préc.

impr.

augm.

dimin.

env.

suiv.
Pascale FOURIER
Causes réelles de la crise et chômage (2/2)
Deuxième partie de l'entretien réalisé le 12 janvier avec Jacques Sapir, directeur de recherche à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Je vous rappelle le contexte, j'étais allée voir Jacques Sapir, un an après notre entretien précédent pour faire le point sur la crise, et j'avais (...)
La notion de Nation est-elle obsolète ?
La vertu démocratique et libératrice de la nation Pascale Fourier : Quand j'ai parlé à mes amis du fait que j'allais vous rencontrer, ils m'ont dit : « Mais tu vas voir quelqu'un qui professe des idées complètement obsolètes et en particulier l'idée de nation ! Chevènement est complètement (...)
Jacques SAPIR
Causes réelles de la crise et chômage (2/2)
Deuxième partie de l'entretien réalisé le 12 janvier avec Jacques Sapir, directeur de recherche à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Je vous rappelle le contexte, j'étais allée voir Jacques Sapir, un an après notre entretien précédent pour faire le point sur la crise, et j'avais (...)
l’histoire navrante, mais pourtant révélatrice, d’une interview manquée pour le bulletin du PS.
Ceci se passe en France, et non en un quelconque pays où l'on pratique, nous dit-on, la censure et la désinformation. C'est bien en effet d'un petit cas de censure qu'il s'agit. Un cas parmi d'autres bien sur, car ils sont finalement plus nombreux qu'on ne le croit. L'histoire est navrante, (...)

La pire chose qui soit jamais arrivée au peuple juif, après l’Holocauste, c’est la création de l’état d’Israël.

William Blum - juin 2010

#1099
Bernard GENSANE
Bien qu’un peu long, ce compte-rendu rend à peine justice à la richesse de cet ouvrage indispensable à ceux qui veulent comprendre pourquoi, par exemple, la première contre-réforme imposée par Sarkozy fut celle des universités.
On pourrait commencer par cette forte affirmation de 1991 de sir Douglas Hague, universitaire britannique de haut niveau, professeur de sciences économique, spécialiste du “ marché de l’éducation ” et, ô surprise, ancien conseiller de Madame (...) Lire la suite »

Thèmes similaires
Ce que l’on ne dit pas sur la crise
Vicenç NAVARRO
La crise que traversent certains pays méditerranéens - Grèce, Portugal et Espagne- ainsi que l'Irlande est attribuée aux dépenses publiques excessives de ces pays, ce qui aurait créé un déficit élevé et une dette publique monumentale, obstacles qui entravent sérieusement leur reprise (...)
Une situation financière désespérée ; la plus grande bulle de dettes de l’histoire de l’Humanité.
La majorité des Étatsuniens savent que l'économie de leur nation est en piteux état, mais ce qu'ils ne savent pas c'est jusqu'à quel point la situation financière des USA est désespérée. La vérité c'est que ce que nous sommes en train de vivre n'est pas simplement une « dépression » ou une « (...)

Documents
Programme du Conseil national de la Résistance
Denis Kessler est ou a été : maoïste, n°2 du MEDEF, Directeur général d'Axa, banquier, président de la fédération française des sociétés d'assurances, président du groupe de réassurance Scor, membre du Conseil économique et social, du Conseil national des assurances, du Comité européen des (...)
Discours prononcé par Esteban Lazo Hernandez, vice-président du Conseil d’Etat de Cuba, à la clôture de la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre mère
Esteban LAZO HERNANDEZ
Discours prononcé par Esteban Lazo Hernandez, vice-président du Conseil d'Etat, à la clôture de la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre mère, au stade « Félix Capriles, à Cochabamba, en Bolivie, le 22 avril 2010, « Année 52 de la Révolution » (...)

 
Les interviews radio de Pascale Fourier (Jacques Sapir, 12 Janvier 2010)

Causes réelles de la crise et chômage (1/2)

Pascale FOURIER, Jacques SAPIR

La crise ? Mais quelle crise ?... Il n’y a plus de crise ou en tout cas on n’en parle peu ou pas... Les banques font des bénéfices pharaoniques... enfin, bref, tout semble aller pour le mieux ! Bon d’accord, le chômage augmente, un million de chômeurs vont arriver en fin de droits en 2010, mais bon...

