13 

Ne dites pas à ma mère que je suis édité à l’étranger elle me croit lécheur de bottes chez Bolloré.

De tous temps, la classe dominante a été impitoyable pour qui passe outre la doxa officielle. Regardez nos humoristes à la radio. Regardez comment ils sont mis au placard.

A contrario, regardez comment les cautions dé-mo-kra-ti-ti-ti-ques, les faux insolents, les fous du roi, sont promus.

Vous avez vu Muriel Robin chialer à la cérémonie des Molières ?

Vous l’aviez vu, souriante, poser à côté d’une soldate d’Israël, en uniforme, exhibant son arme en un endroit où les cris des enfants écrabouillés, démembrés, pouvaient s’entendre ?

Je dis « pouvaient s’entendre » par extrapolation, par licence littéraire, par un « mentir vrai », qui suppose que les hurlements de mioches, dès lors qu’ils sont des milliers, sont audibles en n’importe quel point de la planète. Si vous habitez près d’une école maternelle, vous m’avez compris. A plus forte raison on les entend(ait) en Israël où Muriel Robin donnait un spectacle.

Le producteur de Muriel Robin a révélé qu’elle a été la cible de fortes pressions de BDS (Boycott, Sanctions et Désinvestissement) mais qu’elle n’a pas cédé. Contrairement aux 18 000 mioches palestiniens qui ont été la cible de missiles et dont les corps n’ont pas résisté aux fortes pressions du béton.

Depuis 2020, date de la parution de mon premier livre sur les Ouïghours (Ouïghours, pour en finir avec les fake news » (Editions La route de la soie), je suis excommunié par tous les éditeurs de romans, par tous les salons du livre. J’ai eu le bonheur de publier des essais, aux Editions Delga, mais le roman, c’est fini.

Par bonheur, un éditeur tunisien (Hichem Kacem) a accepté mon conte allégorique dont je vous propose ici la préface et la postface. Mais voyez : la mise à mort d’un écrivain n’est pas une tâche facile !

Le livre sera bientôt distribué en France, en Belgique, en Suisse. Pour les traductions, soyons patients. Il est déjà en vente en Tunisie et disponible sur le site marchand de l’éditeur pour l’Europe : https://kaeditions.com/product/lhistoire-du-petit-garcon-qui-avait-tort-davoir-raison/
Il est aussi disponible sur une plateforme suivante pour la plupart des pays : https://ceresbookshop.com/fr/notre-librairie/841454-l-histoire-du-petit-gar%C3%A7on-qui-avait-tort-d-avoir-raison-maxime-vivas-9789938913699.html.

Nous en reparlerons.

Maxime VIVAS

L’HISTOIRE DU PETIT GARÇON QUI AVAIT TORT D’AVOIR RAISON

PREFACE DE L’EDITEUR

Il est des récits qui semblent simples, presque naïfs, et qui pourtant disent beaucoup plus qu’ils montrent.

Depuis Ésope jusqu’à La Fontaine, depuis Swift jusqu’à Orwell, l’allégorie permet de déplacer le regard. Elle offre au lecteur un détour. Et parfois, ce détour révèle plus que le discours frontal.

L’histoire que vous allez lire s’inscrit dans cette tradition. Un seigneur, un roi, des enfants. Des ordonnances successives, des concessions partielles, des révoltes, des punitions. La répétition n’est pas un effet de style, elle est le mécanisme même du système décrit. Car certaines situations humaines semblent cloîtrées dans un cycle dont nul ne parvient à sortir.

Ce texte ne cite aucun pays, ne mentionne aucune date, ne désigne aucune institution. Il ne prétend pas livrer une analyse géopolitique exhaustive. En revanche, il propose autre chose : une mise à distance. Par l’allégorie, il invite le lecteur à observer les ressorts du pouvoir, les limites des compromis imposés, la logique des résolutions successives qui modifient la forme sans toucher au fond.

La fable simplifie pour mieux révéler. Elle dépouille les événements de leur complexité apparente afin de poser une question essentielle : que se passe-t-il lorsqu’une injustice structurelle perdure, malgré les ajustements censés l’apaiser ? Que devient l’ordre lorsque, dans les faits, la justice lui fait défaut ? Certains lecteurs y verront une histoire intemporelle. D’autres reconnaîtront des échos plus contemporains. Il appartient à chacun d’en tirer ses propres conclusions. En tant qu’éditeur, j’ai choisi de publier ce texte non pour imposer une lecture, mais pour ouvrir un espace de réflexion. Une société vivante accepte le débat, surtout lorsqu’il dérange. Car le silence imposé n’a jamais fondé la paix ; seule la justice partagée peut y prétendre.

