CE QUE LES HAÏSSEURS D’EN-FACE NE COMPRENDRONT JAMAIS !

Avant de céder la place au président Diaz-Canel et à son discours d’hommage à Raúl Castro et au ministère de l’Intérieur pour leur anniversaire respectif, il me semble utile de réfléchir sur les « faits » survenus le mercredi 10 juin 2026 qui s’inscrivent pleinement dans la guerre psychologique et cognitive à laquelle la Révolution doit faire face, en sus de toutes les autres.

Ce jour-là, donc, le secrétaire étasunien à la Guerre, Pete Hegseth, - une de ces figures improvisées tirées du monde médiatique dont Trump adore s’entourer pour ne pas paraître plus incompétent ou plus nul que les membres de son cabinet où, il faut l’avouer, les gens brillants ne courent pas les sièges – débarque sur la base occupée illégalement par les Etats-Unis à Guantánamo (séquelle de la belle époque où ils régnaient en maîtres et seigneurs de l’île, ceci expliquant en partie cela, autrement dit leur « inimitié ») : un endroit qui avait été déjà fréquenté à la va-vite, voilà deux ou trois semaines, par le chef du Commandement Sud où il avait rencontré des autorités militaires cubaines. Cette fois-ci, que l’on sache, le chef de la Guerre n’a eu aucun contact avec les Cubains.

Comment y débarque-t-il ? En polo moulant et bermudas, lunettes de soleil sur le nez, comme on va à la plage. La tenue, bien entendu, se veut message (en sus de celui que porte le polo : UNAFRAID, autrement dit « Sans peur »), bien que le sens n’en soit pas très clair à première vue. Veut-il dire : je viens sur ma plage privée des tropiques non pour passer revue à mes GI, mais pour les saluer en copains et faire une séance de jogging avec eux. Ou alors : Rassurez-vous, nous sommes chez nous ? Et tout s’est fait effectivement à la manière prétendument sympathique du show business, s’il faut en croire les images fournies ensuite par les services étasuniens correspondants : après un petit speech à ses « soldats », Hegseth a effectivement eu une séance d’entraînement sportif avec eux. Beaucoup de symbolique (nous sommes jeunes et nous pétons la forme), mais aussi une énorme dose de mépris, ce qui est la caractéristique des rapports de la Maison-Blanche trumpienne avec le reste du monde, à plus forte raison s’il s’agit de ce qu’on appelait jadis le « Tiers-monde », et de nos jours le Sud global ou collectif, jusqu’à ce que l’un de ces méprisés, l’Iran, lui inflige une défaite militaire, politique et stratégique qui rabat le caquet du locataire de service ! Le plus intéressant n’a pas d’ailleurs ce que ce monsieur a fait sur la base illégale, mais ce qu’il a dit ensuite sur place et une fois de retour au Pentagone.

Sur la base illégale, s’adressant à des soldats eux aussi en tenue « sportive », déjà prêts à ladite séance, Hegseth, pour ne pas changer, a lancé une menace : « It would be unwise of the government of Cuba to try to procure or get access to the types of weapons that could reach this base or the American homeland. » (« Il ne serait pas judicieux de la part du gouvernement cubain de chercher à se procurer des types d’armes ou d’avoir accès à des types d’armes qui pourraient atteindre cette base ou le territoire étasunien. » Je rappelle que, voilà quelques jours, les médias roulant pour l’administration avaient « révélé », sans en fournir la moindre preuve, que Cuba s’était dotée de trois cents drones.

Puis, toujours à l’image de son patron, Hegseth a roulé des mécaniques : « They would be inviting the kind of confrontation not only do they not want but they could not stand. No country on Earth can match the capabilities of the United States of America. » (« Il pousserait au genre de confrontation dont non seulement il ne voudrait pas, mais qu’il ne pourrait pas supporter. Aucun pays au monde ne peut égaler les capacités des Etats-Unis d’Amérique. ») Il a encore affirmé selon une approche ambiguë que « les Etats-Unis espéraient pouvoir être bientôt un ami des dirigeants du gouvernement cubain. On verra bien. Mais le département de la Guerre donnera au commandant en chef tous les choix individuels dont il aura besoin dans cette éventualité. » (...the U.S. hoped « soon we could be a friend of the leadership of the government of Cuba. For now, let’s see what happens. But the Department of War will give the commander-in-chief every single option he needs within that contingency. » https://www.reuters.com/world/americas/pentagons-hegseth-travels-guantanamo-bay-cuba-2026-06-10/

Il a aussi ajouté une idée qui n’a guère été appréciée ici : « What happens with the future of Cuba is in the hands of the president of the United States and the leadership of Cuba » (« L’avenir de Cuba est aux mains du président des Etats-Unis et de la direction de Cuba »). Et de renchérir : « No matter what, the Department of War is going to be prepared and postured for any possible contingency. » (“Quoi qu’il en soit, le département de la Guerre est en train de se préparer et de se positionner pour toute éventualité possible ». https://www.war.gov/News/News-Stories/Article/Article/4513916/us-prepared-for-anything-hegseth-tells-troops-at-guantanamo-bay/

Bien entendu, Cuba a rétorqué du tac au tac : « L’avenir de Cuba – pays souverain et indépendant – appartient uniquement et exclusivement au peuple et au gouvernement cubains. Quiconque [...] pense que l’avenir de Cuba se trouve entre d’autres mains se trompe complètement et absolument », a réagi sur X l’ambassadeur de Cuba à l’ONU, Ernesto Soberón, à l’adresse du secrétaire étasunien. (https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2260797/guantanamo-pete-hegseth-cuba)

De retour dans sa tanière du Pentagone, il a été plus explicite : « La capture ou l’élimination reste une option » ; « Nous avons des options pour tous les scénarios » ; « Le président attend que nous agissions en faisant preuve de fermeté et de puissance de feu ».

