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Thème : Syrie
Le futur roi Normal 1er n’avait pas promis de faire la guerre, mais...
Traditions impériales
Pierre LEVY

Il faut « répondre aux armes par les armes ». En martelant cette mâle sentence en marge du sommet européen, celui qui fut le lointain successeur de Jaurès à la tête du Parti socialiste, et qui préside désormais la République française, a peut-être accru ses chances de décrocher le prochain Prix Nobel de la paix. A moins qu’il ne lui faille le partager avec les combattants qui ont juré la perte du président syrien, dont l’un des derniers faits d’armes est un attentat dans une mosquée de Damas - une cinquantaine morts, des centaines de blessés.

François Hollande plaidait ainsi pour que soient levées les dernières restrictions à la livraison d'armes lourdes à l'opposition armée. Il s'agirait d'un nouveau cran dans l'escalade qui a vu, depuis deux ans, le camp occidental s'engager de plus en plus ouvertement pour le renversement d'un gouvernement certainement pas moins légitime que tous ceux des pays de la région. Ce point est capital : quelques semaines seulement après le début des manifestations d'opposants, et donc bien avant les drames actuels, Hillary Clinton, suivie par ses alliés, exigeait déjà explicitement le départ du président syrien. Ce dernier était ainsi placé devant l'alternative : ou bien obéir aux injonctions et déguerpir, à l'image des marionnettes occidentales Ben Ali ou Moubarak ; ou bien faire face à ce qui allait s'avérer (...) Lire la suite »
 
SYRIE : Pont aérien Cia pour armer les « rebelles » (Il Manifesto)
Manlio DINUCCI

Dans la « guerre couverte » en Syrie, on découvre désormais les cartes. Après que le centre de Damas a été touché par des projectiles de mortier et des missiles qui ont tué plusieurs civils, le commandant « rebelle » Abou Omar, revendiquant le mérite de l’action, a déclaré hier 26 mars au New York Times que « les groupes rebelles autour de Damas ont été renforcés par de nouvelles fournitures d’armes à travers la Jordanie avec l’assistance américaine ».

Une enquête de ce même journal confirme ce que nous écrivons depuis longtemps sur il manifesto : l'existence d'un réseau international, organisé par la Cia, à travers lequel un flux croissant d'armes arrive aux « rebelles » en Syrie. Depuis des centres opérationnels appropriés, des agents de la Cia pourvoient à l'achat d'armes avec des financements (de l'ordre de milliards de dollars) concédés principalement par Arabie saoudite, Qatar et autres monarchies du Golfe ; ils organisent ensuite le transport des armes en Turquie et Jordanie à travers un pont aérien, puis les font enfin parvenir, à travers la frontière, aux groupes en Syrie, déjà entraînés dans les camps installés à cet effet en territoire turc et jordanien. Depuis que l'opération a commencé en janvier 2012, au moins 3.500 tonnes d'armes, selon (...) Lire la suite »
 
Syrie : Juppé et les chiffres
Afrique Asie

« Nous avons tout fait pour trouver une issue diplomatique à ce conflit. Cela n’a pas abouti. Est-ce qu’on peut continuer à laisser massacrer des milliers d’hommes de femmes et d’enfants, plus de 70 000 aujourd’hui ? », s’est interrogé l’ancien ministre français des Affaires étrangères Alain Juppé, en marge du projet français d’armer les rebelles.

Passons ces propos au détecteur de mensonges. D'abord, a-t-il vraiment « tout fait » pour trouver une issue diplomatique au conflit ? Dès le début, il a pris le parti des rebelles, tout en mettant sur la touche Bachar al-Assad, sans demander ce qu'en pensaient les Syriens. Curieuse façon de jouer les médiateurs. Ensuite, il laisse sous-entendre que les 70 000 Syriens ont été tués par les forces de sécurité. Or ce bilan reconstitué par l'Onu à partir de sources principalement liées à l'opposition ne fait pas la distinction entre civils et combattants, ni entre rebelles et loyalistes. L'Observatoire syrien des droits de l'homme (opposition) admet lui-même que plus de 10 000 soldats loyalistes ont péri. 70 000 morts, un chiffre choquant ? Sûrement, mais cela correspond à une centaine de morts par jour, (...) Lire la suite »
 
Riadh Sidaoui, directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales :
La Syrie est le théâtre d’une guerre économique mondiale
Mehdia Belkadi

Le journaliste, écrivain et politologue suisso-tunisien Riadh Sidaoui est le fondateur et directeur du Centre arabe de recherches et d’analyses politiques et sociales basé à Genève. Il est également rédacteur en chef de la revue Progressiste. Dans cet entretien, il décortique la crise en Syrie, théâtre de la guerre économique mondiale entre les puissances économiques occidentale et les économies émergentes et explique l’appui américain aux islamistes dans ce qu’on appelle le printemps arabe.