Si cette fable interpelle et suscite un débat dépassionné et lucide, elle aura atteint son but. »

L’éditeur.

POSTFACE DE L’AUTEUR

« Les contes racontent des aventures ou des mésaventures imaginaires. Parfois, pourtant, ils ne sont pas tout à fait inventés. Ils sont alors un rappel du passé, ou un éclairage du présent, ou une mise en garde sur un futur possible.

La force des contes ne réside certes pas dans leur vraisemblance, mais dans leur capacité à créer de la peur, de l’émotion.

Si Le Petit Chaperon rouge a traversé les siècles et les continents, donnant naissance à d’innombrables variantes, c’est parce que nous tremblons, du début à la fin, pour une petite fille sans défense.

Certes, le conte de Charles Perrault date de 1697 et, de nos jours, il n’y a plus de forêts profondes où rôdent les loups. Mais d’autres dangers guettent les enfants ruraux… ou citadins.

Davantage que la peur, le conte que vous venez de lire ambitionne de faire naître de la compassion.

Sous ma plume, le châtelain est un goinfre égoïste, mais il n’attente pas à la vie de mes petits personnages. Les enfants affamés, eux, quand ils se révoltent, jettent sur lui des objets peu contondants : une soupière, des assiettes, des marmites vides, bref des contenants du repas de l’affameur. Ce sont des projectiles symboliques. Le seigneur ne peut se plaindre au roi que de quelques bosses superficielles.

Bien sûr, il y a des soldats, des gardes, des cachots. Mais le mot « sang » ne figure pas dans ce conte.

Pour tout dire, j’ai voulu écrire une histoire qui intéresserait les enfants sans les horrifier.

Quant aux parents, ils pourraient éprouver du plaisir à leur en faire la lecture s’ils y décèlent un double sens qui en fait un conte pour petits et grands ».

L’auteur.

Prolongement musical

Après l’écriture de ce conte, l’auteur s’est essayé à l’écriture de paroles de chansons.
Parmi les textes composés récemment, l’un d’eux semble résonner singulièrement avec l’histoire du Petit garçon qui avait tort d’avoir raison.
Coïncidence… ou voix intérieure ?
· Titre de la chanson : L’enfant qui pleure
· Paroles : Maxime Vivas
· Musique : Création assistée par intelligence artificielle

L’enfant qui pleure (10 mai 14 h50)
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[Zip ] 1.3 kio

COMMENTAIRES  

18/05/2026 11:45 par Josy

Une bonne remarque pour le manque de compassion et de droiture de ces "artistes " qui ont le gout et la couleur des ersatz .
Bravo pour la mise en route.

18/05/2026 22:12 par act

Le meilleur et succès à l’auteur pour ce livre, que je suis curieux de lire et impatient de lire aux enfants...

 ! Le .zip en attachement de l’article est vide.
Il y a un petit problème de tabulation/mise en page dans le texte (copié d’un .pdf ? ;)
"POSTFACE DE L’AUTEUR
Ils sont alors un rappel du passé, ou un éclairage du (à la ligne)
présent, ou une mise en garde sur un futur possible."
et
"Mais le mot (à la ligne)
« sang » ne figure pas dans ce conte."

19/05/2026 07:17 par CAZA

Bonjour Maxime
<<< un éditeur tunisien (Hichem Kassem, éditions KA) a accepté >>>
Edition à compte d’ auteur ?
Pourquoi ne pas utiliser la solidarité LGS pour les frais de promotion par Ex ?
Ou autre .

19/05/2026 09:41 par Ida

Magnifique chanson.

20/05/2026 00:04 par Maxime Vivas

Un livre à compte d’auteur ?
Jamais !
Pas un seul de mes livres.
Tss ! Tss !

20/05/2026 00:15 par Le Grand Soir

Pourquoi ne pas utiliser la solidarité LGS pour les frais de promotion par Ex ?
Nous l’avons déjà fait pour financer des documentaires, des enquêtes à l’étranger (cf sur la Russie). Tout dépend de nos finances.

