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Quand La Bruyère s’en prenait à nos médias

La mode journalistique est de modifier une déclaration, un programme un discours, un écrit d’un homme politique, de tronquer une de ses phrases, puis d’exposer la caricature de ce qui fut pour ameuter sur le danger couru par la République si les citoyens portaient au pouvoir un tel hurluberlu inconséquent et fantasque.

En vérité, cette mode a plus de 300 ans. Jean de la Bruyère la dénonçait ainsi :

« Quelques-uns de ceux qui ont lu un ouvrage en rapportent certains traits dont ils n’ont pas compris le sens, et qu’ils altèrent encore par tout ce qu’ils y mettent du leur ; et ces traits ainsi corrompus et défigurés, qui ne sont autre chose que leurs propres pensées et leurs expressions, ils les exposent à la censure, soutiennent qu’ils sont mauvais, et tout le monde convient qu’ils sont mauvais ; mais l’endroit de l’ouvrage que ces critiques croient citer, et qu’en effet ils ne citent point, n’en est pas pire. »

Bien entendu, quiconque dénonce cette escroquerie s’expose à la vindicte. Car, croyez-en les médias : « Il s’en prend à… ».
A quoi ? A la liberté de la presse, parbleu !

Théophraste R.

Ne comptez pas sur moi pour répéter ce que me disait l’autre jour La Bruyère sur Nathalie Saint Cricq.

URL de cette brève 5648
https://www.legrandsoir.info/quand-la-bruyere-s-en-prenait-a-nos-medias.html
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Commentaires
15/12/2017 à 13:22 par L. A.

La Bruyère, tel un herboriste-apothicaire mettant à bouillir des simples glanés ici et là pour en extraire la quintessence,
allait chercher les traits convergents chez divers personnages afin d’en faire ses Caractères, sortes de caricatures ou de communs multiples des travers de son époque.
Il aurait certainement été dépassé par la tâche s’il lui était échu de faire le portrait du Médiacrate moyen, vu le nombre pléthorique des sujets d’étude et l’énormité des défauts d’iceux. Afin de se faire aider, il lui eût fallu pour le moins convoquer Molière, La Rochefoucauld et La Fontaine… et ne pas craindre l’embastillement à s’en prendre ainsi à la garde rapprochée du Roi-Soleil de Jupiter.
L. A. (Très « Grand Siècle » ces temps-ci.)

#142875 
15/12/2017 à 23:16 par Feufollet

Non mais des fois, je me demande d’où prévenait la sagesse de certain esprits ?
Je veux dire, avant qu’ont puisse lire le Grand Soir (et les Autres) sur internet !
C’est une question sérieuse. C’est pas du mou.

#142899 
15/12/2017 à 23:40 par Autrement

C’est que La Bruyère s’est souvent inspiré de Théophraste, qui est encore parmi nous, comme chacun sait, le disciple préféré d’Aristote et son successeur à la tête de l’Ecole péripatéticienne...
Théophraste, auteur de Caractères, décrit ainsi Gattaz-le-Pingre : "(...) Il attend pour venir au spectacle avec ses enfants que les guichetiers du théâtre laissent entrer gratis. Quand il va en Ambassade, (au lieu de) en plus d’emporter l’indemnité de voyage allouée par l’État, il emprunte des subsides à ses collègues. Il charge d’un fardeau au-dessus de ses force l’esclave qui l’accompagne, tout en économisant plus que personne sur la nourriture du malheureux ; et il ne manque pas de réclamer, pour la revendre, sa part des cadeaux d’hospitalité offerts aux ambassadeurs(...)"
Théophraste décrit aussi Macron-l’oligarque : "L’oligarchisme, à ce qu’il paraît, est un esprit de domination qui aspire à la fois à la puissance et à la richesse. Et voici quelle sorte d’homme est l’oligarque (...). De toute l’oeuvre d’Homère , il a retenu ce vers (et c’est le seul qu’il connaît) :’Ce n’est pas un bien que le commandement de plusieurs, un seul doit commander’.(...) L’oligarque ne sort qu’au milieu du jour ; il s’avance, le manteau bien drapé, les ongles coupés avec soin. ’Les (sycophantes) complotistes, déclare-t-il d’un ton dramatique, rendent la ville inhabitable. Dans les tribunaux, nous sommes indignement traités par la populace qui nous juge (...). Quelle humiliation que de siéger, dans l’assemblée, à côté de quelques gueux malpropres ! (...)"
On voit que La Bruyère lisait aussi la gazette...

