Caricatures, ceux qui en Islam jettent de l’eau sur le feu, Paola Caridi et Emanelle Giordana - Lettera 22.




Lettera22, Jérusalem / Rome, 7 février 2006.


Violences « inacceptables ». Parce que, même si « l’Islam a été attaqué », il ne faut pas réagir comme ça. La dénonciation des assauts contre les ambassades et la violence de rues n’est pas occidentale, cette fois, mais toute à l’intérieur du monde musulman. Celui qui la prononce est le cheikh le plus connu, Yusuf Al Qaradawi, représentant écouté de l’islamisme modéré. Il a choisi sa rubrique Sharia et vie, sur Al Jazeera, pour condamner les réactions extrêmes aux dessins blasphématoires. « Il semble que certains opportunistes soient derrière ces attaques. Pour ajouter de l’huile sur des flammes déjà hautes », a-t-il conclu, en demandant au contraire d’utiliser le boycott comme instrument de pression. Une demande faite aussi ces derniers jours par Mohammed Mahdi Akef, guide suprême des Frères Musulmans égyptiens, qui a condamné avec force les incendies des ambassades. Le plus important mouvement islamiste en terre arabe - qui sort d’une incroyable performance électorale- a contenu jusqu’à présent les protestations, en se bornant à des manifestations importantes. Sans désordres, comme celle d’hier avec des milliers d’étudiants sur le campus de Al Azhar, au Caire.

Profil bas aussi du Hamas, attentif à gérer une victoire électorale difficile. Il y a trois jours, il a organisé une manifestation à Gaza, cherchant en même temps à montrer aussi en public ses bons rapports avec les églises chrétiennes palestiniennes. Dans un geste inhabituel, de fait, un des leaders du Hamas, Mahmoud A-Zahar a rendu visite à la paroisse catholique de Gaza pour offrir une protection.

Dans l’islamisme qui s’est mis en complet veston, est donc passée la consigne de la prudence. Très explicite chez le premier ministre turc Recep Erdogan, chef d’un des rares partis islamistes au pouvoir, qui a demandé la fin des violences. Alors que l’ayatollah libanais Fadlallah a stigmatisé l’assaut des ambassades et l’incendie des drapeaux. De l’autre côté du monde, même le pays musulman le plus peuplé est dans la tourmente. Un millier de personnes a participé à des cortèges et il y a eu des manifestations aux Moluques, théâtre d’affrontements communautaires dans le passé, et à Jakarta où on a vu descendre dans la rue même le Pks, parti qui a des sièges au parlement. Dans la capitale cependant, les foules ne dépassaient pas quelques centaines de personnes, dans un pays de 220 millions d’habitants. Et le Pks n’est que le sixième groupe politique au parlement. Le président Yudohyono a appelé au calme tout au long du week-end, en condamnant les dessins mais en invitant les indonésiens à considérer les excuses officielles du Danemark. Sur le Jakarta Post, le journaliste progressiste Endy Bayuni mettait en garde contre l’association de la liberté d’expression avec les dessins, pour ne pas passer dans camp adverse en s’engouffrant dans le jeu du « qui n’est pas avec nous est contre nous ». Et rappelait l’exemple de l’édition locale de Playboy, bloquée par les polémiques. Maintenant les auteurs de la censure ont « une arme de plus ».

En Malaisie voisine, les dessins ont fait une autre victime, le journaliste du Sarawak Tribune qui les avait publiés. Il a démissionné en présentant ses excuses. Mais les mots de premier ministre Abdullah Badawi, auteur de ce qu’on appelle Islam Hadhari (tolérant), invitent au calme : « Laissez celui qui insulte se rendre compte de la gravité de son erreur, qu’il est le seul à pouvoir corriger ». Même les leaders du Pas, parti islamiste favorable à la sharia, qui voulaient écrire une lettre officielle au gouvernement danois ont laissé tomber, après les excuses officielles.

Paola Caridi et Emanuele Giordana


- Source : Lettera22, association indépendante de journalistes
www.lettera22.it/showart.php ?id=4162&rubrica=60

Paola Caridi, sociétaire fondatrice, est actuellement correspondante à Jérusalem de Lettera22.

Emanuele Giordana, est fondateur et directeur de l’agence, à Rome.

