Mauritanie : ’’Le gavage des femmes, c’est de l’histoire ancienne’’, Amina Barakat.








IPS, Nouakchott, 19 mai 2007.


Beaucoup de jeunes filles en Mauritanie se soulèvent de plus en plus contre ’’l’obésité fabriquée’’, une pratique qui leur était imposée et ne les laisse pas indifférentes, affirme Houriya Mint Chérif, une présentatrice vedette du journal en français à la télévision mauritanienne.


Plutôt belle femme et bien dans sa peau, Mint Chérif a déclaré d’un air méprisant à IPS : "Le gavage, c’est de l’histoire ancienne, un mauvais souvenir. Et si la femme préfère être potelée, c’est uniquement pour bien porter son M’lahfa (l’habit traditionnel de la femme mauritanienne)".

Sa collègue Maymouna Si, une autre présentatrice des informations à la télévision nationale, svelte habillée à l’Européenne, a renchéri : "Le gavage, connais pas". Par cette réaction laconique, elle entendait exprimer à IPS son opposition à cette pratique, cette semaine à Nouakchott, la capitale mauritanienne.

Toutefois, plusieurs Mauritaniennes montrent une certaine réticence dès qu’on leur demande leur avis sur le gavage, une pratique traditionnelle qui voulait que les femmes soient obèses par un excès d’alimentation, leur surcharge pondérale apparaissant comme un symbole de beauté et de richesse dans leur entourage. Le gavage commençait ainsi dès le jeune âge chez les petites filles qu’on obligeait à se nourrir plus qu’il n’en fallait pour grossir. Certaines mauvaises langues disaient qu’on les gavait comme des oies. (...)

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COMMENTAIRES  

22/05/2007 18:28 par Mireille

j’ai vécu 17 ans en Mauritanie de 1976 à 1993, je suis allée en mission de trés nombreuses fois à l’intérieur du pays, j’ai rencontré de nombreuses femmes, la question du gavage avait été posée, les plus anciennes estimaient celà "normal" certaines plus jeunes ont bien voulu nous raconter leur souffrance lorsqu’on les obligeait à boire du lait, les plus jeunes ,nées aprés la période de secheresse n’avaient pas été "gavées" . Le manque de lait en était peut etre la raison ! mais elles semblaient déjà resister à cette tradition.
Quant à l’idée développée par la présentatrice mauresque que les rondeurs seraient pour donner plus de forme au malafa, je pencherai plutôt pour l’idée que les rondeurs sont plus prisées par la gente masculine locale.
A ce jour on constate effectivement que les jeunes mauritaniennes non mariées sont beaucoup plus minces et sont surtout beaucoup plus vigilantes à ne pas grossir, on peut les voir courrir prés du stade etc....On ne peut que les encourager, leur état de santé s’en trouvera certainement amélioré. M.H

07/06/2007 09:58 par Lisa

Que dire des femmes occidentales qui passent sur le billard pour la chirurgie plastique ?Et ses ratages tabous ?Et le bourrage des seins et des fesses au silicone c’est pas pour plaire aux males ?Donc avant de vouloir enlever la paille...

08/06/2007 00:46 par carlgustaaf

ce n’est pas parceque chez nous, il y a des choses mauvaises qui se passent, qu’il faut en parler pour excuser le fait qu’on gave comme des animaux de ferme des jeunes filles.Pour moi, c’est une chose qu’une femme adulte choisit de se faire refaire le nez, les seins, ou sa "culotte de cheval", c’est de la coquetterie, c’est clair, et du biznes pour le toubib, mais au moins, c’est une adulte et elle choisit de faire ainsi.C’est son droit.
Engraisser des enfants, qui n’ont aucun pouvoir sur leur propre condition, comme on le ferait avec des cochons, pour mieux les vendre, en est une autre.
Et moi, je trouve cela dégoutant...

09/06/2007 08:53 par Lisa

Ce n’est pas vraiment un choix vu la dictature des apparences et de l’image.Les femmes sont perçues par rapport à leur physique.Pire par rapport à leurs attributs sexuels,dans une société ou les apparences et le sexe sont surdimentionnés pour détourner les individus de vrais rapports humains.Cela n’excuse pas ce qui se passe ailleurs,mais l’occident est toujours prompt à occulter ses problémes pour mettre la loupe sur ce qui se passe ailleurs pour,parfois,diaboliser l’altérité.

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