#142900 
16/12/2017 à 08:19 par Étirév Anwen

Bonjour,
L’information altérées, cachée ou détruite ne date pas d’aujourd’hui évidemment, et même du temps de Jean de la Bruyère, l’histoire n’était déjà qu’un tissu de mensonges.
L’histoire, qu’elle soit enseignée par des Prêtres ou par des laïques, n’est qu’un tissu de mensonges. C’est ce que Michelet a compris quand il a dit : « L’Histoire tombera et se brisera en atomes dans le courant du XXe siècle, dévorée jusque dans ses fondements par ceux qui rédigent ses annales. »
Dans son ouvrage intitulé « Origines gauloises » (1797), Théophile-Malo de La Tour d’Auvergne a écrit :
« L’histoire n’est que les ruines d’un grand édifice que chaque génération d’hommes a cherché à détruire, en le masquant sous des mensonges, entassant des décombres sur des décombres, des ruines sur des ruines ».
À toutes fins utiles, et en toute humilité, je me permets de vous transmettre, ci-dessous, l’adresse de mon blog. Peut-être trouverez-vous quelques secondes de votre temps à lui accorder afin d’aller y voir de quoi il retourne.
Voici un extrait d’un de mes articles pour que vous vous fassiez une première idée :
« L’histoire que nous allons relater maintenant est l’événement le plus extraordinaire qui se soit produit pendant le cours de l’évolution humaine.
Et ce n’est pas un fait circonscrit dans un temps donné, limité à une période de l’histoire, spécial à un peuple, c’est la conséquence inéluctable du rayonnement d’un cerveau, surgi dans un passé lointain, qui a grandi dans le temps et a eu un retentissement immense dans la vie des générations qui se sont succédé à la surface de notre planète. Les conséquences morales, sociales, religieuses qu’il a eues dans le passé, sont la cause de nos luttes actuelles. Et cela prouve l’inconcevable puissance que contient l’idée, quand un germe jeté dans le monde y est fécondé par la lutte des hommes.
Nous allons voir un livre, le Sêpher, dont nous ne connaissons plus qu’une partie, mais qui, dans sa rédaction originelle, ne devait pas dépasser l’importance d’un in-8° moderne de 150 à 200 pages, arriver à une fortune si extraordinaire que la moitié de l’humanité connaît aujourd’hui l’existence de cet ouvrage séculaire par la version grecque qui en a été faite et qu’on a appelée la Bible.
D’où vient le succès de ce livre ? Quelle fut la cause du grand mouvement qu’il suscita ? Comment les idées déposées en ces pages ont-elles soulevé tant de discussions, fait naître des passions si diverses ? Pourquoi ont-elles traversé les âges, pénétré en tant de pays, régi tant de peuples, servi de bases aux religions les plus répandues, en même temps que ces mêmes idées, dans leur forme première, étaient soigneusement cachées dans le symbolisme des sociétés secrètes ?
C’est ce que nous allons étudier.
Nous allons soulever le voile des antiques Mystères, créer une exégèse nouvelle (mais sûre), effrayer les timorés ! Peut-être, provoquer la négation des sceptiques ! Sûrement, soulever des colères en même temps que des enthousiasmes ! Sans doute, mais qu’importe ? L’erreur a trop longtemps duré, l’heure est venue de tout dire, et nous sommes assurées d’intéresser, dans tous les cas, le public intelligent qui, sans se mêler aux luttes religieuses, regarde en curieux les choses qui passent.
 »
Accueil du blog : Livres de Femmes, Livres de Vérités
Cordialement.

#142903 
16/12/2017 à 09:18 par joel

convoquer la bruyere pour le mettre au service de la victimisation de melenchon, on ne recule devant aucun sacrifice.