Le Temps d'Algérie : La Ligue arabe vient d'octroyer un siège permanent à l'opposition syrienne. Comment interprétez-vous ce geste ? Riadh Sidaoui : Sur le plan interne, nous constatons aujourd'hui que la Ligue arabe est l'otage de certains pays qui se sont octroyés la mission de propager la démocratie dans les pays arabes, alors qu'ils se trouvent être les pires dictatures. Les deux pays à la tête de la Ligue arabe que sont le Qatar et l'Arabie saoudite sont dépourvus de toute vie démocratique et sont en rupture totale avec les principes de démocratie, à savoir une tradition électorale, une vie syndicale, l'exercice des libertés d'expression et de pensée… C'est ce qu'on appelle en sciences politiques des dictatures absolues. Sur le plan externe, la politique de la ligue arabe répond parfaitement (...) Lire la suite »
 
Gregorios III : « une dictature de la presse sur la crise syrienne »
Capitaine Martin
« Il n'y a plus de Révolution, il n'y a plus de manifestations. Il y a seulement du banditisme et le monde entier refuse de le reconnaître ». Ces paroles ne sont pas celles du président syrien Bachar el-Assad, ni celles d'un de ses ministres, ou celles d'un membre d'un quelconque gouvernement arabe soutien du régime, mais celles du patriarche de l'Église grecque-catholique melkite, dont la résidence est à Damas. Le prélat n'a pas fait usage de termes vagues pour décrire l'actuel état de crise dans lequel se trouve plongé la Syrie : « des éléments étrangers sont entrés dans le pays et ont même commencé à frapper les chrétiens, qui ont dû quitter Homs étant donné la dangerosité de la situation », a expliqué le patriarche qui n'a pas caché une certaine insatisfaction vis-à -vis de la situation jugée trop souple (...) Lire la suite »
 
Aux parents des jeunes Belges qui partent se battre en Syrie
Bahar KIMYONGUR

Chers parents,

Vous êtes sans doute les premiers à savoir que vos enfants sont partis combattre en Syrie au nom d’une foi déshumanisante, nihiliste, monstrueuse, dont la mission première est de détruire la vie, l’avenir, la dignité et la liberté d’autrui.

La plupart des Syriens souffrent hélas de voir vos enfants servir de soldats pour le compte de potentats haineux qui se moquent autant du bonheur du peuple syrien que de celui de vos enfants. L'attentat terroriste de la semaine dernière qui a tué plus de 50 fidèles de la mosquée Al Imane dont le célèbre cheikh Mohammed Saïd Ramazan Al Bouti montre une fois encore que les criminels qui manipulent vos enfants se moquent même de la religion et du dieu qu'ils prétendent servir. Si je m'oppose avec force aux idées fanatiques qui ont incité vos enfants à partir combattre dans un pays dont ils ne connaissent ni l'histoire, ni le mode de vie, ni la complexité, je ne suis pas pour autant indifférent à votre désarroi. Surtout depuis que j'ai vu les larmes de M. Kevin Calluy couler pour son fils Jejoen (...) Lire la suite »
 
Un remake de Suez
AVIC

Octobre 1956. Vous en avez certainement entendu parler ou, peut-être les anciens s’en souviennent-ils. C’était le début de ce que l’on a appelé et qu’on appelle encore pudiquement l’expédition de Suez.

