Comment Cuba vit le blocus énergétique ?

Pascual Serrano
Tout le monde semble indigné par Trump, ses interprétations géopolitiques, ses mesures politiques et ses guerres. Cependant, les politiciens comme les grands médias finissent par être d'accord avec lui sur le fait que la situation à Cuba est celle du désespoir et d'un effondrement imminent. Le scénario qu'ils promeuvent est celui d'un État failli afin qu'une intervention militaire puisse être interprétée, plutôt que comme une agression, comme un salut ou, dans le meilleur des cas, comme quelque chose qui ne peut pas aggraver davantage la situation. L'objectif, comme le dit Belén Gopegui, est d'implanter l'idée qu'« il n'y a déjà plus rien à faire », qu'il n'y a plus qu'à attendre l'arrivée de l'impérialisme. Nous avons été à Cuba, nous avons vu, observé, interrogé et pris des notes. Nous avons découvert un peuple meurtri et souffrant à cause du blocus énergétique, mais avec un gouvernement qui gère la situation et des citoyens qui s'en sortent. Le premier élément à prendre en (…)Lire la suite »

Sovintern : depuis la Russie, ils aspirent à coordonner un courant mondial contre Washington.

Santiago Masetti
Ce n'est pas la première fois que la Russie postsoviétique tente de rassembler un pôle alternatif à l'ordre dirigé par les États-Unis et l'Europe. Des forces politiques comme Russie Juste et le gouvernement de Vladimir Putin lui-même essaient de le faire dans les espaces médiatiques, mais cette fois-ci, ils s'y essaient sur le plan politique, avec une architecture qui cherche à disputer les espaces d'articulation internationale. Le Sovintern, réuni à Moscou pendant trois jours, fait partie de cette tentative, avec l'idée de mettre en place une sorte de nouvelle Internationale. Ses activités ont commencé le 26 avril à l'hôtel Zolotoye Koltso (Anneau d'Or), avec trois tables rondes simultanées qui ont donné le ton. L'une des principales, intitulée « Pour un nouveau socialisme du XXIe siècle », a réuni des dirigeants, des législateurs, des communicateurs, des journalistes et des universitaires d'Amérique latine et de l'État espagnol. Le schéma n'était pas différent de celui (…)Lire la suite »

Mali : L’« apocalypse » qui n’a pas eu lieu et le récit de la défaite dont l’Occident a besoin

Beto Cremonte
L'offensive coordonnée entre le JNIM et les factions touaregs, qui visait à créer l'image d'un État malien effondré, a été rapidement démantelée malgré les Cassandres et les analystes du discours « officiel » de la machine occidentale.
Ce qui s'est réellement passé, et que de nombreux analystes ont choisi d'ignorer (ou de dissimuler), c'est une riposte rapide et coordonnée des forces maliennes, qui continuent de démontrer la volonté du Mali, ainsi que des autres pays de l'AES, de rompre avec l'ancien système de tutelle française, au-delà des attaques comme celles du 25 avril, révélant ainsi quelque chose de plus profond : ce n'est pas seulement le contrôle du territoire qui est en jeu, mais le sens même de ce qui se passe au Sahel. La vérité est que, dans les dernières heures du 25 avril, des groupes djihadistes et séparatistes touaregs ont lancé une offensive coordonnée contre Bamako, Kati, Gao et Kidal avec un objectif qui dépassait le simple cadre militaire : il ne s’agissait pas seulement de frapper des positions étatiques, mais d’établir, en temps réel, l’idée que le gouvernement d’Assimi Goïta avait perdu le contrôle du pays, comme cela se produit de manière quasi systématique dans cette région. On ne (…)Lire la suite »
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Dans la tempête, le Venezuela plie, mais ne rompt pas

Maurice LEMOINE
A Jo Morlighem, militant antifasciste et anti-impérialiste, bien trop tôt disparu. Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour que les victimes se retrouvent transformées en coupables. « Séquestré » le 3 janvier 2026 par une opération militaire étatsunienne violant toutes les normes du droit international, Nicolás Maduro devient, pour l’appareil médiatique global, un président « déchu ». Sous la menace brutale de la Troïka de la tyrannie – Donald Trump (président), Marco Rubio (secrétaire d’Etat), Pete Hegseth (secrétaire à la Guerre) –, la vice-présidente Delcy Rodríguez assume l’intérim et évite un vide de pouvoir à Caracas. Depuis Madrid ou Miami, les exilés dorés de la droite putschiste vénézuélienne vitupèrent : comment et pourquoi l’avoir laissée à la tête du pays ? Chaviste convaincue, Rodríguez n’a-t-elle pas collaboré avec le « dictateur » Maduro pour expédier adversaires politiques et rivaux en prison ? Les poulets sans tête auxquels a été confié le site Web de Radio (…)Lire la suite »
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La Gauche occidentale est-elle devenue pro guerre ?

Mathias Detekt
La gauche occidentale est-elle devenue pro-guerre ? L’attaque militaire massive et coordonnée des États-Unis d’Amérique (EUA) et d’Israël contre l’Iran, déclenchée le 28 février 2026, a eu le mérite de faire apparaître au grand jour la défaillance totale de la gauche occidentale, son abandon de toute perspective anti-impérialiste concrète et son incapacité à être à la hauteur du moment historique. En effet, cette attaque non provoquée, qui relève du « crime d’agression » considéré comme le « crime suprême » par le Tribunal de Nuremberg et ultérieurement par le Statut de Rome et le droit international, n’a suscité quasiment aucune manifestation ou protestation de masse en France ou dans les pays occidentaux. Cette absence de mobilisation antimilitariste de la gauche occidentale et le rôle que celle-ci joue en temps de guerre seront analysés dans les paragraphes qui suivent. Le terme de « gauche occidentale » fait référence à la nouvelle gauche née en Occident d’après-guerre et qui (…)Lire la suite »