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AMÉRIQUE LATINE

Argentine : des « Mères » au secours des bidonvilles

DIVERS

Autrefois, elles manifestaient pour retrouver leurs proches disparus pendant la dictature. Aujourd’hui, les Mères de la Place de Mai se battent pour réhabiliter les quartiers mal lotis...

À 79 ans, Hebe de Bonafini a troqué son traditionnel foulard blanc pour un casque en plastique jaune. La présidente de l’association des Mères de la place de Mai est à la tête d’un vaste programme d’urbanisation d’une dizaine de bidonvilles de Buenos Aires.

Mme Bonafini, qui a perdu deux enfants pendant la dictature militaire (1976-1983), arpente le labyrinthe en terre battue de Ciudad Oculta, l’un des plus grands bidonvilles, situé à l’ouest de la capitale. 900 logements vont être construits.



Une immense bâtisse abandonnée de-puis plus d’un demi-siècle va être recyclée pour accueillir des appartements, un hôpital, des écoles, des garderies d’enfants, un centre de loisirs et une bibliothèque. Baptisé « L’Éléphant blanc », l’édifice avait été construit dans les années 50 par le général Juan Domingo Peron, qui voulait en faire l’hôpital le plus moderne d’Argentine.

Une priorité :

Les droits de l’homme

« Ce sont 24 hectares au total, une vraie ville qui va être construite », indique l’architecte Eduardo Crivos. Une équipe de 23 professionnels travaille pour la Fondation des Mères de la place de Mai. « Nous sommes la plus grande entreprise de construction du pays », lance fièrement Hebe de Bonafini.

Les logements ne sont pas construits avec des briques mais à l’aide de panneaux mobiles. D’origine italienne, ils sont fabriqués dans une usine qu’ont fait construire les Mères de la place de Mai dans le quartier populaire de La Boca. Amie de longue date de Fidel Castro, mais aussi du président vénézuélien, Hugo Chavez, Hebe de Bonafini affiche également son affection pour les Kirchner. Le couple présidentiel revendique son passé de militants péronistes de gauche dans les années 1970 et a fait des droits de l’homme une priorité de leurs gouvernements successifs.

« La tâche des Mères n’est plus de résister, estime Mme Bonafini. La présidente Cristina Kirchner fait bien les choses et nous nous sentons totalement solidaires de l’actuel gouvernement. » « Nos enfants sont morts pour un idéal, nous continuons leur combat contre les injustices sociales », ajoute-t-elle.

Elles ont entre 76 et 94 ans

Celles que les militaires avaient baptisées les « folles de la place de Mai » ne sont plus qu’une vingtaine. Leur âge oscille entre 76 et 94 ans. Après trente ans de lutte, elles ne se contentent plus de faire leur ronde hebdomadaire, tous les jeudis, face à la Casa Rosada, le palais présidentiel. Elles ont fondé une université populaire, un journal, une radio, une imprimerie et leur propre maison d’édition.

Elles bénéficient de l’appui financier du gouvernement péroniste à travers le plan fédéral de logements. Le maire de Buenos Aires, Mauricio Macri (droite), adversaire politique des Kirchner, serre les dents. Les Mères ont envahi son territoire et c’est lui qui est chargé de leur faire parvenir les crédits accordés par le gouvernement. Fin janvier, Hebe de Bonafini a occupé la cathédrale pour protester contre la lenteur de la bureaucratie de la capitale.

Quelques heures plus tard, les fonds étaient débloqués. Les Mères sont populaires et des alliées inconditionnelles des Kirchner. « Macri n’a aucune expérience de la problématique sociale », affirme l’avocat Sergio Schoklender. Bras droit d’Hebe de Bonafini, il juge que « des entreprises privées ne pourraient pas travailler dans les bidonvilles comme le font les Mères ». « Nous avons une approche globale qui nous permet d’éliminer la délinquance, la drogue et la prostitution. Ce sont les habitants eux-mêmes qui construisent après avoir reçu des formations », précise l’avocat, avant d’ajouter : « La plupart n’avaient jamais travaillé de leur vie ; 80 % étaient des cartoneros (pauvres qui font les poubelles). Ils sont déclarés, ont de bons salaires, la retraite, la Sécurité sociale, les congés payés. »

À la demande du gouvernement, le programme des Mères de la place de Mai va s’étendre à d’autres provinces.

 Argentine : des « Mères » au secours des bidonvilles
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Les Nouveaux Chiens de Garde
 
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Jolie-môme

Le fait est que les slogans du type "soutenons nos soldats" n’ont aucun sens... Et c’est tout l’objectif d’une bonne propagande. Il vous faut créer un slogan auquel personne ne s’oppose, et tout le monde y adhérera. Personne ne sait ce qu’il veut dire parce qu’il ne veut rien dire. Son importance réside dans le fait qu’il détourne l’attention d’une question qu’il aurait fallu poser : soutenez-vous notre politique ? Mais ça c’est une question qu’on n’a pas le droit de poser.

Noam Chomsly

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