Alors la crise ? Quelle crise ? À force d’écouter du vent ou des balivernes dans les médias, j’ai fini par en perdre mon latin. D’où vient-elle in fine cette crise ? Tout va bien maintenant ? On va réussir à réguler le capitalisme ? Et l’emploi dans l’affaire, on s’en préoccupe ? J’ai décidé d’aller interviewer quelques économistes. Pas ceux qu’on entend ailleurs. Voici donc le début d’une série d’émissions sur la crise. La première avec Jacques Sapir, rencontré il y a déjà un an sur le même sujet. Pour faire le point...

Pascale Fourier : J’ai un petit peu de mal à suivre ce qui se passe actuellement ou au niveau de la crise... D’une part on nous dit qu’il n’y a plus de crise, que quasiment tout va bien, et par ailleurs on lit aussi des textes, peut-être un petit peu plus profonds pourrait-on dire, qui parlent de crise du capitalisme, de crise du modèle néolibéral. .. Alors finalement on est face à quoi ? À rien... tout va bien, c’était juste un léger incident ? Ou face à une crise réelle, et à ce moment-là, de quelle nature ?

Jacques Sapir : La crise que nous connaissons, que nous continuons à connaître, et que nous continuerons à connaître pour plusieurs années, est une crise qui tire ses racines de choses différentes.

Nous avons connu déjà la crise de liquidités à l’automne de 2008. Cette crise de liquidités est effectivement aujourd’hui terminée. Il se peut qu’elle reprenne dans un an ou dans deux ans, mais aujourd’hui elle est globalement terminée. Mais cette crise de liquidités n’était qu’une partie de la crise. Et en fait, si on analyse les causes de la crise, nous avons au minimum trois causes.

La première, c’est l’appauvrissement relatif ou absolu, ça dépend des pays, des classes moyennes et des populations défavorisées, c’est-à-dire grosso modo la classe ouvrière et la tranche basse des classes moyennes, qui a entraîné, évidemment, cette très grande montée de l’endettement des ménages. C’est le cas aux États-Unis, en Angleterre, en Espagne, en Irlande. Deuxième facteur de cette crise, c’est un changement dans les relations économiques internationales, avec un déplacement aujourd’hui du centre de gravité de l’économie, on peut dire de la zone Atlantique ( États-Unis, Europe) vers l’Extrême-Orient. Et évidemment aujourd’hui les phénomènes de concurrence injuste, au sens américain ou anglais du terme, « unfair », qui sont induits par le fait que des pays dont les niveaux de salaires, qui sont extrêmement bas, sont en train de rattraper les pays industrialisés en matière de productivité.

Et puis il y a une troisième dimension de cette crise économique, c’est la dimension des monnaies. Et on voit bien là encore aujourd’hui qu’il y a d’une certaine manière une crise du dollar, que cette crise du dollar s’accompagne d’une crise de la zone euro, et que, en résultat, il n’y a pas de solution à cette crise : d’une certaine manière, le dollar et l’euro se survivent à eux-mêmes, mais dans des conditions extrêmement précaires. C’est la combinaison de ces trois crises qui a donné naissance à la dimension de la crise bancaire. Cette crise bancaire a elle-même donné naissance à la crise de liquidités. Elle a était contenue et donc de ce point de vue là on a évité, pour l’instant, le pire. Mais il faut savoir que la crise bancaire est très loin d’être terminée. On estime à 3,4 trillions, ou si vous préférez 3 400 milliards de dollars, le niveau des créances douteuses qu’il y a dans les différentes banques. Et les différents plans d’aide à la liquidité, mais aussi d’aide à la solvabilité des banques, n’ont pas permis de résorber la totalité de cette crise. Donc aujourd’hui, nous sommes dans une situation où les banques font à court terme des profits relativement important, mais elles sont plombées par ce problème des créances douteuses, et on sait bien qu’il peut y avoir des accidents bancaires qui peuvent donner lieu à de nouvelles crises de liquidités, grosso modo n’importe quand.

