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Syrie : De Genève 4 à Genève 5, patience et longueur de temps…

Mardi 28 mars 2017

Pour mémoire, revenons aux trois communiqués de presse donnés par le Dr Bachar al-Jaafari au cours des dix jours de la quatrième session desdites Conférences de Genève pour la paix en Syrie, ou « Genève 4 ».

Tenue du 23 février au 4 mars et organisée par l’Envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie, M. Staffan de Mistura, Genève 4 n’a abouti qu’à un « agenda de travail » après avoir été inaugurée par des attentats suicides meurtriers à Homs, mais a vu la libération de Palmyre des terroristes destructeurs du vivant et de l’inerte pour la deuxième fois.

Un retour qui éclaire les propos du Dr Bachar al-Jaafari lors de sa première conférence de presse de Genève 5, démarrée ce 23 mars en pleine escalade des attentats terroristes sur tous les fronts, notamment autour de Damas et de Hama, alors que les « grands joueurs » du camp des agresseurs, servis par des monstres et des traîtres incapables de leur donner entière satisfaction, se sont décidés à intervenir ouvertement dans l’arène de leur sale guerre par procuration, laissant tomber leurs masques et même leurs dernières feuilles de vigne... [NdT].

COMMUNIQUÉS DE GENÈVE 4

[1] Communiqué du 25 février :

Je sors d’une rencontre de deux heures et demie avec l’envoyé de l’ONU, M. Staffan de Mistura. Nos pourparlers ont porté sur un seul point : faire de la lutte contre le terrorisme notre priorité.

Nous lui avons demandé de publier une déclaration condamnant les attentats suicides menés, aujourd’hui, par le Front al-Nosra et ses associés dans la ville de Homs.

Nous lui avons aussi demandé de transmettre notre demande à toutes les plateformes participant à ces pourparlers afin qu’elles condamnent ces attaques terroristes sans aucune ambiguïté possible. Nous considérerons toute partie qui refuserait de condamner ce qui est arrivé aujourd’hui à Homs comme complice du terrorisme. Je vous ai dit avant notre réunion que ce qui est arrivé aujourd’hui ne restera pas sans réponse.

Ce qui est arrivé est précisément un message terroriste aux pourparlers de Genève, un message adressé à l’envoyé onusien, à l’ONU, à ladite communauté internationale et à tous les participants à cette conférence.

Ce qui est arrivé aujourd’hui a jeté son ombre sur Genève. C’est pourquoi cette action terroriste à Homs est non seulement terroriste d’un point de vue militaire, mais aussi du point de vue politique.

Et c’est la raison principale qui nous pousse à mettre à l’ordre du jour de ces pourparlers, la priorité de la lutte contre le terrorisme. Le sang des Syriens est précieux et ceux qui le font couler devront le payer cher.

Nous avons très clairement expliqué que nous étions prêts à poursuivre les négociations jusqu’à l’aube à condition que les plateformes des oppositions ainsi que M. de Mistura, lui-même, condamnent l’opération terroriste d’aujourd’hui à Homs.

Bien sûr que ces condamnations verbales ne ramèneront pas les victimes à la vie, mais elles serviront de test quant à la « modération » des oppositions invitées à ces pourparlers, afin que nous sachions si ces plateformes sont contre le terrorisme ou associées avec.

Nous avons dit à l’envoyé spécial que nous sommes à la recherche d’un terrain commun qui ouvrirait la possibilité de discuter des autres sujets. Nous lui avons dit comment il serait possible d’aborder n’importe lequel de ces sujets avec toute personne non redevable au terrorisme.

Nous lui avons aussi dit que l’objectif du Front al-Nosra est de torpiller les pourparlers de Genève. Nous ne tomberons pas dans ce piège, d’où notre volonté de travailler avec des partenaires qui rejettent le terrorisme comme le rejette le peuple syrien.

Et, pour la centième fois, nous avons expliqué à M. de Mistura, qu’il ne suffit pas de négocier avec le terrorisme du Front al-Nosra, de Daech ou de toutes les autres organisations associées qui changent constamment de peau et de nom tel le caméléon.

La lutte contre le terrorisme passe d’abord par une approche politique des sponsors du terrorisme, au lieu d’inviter des terroristes et de les asseoir au premier rang de la session d’ouverture de ces pourparlers.