Faut-il commenter ? Dans le monde de Trump, la piraterie maritime avec exécutions extrajudiciaires à la clef, l’enlèvement de chefs d’Etat étrangers, l’assassinat de ses pairs ressortent de toute évidence aux droits que lui fournit, comme il l’a dit, sa propre « moralité », en remplacement du droit international ? Pourquoi s’en priverait-il d’ailleurs puisque la « communauté internationale » le laisse faire sans trop protester ?

Mais ce mercredi 10 juin a été aussi marqué d’un autre « évènement », dont on ne sait s’il est lié au précédent dans le cadre de la guerre cognitive et psychologique menée contre Cuba. La veille, vers 19 h, le Miami Herald publiait un long article sensationnaliste :

Une société de Coral Gables conclut un accord pour envoyer du carburant au secteur privé cubain sur des pétroliers
Par Nora Gámez Torres
(Cette histoire a été publiée à l’origine le 9 juin 2026 à 18h52. Mise à jour le 10 juin 2026 à 17h32)

Une entreprise énergétique basée à Coral Gables a conclu un accord historique pour louer des installations de stockage gouvernementales cubaines et fournir du carburant expédié sur pétroliers au secteur privé de l’île ainsi qu’à des organisations humanitaires et religieuses.

En février, l’administration Trump a autorisé les exportations de pétrole vers Cuba pour des « activités économiques du secteur privé et celles vendues directement à des particuliers pour un usage personnel ou familial », sans avoir besoin d’une autorisation gouvernementale connue sous le nom de licence spécifique.

Vanguard Energy, basée à Coral Gables et commerçant régional de carburants dans les Caraïbes et en Amérique latine, est rapidement devenue un fournisseur de diesel et d’essence pour les entreprises privées cubaines, livrées dans des conteneurs maritimes spécialisés appelés réservoirs ISO. Mais le procédé est coûteux et inefficace : les réservoirs ne peuvent transporter que 6 900 gallons d’essence, et ils doivent être remplis et expédiés à Cuba pour le transfert, puis retournés pour être ravitaillés.

Vanguard Energy a signé le mois dernier un contrat avec une agence d’importation cubaine pour louer des installations appartenant à la société gouvernementale cubaine CUPET pour le stockage de carburant. La société de Coral Gables expédiera de l’essence et du diesel dans des pétroliers, et non dans des réservoirs ISO, et les stockera à Cuba, permettant ainsi à un volume plus important de carburant d’atteindre les entreprises privées et faisant baisser les prix du carburant, selon Matthew Aho, conseiller politique au cabinet d’avocats basé à Miami Akerman, qui a contribué à la négociation de l’accord.

« Nous cherchons à amener un navire de taille raisonnable, plus de 250 000 barils de diesel et d’essence, de l’essence 87 ordinaire, à mettre dans un réservoir » une fois par mois ou tous les 40 jours, a déclaré Matthew Klann, président de Vanguard Energy, au Miami Herald.

Klann a déclaré que la société détiendra le titre de propriété du carburant et ne le transférera pas au gouvernement cubain. L’entreprise prévoit de commencer à vendre du carburant à des clients déjà vérifiés via des réservoirs ISO, y compris à l’ambassade des États-Unis à La Havane.

« Ensuite, au fur et à mesure que le processus se déroule, que cela semble fonctionner, que c’est auditable, et que tant la partie américaine que la partie cubaine voient les avantages de la privatisation sur leur marché du carburant, on espère qu’ils iront plus loin, que davantage d’entreprises privées pourront intervenir, et que les stations-service pourront potentiellement être vendues au secteur privé, et puis un marché de l’énergie, un marché du gaz, recommence à prospérer », a déclaré Klann. « Ce serait le premier processus à commencer à faire quelque chose de ce genre à Cuba, pour montrer aux deux camps que la privatisation du marché du carburant est la façon dont cette affaire devrait être menée. »

Cet accord est le premier du genre et pourrait ouvrir la voie à la participation de davantage d’entreprises américaines au secteur énergétique cubain, un objectif que l’administration Trump poursuit. Cela donnerait également au secteur privé un plus grand levier dans un contexte de crise énergétique aiguë sur l’île. Et cela permettrait à des organisations religieuses comme l’Église catholique et d’autres organisations humanitaires d’obtenir du combustible pour livrer de l’aide au public.

L’accord fait suite à des mois de discussions entre Vanguard, les autorités cubaines et les responsables américains, a déclaré la société dans un communiqué, et il marque « le changement commercial le plus significatif dans le secteur du carburant cubain depuis des décennies ».

Le gouvernement cubain n’a pas pu importer de carburant depuis janvier – sauf pour une cargaison de pétrole russe – après que le gouvernement vénézuélien a cessé d’envoyer du pétrole gratuit à l’île, suite à la capture par l’armée américaine de Nicolás Maduro, et que le Mexique a cessé les expéditions par crainte des tarifs américains.

L’accord arrive à un moment tendu dans la relation entre les États-Unis et Cuba. L’administration Trump a engagé des discussions avec les dirigeants cubains, les poussant sur plusieurs demandes, notamment la mise en place de réformes économiques et politiques, la libération de prisonniers politiques, et l’empêchement de la Chine et de la Russie d’utiliser Cuba pour espionner les États-Unis.

Le dirigeant cubain, Miguel Díaz-Canel, a déclaré que la pression exercée par l’administration Trump sur les fournisseurs pétroliers pour qu’ils cessent de livrer du carburant à Cuba équivaut à un « acte de génocide ». Publiquement, les dirigeants cubains n’ont donné aucun signe de leur intention de céder à la pression américaine.
Mais aucune solution n’est en vue qui permettrait au gouvernement cubain d’importer le carburant dont il a besoin pour répondre aux besoins de l’économie cubaine, qui est en grande partie paralysée, et dont la population souffre déjà de coupures de courant depuis plusieurs jours. L’accord Vanguard Energy suggère que les dirigeants cubains comprennent leur situation.