Les causes qui sont liées aux revenus des ménages, au déplacement du centre de gravité de l’économie vers l’Extrême-Orient et à ses conséquences en matière de concurrence injuste et enfin au système monétaire international, ces trois causes de crise sont très loin d’être résolues. Et donc nous sommes aujourd’hui rentrés dans une période longue de désordres économiques qui interdisent aux pays développés, que ce soit l’Europe ou les États-Unis, d’avoir des niveaux de croissance élevés : nous aurons une croissance de l’ordre de 1 % pour l’année 2010, probablement le même niveau pour l’année 2011. Et donc on va être dans une situation extrêmement tendue d’un point de vue économique, avec évidemment tous les mécanismes que nous avions vus avant la crise, disons avant 2007, qui sont en train de continuer à jouer, et qui vont contribuer à affaiblir, d’une certaine manière, nos sociétés et nos économies face à la crise.

Pascale Fourier : Pourtant, d’après ce que j’ai pu entendre dire, il suffirait de réguler le capitalisme d’une manière générale. Enfin l’affaire ne semble pas très compliquée pour que ça aille mieux...

« Réguler le capitalisme » , disent-ils...

Jacques Sapir : Les gens qui appellent à une régulation internationale ont déjà subi un échec majeur à Copenhague. On voit donc bien qu’il n’y a pas de régulation internationale possible qui soit efficace. Alors bien sûr, on peut se mettre d’accord sur des mesures qui soient tellement inefficaces que d’une certaine manière tout le monde sera d’accord dessus. Mais si on veut prendre des mesures qui aient une efficacité réelle, il ne peut pas y avoir d’accord au niveau international. Il est très probable qu’il ne peut même pas y avoir d’accord au niveau européen, car on voit bien que les intérêts des nouveaux entrants ne sont pas les intérêts des pays du noyau historique de Europe. Et ou on prend cette division en compte, on l’accepte, et d’une certaine manière on en tire les leçons en termes de fonctionnement de l’Europe, ou alors ce sera très probablement le chacun pour soi. Et de ce point de vue-là il est clair aujourd’hui que les différentes mesures qui sont prises dans le cadre de l’Union Européenne sont au mieux inefficaces, au pire sont contre-efficaces, c’est-à-dire qu’elles contribuent à aggraver la situation et non pas à l’améliorer. Dans le domaine de la réglementation bancaire, on veut par exemple étendre aux assurances des formes de libéralisation qui étaient appliquées aux banques. Autrement dit, on va pousser les assurances à faire de la spéculation, ce qu’elles n’avaient pas fait. Si vous voulez, aujourd’hui, en Europe, les assurances étaient beaucoup mieux protégées qu’elles ne le sont aux États-Unis. Eh bien la Commission européenne a décidé que tout ceci était une entrave à la concurrence et a décidé de faire sauter cette protection.

Donc, il y a des mesures qui sont prises, mais ce sont des mesures qui sont contre efficaces et qui vont tendre à aggraver la crise. Et de ce point de vue-là, on peut être extrêmement inquiet quant au devenir géopolitique de l’Europe, parce que si l’Europe éclate d’ici trois ou quatre ans et la zone euro un petit peu avant, comme cet éclatement n’aura pas été pensé et n’aura pas été d’une certaine manière prévu, et donc qu’il n’y aura pas de solution de secours, il n’y aura pas comme on dit de « plan B », à ce moment-là, c’est beaucoup plus à des situations de repli identitaire et de repli nationaliste que l’on risque d’assister.

Pascale Fourier : Justement, est-ce que ce n’est pas l’occasion d’aller vers plus de fédéralisme et de mettre en place un gouvernement économique ? C’est ce que j’entends dire...

Face à la crise, vers plus de fédéralisme européen ?