[2] Communiqué du 2 mars :

Permettez que je commence par là où nous devons commencer en vous annonçant la libération de la ville historique de Palmyre des gangs terroristes de Daech par l’Armée arabe syrienne.

À ce sujet, je vous rappelle les paroles du Président Bachar al-Assad suite à sa réoccupation par Daech : « Comme nous avons libéré Palmyre par le passé, nous la libérerons une deuxième fois ». Il a tenu sa promesse. Et, maintenant qu’elle est libérée, vous êtes tous invités à venir en admirer la beauté de plus près.

Naturellement, les opérations de lutte contre le terrorisme se poursuivront jusqu’à la libération du dernier pouce de notre territoire où sévissent les reliquats du terrorisme international.

Aujourd’hui, nos pourparlers avec M. de Mistura ont porté sur des questions fondamentales, notamment celle de la lutte contre le terrorisme. Nous avons écouté les experts juridiques discuter de ces questions et lui avons promis de répondre aux idées que nous avons eu à entendre dès demain, nous contentant d’avancer des observations préliminaires sur ce que nous avons entendu.

Nous avons lu et entendu par la presse les déclarations du président et des membres de l’opposition de la « délégation de Riyad », lesquels ont refusé que ledit quatrième « panier » concernant la lutte contre le terrorisme soit inclus dans l’agenda de travail de ces pourparlers « entre Syriens ». Ce qui ne nous a absolument pas étonnés vu qu’une partie de cette délégation comprend des groupes terroristes, certains se battant aux côtés des forces d’invasion turques dans le nord de notre territoire, d’autres étant gérés par Israël, d’autres encore obéissant aux ordres d’États sponsors et exportateurs du terrorisme connus pour être responsables de l’effusion du sang syrien.

C’est pourquoi nous avons affirmé à M. de Mistura que le dialogue de Genève ne doit pas rester l’otage de la plateforme de Riyad, dont les positions intransigeantes sont obsolètes, et laquelle avait déjà refusé la formation d’une délégation unifiée des oppositions.

De notre côté, et en dépit de tout ce qui précède, nous travaillons toujours à la poursuite du dialogue sans ménager aucun effort pouvant contribuer à protéger les Syriens et à concrétiser leur volonté.

[3] Communiqué du 4 mars :

Je suis heureux de m’adresser à vous en cette dernière conférence de presse de la quatrième session de Genève.

Notre plus importante réalisation en cette session de Genève 4 est probablement l’accord sur un agenda comportant quatre volets ou « paniers », comme se plaît à les désigner l’Envoyé spécial de l’ONU en Syrie, qui sont : le Gouvernement, la Constitution, les Élections, et la Lutte contre le terrorisme ; ce dernier panier ayant été inclus à notre demande, avec l’appui de toutes les parties participantes excepté ledit « Groupe de Riyad ».

L’important est qu’en fin de parcours et au bout de sept jours de discussions très intenses avec le médiateur et les délégations amies présentes, dont celles participant à titre d’observateur, nous avons pu imposer un agenda rationnel et équilibré versant dans l’intérêt supérieur du peuple syrien.

Le sujet principal sur lequel se sont concentrés nos efforts jusqu’à occuper 80% de nos discussions fut la lutte contre le terrorisme. Malgré cela, nous n’avons pas fini d’en discuter parce qu’il est devenu un panier parmi les autres paniers essentiels de l’agenda adopté. Nous continuerons à le nourrir de nos discussions lors des prochaines sessions.

Quant aux autres sujets, nous les avons abordés superficiellement en passant un quart d’heure sur chaque, sauf le « panier des élections » dont nous n’avons absolument pas discuté, car les élections sont liées à la Constitution, laquelle est liée au « futur gouvernement national élargi ». Sauter par-dessus ces réalités reviendrait à brûler l’agenda adopté et à repartir de zéro. C’est pourquoi j’ai parlé d’un agenda rationnel, rationalité partagée par tous excepté le Groupe de Riyad. J’ajoute que nous nous sommes mis d’accord sur cet agenda, mais que nous n’en avons pas discuté en profondeur. Nous nous sommes juste mis d’accord.

Lors de la session précédente, nous avions remis à l’Envoyé spécial un document intitulé : « Document des principes fondamentaux pour la solution politique en Syrie ». Document qui a bénéficié à M. de Mistura et à son conseiller, M. Vitaly Naumkin, pour la préparation de leur « No document » comme le veut le langage diplomatique. Il comporte 12 articles basés sur notre document initial avec quelques modifications et amendements.