20/05/2026 04:25 par Vania

BRAVO M Vivas. Nous attendons avec impatience ce livre de contes.

20/05/2026 09:00 par LAGIER

Pour ne pas oublier . Pendant la Guerre d’Indépendance en Algérie , l’Armée Française a aussi tué des enfants .
Exemple le massacre d’Oudjehane le 13 juin 1956 par le 4°BCP a fait 79 victimes dont 17 adolescents .
La plus jeunes victimes Zohra était âgée de 8 mois
Le lendemain la Dépêche de Constantine a titré : victoire des forces de pacification 79 rebelles abattus les armes à la main
La première victime dans quelque soit la guerre est la VERITE

20/05/2026 09:47 par CAZA

HéHé suffit de faire appel à la générosité légendaire des lecteurs Non ?

20/05/2026 15:46 par CAZA

Pour le massacre oublié rappelé par LAGIER .
Dans "" le nom des gens "" je me suis longtemps demandé à quoi rattacher cette scène .
A la 7ème minute .
https://www.tokyvideo.com/fr/video/le-nom-des-gens-2010-vf
Sur le massacre
https://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Beni_Oudjehane

21/05/2026 20:12 par Carlos Ducasse

Magazine CovertAction

"Une Petite Aventure Française"

Par Rafael Baptista- 20 mai 2026

En pleine guerre froide, les services de renseignement français et espagnols ont recruté des terroristes pour démanteler un réseau d’espionnage libyen en Europe. Aujourd’hui, plus de trente ans après, l’affaire reste entourée de mystère.

Et si je vous disais qu’il est fort probable que la nation pour laquelle vous seriez prêt à donner votre vie ait parrainé – ou parraine encore – des groupes terroristes et/ou des actes de terrorisme, en votre nom et au nom de la sécurité nationale ?

Si, comme moi, le monde de l’espionnage vous passionne, vous pourriez être tenté d’ignorer cette question et de faire aveuglément confiance aux sources officielles. Il est essentiel de ne pas le faire et de réfléchir aux profondes implications de ce type de stratégie.

Les années 80 folles
28 décembre 1985, Paris – L’année touchait à sa fin. Elle avait été l’une des plus tumultueuses jamais enregistrées. Les attentats terroristes étaient devenus monnaie courante en Europe. La France, cependant, avait été relativement épargnée. Entre février et décembre de cette année-là, une seule personne avait perdu la vie dans un attentat. C’est une mort de trop, certes, mais un nombre modeste comparé aux années précédentes et suivantes. Pourtant, tandis que les Parisiens se remettaient des excès de Noël et se préparaient pour le réveillon du Nouvel An, deux terroristes cherchaient à prendre l’avantage.

À partir de là, les informations deviennent confuses et parfois contradictoires. Ce que nous savons avec une quasi-certitude, c’est que Farid Hassan et Faysal Hanna Joude, respectivement originaires de Syrie et du Liban, ont planifié de réitérer l’attentat de 1980 contre la synagogue réformée de la rue Copernic à Paris. On sait qu’ils sont partis d’Espagne, déterminés à semer le chaos. Ce que nous ignorons, en revanche, c’est la date exacte. Les estimations varient entre octobre et décembre.

Quoi qu’il en soit, ils échouèrent. À peine eurent-ils posé le pied sur le sol français qu’ils furent appréhendés par la police. Le sort de ces deux hommes semblait scellé : ils allaient croupir en prison. Du moins, c’était l’idée. Or, il se trouve qu’ils furent finalement libérés sur ordre des services de renseignement français. La société civile, bien sûr, n’en savait rien. Elle ne pouvait pas le savoir, du moins pas à ce moment-là.

Ces deux hommes appartenaient à une organisation appelée « L’Appel de Jésus-Christ » . Vous n’en avez probablement jamais entendu parler. Presque toutes les informations disponibles sur ce groupe proviennent d’un bulletin publié par le ministère espagnol de l’Intérieur au printemps 1986. Mais nous y reviendrons plus tard. Pour l’instant, concentrons-nous sur ce groupe.

