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Une lave brûlante a jailli. Ah, belles gens, que vous avez peur !

« Ecoute, à certaines heures le samedi, ce bruit terrible qui vient du cratère ! La terre s’est ouverte ».

Les promoteurs du livre ont cherché un préfacier. Jean-Luc Mélenchon a répondu à leur sollicitation par une vibrante plaidoirie en faveur des Gilets Jaunes, une ode hugolienne superbe qui enrichit l’ouvrage. En voici un court extrait.
LGS

« Longtemps c’était la vie sous un couvercle de plomb. Mais sous le lourd manteau des routines, la colère courrait en vagues souterraines. On entendait à peine ses brisures sur les falaises sans fin du monde de l’officialité. Tout juste ce frisson parfois à la surface des choses. Et, de temps à autres, les médias domestiques évoquaient la « grogne » des animaux sociaux. Qu’ils étaient nuls et impuissants à rendre leur cause aussi fraiche et pimpante qu’une giclée de peur des musulmans, des impôts qui font fuir, ou des arnaques à la sécurité sociale. Ces salauds de pauvres, enfin appelés par leur nom de gens de « rien » selon le Président en personne, pouvaient bien mourir plus nombreux dans la rue que les ouvriers à leur poste de travail. Fallait-il pour autant engager la compétition des souffrances avec les gosses qui naissent sans bras ou les guyanais qui boivent du Mercure dans la rivière ? Tous ont donc préféré de longue main la méditation sur la course au trois pour cent maximum de déficit public comme bon sandwich pour nourrir l’appétit des zombies qui les écoutent d’habitude.

Soudain la terre a tremblé. Une terrible déchirure a partagé le sol ferme. Une lave brûlante a jailli.

Voici pendant dix neuf semaines sans pause « Jojo le gilet jaune » à égalité avec les ministres et les députés. Et même avec les journalistes ! « Vous n’êtes pas un vrai gilet jaune » glapit une star des people-tronc de la télé. Celui-là trouvait son interlocuteur trop intelligent pour être du peuple. « Vous n’êtes pas un vrai journaliste » réplique sans hésiter le supposé pithécanthrope.

Ah belles gens que vous avez peur ! Elle vous affole « la foule haineuse » dénoncée par le président-enfant-roi pour ses vœux de robot en quasi panne de batterie. Grossiers personnages que le volcan a craché dans vos jardins à la française. Quoi ! Repeinte par vos soins en antisémite, homophobe, violente et pillarde, « la grogne » se moqua comme d’une guigne de vos rayons paralysants traditionnels. Rien n’y fit. Rien n’y fait. Ces hordes continuent à défiler dans vos quartiers. Parfois un de vos restaurants prend feu dans les tirs croisés de grenades et de fumigènes. Abomination ! « Qu’est devenue la France ? » pleurez-vous dans vos mouchoirs en soie, en vous tordant les mains de désespoir ! Chaque jour où les rustres tiennent la rue vous humilie. Comme celui où l’ONU classa notre pays entre Haïti et le Venezuela pour le respect des opposants. « Nooooon, pas le VenezuEla ! » Vous hurlez de douleur ! Les enfants d’Haïti peuvent bien manger de la terre pour calmer leurs crampes d’estomacs vides, leurs parents peuvent bien, eux aussi, avoir envahi les rues, peu importe ! Mais pas le Venezuela ! Quelle délicieuse humiliation vous est infligée. Comme un coup de ces coups de fouet sur les opposants que donnent vos amis d’Arabie saoudite. Voyez aussitôt ce malheureux, journaliste bien sûr, dénoncer mes manigances avec l’ONU et le Venezuela pour obtenir de Michèle Bachelet la condamnation de la France pour ses méthodes de répression sauvages. Pas un des « experts » réunis sur ce énième plateau de bavardages pour dire que l’auteur a du fumer un bout de la moquette que Michèle Bachelet est accusée d’avoir fumée par une inepte perruche de ce même plateau. L’info de ce déshonneur cingle comme de l’eau froide sur des pierres chaudes. Hurlements des premiers rangs ! BHL propose l’invasion de l’ONU. Ou d’un autre pays arabe, à titre de compensation. Rien n’y fait ! Tout le monde s’en fout ! L’autorité de tout le clergé macroniste est égale à zéro ! Les importants se montent le bourrichon entre eux, sans aucune conséquence sur la troupe. La masse. Le grand nombre des « gens qui ne sont rien ». Tout le monde s’en fout, seigneurs et gentes dames de la haute. De vous, de vos leçons de morale, de vos indignations à géométrie variable. Vos éborgneurs, mutilateurs et juges à la chaîne meurtrissent dans le tas chaque semaine. En vain. Castaner et Belloubet sont devenus les bottes ferrées haïes des deux mille blessés, vingt-deux éborgnés, cinq amputés et les familles des douze morts de ces événements. Mais ils ne réussissent même pas à imposer la peur. Grand débat gros bla bla rien n’y fait ! Macron, parle à mon gilet jaune, mes oreilles sont bouchées.

Ecoute, à certaines heures le samedi, ce bruit terrible qui vient du cratère ! La terre s’est ouverte. Des lèvres de sa fracture montent des mots en grappe, comme des fumées venues de l’enfer des pauvres. C’est le rugissement du peuple ! Les mots volent à tire d’ailes de tous côtés. Leur vibration froisse l’air glacé du royaume de l’égoïsme. Semaine après semaine tout un discours, long et charpenté s’est déployé en suivant ces chemins improbables. Le voici formulé sur le dos des gilets jaunes, sur les affiches improvisées, sur les murs nus, au sol et dans les chansons. Je crois que c’est une première absolue. Ce livre y fait écho ».
(A suivre).

Jean-Luc MELENCHON

Le livre sera en librairie en septembre. Les co-auteurs en dédicaceront les tous premiers exemplaires du 22 au 25 août aux amfis d’été de LFI à Toulouse au Centre de Congrès Pierre Baudis, métro Compans Caffarelli) où Raphaël Vivas présentera l’ouvrage au public.

Pour les lecteurs pressés ou éloignés des librairies, il est possible de commander le livre sur le site de l’éditeur (www.editions-croquant.org) dès le début septembre.

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