Le Professeur Naumkin nous a remis ce « non document » et, à notre tour, nous lui avons amené quelques modifications et amendements. L’Envoyé spécial a promis de les étudier et d’en informer les autres parties. Mais jusqu’ici, rien n’a été décidé, absolument rien !

Par conséquent, l’accord sur l’agenda de travail est la seule chose que nous ayons accomplie au cours de cette session de Genève 4.

CONFÉRENCE DE PRESSE DE GENÈVE 5

[4] Communiqué du 24 mars :

Bienvenue à vous tous et merci pour votre présence à cette première conférence de presse de Genève 5.

Comme vous le savez tous, cette session de Genève 5 se déroule clairement en pleine escalade des actions terroristes du Front al-Nosra et autres groupes terroristes qui lui sont inféodés. Et bien que ce ne soit pas la première fois qu’une escalade terroriste coïncide avec une initiative politique, quelle qu’elle soit, ou avec les pourparlers successifs à Genève et à Astana, cette fois-ci elle suscite une attention particulière quant à son calendrier, sa forme et son contenu.

En effet, cette fois-ci ont participé à l’attaque de Damas, depuis le quartier périphérique de Jobar, des factions du Front al-Nosra, de Faylak al-Rahman et de Jaïch al-Islam [respectivement contrôlées par Al-Qaïda, la Turquie et l’Arabie saoudite ; NdT]. Des factions terroristes qui, comme vous le savez tout autant, se battaient contre l’Armée arabe syrienne mais se battaient aussi entre elles conformément aux instructions données par leurs employeurs respectifs, jusqu’à ce qu’elles reçoivent l’ordre de s’unir sous la bannière du Front al-Nosra et que ceux qui se combattaient hier deviennent partenaires aujourd’hui.

Ceci, malgré une donne d’importance qui fait que le Front al-Nosra est considéré par le Conseil de sécurité comme une entité terroriste et, qu’en conséquence, n’importe qui coopère avec ce Front terroriste est considéré comme terroriste à son tour, et que tout gouvernement qui coopère avec lui ou avec les factions terroristes associées devient un gouvernement parrainant et sponsorisant le terrorisme.

C’est pourquoi, le problème de la coopération entre les régimes turc, saoudien, qatari, français, britannique, jordanien, israélien, et le Front al-Nosra terroriste, n’est plus difficile à mettre en équation.

Quant à l’attaque menée actuellement autour de Hama, les participants sont Jaïch al-Nasr, Jaïch al-Izza, Faylak al-Cham et ladite armée libre d’Idlib sous le commandement d’Ahrar al-Cham et du Front al-Nosra là aussi ; toutes ces factions étant dominées par les services du renseignement turc, la majorité d’entre elles ayant participé aux réunions d’Astana.

Autant de signaux indiquant que les régimes précités ont participé aux opérations terroristes en Syrie. Ceci, tandis que les médias occidentaux, notamment britannique et français, continuent à parler de « jihadisme » et non de terrorisme lorsqu’un terroriste se fait exploser en plein Palais de justice, bondé de monde, à Damas ; alors qu’un terroriste qui s’en prend au Parlement britannique à Londres fait que le Royaume-Uni mobilise toutes ses forces et toutes ses armes pour l’éliminer, et qu’un terroriste dénommé Mohammad Merah qui s’en prend à une ville française est tué par 300 balles dans le corps.

Le rassemblement des factions armées précitées sous la bannière du Front al-Nosra est une tentative désespérée de camouflage de leur propre terrorisme pendant qu’elles violent ouvertement l’accord tripartite russo-turco-iranien de cessation des hostilités signé le 29 décembre 2016. D’autant plus, qu’il est devenu coutumier que ces factions, y compris le Front al-Nosra, changent de nom toutes les 48 heures, juste pour éviter d’être listées en tant qu’entités terroristes. Un problème qui n’échappe ni à l’attention des experts à Damas, ni à celle d’autres capitales concernées par la lutte contre le terrorisme, ni à celle du Conseil de sécurité. Ce sont donc bien des « attentats terroristes » qui ont frappé Damas avant l’ouverture de cette session, causant la mort d’un grand nombre de civils innocents.

À ce propos, je voudrais signaler un incident perturbant et douloureux, survenu au Conseil de sécurité, auquel la délégation russe a présenté trois projets de déclarations à la presse :

- le premier condamnant les déflagrations terroristes à Homs,

- le deuxième condamnant l’attentat terroriste au Palais de justice de Damas,

- le troisième condamnant le ciblage de l’ambassade de Russie à Damas.