Le mouvement « L’Appel de Jésus-Christ » a vu le jour au Liban en 1978, sous l’impulsion d’Elias Hanna Joude. Ce groupe serait affilié à l’Église melkite, qui regroupe des chrétiens arabes de rite byzantin. Hormis cela, il y a peu à dire, si ce n’est que son orientation idéologique était profondément contradictoire, comme en témoignent ses liens avec la Libye de Kadhafi, un régime panarabe, « socialiste » et nominalement islamique. Ses membres étaient unis par leur soutien indéfectible aux Palestiniens et leur mépris pour le mouvement sioniste.

Organigramme de l’organisation « L’Appel de Jésus-Christ » . [Source : ohorizonte.medium.com ]
L’ambiguïté politique était manifeste. Les premiers rapports évoquaient un mouvement d’extrême gauche. Or, les informations désormais disponibles suggèrent précisément le contraire. En effet, le ministre de l’Intérieur de l’époque, José Barrionuevo, a déclaré que le groupe entretenait des contacts avec l’ Alliance anticommuniste argentine . Il s’agissait d’un escadron de la mort d’extrême droite, entraîné et financé par l’USAID et la CIA. Nous sommes donc confrontés à un autre paradoxe : l’un des principaux objectifs de « L’Appel de Jésus-Christ » était précisément de nuire aux intérêts américains en Europe. Déroutant, n’est-ce pas ?

Nid d’espions
Mais, au fond, pourquoi ces deux individus ont-ils été libérés ? Qu’est-ce que deux terroristes ratés pouvaient bien apporter à la redoutable DGSE ? La réponse est simple : une opportunité. Leur libération permettrait de recueillir davantage d’informations sur l’ambassade de Libye à Madrid, soupçonnée de financer des groupes terroristes à travers l’Europe. Une fois en liberté, ils auraient reçu l’ordre de perpétrer une série d’attentats. Le tout, bien entendu, sous la supervision des autorités.

L’organisation avait perdu la confiance des Libyens. Pour les Français, il était impératif de la regagner, quitte à financer le terrorisme. Surpris ? Je parie que vous avez regardé la série télévisée « Le Bureau des Légendes » et que vous pensiez tout savoir sur les services secrets français. Rassurez-vous, j’ai fait la même erreur. Aussi réaliste que puisse paraître la série – et de l’avis général, elle l’est –, la réalité est rarement linéaire.

Dans la plupart des cas, c’est malhonnête. Très malhonnête. De fait, la France est connue pour recourir à des méthodes peu conventionnelles. Et il n’est pas nécessaire de remonter très loin dans le temps pour en trouver des exemples. Il suffit de se rappeler les années de la guerre civile syrienne, période durant laquelle les services de renseignement français auraient autorisé des paiements se chiffrant en millions d’euros, tant au PKK (kurde) qu’à l’ État islamique . À ce jour, des doutes subsistent quant à savoir si cet argent a pu servir à financer l’ attentat du Bataclan en 2015. La question qui se pose est simple : toutes ces informations en valaient-elles la peine ?

De Paris avec amour
Lisbonne, 10 avril 1986 – Le soleil n’était pas encore levé lorsqu’une explosion soudaine, provoquée par une puissante charge explosive, illumina le ciel et réduisit en ruines la façade des anciens bureaux d’Air France . Les vitres dans un rayon de 22 mètres volèrent en éclats ; l’onde de choc réveilla des touristes qui dormaient à proximité. La bombe avait été placée dans une benne à ordures jouxtant le bâtiment. Aucun blessé ne fut à déplorer. Non loin de là, une équipe d’espions français suivait les événements en direct, s’assurant que tout se déroule comme prévu. Après tout, c’étaient eux qui, en théorie, avaient donné le feu vert à l’opération.

Vers 5h30 du matin, un appel anonyme à l’ agence de presse portugaise ANOP a attribué l’attentat au groupe français Action Directe . Dans un pays habitué aux violences d’extrême gauche, cette revendication n’a guère surpris. Faute d’informations, personne n’a jugé bon d’émettre des doutes. Ce n’est que maintenant, des années plus tard, qu’il est possible de formuler des hypothèses sur ce qui s’est réellement passé. Hormis cet appel téléphonique, aucun élément de preuve ne relie le groupe français à l’attentat. Il est fort probable que la DGSE ait cherché à dissimuler la véritable origine de l’attentat.

Et qu’en est-il du Service de renseignement et de sécurité portugais (SIS), alors nouvellement créé ? Était-il au courant de cette ingérence française ? Si oui, il n’a rien fait pour l’empêcher. Le silence, conjugué à l’inertie des autorités portugaises, a permis à cette petite manœuvre française de réussir. La chance, cependant, fut de courte durée.

