Des "partis européens"... bien intégrés.

Petit rappel qui semble devenu nécessaire en ces temps d’inquisition arrogante : LGS « donne à lire ». Il est en général d’accord avec ce que ses administrateurs écrivent (si, si !), souvent avec ses auteurs, mais pas toujours. Inutile de lui faire porter tous les chapeaux d’articles diversifiés qui ouvrent des débats.

LGS


Le traité de Maastricht a offert la possibilité aux partis des États membres de l’Union européenne de s’associer pour constituer des « partis européens » représentatifs.

L’objectif poursuivi est défini dans le traité sur la Communauté européenne : « les partis politiques au niveau européen sont importants en tant que facteur d’intégration au sein de l’Union. Ils contribuent à la formation d’une conscience européenne et à l’expression de la volonté politique des citoyens de l’Union ».

Quant au Parlement européen, qui décide de leur agrément, il précise dans son règlement que les activités d’un parti européen se doivent de « respecter, notamment dans son programme et par son action, les principes sur lesquels l’Union européenne est fondée ».

En outre, depuis 2003, les partis européens sont habilités à recevoir des fonds communautaires jusqu’à hauteur de 85% de leurs budgets.

En 2013, la subvention totale devrait atteindre 12.400.000 euros.

Les principaux partis politiques français ont adhéré à des partis européens :

L’UMP au Parti populaire européen (PPE) - subvention 2012 : 6.482.715 euros.
Le Parti socialiste au Parti socialiste européen (PSE) - subvention 2012 : 4.323.313 euros.
Les partis du Front de gauche (Parti communiste français, Parti de gauche et Gauche unitaire) au Parti de la gauche européenne (PGE) - subvention 2012 : 835.049 euros.

En acceptant tant les règles institutionnelles imposées par l’Union que les subventions afférentes, ces partis se placent dans la logique d’intégration européenne sous l’égide du capital.

Ils s’interdisent d’en contester l’existence.

30 juillet 2012

Jean-Pierre Dubois

http://lepetitblanquiste.hautetfort.com/

(J.P. Dubois a été publié 16 fois sur LGS. Merci de sa fidélité et de la qualité de ses articles. LGS).

COMMENTAIRES  

02/08/2012 19:37 par Garibaldi

Merci pour ses informations et ce travail de chiffrage, mais la conclusion me chagrine.

L’argent touché par les partis (ou les syndicats) en France ou en Europe, n’appartient pas aux dirigeants de l’Etat ou de l’UE mais aux peuples. Ce sont nos impôts.

Ma mère touchait les allocations familiales sans se vendre au pouvoir.

Ce qui serait plus dangereux, c’est que les organisations représentatives des salariés, privées de subventions légales, soient obligées de se taire par manque de moyens ou de magouiller en quémandant des aumônes.

Donc, des règles précises et transparentes garantissent l’indépendance.

02/08/2012 20:13 par BM

Moi, je suis d’accord avec ce que dit cet article. En fait, il ne s’agit pas d’un article "d’opinion", tout simplement de rappeler quelques faits têtus. Ce qui n’est jamais inutile.

02/08/2012 22:30 par un chileno

Après l’affaire Balme, les deux appels de Mélenchon à voter socialiste, voilà de quoi nuancer les avis sur le Front de Gauche.

02/08/2012 23:04 par Dwaabala

02/08/2012 à 19:37, par Garibaldi

... la conclusion me chagrine

Cette conclusion est :

En acceptant tant les règles institutionnelles imposées par l’Union que les subventions afférentes, ces partis se placent dans la logique d’intégration européenne sous l’égide du capital.

Le problème politique qui se pose est pourtant bien le suivant :

Le FdG accepte l’Europe telle qu’elle a été conçue et formée par le grand capital, son intégration était acquise avant même qu’il ne perçoive sa misérable prébende, si l’on risque l’oxymore.

C’est peut-être sur ce flou que ni Syrisa en Grèce, ni le FdG en France n’ont emporté la conviction des citoyens.

Il prétendent aménager ce système au profit des peuples, mais les forces leur manquent.

Il y a fort à parier que si la situation se renversait, c’est leur résolution qui viendrait à manquer.

02/08/2012 23:04 par Tom-Meursault

On pourrait prendre cet argument sérieusement, mais je pense qu’il est surtout valable pour le PPE et le PSE, car entre ce dernier et le PGE il y a plus de 3 millions d’euros d’écart. Et le PGE est très probablement critiquable pour certains traits, son réformisme, eurocommunisme, mais en son sein il existe des forces essentielles pour la lutte de la classe ouvrière d’Europe, principalement le Front de Gauche et Syriza. Ces deux organismes sont actuellement dirigés par des réformistes, qui veulent des férormes (inutiles) de la BCE, mais sont constitués de révolutionnaires qui donneraient tout pour leur idéal, des maoïstes, des marxistes, des trotskistes, ... Donc si le PGE reçoit de l’argent de la part de l’UE, je trouve cela plutôt comique, qu’il finance ses ennemis les plus sérieux.
L’UMP, le PS, les composantes du Front de Gauche, EELV, sont tous concernés par cet article. Mais ce serait une grossière erreur d’oublier le Front National, qui fait partie de l’Alliance européenne des mouvements nationaux. Au passage nous pouvons noter que c’est Bruno Gollnisch qui préside ce parti, qui a son sein l’extrême-droite la plus radicale d’Europe (avec l’Aube dorée), le Jobbik qui se pavanent avec ses milices fascistes, ainsi que les racistes du BNP, des descendants de Mussolini avec le MSI italien, ...

Donc pour résumer, chaque partie de l’échequier politique est concerné par cette affaire de financement, qui peut-être contribuera à la destabilisation de l’UE.

03/08/2012 12:06 par Alain L.

Je ne suis pas contre les subventions aux partis dans la mesure où elles sont identiques pour tous les partis quelque soit leur taille, assorties de conditions d’utilisation - pour le fonctionnement et la diffusion de leurs messages, pas de "dérivation" personnelles, pas de soutien à un groupement autre - et de règles de représentativité. Ainsi, bien sûr, que d’assurances inaliénables de liberté quant au message porté, à la façon de le porter.

Il faudrait également que ce soit une commission citoyenne - excluant des représentants d’autres partis et de milieux d’affaire et d’influence - qui vérifient candidats et conditions de subvention. Le mieux serait de procéder à l’élection d’une commission par tirage au sort, qui elle-même définirait le "cahier des charges" pour les subventions en fonction des critères donnés plus haut, et d’autres éventuellement.

(Commentaires désactivés)