Jacques Sapir : Ça peut être une hypothèse. Simplement, il faut savoir qu’aujourd’hui personne n’est d’accord pour en payer le coût. Aller vers plus de fédéralisme, cela veut dire : 1) transférer vers le budget de Bruxelles des sommes nettement plus importantes, 2) simplifier quand même le fonctionnement de Bruxelles – ça, c’est quand même très très important et le rendre beaucoup plus démocratique, 3) faire en sorte qu’il y ait une véritable union politique qui au moins soit la contrepartie de la BCE, et d’une certaine manière rendre la BCE responsable devant ce pouvoir politique. Si l’on fait l’une de ses trois choses sans les deux autres, ça ne marchera pas. Car il faut bien comprendre que renforcer le fédéralisme, c’est quelque chose qui implique une cohérence de projet. Et aujourd’hui, il faut bien voir qu’il y a une très forte opposition de tous les pays, de l’Allemagne bien sûr, mais aussi de la France, de la Grande-Bretagne. Tous les pays sont contre, en ce qui concerne l’augmentation de leur contribution. On n’avancera donc pas de ce côté-là. Et l’Allemagne s’est prononcée de manière très claire contre un changement du statut de la BCE,de la Banque Centrale Européenne. De ce point de vue-là, il ne me semble pas possible d’avancer vers plus de fédéralisme. Alors, ça pouvait être une solution.... aujourd’hui c’est une solution mort-née.

Pascale Fourier : Il y a quelque chose qui m’étonne toujours quand on parle de la crise, c’est le fait que finalement le problème de l’emploi, voire même d’un retour au plein- emploi ( terme qu’on n’entend absolument plus), n’est pas évoqué. Le chômage accru, c’est une espace d’effet collatéral : il y ait eu la crise, il y a plein de chômeurs... C’est un problème assez peu évoqué finalement.

Moins de chômage que ce qu’on pouvait craindre...

Jacques Sapir : Alors là, il faut dire que dans l’esprit des économistes et des gouvernements, on s’attendait à pire. Quand la crise de liquidités a éclaté, le 30 septembre 2008, à la suite de la faillite de Lehmans Brothers, la première chose que l’on a faite, ça a été de regarder ce qui s’était passé en 1929 et on s’est dit qu’on risquait de voir des taux de chômage monter globalement dans la totalité des pays vers 16, 18, peut-être 20 %, etc. De fait, il y a quand même une action, modérément efficace, mais qui a quand même eu une certaine efficacité, en termes de solvabilité et de liquidités des banques, en termes de relance. Alors, on peut considérer que les mesures qui ont été prises n’étaient peut-être pas les bonnes, qu’elles n’ont pas été assez efficaces, d’accord, mais il a quand même des choses qui ont été faites, et en résultat, nous avons une augmentation du chômage mais qui a été moins importante que ce qui avait été prévu, ou en tous les cas ce que l’on craignait. Et donc évidemment, cela provoque un sentiment de soulagement. La situation est « moins pire » que ce que l’on attendait.

Mais évidemment, vous avez raison de dire qu’il y a un très gros problème de chômage. Alors là-dessus quand même, il faut signaler que nous, en France, on est dans une situation particulière. Le chômage en France augmente beaucoup plus faiblement que ce qu’il a augmenté en Allemagne où il y a eu une très forte montée du chômage, que ce qu’il a augmenté aux États-Unis - les États- Unis sont aujourd’hui à peu de chose près avec le même taux de chômage que ce que nous avons en France alors qu’ils étaient à un taux beaucoup plus faible en 2007, en Espagne, où, là aussi, il a complètement explosé et sera autour de probablement 20 % au début de ce printemps, en Irlande, etc. Et donc là, il y a un deuxième phénomène qui joue, dans le débat français bien entendu, c’est l’idée qu’on ne s’en est pas si mal sorti que cela. Ce qui est exact ! Si vous voulez, d’un point de vue des chiffres, c’est absolument indiscutable.

Cependant, il faut maintenant considérer l’avenir et il faut voir que, d’une part, si nous avons bien résisté d’une certaine manière à la crise, c’est grâce à tout ce que l’on appelle techniquement les « stabilisateurs automatiques » : grosso modo, le fait que le chômage soit bien indemnisé, le fait qu’il y ait une législation relativement avantageuse sur le chômage partiel, etc. etc. Ce sont en fin de compte toutes les mesures sociales automatiques qui ont joué à plein et qui ont empêché d’une certaine manière le cycle de la dépression de prendre cette tournure absolument catastrophique qu’on avait connue au début des années 30.

Les freins à un retour vers plus d’emploi...