Gros plan sur une lettre : le contenu généré par l’IA peut être incorrect.
Encouragement, sans date, de Notre-Dame de Jérusalem au projet de M. Joude de créer une association pour le soutenir. [Source : fr.wikipedia.org ]
Les suspects habituels
11 mai 1986, Madrid – L’Espagne se réveillait avec ce titre : « La police a arrêté dix membres du groupe L’Appel de Jésus-Christ » . Ces arrestations faisaient suite à une tentative d’attentat manquée contre la Bank of America . Comme à Paris en 1985, les autorités espagnoles avaient profité de l’occasion pour recruter et infiltrer un agent au sein du réseau libyen présumé, soupçonné de soutenir ce groupe et d’autres groupes extrémistes à travers l’Europe.

Il n’y avait qu’une seule différence : les Français ont toujours nié les faits. Le gouvernement espagnol, en revanche, l’a admis, abandonnant son secret habituel. Madrid a toutefois retenu d’autres informations afin de ne pas compromettre la coordination avec la France dans la lutte contre les séparatistes basques. Un rapport de la même année indiquait que le gouvernement libyen aurait financé l’ETA à hauteur d’environ un million de dollars.

Parmi les personnes interpellées figuraient Farid Hassan et Faysal Hanna Joude, agents doubles dont les informations ont permis l’arrestation des huit autres participants, probablement sans qu’ils se doutent de la trahison de leurs camarades. Deux d’entre eux – un ressortissant portugais recherché par Interpol et un Espagnol – ont été inculpés de complot contre l’État espagnol et d’appartenance à l’organisation melkite.

Vítor Manuel Romano da Cruz Inácio et Vítor Cerro García ont avoué, lors de leur interrogatoire par la police, avoir participé aux attentats de Paris et de Lisbonne et avoir reçu environ 70 000 dollars de l’ambassade de Libye à Madrid, confirmant ainsi les soupçons de la DGSE. Le Portugal, qui, apparemment, n’avait rien fait pour arrêter les terroristes, s’est empressé de demander l’extradition du ressortissant portugais. On ignore ce qu’il est devenu et s’il a purgé une peine au Portugal.

La tour s’est effondrée dans un fracas assourdissant. Grâce aux aveux obtenus lors des interrogatoires des membres du groupe L’Appel de Jésus-Christ , les autorités espagnoles ont enfin pu identifier le véritable responsable de l’attentat de Madrid : Ahmed Mohamed Nakaa, alors chargé d’affaires et homme de main de l’ambassade de Libye en Espagne. Pressentant que le procès lui serait défavorable, il a quitté le pays avec sa famille, échappant ainsi à la justice.

Les informateurs n’ont pas eu la même chance. Du moins, pas tous. Certains, peut-être plus chanceux, s’en sont tirés quasiment indemnes. Tous ont purgé des peines bien inférieures à celles requises par le parquet espagnol . Prenons le cas de Faysal Joude : il a été condamné à seulement un an, huit mois et deux jours de prison. Le contraste est saisissant.

Le député avait requis 19 ans de prison pour terrorisme. Si aucun des accusés n’a été reconnu coupable de terrorisme, c’est en raison de l’interprétation juridique du tribunal. Certains la jugeront trop littérale, d’autres juste. Quoi qu’il en soit, le tribunal a conclu que les conditions légales du crime de terrorisme n’étaient pas réunies, faute de pouvoir prouver l’existence d’une « organisation armée, dotée d’une structure hiérarchique définie et d’une capacité effective à s’opposer à l’État ».

Le Tribunal national a souligné que les preuves étaient truffées de contradictions. C’est indéniable. Je crois l’avoir clairement indiqué dès le départ, en écrivant que la documentation existante n’apportait aucun éclairage sur l’idéologie du groupe, ses affiliations, les dates et même l’orthographe des noms. Malgré cela – et bien qu’ayant reconnu « l’existence de préparatifs et la possession d’explosifs » – le tribunal a conclu que ces faits étaient insuffisants pour justifier une condamnation pour terrorisme. Mais était-ce là la seule raison ? Ou le fait que certains des accusés, notamment Faysal Joude et Farid Hassan, aient collaboré avec les services de renseignement français et, peut-être, espagnols, a-t-il également pesé dans la balance ?