« Ce n’est pas un accord où on le donne à CUPET ; il s’agit en fait d’établir une présence physique sur l’île, où une personne américaine, sous la loi américaine, a le droit d’inspecter le carburant, en détient un titre, et il n’est distribué qu’une fois qu’il est payé aux États-Unis », a déclaré Augusto Maxwell, avocat d’Akerman impliqué dans les négociations du contrat. « Pour moi, du point de vue de la politique américaine, c’est une grande victoire. »

L’analyse juridique d’Akerman a conclu que le contrat respectait les exigences établies par la nouvelle politique du Département du Commerce autorisant la vente de carburant américain au secteur privé et aux particuliers autorisés pour un usage personnel, à condition que l’entreprise mette en place un programme de conformité robuste et un programme de diligence raisonnable pour approuver les clients et surveiller la distribution.

« Nous allons pouvoir donner au gouvernement américain une traçabilité absolue » des ventes, a déclaré Maxwell.
Un porte-parole du département d’État a déclaré au Herald que « Vanguard Energy n’a reçu aucune licence américaine pour cette transaction. Les sanctions de l’administration Trump restent en vigueur en l’absence de directives spécifiques ou de licences contraires. »

Après la publication de l’article du Herald, un responsable de l’administration Trump a précisé que « l’entreprise a besoin d’autorisation de conclure avec des entités désignées et des entreprises publiques couvertes par le décret exécutif 14404 », que le président Donald Trump a signé le 1er mai. L’ordonnance interdit les transactions avec toutes les entités gouvernementales cubaines. En vertu du nouveau décret exécutif, le département d’État a désigné GAESA, le conglomérat militaire propriétaire de CUPET.

Le ministère cubain des Affaires étrangères n’a pas répondu aux demandes de commentaire de Herald.
Les départements du Trésor et du Commerce ont tous deux déclaré que les entreprises ne pouvaient pas vendre de pétrole au gouvernement cubain, à l’armée ou aux responsables sanctionnés. Ils ne peuvent pas non plus le vendre au profit d’hôtels gérés par l’armée cubaine qui sont inscrits comme propriétés interdites sous les sanctions du Département d’État.

Aho a indiqué que Vanguard Energy a obtenu un contrat avec de fortes protections, incluant le maintien de la propriété du carburant stocké sur l’île, le contrôle sur à qui la société vendrait le carburant, ainsi que la possibilité de surveiller et d’inspecter le carburant stocké. Les paiements des propriétaires d’entreprises privées, des ambassades ou d’autres organisations autorisées ne passeront pas par le système bancaire cubain, a-t-il ajouté.

Il a également précisé que le contrat inclut des protections pouvant être invoquées si des fonctionnaires sont découverts en train de siphonner du carburant.

« Les ventes seront limitées aux clients qui réussiront à remplir le programme de diligence raisonnable de Vanguard, garantissant transparence, responsabilité et respect des réglementations américaines applicables », a déclaré la société dans un communiqué. « Pour se conformer aux lois américaines, Vanguard mettra également en place des mesures de protection pour garantir que le carburant ne soit pas détourné vers le gouvernement cubain ou des entreprises publiques sanctionnées par les États-Unis. »

Mais le principal défi sera de s’assurer que les entreprises privées achetant du carburant à Vanguard Energy respectent les réglementations américaines et ne le revendent pas au gouvernement, a déclaré Jorge Piñón, expert en énergie à l’Université du Texas à Austin. La manière dont Vanguard surmontera ce défi et d’autres fournira des informations précieuses pour une future transition à Cuba, a ajouté Piñón.

L’accord, a déclaré Piñón, « ouvre la porte à d’innombrables distributeurs indépendants et aide à enthousiasmer des entreprises plus grandes que Vanguard Energy pour commencer à se diriger vers Cuba. Cela favorise aussi une éventuelle transition. Nous aurons le savoir-faire pour fournir du pétrole à Cuba, grâce à l’expérience acquise auprès de Vanguard. »

https://www.miamiherald.com/news/nation-world/world/americas/cuba/article316066939.html

Ici, bien entendu, on a sursauté. Faute de réaction du gouvernement cubain et, on l’a vu, du ministère des Relations extérieures, chacun s’est efforcé de mieux comprendre. J’ai moi-même entrepris de rédiger un article dont le début signalait que ce 10 juin devrait être marqué d’une pierre intensément noire dans l’histoire de la Révolution cubaine, car il était difficile de digérer le fait que le gouvernement cubain ait pu signer ou accepter ce type de relations commerciales « à la vénézuélienne ». Les auteurs ou fauteurs de ces négociations ne le cachent pas : ce sont eux qui contrôleront tout, du début à la fin des opérations, qui décideront des ventes de ce pétrole stocké dans les réservoirs de l’État cubain, du choix des clients et de l’encaissement des sommes sur un compte spécial inaccessible au gouvernement cubain. Bref, exactement ce qu’il se passe maintenant avec le pétrole vénézuélien !

Oui, ici, on avait du mal à croire que la Révolution cubaine puisse avaler une telle couleuvre !

