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Auteur : Tülay UMAY
Nous sommes tous devenus des victimes de l’effondrement des tours, des attentats de Paris et de Bruxelles.

« Je suis Bruxelles. »

Tülay UMAY
L’inscription « Je suis Bruxelles », mentionnée par des participants à la commémoration des attentats, fait penser au « nous sommes tous des américains », prononcé après le 11 septembre 2001, ainsi que au « je suis Charlie » revendiqué au lendemain du massacre de Charlie Hebdo et même au hashtag « je suis chien », lancé suite à la mort de Diesel, la chienne d’assaut des forces de l’ordre abattue lors de l’opération à Saint Denis. L'universalité de tout discours de la « lutte contre le terrorisme », comme celui sur le 11/9 ou celui sur attentats de Paris et de Bruxelles, réside dans l'affirmation que tout un chacun est touché dans sa vie quotidienne. Pour le site web de la chaîne Arte : « Parce que le choc, le 11 septembre 2001, a été tel que l’instant s’est gravé dans la mémoire, qu’il est devenu une date dans la vie de chacun. Aussi chacun sait où il était, ce qu’il faisait, dans quelle action, dans quel travail il a été interrompu quand il a appris la nouvelle. Le 11-Septembre est devenu un repère dans la vie. » A (...) Lire la suite »
Au-delà de la propagande.

Discours de la guerre et double pensée. L’exemple de la Syrie.

Jean-Claude PAYE, Tülay UMAY

Depuis les attentats du 11 septembre, nous assistons à une transformation de la manière dont les médias rendent compte de l’actualité. Ils nous enferment dans l’irréel. Ils fondent une vérité non sur la cohérence d’un exposé, mais sur son caractère sidérant. Ainsi, le sujet reste pétrifié et ne peut plus établir un rapport à la réalité.

Les médias nous mentent, mais, en même temps, nous montrent qu'ils nous mentent. Il ne s'agit plus de modifier la perception des faits afin d'obtenir notre adhésion, mais de nous enfermer dans le spectacle de la toute puissance du pouvoir. L'exhibition de l'anéantissement de la Raison repose sur des images qui ont pour fonction de se substituer aux faits. L'information » ne porte plus sur la capacité de percevoir et de représenter une chose, mais sur la nécessité de l'éprouver ou plutôt de s'éprouver à travers elle. De Ben Laden à Merah, en passant par le « tyran » Bachar el-Assad, le discours des médias est devenu production permanente de fétiches, ordonnant de s'abandonner à ce qui est « donné à voir ». L’injonction n’a pas pour objectif, comme la propagande, de convaincre. Elle enjoint simplement le sujet à donner chair à l'image de la « guerre des civilisations ». Le dispositif discursif de la « guerre du bien contre le mal », actualisant le processus orwellien de la double pensée, doit devenir un (...) Lire la suite »
Affaire Merah : 4ème partie.

Le changement en se taisant - La parole confisquée.

Jean-Claude PAYE, Tülay UMAY
Alors qu'il était en campagne électorale, François Hollande ne s'était aucunement démarqué du gouvernement précédent en ce qui concerne la gestion de l'affaire Merah. Au contraire, il avait remercié les forces de police pour leur efficacité et déclaré que le père de Mohammed Merah, dénonçant le meurtre de son fils, devait se taire, nous indiquant par là l'attitude que nous devons aussi adopter. Ce faisant, le nouveau président s'est engagé pleinement dans le processus de pétrification induit par la violence de cette affaire. A l'opposé, seule une prise de parole peut nous sortir du surcroît de puissance manifesté par le pouvoir et entamer une action de dé-sidération. Jusqu'à présent les médias ont monopolisé le discours sur l'affaire Merah. Le discours développé n'a été confronté à aucune parole et a pu se construire en dehors de tout principe de réalité. Il s'est révélé comme jouissance libérée de tout objet de perception et à laquelle aucune limite n'a été posée. En l'absence d'opposition, seule l'organisation (...) Lire la suite »
L’affaire Merah : troisième partie

Donner du sens au non sens. Le discours des «  petits maîtres ».

Jean-Claude PAYE, Tülay UMAY

Les différents commentateurs, que se soit pour appuyer directement le discours officiel ou pour communiquer leur malaise à propos de ce qui était signifié, n’ont pas parlé de l’affaire elle-même, mais seulement de la personne de Merah, de son intentionnalité supposée. A aucun moment, il n’a été question d’analyser ou de questionner le non-sens de ce qui était exhibé. Au contraire, la responsabilité de l’accusé s’est imposée comme une évidence. Ils ont exposé l’intentionnalité de l’accusé, le sens déjà donné, sans expliquer les faits.

Nous sommes ainsi placés dans un discours de re-sacralisation qui n’intègre aucune négativité. Cette procédure langagière, propre à la post-modernité, annule toute parole en lui substituant un fétiche. Elle supprime toute opposition au profit d’une simple concurrence entre les différents protagonistes, d’une rivalité dans l’image.