Ils sont auteurs de nombreux ouvrages notamment sur le monde musulman, du Moyen-Orient à l’Extrême-Orient. Dont récement : A Oriente del Profeta. L’Islam in Asia oltre i confini del mondo arabo. (non traduit). Obarra edizioni, mai 2005, 23 euros.

- Traduction de Marie-Ange Patrizio


Publication de caricatures antimusulmanes par des médias européens : une provocation répugnante et calculée, par WSWS.

L’ Europe et la France ou l’ homme qui rit dans un cimetière, par Danielle Bleitrach.



COMMENTAIRES  

08/02/2006 13:39 par Anonyme

quelles excuses offielles ? j’ai plutot lu que justement aucune excuses officiel ne fut prononcé ,plutot comme le vent les soutiens officiels ont soufflé ..dites moi si je me trompe ?

12/02/2006 00:06 par Annie

cet article me semble aller dans le sens que je ressens. je dis bien ressentir, car nous sommes ici très loin du rationnel.

Et c’est ce manque de raisonnement qui me gêne. Ils sont tous enflammés, jusque dans les rues de Paris aujourd’hui.

C’est la plus grande confusion dans les esprits.

Confusion entre l’identité de nations toujours debout sur leur ergots face à un occident encore et toujours dominatenr en la personne des EU et plus particulièrement de Bush qui exacerbe la fierté des pays de culture musulman mais ne forme pas pour autant une Nation comme je l’ai entendu dire pour l’un des leurs.
... rancoeur interdite à exprimer dans les banlieues des grandes villes de France, par exemple, qui ne sont qu’une continuité du colonialisme lui-même pas encore digéré ni d’un ni de l’autre côté.

plusieurs arcticles sur mon blog : et aussi celui-ci la lutte pour la lutte pour la démocratie et l’Islam

15/04/2007 13:23 par ANDRE pierre

La confusion des esprits repose sur une inculture ambiante. Il est urgent de suivre le débat scientifique sur les origines judéo- messianiques nazaréennes de Mahomet ; messianisme politique qui posait l’urgence de la question sociale et qui reconnaissait Jesus comme chef de file
politique.On trouve un écho de cette période révolutionnaire dans certains passages de Mathieu "L’esclave est l’équivalent du maître". L’émergence de l’Eglise à Rome vers 150 de notre ère, entrainera l’alignement de sa doctrine sur celle de la classe dominante romaine : "esclaves soyez soumis à vos maîtres.
Les nazaréens vont se heurter au rabbinat conservateur et au christianisme naissant coupé du combat social au profit du spirituel. C’est cette tendance qui est à la base de l’Islam et de la pensée de Mahomet (le Louangé) qui est un juif messianique comme son oncle Waraka . Pendant 80 ans la prière de la Mecque sera tournée vers Jérusalem. Puis au IX ème siècle les califes vont prendre des distances avec le vrai fondateur pour ajuster sa pensée aux urgences du moment et feront reécrire une nouvelle vie de Mahomet.
Mahomet a tenté en 509 de notre ère à prendre Jérusalem avec une armée pour reconstruire le Temple de Salomon rénové par Hérode le Grand , afin d’attendre la venue du Christ en Gloire.Ainsi les lointains ancêtres de Mahomet venaient à Pâques au Temple de Jérusalem comme tout juif.Encore une imposture de l’histoire est aujourd’hui véhiculée par les représentants de l’Islam : celle d’un Mahomet fondateur d’une religion nouvelle. Cet homme qui avait le Christ comme modèle politique et social était un chef de guerre messianique au service d’une idéologie nazaréenne, de Nazar qui veut dire "pur".Ainsi toutes les caricatures de Juifs sont des caricatures de Mahomet et toutes les caricatures de Mahomet sont des caricatures de Juifs. C’est dans ce jeux dialectique infernal que le monde est en train de se détruire. Il est temps de rappeler que la Religion signifie "Conscience" et non pas "Relier". La conscience est le fait de tous et les humains ont un besoin absolu d’instruction . Le pire des crimes contre l’humanité consiste à réduire l’universalité de la Conscience à l’étroitesse morbide de religion au service d’ethnies. ce fait constitue la pire des oppressions. Le Christ est la prise de parole (homélie) du judaïsme il est la Torah ouverte à tous ;il proclame la valeur suprême du judaïsme inscrite dans la Torah écrite " aimez-vous les uns les autres" ; c’était aussi la pensée de Mahomet.
Maintenant tout le mode sur le pont pour se mettre au travail de débarbarisation.

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