La deuxième chose qu’il faut dire, c’est quelles sont les conditions de retour à l’emploi. Et là, nous sommes d’une certaine manière freinés par deux faits qui jouent chacun dans leur dimension. Le premier, c’est la politique de la Banque Centrale Européenne. Et c’est une politique à plusieurs niveaux si vous voulez.... On a le fait par exemple que la Banque Centrale Européenne ne prévoit pas de prêter aux Etats. Et on a aujourd’hui cette chose absolument inouïe que, quand vous vous appelez la République française, vous devez payer environ 3,4, 3,5%, mais si vous vous appelez BNP Paribas, vous allez payer 0,5 %. Et donc là il y a quelque chose qui est proprement scandaleux ! Le fait que la BCE n’ait pas aligné les taux auxquels les Etats peuvent emprunter sur les taux auxquels elles prêtent aux banques, c’est aujourd’hui scandaleux !

Et puis le deuxième grand facteur, c’est évidemment la pression concurrentielle en provenance des pays d’Asie, mais aussi en provenance des pays nouveaux entrants, c’est-à-dire de la Hongrie, de la Tchéquie, de la Slovaquie, etc., qui fait que, dès qu’il y a un petit sursaut de la demande en France, cette demande va alimenter des productions importées. Pendant la crise, les délocalisations ont continué... Et là, il y a un problème extrêmement grave. Aujourd’hui la classe politique fait semblant de découvrir - je ne dis pas qu’ elle le découvre, elle fait semblant de le découvrir- avec le fait que la nouvelle Clio sera produite en Turquie, mais c’était une évidence.

Alors il faut savoir que de deux choses l’une : ou on fait baisser l’euro de 30 à 40 % ( aujourd’hui, on est à un euro qui vaut 1.45 $ à peu de chose près) et on se débrouille pour que l’euro vaille un dollar, ou alors on met en place des barrières protectionnistes.

Et on voit bien d’ailleurs comment se situe le problème sur la non-validation de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel. Pourquoi est-ce que le Conseil constitutionnel a décidé de censurer la taxe carbone ? Essentiellement parce que l’industrie et puis les transports, grosso modo 93 % des producteurs de gaz à effet de serre, n’étaient pas taxés. Evidemment du point de vue de l’égalité de tous devant l’impôt, il y a un problème. En même temps, le gouvernement dit, et il a raison, que si vous taxez l’industrie française, ce sera un facteur supplémentaire pour faire fuir les industries du territoire français vers d’autres territoires. Donc aujourd’hui, on voit à travers ce problème que, soit on abandonne complètement l’idée de la taxe carbone - et d’une certaine manière, c’est bien vers cela qu’on s’oriente, et on l’a vu à Copenhague où on a parlé de « mesures non contraignantes », autrement dit de rien - , ou alors on veut être réellement sérieux de ce point de vue-là, mais ça veut dire que l’on va taxer aussi et qu’il faut taxer les produits importés. Il n’est pas juste que ne paient la taxe carbone que les produits qui sont fabriqués en France. Il faut décider que les produits qui sont faits en Europe, ou si l’Europe se met d’accord sur une taxe carbone européenne, les produits qui sont en fait hors de l’Europe, doivent payer aussi une taxe carbone. Et on revient sur la question du protectionnisme.

Les conditions de retour au plein emploi.

Aujourd’hui, il n’y a pas de retour au plein emploi possible tant que l’on restera dans le libre-échange et tant que l’on restera dans un système de gestion des changes qui donne au marché les pleins pouvoirs sur la valeur de la monnaie. Et si vous voulez, ce sont les deux grands problèmes que nous avons aujourd’hui d’une certaine manière et ils déterminent la totalité non seulement de notre politique économique, mais aussi de notre politique écologique, qui va devenir de plus en plus importante. Tant que l’on n’aura pas repris le contrôle de la monnaie, que ce soit au niveau de l’euro ou que ce soit au niveau du franc avec une sortie de la France de l’euro, et tant que l’on n’aura pas rétabli des droits de douane soit au niveau européen, soit -c’est une solution de désespoir, j’en suis conscient, mais il vaut mieux une solution de désespoir que pas de solution du tout - au niveau des frontières de la France, eh bien il n’y a pas de retour au plein-emploi possible. Et ça, il faut aujourd’hui le dire pleinement : tout parti qui se bat pour le maintien du libre-échange et pour le maintien de la politique monétaire telle qu’elle est aujourd’hui est en contradiction avec l’objectif du plein-emploi.