Avec les commentaires officiels ou « critiques » portant sur l'affaire Merah, nous ne sommes plus dans le discours politique, mais directement dans celui de la sacralisation. Ainsi, il ne peut plus y avoir d'opposition. Le sacré est en effet une mise en scène codée par des rites et des normes que l'on ne peut remettre en cause. (1) Il s'inscrit dans des formes de communication immuables car ritualisées. Comme pure donation de sens, il est au delà de la signification. Il n'y a donc plus place pour un questionnement. L'étonnement n'a plus cours, car nous sommes dans une répétition du "déjà su" , celui de la guerre des civilisations. Cette puissance hors mesure (2) exclut le politique et nous introduit dans le fétichisme. Elle ne tolére que le silence et clôt l'espace de la parole qui ne peut être que profanation. En renvoyant à l'originaire de la guerre cosmique des forces du Bien contre celles du Mal, l'existant est forclos. Ainsi, si pour Georges Bataille, dans son approche de la (...) Lire la suite »
L’affaire Merah : deuxième partie

Un effet de sidération. De la donation de sens au non sens.

Tülay UMAY, Jean-Claude PAYE
Si les attentats du 11 septembre sont une donation de sens - celui de la guerre des civilisations - les attentats de Toulouse et de Mautaubant donnent à voir un pas de sens. La stupeur que provoque cette affaire réside moins dans le caractère violent de l'évènement que dans la manifestation de toute puissance du pouvoir, celle de tout faire et de le montrer. C'est cette spécificité que les commentaires interdisent d'analyser en produisant du sacré, en donnant la primauté au sens, celui de la guerre du bien contre le mal. Tout ce qui pose un questionnement est traité comme profanation des victimes et comme « complotiste », c'est à dire comme profanation du pouvoir. Les premiers commentaires relatifs à l'affaire Merah se caractérisaient par le manque d'analyse et par l'absence de référence à la matérialité des faits. Les informations données n'ont pas été confrontées. Le non sens de ce qui est exhibé n'a été relevé à aucun moment. Au contraire, il a été déplacé derrière le sens immédiatement donné à (...) Lire la suite »
L’affaire Merah : première partie.

De Ben Laden à Merah : de l’icône à l’image.

Tülay UMAY, Jean-Claude PAYE
L'instrumentalisation de l'affaire Merah a été relevée par de nombreux observateurs. Le ministre de l'Intérieur Claude Géant est apparu, en violation avec la séparation des pouvoirs, comme le directeur des opérations judiciaires. Cependant, il ne s'agit là que de l'aspect secondaire de cette affaire. L'élément principal réside dans la capacité du pouvoir de s'exhiber comme terrorisme d'Etat, sans voilement et sans que cela suscite de réactions. Cette manifestation de toute puissance crée un état de sidération. Le pouvoir se donne la possibilité de nommer les individus comme terroristes, de les exécuter sans jugement et de nous enfermer dans l'injonction surmoïque de se taire Le discours des guerres de L'Empire, la lutte contre le terrorisme, ainsi que l'affaire Merah, ne peuvent être réduits à de simples actions de propagande. La production d'une fausse conscience n'est pas l'élément premier. [57] Ce qui est essentiel dans l'affaire Merah, comme dans l'ensemble de la lutte antiterroriste, n'est pas la (...) Lire la suite »

Le renversement de la place de la victime : un paradigme de la modernité (Réseau Voltaire)

Tülay UMAY, Jean-Claude PAYE

Dans la modernité, l’idéologie victimaire présente une structure particulière : le bourreau se présente systématiquement comme la victime. On peut penser immédiatement au sionisme, mais il ne s’agit là que d’un exemple, bien qu’il occupe une place fondamentale dans ce renversement général de l’ordre symbolique. Les troupes états-uniennes ne sont-elles pas des victimes des populations qu’elles bombardent ? Les patrons ne sont-ils pas victimes des grévistes qui prennent « les populations en otage » ? Les porteurs de l’idéologie coloniale ne se présentent ils pas comme stigmatisés par le racisme anti-blanc ? Le nombre d’exemples est infini. Notre vie sociale est entièrement structurée par ce déplacement pervers.

La puissance de l'image Cette idéologie victimaire prend cependant toute sa puissance à travers les attentats du 11 septembre 2001. L'image, ainsi exhibée, crée une virtualité, un nouveau réel destiné à nous enfermer dans l'effroi. Il s'agit d'une image parfaite, d'une icône débarrassée de toute toute réalité matérielle, de tout sensible-concret. Dégagée de tout rapport aux faits, elle est aussi libérée de toute relation avec ce qui organise la conscience : la raison. Elle suppose la foi, l'adhésion sans faille au regard du pouvoir, qui se pose en lieu et place de l'observation. Il s'agit donc d'une foi particulière, non celle qui donnerait accès à un invisible, à un inconnu distinct de ce qui est visible, mais celle qui opère un déni de ce dernier et se substitue à lui en installant une pure virtualité. L'image de la destruction des tours est une construction iconophile Cette icône pose les autorités US comme des victimes et les introduit ainsi dans le sacré. Ce qui les placent non seulement au delà du (...) Lire la suite »