Mais, on l’a vu, dès le lendemain, 10 juin, le département d’Etat faisait savoir qu’il n’avait octroyé aucune autorisation de ce genre à Vanguard Energy. Qui plus est, le 11, Narco Rubio promulguait une nouvelle sanction frappant nommément l’entreprise publique CUPET, censée avoir loué ses entrepôts à la société de Coral Gables ! Le communiqué de presse explique les raisons pour lesquelles les Etats-Unis sont forcés, presque contre leur gré, de sanctionner CUPET et de faire œuvre de justice en défense du pauvre peuple cubain contre le méchant régime communiste qui l’opprime si sauvagement. Il vaut la peine de descendre de temps à autre dans les bas-fonds de la pensée (?) de l’administration trumpienne et surtout dans ceux de son âme damnée au State Department. On ne pourrait qu’en rire si les conséquences n’en étaient si tragiques :

Sanctionner la compagnie pétrolière et gazière publique cubaine Unión Cuba-Petróleo
Déclaration de presse
Marco Rubio, secrétaire d’État
Le 11 juin 2026
Comme toutes les ressources de l’île, l’énergie a longtemps été militarisée par le gouvernement communiste cubain comme un outil de répression et de kleptocratie du régime cupide. Alors que le peuple cubain a subi des pénuries de carburant et des pannes d’électricité en raison de décennies de sous-investissement dans les infrastructures essentielles, les dirigeants communistes cubains ont détourné les ressources énergétiques pour s’en mettre plein les poches : revendre d’innombrables barils d’énergie rare sur le marché secondaire, thésauriser l’approvisionnement en énergie pour ses forces militaires, de renseignement et de répression, et rationner l’énergie comme un outil de contrôle social. Alors que les Cubains réguliers attendent pendant des semaines pour faire le plein de leurs voitures et subissent des pannes d’électricité incessantes, la famille Castro vole en jet privé, le gouvernement transporte en bus de faux manifestants à ses farces publicitaires, et le régime donne la priorité au maintien du courant électrique dans les hôtels touristiques de luxe.
C’est pourquoi, aujourd’hui, je désigne la société pétrolière et gazière publique cubaine, Union Cuba-Petroleo (CUPET), dont les actifs clés ont été illégalement expropriés des propriétaires américains il y a des années, conformément au décret exécutif du président Trump (O.E.) 14404 du 1er mai 2026. CUPET est désigné en vertu de l’article 2(a)(i)(A) de l’O.E. 14404, pour l’exploitation ou l’exploitation dans le secteur de l’énergie de l’économie cubaine. L’administration Trump continuera de cibler la capacité de Cuba à tirer parti du commerce de l’énergie pour faire avancer son programme corrompu et son appareil de sécurité répressif.
Les actions du Département sont prises en vertu de l’O.E. 14404, qui autorise les sanctions radicales contre Cuba, y compris les personnes qui soutiennent l’appareil de sécurité du régime cubain et les responsables de la répression à Cuba et les menaces à la sécurité nationale américaine. L’action d’aujourd’hui fait également avancer les objectifs de l’urgence nationale déclarée dans E.O. 14380, « Addressing Threats to the United States by the Government of Cuba » et le National Security Presidential Memorandum 5 (NSPM-5), qui ordonnent au pouvoir exécutif d’améliorer les droits de l’homme, d’encourager l’état de droit, de favoriser la libre marché et la libre entreprise, et de promouvoir la démocratie à Cuba. »

https://www.state.gov/releases/office-of-the-spokesperson/2026/06/sanctioning-cubas-state-owned-oil-and-gas-company-union-cuba-petroleo/

Voilà pour l’essentiel de ce communiqué de presse, le reste précisant les incidences de ces sanctions.

Dans son propre commentaire sur son mur, Narco Rubio a ajouté une « analyse » supplémentaire :

« Le président Trump veut un nouvel avenir pour le peuple cubain avec plus de liberté et d’opportunité en matière économique et politique. En attendant, nous continuerons de cibler la capacité du régime communiste à se servir de son commerce de l’énergie pour exercer des pressions afin de poursuivre son ordre du jour coromppu et de réprimer violemment le peuple cubain. »

Et pour bien prouver qu’il reste le maître d’œuvre de la politique contre Cuba et que personne ne lui forcera la main, Rubio a puni directement Vanguard Energy en lui retirant l’autorisation de faire parvenir de l’essence et du diesel aux privés cubains... !

Bien entendu, ici, on s’est efforcé de déchiffrer les raisons cachées de cette apparition sur le devant de la scène d’une compagnie somme toute mineure de la Floride, et chacun y est allé de ses explications. Il y faudrait un journalisme d’investigation dont je n’ai pas les moyens pour mieux déchiffrer tous les éléments en jeu. Est-ce d’ailleurs si intéressant ? Je laisse les lecteurs en tirer leurs propres conclusions.

Car, depuis le 12 juin, l’attention du peuple cubain est tournée décidément vers les déclarations formulées par Díaz-Canel au service de presse de la présidence au sujet des mesures qui vont être prises en politique économique intérieure pour continuer de résister au blocus et de redresser la situation. Des mesures qui vont changer différentes règles du jeu et dont on attend les précisions avec impatience. Je vais faire parvenir au plus vite ces déclarations. Pour l’instant, je vous invite à lire son discours pour l’anniversaire de Raúl et du MININT. Il en vaut la peine, car, là encore, il fixe les positions officielles : s’ils viennent, il y aura combat ! Aux Etats-Unis de décider si le jeu en vaut la chandelle !

Mon titre fait allusion à la photo de Raúl et Díaz-Canel qui accompagne la publication du discours sur CubaDebate à laquelle je renvoie. Elle est éloquente.

Jacques-François Bonaldi (La Havane), 15 juin 2026.

*****

Raúl est Cuba, et on ne touche pas à Cuba !
Par : Miguel Díaz-Canel Bermúdez
5 juin 2026

Discours prononcé par Miguel Mario Díaz-Canel Bermúdez, premier secrétaire du Comité central du Parti communiste de Cuba et président de la République, lors de la cérémonie commémorative du 95e anniversaire du général d’armée Raúl Castro Ruz et du 65e anniversaire de la création du ministère de l’Intérieur, au théâtre Karl Marx, le 5 juin 2026, « Année du centenaire du commandant en chef Fidel Castro Ruz ».
(Versions sténographiques - Présidence de la République ; traduction mienne)

Cher général d’armée Raúl Castro Ruz, chef de la Révolution cubaine ;

Chers combattants du ministère de l’Intérieur ;

Compagnons,

Deux anniversaires d’une grande importance pour la nation nous convoquent aujourd’hui précisément à l’occasion de la Journée nationale de la Défense : le récent 95e anniversaire de notre cher général d’armée Raúl Castro Ruz, chef de la Révolution cubaine, et le 65e anniversaire de la fondation de notre glorieux et héroïque ministère de l’Intérieur (applaudissements).