Les délégations des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France se sont opposées à l’adoption des trois projets.

Mais nous, nous n’oublions pas les habitants de l’est de Damas fermement restés dans leurs maisons malgré les projectiles aveugles aux explosifs de toutes sortes, depuis des années et jusqu’à ces derniers jours. À savoir qu’hier, « les terroristes » ont ciblé la maternité Al-Zahrawi de l’Avenue Farès al-Koury, l’unique maternité desservant toute la région est de Damas.

Pour toutes ces raisons, nous avons concentré nos discussions d’aujourd’hui avec l’Envoyé spécial des Nations Unies sur le thème de la lutte contre le terrorisme, en l’éclairant sur ce que nous venons de vous apprendre sur les opérations terroristes à Damas et à Hama. À sa demande, nous avons évalué les deux processus de Genève et d’Astana en louant celui d’Astana ainsi que les initiatives russes positives et constructives quant à la consolidation de la cessation des hostilités et la recherche d’une solution politique à la crise en Syrie, dans le cadre de la coordination permanente entre le Président Bachar al-Assad et le Président Vladimir Poutine.

Nous lui avons aussi posé des questions susceptibles de clarifier sa position et celle des autres parties sur les derniers événements en Syrie.

Questions / Réponses aux journalistes ce 24 mars :

Question 1 : Certaines propositions consistent à dire qu’il faudrait commencer par discuter des deux paniers concernant le Gouvernement et la Lutte contre le terrorisme, puis de passer aux paniers concernant la Constitution et les Élections. Quel est votre avis à ce propos et que pensez-vous des déclarations des représentants de la délégation dite du « Haut Comité de négociation » de l’opposition [HCN : ou le groupe de Riyad], lesquels justifient l’escalade récente contre Damas et Hama par la nécessité de libérer ces régions et de rompre leur siège ?

Dr Bachar al-Jaafari : Permettez que je commence par le deuxième volet de votre question. Les déclarations de certaines personnes faisant partie dudit « Groupe de Riyad », ou d’autres groupes, favorables au terrorisme qui frappe actuellement Damas et Hama ont été l’objet de nos pourparlers d’aujourd’hui avec l’Envoyé spécial de l’ONU. Il a fait montre de compréhension et c’est pourquoi nous commencerons dès demain nos discussions par le panier de la lutte contre le terrorisme.

De telles déclarations révèlent à qui ils appartiennent et les agendas pour lesquels ils travaillent, ce que nous ne n’avons cessé de dire depuis des années. La vérité est que de telles plateformes ne sont pas celles d’opposants patriotes, mais des plateformes destructrices qui soutiennent le terrorisme et en font partie. C’est pourquoi je les avais qualifiées de « boutiquiers » dans l’une de mes conférences de presse de Genève 4. En tout cas, ce ne sont pas des opposants patriotes et leurs déclarations stupides nous rendent service.

Quant au problème des divisions de l’agenda de travail, il s’agit de nécessités opératoires et si nous commençons par le panier de la lutte contre le terrorisme, c’est parce que le fait dominant sur la scène syrienne est le terrorisme.

Question 2 : À partir du moment où l’on dit que le Groupe de Riyad fait partie du terrorisme et que les pourparlers indirects passent par l’Envoyé des Nations Unies, que peut-on en attendre ?

Dr Bachar al-Jaafari : Sans citer des noms, à partir du moment où vous entendez certains d’entre eux approuver les actions terroristes à l’Est de Damas et aux environs de Hama, appeler publiquement à l’alliance avec le Front al-Nosra et louer ses performances, cela signifie que ce sont des terroristes conformément aux Résolutions du Conseil de sécurité relatives au terrorisme. Et lorsqu’un ex-chef de la prétendue Coalition nationale syrienne [CNS], qui n’est autre que la véritable colonne vertébrale du « Groupe de Riyad », appelle à étendre les attaques terroristes sur Homs à l’ensemble du territoire syrien, il se définit lui-même comme terroriste.

Question 3 : Des agressions terroristes sont menées sur plus d’une région syrienne. Avez-vous songé à une réponse politique qui consisterait à vous retirer de ces discussions, voire à exiger de l’Envoyé spécial de se prononcer clairement sur cette question, surtout que certaines régions, telle la région de Mhardé [village situé au nord ouest de Hama], sont actuellement coupées du monde et donc de toutes subventions ?