Les secondes chances
18 octobre 1989, Madrid – Trois ans plus tard, Faysal Joude se retrouvait de nouveau devant la justice. L’Espagne cherchait à l’extrader vers le Liban, son pays natal, mais Joude refusait catégoriquement de quitter le pays. Il était détenu depuis trois jours au tribunal de la Plaza de Castilla lorsque la nouvelle tomba : « Le leader de L’Appel de Jésus-Christ arrêté pour la deuxième fois. » Il n’était pas seul. Freddy Joude, qui niait toute implication dans les attentats, l’accompagnait.

Cette famille semblait incapable de se tenir à l’écart des ennuis. On leur accorda une seconde chance, mais ils ne surent pas la saisir. Pourtant, ce ne serait pas la fin de la famille Joude. Très vite, ils seraient intégrés aux sociétés mêmes qu’ils avaient attaquées. Tout cela se déroula dans l’indifférence générale. Pas même des autorités.

J’ai cherché avec acharnement la moindre trace du nom de famille, en vain. Jusqu’à ce que je tombe sur une publication du gouvernement uruguayen datée de 1998, qui indiquait que quatre membres de la famille Joude — Freddy, Danny, Simon et Pierre — quittaient la société Frontur SA. C’était eux. Ça ne pouvait être que eux. Leurs prénoms et noms de famille correspondaient parfaitement.

Il me suffisait de rassembler les pièces du puzzle. Pourtant, elles ne s’emboîtaient pas. Chaque fois que je me sentais proche de la vérité, elle m’échappait, me laissant un sentiment de vide et de frustration. Invariablement, je revenais à la case départ. J’étais convaincu que le destin de cette famille resterait plongé dans la controverse. Je me trompais. J’ai plutôt découvert un repaire d’hommes d’affaires et d’hommes de foi.

J’aurais très bien pu conclure cet article avec le paragraphe précédent. Cela aurait certainement été plus clair et moins controversé. Mais ce n’est ni mon style, ni celui de ce magazine, qui se targue de son souci du détail. Le journalisme m’a appris à faire confiance à l’instinct : les apparences sont parfois trompeuses ; pourtant, il est de notre devoir d’enquêter, ne serait-ce que pour se donner bonne conscience.

Et c’est ce que j’ai fait. J’ai trouvé étrange qu’une poignée de terroristes aient renié leurs convictions aussi facilement. En règle générale, une année de prison ne suffit pas à convaincre un fondamentaliste de changer d’avis. Si mes soupçons étaient fondés, les frères Joude auraient laissé des traces, aussi minimes soient-elles. Et, apparemment, c’est le cas.

En 2009, Faysal Joude et Danny Joude fondèrent la Fondation Notre-Dame de Terre Sainte , dont l’objectif principal était de promouvoir le dialogue culturel et interreligieux. Fini le temps de la rage viscérale contre le monde occidental et Israël. Ils étaient, en quelque sorte, des hommes nouveaux, renaissant de la haine et de la malice. À l’instar de Jésus, ils semblaient avoir découvert la splendeur de la paix.

Il y avait cependant un hic : une fois de plus, ils s’étaient associés à de mauvaises personnes. Selon la page Wikipédia consacrée à la fondation – créée par l’un des frères –, celle-ci finançait des projets dont la gestion avait été confiée aux Légionnaires du Christ , une congrégation embourbée dans la controverse. Outre le scandale sexuel impliquant son fondateur, les Pandora Papers ont révélé le recours à des sociétés offshore et des pratiques financières opaques.

Le passé semblait n’avoir plus d’importance. Animée d’une foi inébranlable, la famille Joude paraissait promise à un brillant avenir, notamment Danny, homme pieux et doué pour les affaires. En 2013, le journal Africa Intelligence le décrivait comme un conseiller financier prospère au service de puissantes familles du Moyen-Orient. La même publication révélait qu’à la fin de l’année 2011, Joude s’était associé à Jean-Charles Charki, gendre du ministre français de l’Intérieur de l’époque, Claude Guéant.