Au nom du parti, du gouvernement, des masses et des organisations sociales, au nom du peuple cubain : toutes mes félicitations ! (Applaudissements.)

Ce que nous célébrons n’est pas une simple coïncidence de dates dans le calendrier révolutionnaire. C’est aussi le lien étroit entre une œuvre et un leader.

Selon le récit que l’histoire nous impose, la fondation du ministère de l’Intérieur le 6 juin 1961 trouve ses racines dans des structures organisationnelles créées pendant la lutte de guérilla, en particulier le Corps des services secrets de l’état-major général de l’Armée révolutionnaire du 26 juillet dans les territoires libérés par le IIe Front de l’Est Frank País. Et l’ordre de création de ce corps rebelle est signé par le comandante Raúl Castro Ruz, fondateur et chef du IIe Front.

Le document, accessible aujourd’hui parmi les centaines de documents précieux compilés dans ses Obras Escogidas, nous révèle la vision claire du jeune comandante de ce front de guérilla qui, à seulement vingt-sept ans, comprend combien il est important d’avoir une structure à même de permettre de connaître et d’affronter – et je le cite textuellement – « tout ce qui peut concerner, compromettre ou mettre en danger la sécurité de nos forces rebelles ».

Cette conception précoce d’alerte défensive, de ne jamais baisser la garde, d’étudier, de prévoir et de concevoir les confrontations avec les plans ennemis, de les anticiper d’une manière déterminée et astucieuse, ainsi que le profond sentiment de compartimentation, l’ont accompagné tout au long de sa vie révolutionnaire, en fonction d’un objectif et d’un devoir primordiaux : protéger et défendre le peuple contre les risques et les menaces, de défendre la Révolution !
C’est en vertu de ces principes que, aux côtés de Fidel, Raúl a été un maître, un guide et une source d’inspiration pour les combattants de nos Forces armées révolutionnaires et du ministère de l’Intérieur.

C’est pourquoi, face aux calomnies dignes de canailles et aux actions insensées et illégales que la mafia de la Floride prétend lancer depuis sa tanière contre notre général d’armée, on a vu se répandre sur les réseaux numériques et bien au-delà, le slogan : « Raúl est Raúl » (applaudissements), inspiré de l’expression qu’il avait prononcée lui-même bien avant, parlant du Commandant en chef, pour souligner les mérites exceptionnels de son frère de sang, d’idéaux et de combats.

Raúl, comme nous l’appelons familièrement dans le peuple, tout comme Fidel, est lui aussi irremplaçable et s’est fait une place très spéciale dans le cœur de cette nation pour son itinéraire exemplaire, pour la cohérence de ses idées et de ses batailles, et parce qu’il est aussi un pilier de ce bastion de dignité et de justice qui continue d’être Cuba, confrontée aujourd’hui au plus vorace et impitoyable des empires, sans plier ses drapeaux, sans renoncer à ses rêves et sans se rendre (applaudissements).

« Vive Cuba libre ! » Ce cri historique né dans le maquis cubain identifie comme nul autre l’oratoire politique de Raúl et synthétise son engagement passionné envers la défense de l’identité nationale et de la véritable histoire de Cuba.
« Vive Cuba libre ! », répète dans les tribunes le peuple convoqué pour rejeter les accusations infâmes portées contre Raúl et la punition criminelle collective infligée à tout le peuple, ce génocide sous forme de blocus énergétique qui cherche à étouffer le pays.

Les ennemis historiques de la nation prétendaient humilier Cuba en accusant son leader, et tout ce qu’ils ont obtenu, c’est déclencher la rébellion légendaire de ce peuple qui les rejette et les condamne, tout en exprimant ses félicitations au général d’armée à l’occasion d’un des anniversaires les plus célébrés dont on se souvienne.

Les vers inoubliables de Cintio Vitier reviennent alors à la mémoire : « Ils nous ont unis pour toujours, ils ne savent pas ce qu’ils ont fait ».

« Raúl est Raúl », dit le peuple dans toutes les tribunes. Cette idée souligne la singularité d’une figure exceptionnelle qui, avec Fidel, occupe d’ores et déjà une place distinguée dans l’histoire digne et exaltante de la nation cubaine pour la somme des valeurs humaines qui le distinguent.

Elle signifie héroïsme, dignité, elle est bouclier moral.

Elle signifie avoir déjoué plusieurs tentatives d’assassinat, car son courage et sa loyauté ont fait de lui, très tôt, une cible des services de renseignement ennemis et des mercenaires formés et financés par eux.

Raúl est Cuba, et on ne touche pas à Cuba ! (Applaudissements.) On n’y touche pas tant qu’il restera une Cubaine ou un Cubain digne de ce nom pour placer un bouclier là où l’ennemi prétendrait placer la balle.

Raul est aussi notre Amérique et le Sud global. Cela est confirmé par sa dimension d’homme d’État qui a fixé des jalons capitaux dans les relations internationales, dont l’un est sans aucun doute sa contribution efficace à la paix internationale, puisqu’il a été l’architecte de la Proclamation faisant de l’Amérique latine et des Caraïbes une Zone de paix, une Proclamation bafouée aujourd’hui par la politique interventionniste et belliciste de l’administration étasunienne actuelle qui prétend restaurer la doctrine Monroe et qui jette un regard méprisant sur nos terres comme arrière-cour de l’empire.

Raúl a été le médiateur actif et efficace des pourparlers de paix en Colombie, qui ont abouti à la signature de l’accord entre les FARC et le gouvernement colombien, ainsi que le facilitateur de cette rencontre sans précédent de conciliation entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe russe après plusieurs siècles de désaccords.