Dr Bachar al-Jaafari : Toutes ces attaques terroristes ont un seul but : saper les pourparlers de Genève et d’Astana. Ils savent parfaitement que la République arabe syrienne tient à rester positive et constructive. Nous n’avons jamais menacé de nous retirer des réunions successives de Genève ou d’Astana. Ici, je dois préciser que Genève 1 s’est tenue sans nous. Comme je l’ai déjà dit, toutes ces attaques terroristes poussent toutes les parties vers le fiasco par l’échec absolu des processus diplomatique et politique. C’est pourquoi, les gouvernements raisonnables doivent continuer à soutenir ces deux processus.

Question 4 : Quelle est votre réaction suite aux nouvelles parlant d’opérations apparemment imminentes, américaine ou turque, contre Daech dans la région de Raqqa ? Ensuite, à votre avis, pourquoi la Grande-Bretagne et la France n’ont pas eu de guerre civile, aussi meurtrière qu’en Syrie, suite aux actions terroristes que ces deux pays ont subies ?

Dr Bachar al-Jaafari : Premièrement, en ce qui nous concerne, toute présence militaire sur notre sol sans l’accord du gouvernement syrien est illégitime. Nul ne peut prétendre combattre Daech sans coopérer avec le gouvernement syrien et le gouvernement irakien. Si vous étiez à ma place dans la salle du Conseil de sécurité et que vous écoutiez les communiqués des délégués occidentaux, vous seriez franchement étonnés de les entendre encore parler de « Jihadistes » en parlant de Daech et non de « Terroristes ». C’est d’ailleurs ce que répètent en boucle leurs médias et c’est notamment le terme adopté par les responsables français jusqu’à cet instant précis.

Ensuite, il est faux de prétendre que les groupes armés dirigés par les forces d’invasion américaines de mon pays combattent Daech, parce que ceux qui combattent Daech sont les soldats de l’Armée arabe syrienne avec le soutien de nos alliés russes et iraniens. C’est là une vérité que nul ne peut contester.

Hier, l’aviation américaine a frappé une école dans la région d’Al-Mansoura autour de Raqqa, tuant 237 civils innocents, lesquels faisaient partie des 500 déplacés ayant fui Daech à Raqqa pour venir s’y refugier. Ils ont été tués par les bombes américaines qui combattent Daech !

Quant à votre très importante question concernant la Grande-Bretagne et la France, je vous réponds :

La Grande-Bretagne et la France font partie des gouvernements qui soutiennent le terrorisme et l’utilisent comme arme politique. Leurs deux gouvernements se croyaient suffisamment intelligents pour éviter toute action terroriste sur leurs territoires, alors que nous avions prévenu que ceux qui manipulent le terrorisme le subiront tôt ou tard. À ce propos, je vous rappelle les paroles de l’ex-Premier ministre Cameron prononcées il y a 2 ou 3 ans alors que la rue et les médias britanniques lui reprochaient d’avoir usé de la force de manière excessive et que, ce faisant, il avait porté atteinte aux droits humains. Il avait répondu : « Quant il s’agit de combattre le terrorisme, ne me parlez pas de lois et de droits humains ! ». Or, la Grande-Bretagne est un État membre du Conseil de sécurité et un allié des USA, ce qui n’est pas le cas de la Syrie.

La Grande-Bretagne et la France ne sont pas des États limitrophes d’Israël dont nous devons subir le voisinage et le soutien aux terroristes du Front al-Nosra.

La Grande-Bretagne et la France ne sont pas entourées de six pays sur les territoires desquels travaillent deux cellules d’opérations militaires auxquelles elles participent, MOM en Turquie et MOK en Jordanie.

La Grande-Bretagne et la France vendent des armes pour des centaines de milliards de dollars à l’Arabie saoudite, au Qatar et à d’autres régimes du Golfe qui soutiennent le terrorisme international ; ce que mon pays ne fait pas, considérant que la politique est une question de principes, non de business.

Question 5 : Quelle est votre position face à la coordination entre les USA et les FDS [Forces Démocratiques Syriennes majoritairement composées de Kurdes ; NdT] pour la libération de Raqqa. Faites-vous partie de cette opération ?