#142905 
16/12/2017 à 14:36 par Ellilou

à Joel
Quel est le sens exacte de votre message ? Du premier degré ? de l’humour ? Étant plutôt simplette j’aimerais avoir vos lumières. Merci par avance.

#142914 
16/12/2017 à 14:42 par Théophraste R.

@ Joel

convoquer la bruyere pour le mettre au service de la victimisation de melenchon, on ne recule devant aucun sacrifice.


Si je voulais taquiner, je mettrais en garde nos lecteurs contre les vendeurs de claviers sans majuscules et accents.
Mais, plus sérieusement, relisons la citation de La Bruyère (qui ne savait rien de Mélenchon, d’ailleurs non cité dans mon billet). La Bruyère dénonce le procédé employé ici par mon contradicteur qui ajoute ses propres pensées (avec un nom), me les attribue pour mieux s’en offusquer et inciter nos lecteurs à faire de même.
Savez-vous, Joël, que Georges Marchais n’a jamais qualifié Cohn-Bendit de "juif allemand" qu’il n’a jamais lancé "Taisez-vous El Kabbach" qu’Adrien Quattenens n’a jamais prôné la régularisation de tous les sans-papiers, que Chavez n’a jamais tenu les propos antisémites inventés par Libération...etc ? Et que, pour s’en défendre, ils ont dû "s’en prendre à..." ? Oui, JLM aussi et plus que quiconque en ce moment. Il est la cible des manipulateurs, comme je suis la vôtre. J’admire le flegme avec lequel vous prenez tout cela, mais prenez garde de ne pas vous en inspirer.
.

#142915 
16/12/2017 à 17:55 par Assimbonanga

"Si Jean-Luc Mélenchon était président de la république, le 25 décembre ne serait plus un jour férié", voilà ce qu’est capable de colporter un so genant journaliste !
Théophraste, ce petit sketch https://www.youtube.com/watch?v=3Pibg1R9Vq4 (qui démarre à 5:26) mérite à lui seul un démenti point par point qui pourrait faire l’objet d’un dépôt de plainte au Conseil de Déontologie des Organes d’Information, si ce Conseil existait. Un tel tissu de mensonges est, semble-t-il, courant dans ces réunions filmées de grands chiens de gardes zélés.

Remarque complémentaire : vu ce dont sont capables nos ennemis il me paraît vital de se serrer les coudes et de, peut-être, éviter dans de nombreux cas de s’invectiver entre nous sur Mélenchon. Comme on dit : on n’a que lui pour se tenir propre (au niveau cohésion générale).

#142920 
16/12/2017 à 18:34 par bostephbesac

100% d’ accord avec vous Théophraste R. !

#142924 
16/12/2017 à 19:15 par Xiao Pignouf

Joel et son TOC : « bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais Mélenchon bon j’y vais »

Je comprendrais farpaitement que vous ne postiez pas celle-là...

#142927 
16/12/2017 à 23:18 par Geb.

Du très bon Théophraste...

Quant à Joël encore deux "interventions" comme celle-ci et je serai complètement et définitivement réconcilié avec JLM... ((- :

Comme quoi on n’obtient pas toujours les résultats que l’on désire.

Et ainsi qu’on l’exprime festivement le 24 décembre à minuit :

"Noyeux Joël"... A Tous !!!

#142932 
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Dans le même temps, nous n’avons pas respecté les quotas de visas pour les Cubains désireux d’immigrer aux Etats-Unis [...] quand Castro tente d’empêcher des cubains malheureux de quitter leur pays infortuné, nous l’accusons de violer des droits de l’homme. Mais quand il menace d’ouvrir grand les portes si nous continuons à accueillir sans limites des cubains sans visas - y compris ceux qui ont commis des actes de violence pour aboutir à leurs fins - nous brandissons des menaces imprécises mais aux conséquences terribles. "

Jay Taylor, responsable de la section des intérêts américains à Cuba entre 1987 et 1990, in "Playing into Castro’s hands", the Guardian, Londres, 9 août 1994.


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