Sa conviction qu’il est possible de coexister d’une manière civilisée malgré les différences l’a conduit à conduire avec patience, sagesse et discrétion le début d’un chemin vers la normalisation des relations entre Cuba et les États-Unis, tronqué en 2017 par des prétextes invraisemblables fabriqués par des secteurs anti-cubains qui se sont toujours opposés à toute entente entre nos deux nations et qui exercent aujourd’hui de fortes pressions pour déclencher une confrontation militaire qui serait extrêmement coûteux pour les deux peuples.

Au guérillero audacieux, au dirigeant révolutionnaire, à l’homme d’État intelligent, il faut ajouter ses qualités indéniables d’être humain sensible et juste, prouvé dans tous les aspects de la vie en tant que fils dévoué, frère loyal et mari aimant, père, grand-père, arrière-grand-père, ami et chef, tout en restant exigeant. « Un Cubain cubanissime ! », comme je l’ai écrit dans mon message de félicitations.

Raúl fête ses 95 ans en nous accompagnant et en nous guidant avec sa sagesse proverbiale, ce qui est une chance que tous les révolutionnaires célèbrent et dont nous lui savons gré, ce jour-ci et tous les autres jours.

En son nom, parce qu’il me l’a demandé, je souhaite transmettre à nos compatriotes sa gratitude infinie pour les innombrables expressions émues de solidarité, d’affection et de respect qu’il a reçues ces jours-ci, en réaction populaire aux infamies impériales et pour son anniversaire. Il l’adresse à tous les amis du monde qui ont rendu publique leur affection malgré les menaces et les représailles visant tout geste d’attachement à Cuba.

Aucune haine, aucun mensonge ne pourra jamais rien contre sa force morale et contre la haute valeur symbolique de l’œuvre révolutionnaire qu’il a dirigée avec une fermeté exemplaire (applaudissements).

Chers combattants du ministère de l’Intérieur,

C’est aussi une grande satisfaction de pouvoir vous saluer et vous adresser ces mots à l’occasion de votre 65e anniversaire, au milieu du contexte difficile dans lequel nous vivons, sous le harcèlement d’ennemis sans éthique ni principes.

Notre première reconnaissance au comandante de la Révolution Ramiro Valdés Menéndez (applaudissements prolongés), membre et chef fondateur, exemple de cette institution, dont le legs a perduré au fil du temps.

Il serait interminable et impossible de recenser les tâches accomplies par cet important organe de défense au fil des années. Au cours de ces plus de six décennies, il a écrit, et continue d’écrire, des pages glorieuses, certaines d’entre elles dans l’anonymat le plus absolu et humble.

Le Ministère, comme nous l’appelons couramment, a eu, avec les Forces armées révolutionnaires, la mission de déjouer les plans les plus sombres de l’impérialisme yankee au cours des plus de six décennies d’existence de la Révolution cubaine.

L’ennemi a utilisé toutes les modalités possibles contre Cuba : introduction et formation de bandes armées dans les montagnes, sabotage, terrorisme, guerre bactériologique, tentatives d’assassinat, subversion économique et idéologique, guerre psychologique et médiatique, toutes dirigées et financées par de puissantes agences de renseignement étasuniennes.

Malgré les plans incessants de toutes sortes, les ressources financières et techniques à sa disposition, les actions sans scrupules de sa guerre sale et non déclarée contre Cuba, l’ennemi n’a pas pu anéantir la Révolution car, entre autres raisons, nous vous avons eu comme sentinelles infatigables de la patrie (applaudissements). Face à chaque défi, vous vous êtes réinventés et vous avez montré clairement qu’aucun adversaire, aussi puissant qu’il soit, n’est invincible. Vous êtes la meilleure expression de ce que veut dire résister à l’assaut de l’empire et le vaincre d’une manière créative.

Des générations fondatrices aux plus récentes, vous vous êtes distingués par votre loyauté, votre fermeté et votre courage, sans jamais vaciller face aux circonstances les plus difficiles ou aux plans les plus rusés.

C’est ce qu’ont démontré les trente-deux héros tombés au Venezuela le 3 janvier. Sans faire cas du facteur surprise, de la disproportion en armes et en forces entre eux et l’ennemi, ils sont sortis combattre et ils l’ont fait avec férocité et détermination ! (Applaudissements.) Ils ont offert une résistance courageuse et ferme, au point que même les envahisseurs n’ont pu s’empêcher de dire leur admiration.

Nos trente-deux frères tombés au Venezuela ont clairement indiqué la lignée dont vous êtes issus, vous, admirables combattants du ministère de l’Intérieur, et vos frères des Forces armées révolutionnaires, mais ils ont surtout envoyé un message clair sur la façon dont nous agirions, nous et des millions de Cubains, pour défendre la patrie, si elle devait être attaquée (applaudissements).

Si quelqu’un avait des doutes sur la stature qui les distingue, cinq autres camarades des gardes-frontières ont réaffirmé peu de temps après leur courage en neutralisant la tentative d’une équipe d’infiltration terroriste qui, dotée d’une importante réserve d’armes de guerre, comptait s’installer sur le territoire national.

Cinq en ont vaincu dix ! Et, pour ajouter à l’honneur, le commandant de notre vedette, grièvement blessé, n’a jamais abandonné sa mission : la défense de la patrie ! (Applaudissements.)

À tous, la profonde admiration et la gratitude infinie du peuple cubain pour l’oeuvre noble et sacrificielle que vous avez accomplie durant ces soixante-cinq années, assurant non seulement la protection de la patrie, mais aussi accompagnant, protégeant et sauvant le peuple dans les moments les plus difficiles : ouragans, incendies, accidents. Elles sont encore fraîches dans la mémoire collective, les images où l’on vous voit sauver des personnes avec courage et une grande sensibilité, lors des inondations causées par l’ouragan Melissa, presque toujours au péril de votre vie. Merci infiniment à vous, les combattants ! (Applaudissements.)