SUITE :
http://www.legrandsoir.info/Causes-reelles-de-la-crise-et-chomage-2-2.html

source http://jaidulouperunepisode.org/009...

JPEG - 13.9 ko

Jacques Sapir, directeur de recherche à l’EHESS

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Causes-reelles-de-la-crise-et-chomage-1-2.html
ajouter un commentaire
auteur   » Jacques SAPIR, Pascale FOURIER
thème(s)   » Récession & Crise économique
rubrique   » Documents
9973
annonces sélectionnées et proposées par Amazon.fr
Qui sommes-nous ? |  Contacts |  aide à la traduction |  site crée avec SPIP  | Hébergé par l'AUTRE.net
suivez Le Grand Soir sur :   RSS Syndication   Twitter   Facebook   Myspace   FeedBurner   NetVibes   Tumblr      Google Reader  autre :  Abonnez-vous !
img_mini_5_internationale (3K) img_mini_boycott_israel (3K) img_mini_free_for_five (3K)
La rumeur dit que le mardi 7 septembre, la rue sera aux rongés et que... ...les rongeurs seront représentés par des uniformes républicains et des matraques démocratiques. Les comptes-rendus (...)
 
Nos lecteurs proposent
Télégramme de condoléances à la mort du GENERAL PIERRE-MARIE GALLOIS
Cher M. Philippe Gallois, La mort de votre père, le Général Pierre-Marie Gallois, a été reçu avec grande émotion et une profonde tristesse par le peuple serbe. Confronté au calvaire et (...)
LE FORUM DE BELGRADE POUR UN MONDE EGALITAIRE
 
Une traîtrise de plus de Rocard
Une fois de plus, Rocard est allé lécher l'arrière-train des patrons (à l'université d'été du Medef). Jamais il n'était allé aussi loin dans la soumission en prononçant cette phrase historique (...)
Bernard GENSANE
4 commentaires 
Manifeste pour un mouvement culturel en Haïti
Introduction Depuis quelques années, la culture des classes dominantes, est en plein effervescence, privilégiant la langue française à la langue créole. En effet, de caractère plutôt (...)
Jean-Hénoch Trouillot et Raynal Trouillot
 
"Miral" de Julian Schnabel
02 septembre 2010 ARTE "Miral" de Julian Schnabel "Miral", c'est la véritable histoire de Rula Jabreal, l'auteur du récit qui a donné naissance au film, et qui retrace son parcours. Une histoire (...)
02 septembre 2010 ARTE
 
Bosnie : échos persistants de la campagne de bombardement contre les Serbes
Il y a quinze ans, en 1995, l'OTAN entreprit une campagne de bombardements massifs contre les Serbes en Bosnie, sous le prétexte de les persuader d'accepter le plan "international" pour la (...)
Vyacheslav Solovyov
 
Rendez-vous des manifestations du mardi 7 septembre 2010
(01) Bourg-en-Bresse : 14h30, Champ de Foire. (01) Belley : 17h30, Mairie. (02) Laon : 15h00, Pont de Vaux (02) St Quentin : 17h00, Place du Huit octobre (02) Soissons : 17h00, Parc St Pierre (...)
do
 
La véritable perspective de la Torah juive quant à la Palestine, la légitimité et le droit au retour.
Note du Grand Soir : cet article posté par un internaute n'est apparemment pas signé. Nous avons retrouvé sa source sur un site de Neturei Karta "Juifs Unis Contre le Sionisme" (voir lien à la (...)
Juifs Unis Contre le Sionisme
 
La xénophobie n’a pas fonction idéologique : elle est un instrument de classe
Cette indignation contre l'ignominie est lyrique et émouvante, mais il convient de rappeler que la xénophobie, brandie pour la énième fois en France, n'a pas fonction idéologique : pratiquée avec (...)
Annie LACROIX-RIZ
 