Par le biais de la société Worldmill Limited et de la holding LPA Group , Joude et Charki ont respectivement tenté d’acquérir une participation dans le bloc B de Total au Soudan du Sud. L’opération n’a pas abouti, notamment en raison de l’instabilité politique et du manque de clarté des autorités sud-soudanaises. Auparavant, le duo avait tenté, sans succès, d’acquérir des sociétés de gestion de patrimoine appartenant à la famille Hottinger en Suisse, au Luxembourg et aux Bahamas. Joude a mené les négociations, tandis que Charki a usé de son influence pour tenter de les mener à bien.

L’année 2014 fut difficile, tant pour Charki que pour les Joudes, dont le nom s’afficha une fois de plus à la une des journaux. Sans surprise, la proximité de Danny avec le monde opaque des sociétés offshore et des transactions douteuses exposa le reste du clan à l’attention de la société civile. L’image que les trois frères s’étaient forgée commençait enfin à se fissurer.

La même année, les Joudes tombèrent sur un blog dont l’auteur, se faisant passer pour Faysal, décrivait la famille comme une bande de terroristes et d’escrocs. Craignant les répercussions sur leur réputation, Faysal et Danny portèrent plainte contre WordPress. Ils exigèrent la suppression du blog « The Hoodwankers » , actuellement inaccessible. Grâce à la Wayback Machine , il fut possible de remonter le temps. Voici ce que j’ai découvert : l’auteur semblait en savoir long sur les Joudes — qui ils étaient, d’où ils venaient, leur âge, leur religion et même leurs activités durant les tumultueuses années 1980.

Le ton employé est badin, ironique et résolument accusateur. De fait, une grande partie du contenu de ce document correspond aux informations présentées ici. Néanmoins, l’auteur apporte des précisions surprenantes et inédites. Leur véracité – Faysal et Danny affirment le contraire – reste difficile à établir.

Le blog affirmait, entre autres, qu’Elias Hanna Joude – surnommé Papa par moquerie – avait quitté Haïfa en 1948 pour le Liban où, des années plus tard, il aurait soi-disant intégré les services de renseignement libanais. De telles allégations étaient récurrentes et souvent teintées de sarcasme. L’auteur prétendait sans ambages que la famille était impliquée dans des affaires de fraude et de blanchiment d’argent.

Le tribunal de district des États-Unis pour le district nord de la Californie a statué en faveur de WordPress , rejetant ainsi les recours successifs des Joudes visant à faire fermer le blog. Après ce bref mais vain litige, on n’a plus jamais entendu parler d’eux. C’était comme s’ils avaient disparu de la surface de la Terre.

Nous voici arrivés au terme de notre récit. Chaque fois que je tente d’accepter l’incertitude et de passer à autre chose, je reviens sans cesse à ces lignes. J’ai beau essayer, je ne parviens pas à comprendre comment trois terroristes ont pu obtenir la nationalité du pays même qu’ils projetaient d’attaquer. Je parle bien sûr de la France, qui semble les avoir accueillis à bras ouverts. L’État ignorait-il leur identité ? Ou a-t-il fermé les yeux pour ne pas éveiller les soupçons quant à son implication présumée dans le complot ? Peut-être ne connaîtrons-nous jamais la vérité. Au moment de la publication de cet article, aucun des intéressés ne s’était manifesté pour apporter des éclaircissements.

Lien : https://covertactionmagazine.com/2026/05/20/une-petite-aventure-francaise/

24/05/2026 04:34 par Maxime Vivas

Ce commentaire interminable est un copié-collé d’un article du magazine Magazine CovertAction. Il n’a aucun rapport avec l’article "Ne dites pas à ma mère que je suis édité à l’étranger elle me croit lécheur de bottes chez Bolloré" et personne ne peut comprendre pourquoi il est publié ici.

24/05/2026 14:35 par Carlos Ducasse

Je vous demande pardon Mon bon Ami, mais je n’avais pas l’honneur de vous connaître, au moins Mon erreur aura rendu cela possible. Je ne faisais qu’obeir à l’orientation de la page qui encourage a publié des liens à des articles plutôt que les débats, Covert Action limitant l’accès a ses articles, j’ai jugé bon de le publier en integralité pour NE pas faire perdre un droit déjà restreint aux lecteurs de consulter des articles, celui ci m’a paru intéressant car IL est passé sous silence par les Medias Français, IL me semblait l’avoir collé sous l’affaire Salan mais IL est apparu ici, ce c’est sûrement pas un hazar... Enchanté de faire la connaissance d’un Auteur Gascon, défenseur de la Chine ! Désolé si Mon Action vous a causé du tort..

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