Dr Bachar al-Jaafari : Premièrement, permettez que je souhaite une bonne fête du Newroz à nos concitoyens Kurdes. Deuxièmement, nous accueillons favorablement toute partie qui veut combattre le terrorisme honnêtement et objectivement en coordination avec le gouvernement syrien, non en passant outre son accord. La lutte contre le terrorisme est désormais un problème mondial et ne se limite pas seulement aux USA, à la Grande-Bretagne, à l’Irak ou à la Syrie. C’est une lutte qui demande la coopération de tous, honnêtement et objectivement, et je souligne des millions de fois ces deux derniers termes. Les interventions militaires directes sur notre territoire, la fourniture d’armes américaines aux groupes terroristes, les encouragements des factions armées à défier l’autorité du gouvernement syrien, ne peuvent en aucun cas servir cette cause. Comme je l’ai déjà dit et redit, combattre Daech ne passe pas par des « boutiquiers ». La seule voie passe par la coopération et la coordination avec l’Armée arabe syrienne.

Question 6 : Vous venez de dire que vous discuterez demain avec l’Envoyé spécial de l’ONU du panier de la lutte contre le terrorisme, alors que lors sa conférence de presse clôturant Genève 4, Staffan de Mistura avait annoncé que les discussions porteront parallèlement et équitablement sur les quatre paniers. Est-ce que cela correspond à une modification de l’agenda de travail suite aux événements récents en Syrie ?

Dr Bachar al-Jaafari : L’agenda de travail comporte quatre paniers parallèles, c’est-à-dire d’égale importance. En pratique nous pouvons commencer par l’un ou l’autre, mais les évolutions sur le terrain requièrent de commencer par le panier de la lutte contre le terrorisme et l’Envoyé spécial l’a bien compris. Cela n’implique pas que nous négligions les trois autres, d’autant plus que nombre de questions en dépendent et que tout au long de Genève 4, nous n’avons discuté d’aucun de ces paniers. Les discussions de Genève 5 sont consacrées à ces quatre paniers, celui de la lutte contre le terrorisme étant actuellement prioritaire. Celui qui s’opposera à ce processus découvrira sa véritable identité de sponsor du terrorisme.

Question 7 : Dernièrement, le gouvernement syrien a refusé d’accéder à la demande de M. de Mistura d’être reçu à Damas. Pourquoi ?

Dr Bachar al-Jaafari : Nous coopérons continuellement avec l’Envoyé spécial de l’ONU depuis le début du processus de Genève. Mais lorsque, pour une raison ou une autre, il dépasse les limites de ce pour quoi il a été mandaté, nous attirons aimablement et diplomatiquement son attention sur l’erreur commise. Nous tenons à ce qu’il réussisse dans son mandat de « médiateur » sans sortir de son rôle. Naturellement, parfois il se justifie par les énormes pressions exercées par certaines capitales. Par conséquent, en rectifiant ses prises de position, nous l’aidons à supporter ces pressions qu’il subit.

Merci à tous.

Dr Bachar al-Jaafari
Délégué permanent de la Syrie auprès des Nations Unies
Chef des délégations de la République arabe syrienne aux pourparlers de Genève et d’Astana,
24/03/2017

Transcription et traduction par Mouna Alno-Nakhal

NDT : Au moment où nous achevons cette traduction, l’Armée arabe syrienne a brisé la considérable attaque terroriste groupée sur Damas, en l’espace de cinq jours, et progresse autour de Hama. M. Staffan de Mistura est rendu en Jordanie à la réunion du Conseil de la Ligue arabe où il pourra probablement discuter de la situation militaire sur le terrain syrien avec les sponsors régionaux du terrorisme, tandis que son adjoint, M. Ramzy Izzedine Ramzy, mène les discussions avec les délégations de la République arabe syrienne et les plateformes des oppositions non unifiées du Groupe de Riyad, du Groupe du Caire et du Groupe de Moscou ; l’opposition de l’intérieur du pays, proprement syrienne, n’étant toujours pas jugée indispensable pour la bonne raison qu’elle soutient son État, son Armée et même... son Président.

Sources : Vidéos d’Al-Akhbariya et de Sana

[1] : https://www.youtube.com/watch?v=QeXRbSmN4fs&feature=youtu.be
[2] : https://www.youtube.com/watch?v=rH_oskdxKHw
[3] : https://www.youtube.com/watch?v=MhuZDLPNKYA&feature=youtu.be
[4] : https://www.youtube.com/watch?v=Tzs15DMQwK8

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