Compatriotes :

La patrie vit des heures cruciales, menacée comme jamais auparavant par l’impérialisme, qui croit une fois de plus pouvoir nous faire plier et mettre fin à la Révolution. À cette fin, et sous les yeux du monde, violant toutes les normes du droit international, le gouvernement des États-Unis commet un acte de génocide qui impose de terribles limitations à la vie quotidienne de notre peuple.

On ne peut qualifier que de crime contre l’humanité la manière perverse dont les États-Unis exécutent contre Cuba un plan visant à provoquer une crise humanitaire dans tout le pays, avec des effets graves qui commencent déjà à se manifester chez les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes, les personnes handicapées et, en général, dans l’ensemble de notre peuple sans exception.

Le blocus énergétique qu’ils ont mis en place le 29 janvier, par un décret exécutif, est un acte d’extrême cruauté en raison de ses implications humanitaires. Les États-Unis ont menacé de mesures coercitives quiconque nous fournirait cette ressource.

Au cours des cinq premiers mois de l’année, Cuba n’a reçu qu’un seul navire de carburant, des quarante qu’elle aurait exigés durant cette période. Le seul navire de 100 000 tonnes que nous avons pu utiliser durant la seconde moitié d’avril suffit à montrer, bien que ne couvrant pas la totalité de nos besoins, à quel point notre réalité changerait sans cette interdiction aberrante.

Le blocus total du carburant ne leur suffisant pas, ils ont donné le 1er mai, alors que le peuple venait de donner une preuve éclatante de son appui à la Révolution, un nouveau tour de vis au blocus en un acte évident de colère et de frustration. Ce jour-là, ils ont promulgué un nouvel décret exécutif lourd de menaces, de sanctions, de confiscations, d’amendes contre toute entreprise, banque, institution ou personne qui commercerait avec Cuba, qui investirait à Cuba, qui fournirait à Cuba jusqu’aux denrées alimentaires, aux produits médicaux et aux produits d’hygiène les plus essentiels.

La réaction de plusieurs entreprises qui quittent Cuba ces jours-ci est le résultat des mesures coercitives de l’administration étasunienne qui a déclenché cette terreur généralisée sur la base d’un autre grand mensonge : la criminalisation d’un système entrepreneurial cubain, le GAE. Sans présenter la moindre preuve ou évidence, elle a tissé un récit de corruption et de passe-droits exorbitants au profit de quelques individus, un récit que seuls des cerveaux viciés peuvent rédiger.

L’attaque contre le GAE n’est pas fortuite ; ce n’est pas une campagne médiatique de plus. Elle cible un système d’entreprises dont ils connaissent l’efficacité à contrer l’encerclement économique permanent des États-Unis contre le peuple cubain et dont les contributions au développement socio-économique du pays sont notables.

On retrouve là la même conception en vertu de laquelle ils traquent la coopération médicale cubaine, fondée sur des mensonges infâmes visant à couper une source importante de financement du système de santé publique, libre et universelle, et à durcir le blocus jusqu’à des limites insoutenables, au point que les coûts se mesurent désormais en vies humaines.

Alors que ce génocide contre le peuple cubain est en cours, ses exécuteurs mentent effrontément au monde en niant leurs crimes.

Ils mentent de façon si éhontée qu’ils ne sont même pas capables de se justifier ou de convaincre de leurs mensonges les propres représentants de cette nation au Congrès fédéral, où l’on a pu constater ces jours-ci la nature fallacieuse, immorale et corrompue de la clique dirigeante impliquée dans le pillage des ressources financières et des avoirs d’autres nations, voire des contribuables eux-mêmes. N’ayant aucune explication ni réponse convaincantes à donner aux législateurs, cette clique a tenté de détourner l’attention de tous en portant des accusations contre Cuba.

Elle déverse des tombereaux de haine et de mensonges sur les dirigeants cubains et leurs familles. Elle calomnie et menace, suivant les pas de la vieille école nazie et les manuels de guerre hybride de l’ère d’Internet : berner, déformer la réalité, discréditer, stigmatiser, désorienter le peuple et l’opinion publique mondiale pour justifier ses guerres de pillage injustifiables.

Elle veut faire croire que sa guerre ne vise que certaines personnes, mais elle l’a fait tant de fois qu’elle ne trompe plus personne. D’Haïti au Venezuela, en passant par des centaines d’équipées interventionnistes à travers le monde – souvenez-vous de l’Irak, de l’Afghanistan, de la Libye – au cours des deux derniers siècles de l’empire étasunien, tout ce que nous voyons, c’est un prologue bourré de mensonges et un épilogue de destruction et de mort.
C’est à coups de mensonges que ces gens-là ont déclenché une guerre contre l’Iran, affirmant sans la moindre preuve que ce pays s’apprêtait à fabriquer des armes nucléaires, alors que les organismes internationaux responsables avaient exclu cette possibilité.

Et c’est aussi à coups de toujours plus de mensonges qu’ils prétendent échafauder un prétexte à une agression militaire contre Cuba, fondée sur l’histoire ridicule et pathétique selon laquelle notre petit archipel, bloqué et appauvri par leurs mesures coercitives unilatérales, serait une menace pour la sécurité nationale des États-Unis.

Voilà comment agit l’Empire : il ne se contente pas de détruire, il construit aussi le récit à même de rendre la destruction méritée ou inévitable. À cette fin, il diffuse des images floues de bases chinoises ou russes qui n’existent pas à Cuba. Cela nous conforte dans notre conviction qu’il fabrique désespérément des plans pour nous attaquer.

La plus grande cruauté du blocus, c’est sa prolongation dans le temps. Et la plus grande offense à Cuba qui en souffre et au monde qui le rejette, c’est la tentative cynique d’imposer un récit inversé : celui de l’État en faillite comme coupable de celle-ci.