Un voile de pudeur semble vouloir recouvrir cet évènement, et l'on en comprend les raisons. Mais cacher une partie de l'Histoire, c'est volontairement décider de ne pas en tirer les leçons. Elles sont pourtant très intéressantes. Si on revoit froidement les faits, on peut considérer qu'ils constituent un tournant majeur dans l'Histoire occidentale et du Monde. D'une part ils marquent la fin définitive d'une époque dominée par deux des belligérants, la France et la Grande Bretagne, pour laisser la place à un nouveau monde qui se révéla publiquement durant la crise. D'autre part, ce conflit a quand même failli, ne l'oublions pas, nous valoir une bombe atomique sur la tête. A ma connaissance, c'est la seule fois dans l'Histoire où la France a reçu une menace directe, formulée clairement, d'une attaque (...) Lire la suite »
 
Syrie : la guerre des mots et des images
Bahar KIMYONGUR

Vous ne le saviez sans doute pas. Et pour cause. Dans ce pays-là , il y a eu 250.000 disparitions forcées en 20 ans dont 34.467 entre 2005 et 2010. Dans une seule fosse commune située près d’une caserne militaire, pas moins de 2000 corps ont été retrouvés. Des opposants politiques ont été donnés en pâture aux caïmans, des rebelles jetés vivants dans des fours crématoires, des syndicalistes éliminés par milliers, des villages bombardés par l'aviation, des jeunes ramassés dans la rue, emmenés en forêt, exécutés puis habillés par leurs assassins en combattants pour faire croire qu’ils ont été tués lors d’accrochages militaires, des militants des droits de l’homme dénonçant la barbarie abattus en pleine rue, des bourreaux du peuple bénéficiant de l’impunité, près de 600.000 personnes déplacées entre 2010 et 2011. Nous avons là toutes les caractéristiques d’une dictature qui assassine son peuple. Et pourtant, ce régime-là n’est jamais décrit comme tel par nos médias. Normal, c’est l’État colombien, enfant gâté de Washington, Paris et Tel Aviv. En somme, un régime ami…

Pour savoir si nos médias sont réellement libres comme ils le prétendent, rient de tel que de comparer le traitement médiatique des conflits qui déchirent la Colombie, État aligné au « monde libre » et la Syrie, vilain petit canard de l'axe du Mal. Quand les médias occidentaux parlent de la Syrie, le mot « chabbiha » désignant les forces civiles loyalistes revient en boucle. Les chabbiha sont accusés de crimes barbares pour le compte de Damas. Mais avez-vous seulement entendu parler des Autodéfenses unies (AUC), des « Bacrim » ou de la Force Oméga qui sévissent quotidiennement en Colombie ? Dans les médias occidentaux, il est interdit de parler de « révolution » et d'insurrection populaire en Colombie. En revanche, les chirurgiens esthétiques de TF1, RTL ou France 24 travaillent d'arrache-pied pour (...) Lire la suite »
 
Syrie et Irak : deux anniversaires entrelacés
Santiago ALBA RICO

Cela fait deux ans en ce mois de mars qu’à débutée la révolution syrienne et il y a très peu de choses à fêter.

La férocité criminelle du régime, qui combine dans la meilleure tradition impérialiste les bombardements aériens et les escadrons de la mort ; l'ignominieux soutien de la Russie et de l'Iran ; la moins ignominieuse stratégie de « régulation de la douleur » de la part des Etats-Unis et de l'UE en faveur d'Israël ; l'incapacité de l'opposition à représenter quelque chose de plus que les intérêts partisans ou personnels ; la « sectarisation » de l'affrontement militaire alimentée par l'Arabie Saoudite et le Qatar ; l'influence croissance du djihadisme sur le terrain et le fait, enfin, que l'ASL (Armée syrienne libre), comme le dit mon ami Tariq Al-Ghourani, soit une « armée de victimes », tous ces facteurs ont transformé la demande initiale pacifique, massive et on ne peut plus juste de démocratie en une (...) Lire la suite »
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Parti communiste Syrien Unifié : Une lettre à tous les partis communistes et ouvriers du monde
Le PADS, Le Lien des ouvriers et des paysans.
Mercredi 13 février 2013 - Nous publions ci-dessous une lettre du Parti communiste Syrien unifié qui vient d'être adressé à tous les partis communistes et ouvriers du monde. Une fois de plus nous exprimons la solidarité du Parti Algérien pour la Démocratie et le Socialisme et de son organe "Le Lien" avec la classe ouvrière et le peuple de Syrie qui, avec courage et dignité et au prix d'énormes sacrifices humains et matériels, font face aux forces coalisées de l'impérialisme, des monarchies du Golf aux dirigeants réactionnaires de Turquie et sionistes d'Israël. Nous rappelons les positions adoptées par le PADS à ce sujet qui sont contenues dans sa déclaration de septembre 2011 et dans l'intervention présentée par son représentant à la dernière rencontre internationale des Partis communistes et ouvriers (...) Lire la suite »
 
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