cette situation déjà désespérée c’est la mort : elle viendra du ciel sur de missiles Hellfire et par la terre sous forme d’assassinats perpétrés par les Escadrons de la Mort des Forces d’Opération Spéciales.

Le régime du Président Ali Abdullah Saleh, qui s’est aligné sur Washington, a utilisé "la guerre globale contre le terrorisme" américaine pour justifier la répression féroce de tous ses opposants.

"Les autorités yéménites, pressées par les USA et d’autres pays de combattre al-Qaeda et pressées par l’Arabie Saoudite de régler la question des Huthis, ont pris un tournant inquiétant : sous le prétexte de la sécurité nationale, elles répriment l’opposition et étouffent toute critique" explique Malcolm Smart, le directeur d’Amnistie Internationale au Moyen Orient et en Afrique du Nord cette semaine en publiant le nouveau rapport de cette organisation des droits de l’homme qui traite des violations au Yémen.

Le rapport d’Amnistie donne des détails déchirants sur le bombardement intensif des secteurs résidentiels, l’assassinat par balles de manifestants pacifiques, et l’emprisonnement, la torture et la disparition d’opposants politiques dont des hommes de loi, des journalistes et des militants des droits de l’homme.

Le gouvernement du Yémen a officiellement rejeté les déclarations de Washington de cette semaine et a accusé les USA et les médias occidentales "d’exagérer l’importance d’al-Qaeda au Yémen et les dangers que cette organisation fait courir à la stabilité et à la sécurité du pays" et a affirmé que "combattre le terrorisme au Yémen demeurait la responsabilité des forces yéménites de sécurité."

En réalité cependant, des centaines de membres des service secrets et de l’armée sont déjà déployés au Yémen, et le régime du Président Ali Abdullah Saleh a donné à plusieurs reprises le feu vert à des attaques étasuniennes sur le sol du Yémen. La déclaration de rejet de toute escalade américaine était sans doute à usage interne. Les attaques militaires américaines ont provoqué une indignation générale et ont intensifié l’opposition au gouvernement yéménite.

Une guerre à base de drones de la CIA ajoutera des crimes de guerre à ceux que l’armée étasunienne a déjà commis au Yémen sur l’ordre d’Obama. Le pire de tous ces crimes a eu lieu le 17 décembre dernier quand au moins 41 personnes ont été tuées dont 21 enfants et 14 femmes quand leurs maisons furent frappées par des missiles de croisière américains transportant des bombes à fragmentation - une arme interdite par les traités internationaux.

En juin dernier, le rapporteur Spécial des Nations-Unies, Philip Alston, a accusé le gouvernement étasunien de s’arroger "le droit toujours plus grand de procéder à des assassinats ciblés dans le monde entier" et de se donner "la latitude fortement revendiquée mais sans limites claires de tuer sans rendre de comptes."

"Le droit de tuer" a aussi été revendiqué pour des citoyens étasuniens. Parmi ceux qui en ont fait les frais, il y a le clerc musulman américain Anwar al Awlaki. En avril dernier, des personnalités américaines ont révélé que l’administration Obama avait autorisé "l’assassinat ciblé" de al-Awladi dont la famille est yéménite. C’est la première fois que le gouvernement étasunien reconnaît avoir voulu assassiner un de ses citoyens.

La famille de al-Awlaki et des avocats des libertés civiles ont essayé d’obtenir une ordonnance restrictive contre cette exécution extra-judiciaire et ce flagrant abus de pouvoir, en faisant valoir que si cet homme né dans le Nouveau Mexique avait commis un crime, alors il aurait dû être arrêté et jugé.

L’administration Obama a cherché à empêcher le procès, en soutenant que ce serait une offense criminelle de demander à une Cour de justice de condamner l’assassinat de al-Awlaki par la CIA ou l’armée parce que le gouvernement américain avait de sérieuses raisons de penser que cet homme était un terroriste. Plus tôt dans le mois, l’Union Américaine pour les Libertés Civiles et le Centre pour les Droits Constitutionnels ont finalement obtenu l’autorisation de poursuivre le procès mais seulement grâce à une permission spéciale des Département du trésor étasunien.

L’Administration Obama multiplie et intensifie des guerres criminelles à l’étranger tout en poursuivant l’oeuvre de Bush à l’intérieur par la mise en place des structures nécessaires à une dictature policière. Aucun secteur du monde politique ni des milieux d’affaire n’exprime d’opposition sérieuse à ces mesures car elles répondent aux intérêts de l’aristocratie financière que les deux partis politiques principaux et le gouvernement représentent.

La classe laborieuse devrait considérer comme un avertissement sérieux les préparatifs d’une nouvelle guerre au Yémen. L’essor insensé du militarisme étasunien ajouté à l’effritement des droits démocratiques basiques et aux attaques de plus en plus violentes contre le travail, les salaires et les conditions sociales sont les prémices d’une catastrophe. Il n’y a pas de solution dans le cadre du système capitaliste actuel. Seul le développement d’un mouvement socialiste issu des classes laborieuses, indépendant, et jouissant d’un bon niveau de conscience politique, peut permettre l’émergence d’une solution alternative.

Bill Van Auken

Pour consulter l’original : http://www.wsws.org/articles/2010/aug2010/pers-a28.shtml

Traduction : D. Muselet pour le Grand Soir

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