L’ambition de déstabiliser le pays par l’asphyxie économique est aussi perverse que le récit fallacieux qui l’accompagne et qui inverse la cause des problèmes pour rendre les véritables coupables invisibles.

Nous ne fermons pas les yeux sur nos propres insuffisances, mais un État qu’on empêche d’importer librement des aliments, des médicaments, du carburant et des pièces détachées, ou dont on entrave les possibilités dans ce sens, dont on bloque les transactions financières internationales, qu’on empêche d’accéder librement aux crédits ou au commerce, dont jusqu’aux partenaires font l’objet de menaces, ne pourra jamais fonctionner normalement,

Ces obstacles et ces difficultés se transforment en de longues et insupportables coupures de courant, en des pénuries de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres fournitures, en de faibles niveaux de production, en une profonde crise du transport de passagers à l’intérieur et à l’extérieur du pays, en une chute du tourisme, en une forte migration, tandis que le chœur impérial, accompagné de chanteurs locaux, accuse le prétendu « État en faillite » et, par extension, le socialisme de tout ce qui fonctionne mal ou ne fonctionne pas. Quelle position hypocrite !

Ce que l’empire appelle un État en faillite est, en réalité, un État attaqué qui refuse de se rendre ! (Applaudissements.)

La réalité, de plus en plus incontestable, c’est que l’administration étasunienne fait tous les efforts possibles pour pousser notre pays vers un scénario de crise, d’effondrement, par le biais de déséquilibres économiques, de pénuries matérielles et de privation des biens les plus fondamentaux dans la vie quotidienne de notre population.

C’est une punition collective qui cherche à plier les genoux d’une nation entière qui, malgré les temps difficiles qu’elle traverse, ne renonce pas à son indépendance ni ne cède aux prétentions de transformer Cuba en un État sous tutelle.
Telle est la vérité gênante : Cuba ne se rend pas ! Cuba insiste et résiste ! Et cette insistance est intolérable pour l’Empire ! (Applaudissements.)

Cuba veut la paix. Cuba ne provoque pas, n’attaque pas ni ne défie personne. Nous continuons de miser sur un climat de compréhension avec les États-Unis fondé sur le respect mutuel, malgré nos différences, car il a été démontré que c’est possible.

Mais qu’ils sachent que si la patrie est attaquée, nous répondrons en acte de légitime défense ! (Applaudissements.) Et s’ils essaient d’entrer, qu’il n’y ait aucun doute : nous nous battrons avec détermination et fermeté ! (Applaudissements.)

Chers compatriotes,

Ces jours marquent le soixante-cinquième anniversaire d’une opération orchestrée par la CIA : ses bandes contre-révolutionnaires intérieures devaient assassiner Raúl à Santiago de Cuba et attaquer la base navale de Guantánamo pour justifier une agression militaire contre Cuba.

Le démantèlement de cette opération, surnommée « Patty » par la CIA, a été l’une des premières grandes victoires du flambant neuf ministère de l’Intérieur, qui, quelques jours après sa fondation, mit en œuvre un plan efficace appelé « Candela », qui permit par son triomphe de préserver la vie de Raúl et de dévoiler publiquement ces intentions macabres.

Aujourd’hui que ces anciennes méthodes se réinventent contre la Révolution et son leader, notre réponse ne sera pas différente et notre confiance en la victoire ne sera pas moindre ! (Applaudissements.)

Nous avons la ferme conviction de toujours :

La Patrie ou la mort !
Nous vaincrons ! (Cris de : « Nous vaincrons ! »)
Vivent Fidel et Raúl ! (Vivats.)
Vive le Minint pour son soixante-cinquième anniversaire ! (Vivats.)
Vive le socialisme ! (Vivats.)
Et vive Cuba libre ! (Vivats.)
(Ovation.)

En vidéo, discours du président Díaz-Canel

 http://www.cubadebate.cu/opinion/2026/06/05/raul-es-cuba-y-a-cuba-no-se-toca/

COMMENTAIRES  

17/06/2026 02:30 par Carlos Ducasse

Cuba est beaucoup plus forte qu’on NE le crois, je pense que Diaz-Canel devrait Lancer une SVO au Venezuela, pour sauver les acquis de la Revolution (et venger au passage les 32 immortels) ... Les Cubains seraient d’ailleurs reçus en héros, puis libérer La Bolivie, le Perou et la Colombie dans un premier temps, et toute l’Amérique ensuite... Pourquoi pas ?

17/06/2026 12:28 par Assimbonanga

Roulements de tambours : Carlos Ducasse prend la tête des brigades internationales françaises pour porter secours à Cuba. Il a déjà acheté son billet d’avion. Rejoignons-le !
Hé bien, je constate que la désinformation de Trump est aussi insultante contre les dirigeants cubains que contre Delcy Rodriguez... Il faut tout recevoir avec des pincettes et il vaut mieux y dormir dessus avant de réagir.

Acheter des drones me semblait être un des moyens pour préparer une éventuelle suite des événements. C’est aussi ce qu’en ont déduit, en toute logique, les brillants stratèges étasuniens... Est-ce que c’est déjà fait ? On n’en sait rien.
Une occasion manquée étant bien sûr l’anniversaire de Trump à la maison blanche. Une bombe comme sur le palais présidentiel iranien aurait eu le mérite d’éliminer au moins la reine de la ruche et ses plus virulents frelons dangereux avec la satisfaction morale de l’envoyer direct rejoindre son Créateur...

Trump s’est fait de par le monde des ennemis rentrés, des dirigeants humiliés, des gens intelligents qui se sont fait prendre pour des cons par le roi des cons. Des rancunes indélébiles probablement attendent l’heure de s’exprimer. La vengeance est un plat qui se mange froid. Wait and see.

(Commentaires désactivés)