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Auteur : Panagiotis GRIGORIOU

Grèce : Mort subite de la radiotélévision publique ERT

Panagiotis GRIGORIOU

La “mort subite” de la radiotélévision publique ERT, provoquée par le gouvernement “grec” a été annoncée ce mardi 11 juin à 17h20. Ce même soir vers 22h, le ministère de l’Économie dans un communiqué a précisé “que la société ERT n’existe plus. Désormais, et en attendant la mise en place de la nouvelle structure, son successeur n’est autre que le ministère de l’Économie. Toute émission doit alors cesser à la fin du programme de ce soir minuit. Toute infrastructure doit rester intacte”. La Troïka est à Athènes, sa “gouvernance” surtout.

Je remarque qu’hélas, certains écrits de ce blog s’avèrent prémonitoires. Je finissais le billet précédent, d’ailleurs sous le titre “No signal”, par une photographie bien évocatrice. La... fin du signal est alors imposée déjà ce mardi, car d’après porte-parole du gouvernement, Simos Kedikoglou, l’ERT est un “cas d'absence exceptionnel de transparence et de dépenses incroyables. Et tout ceci prend fin aujourd'hui”. Dans l’après-midi déjà, les employés fort inquiets, attendaient la nouvelle. Il faut savoir que dans la nuit de la veille 10 juin, une loi-décret, promulgué en dehors de toute concertation et en absence de tout débat au “Parlement”, “autorise désormais la liquidation de toute société publique ou assimilée” et vers 22h30, la radio publique a été de fait réduite au silence, au moment d’ailleurs où ses journalistes estimaient que “cette fermeture, est un crime contre le peuple et la nation, car les médias publiques demeurent les seuls à pouvoir coordonner enfin, un mouvement populaire... si besoin est”. (...) Lire la suite »

Gens Tristes

Panagiotis GRIGORIOU
Au soir du mercredi 25 mai 2011, le poète Yannis Varveris avait déjà salué ses amis dans un café à Halandri près d’Athènes. Il prit un taxi qui l'emmènerait chez lui au centre-ville, au numéro 51 de la rue Homère. Alors qu'il était assis sur la banquette arrière et que le véhicule roulait lentement à cause de la chaleur, personne n'a remarqué le moindre bruit. Yannis a dû certainement se rappeler de son poème : “En galopant dans un taxi”, et peut-être même chuchoter ses derniers versets. Il a dû penser surtout, que rien n’est accidentel. “Yannis, nous sommes arrivés”. Le scénariste Dinos Petratos était assis sur le siège avant dans ce même taxi. Tourné vers le siège arrière où il s'était assis le poète, il a aussitôt distingué la tête de Varveris, qui s’était affalé. Il avait simplement laissé son dernier souffle à 56 ans, il souffrait d’insuffisance cardiaque. , “Nous sommes des gens tristes” avait affirmé Yannis Varveris dans un de ses poèmes. Effectivement. La semaine dernière, une institutrice a été réprimandée par la (...) Lire la suite »
Enquête sur l’ex-ministre socialiste des Finances Giorgos Papaconstantinou soupçonné de falsification.

Grèce 2013 : Bonne chance et liberté

Panagiotis GRIGORIOU

Sur un mur d’Athènes, un graffiti récent en guise de voeux suffit à lui tout seul pour ainsi faire dans le meilleur syncrétisme… bien à la hauteur des circonstances : « Bonne chance ». En face, sur un mur un de nos animaux adespotes complète la scène par son regard, splendide étonnement.

Avec la défaite de la vérité face au toc bancocrate depuis les élections de juin et le mémorandum III de cet automne - pour ne retenir que l'essentiel de l'événementialité 2012 - nos voeux de l'ancien temps ont été aussi décapités, ou au mieux, asséchés dans des bandelettes de tissu trempées dans de la résine du mémorandum III. Manifestement, notre corps social serait en voie de momification, de ce fait et déjà , le seul voeu ayant encore un sens devant l'étendue invisible du temps qui nous surpasse, c'est : liberté. Quand on a un voeu à se dire, on se le dit alors entre nous, la bouche pleine de sens : liberté. C'est à peu de choses près ce que suggère une autre affiche récente sur certains murs d'Athènes nous souhaitant « Bonne année 1967 », 1967 étant l'année de la précédente dictature, celle des Colonels. Ce qui implique de notre part, un certain sens de l'histoire et de compréhension des enjeux en cours. Le stalag grec sera rejoint par les autres baraquements de l'U.E., elle-même, pièce (con)jointe à (...) Lire la suite »

Athènes bunker

Panagiotis GRIGORIOU
Mardi prochain, Athènes se transformera paraît-il en bunker. Circulation interdite, des milliers de policiers postés aux points névralgiques de la ville, des interpellations préventives déjà annoncées par le ministre de l'Intérieur, et le Parlement « protégé » derrière les triples barricades du régime, voilà c'est ce qu'a annoncé en substance le ministre Dendias.. Il n'y a guère de doute, nos administrateurs coloniaux ont peur du peuple et la chancelière ne serait pas la bienvenue à Athènes. Car Angela Merkel cristallise chez les Grecs, non sans raison, toutes les frictions et les apories de la géopolitique de la force qui les anéantissent. A partir de ce constat, rien ne sera simple dans l'exercice de la politique merkelienne en Grèce, même si elle semblerait réussir. Hier soir, à la fête annuelle de la jeunesse SYRIZA, Alexis Tsipras a appelé « à descendre dans la rue, à occuper la place publique et à manifester pacifiquement [au moment de la visite officielle de la chancelière] pour éviter au pays la (...) Lire la suite »