Les ravages de la LRU (suite)
Mon camarade et ami Xavier Lambert vient de me faire passer cette très bonne analyse sur la "gouvernance" des universités, suite à l'application de la LRU. Le terme de "gouvernance", qui s'est (...)
Bernard GENSANE
 
Iraq : « La guerre la plus humaine de l’Histoire ».
Veuillez trouver ci-joint un article qui rappelle ce que fut de bout en bout la guerre de l'Empire contre les peuples d'Iraq, au moment ou ses troupes de soudards déguerpissent, fort relativement (...)
Boualem Malik
2 commentaires 
Reflexion sur le comportement humain. (vidéo)
Albert Jacquard
 
Défendre la paix : unique alternative
« Fidel voyage dans le futur, revient et nous l'explique » Abdelaziz Bouteflika Président de l'Algérie (2001) Cet été, des centaines de millions de personnes se sont passionnées pour la Coupe (...)
Pablo Luis González Justo
 
Mort de Franklin Brito, la meute médiatique de nouveau en chasse contre Chávez.
Ce sur quoi avait tablé l'opposition vénézuélienne est arrivé. S'inspirant de leurs homologues cubains, les gusanos, les escuálidos ont poussés quelqu'un vers la mort pour fabriquer un martyr. (...)
Divers
 
Le premier ministre Ralph Goncalves dénonce un complot des Etats-Unis
Même dans une petite île perdue dans les Caraïbes, ils restent toujours les mêmes. Ralph Goncalves est premier ministre de Saint Vincent et les Grenadines, c'est un tout petit pays. Mais ce pays (...)
Radio del sur
 
L’incroyable arnaque de BP : le puits (B) qui n’a jamais été colmaté
Mesdames et messieurs, British Petroleum (BP) a menti à toute la population – encore une fois – à propos de ce qui se passe réellement dans le golfe du Mexique suite à l'explosion de (...)
François Marginean
 

VU SUR LE WEB
La Nouvelle-Zélande a-t-elle besoin d’une politique démographique au service de l’environnement?par Byron Clark
Traduit de l'anglais par Marc Harpon pour Changement de Société Source : http://workersparty.org.n z/2010/07/17/does-new-zealand-need-a-population-policy-for-the-benefit-of-the-environment/ Publiée par le Workers Party de Nouvelle-Zélande, maoïste, cette conférence a été prononcée par Byron (...)
Changement de société
Des retrouvailles entre DSK et Eva Joly ?
« DSK ? Je le connais bien, je l'ai mis en examen ». C'est le propos qu'on prête à Eva Joly, et ma foi, ça ne sonne pas faux… parce que c'est vrai ! Les Verts n'ont pas l'air comme çà, mais ce sont de sacrés rigolos. Eva Joly n'est pas encore investie officiellement, mais à partir du (...)
Les actualités du droit
Boycott d'israël : Appel de Jacques Muller, sénateur Vert du Haut Rhin
Lettre ouverte de Jacques Muller à ses collègues sénateurs pour soutenir les cinq militants assignés devant le tribunal de Mulhouse, le 13 septembre prochain, en raison de leur action de boycott des produits israéliens. Cher collègue, Vous trouverez ci-jointe une "lettre-pétition" au sujet du (...)
CAPJPO - EuroPalestine
Un film turc sur la Flottille de la Liberté
Les tours jumelles ont eu leur film, le navire Mavi de Marmara aura le sien. Une société de production est en train de faire la reconstitution de l'assaut de l'armée israélienne sur la Flottille et qui a fait 9 morts turcs. Le film La vallée des loups : Palestine a suscité la controverse (...)
Info-Palestine
Departamentul Securităţii
Les « socialistes » et leurs ami(e)s de l'éditocratie vont ces temps-ci caquetant, probablement l'as-tu noté, qu'ils ne sont pas tombés dans le « piège » tendu par Kozy, et qu'il n'est pas question pour eux d'entrer dans un « débat » sur « la sécurité » : ce n'est pas que la thématique les (...)
Rezo.net
Bil'in : condamnation et larmes
« Bil'in n'est pas le seul ni le premier, mais il est devenu un symbole du combat contre le mur. » La marche de protestation hebdomadaire, dans le village de Bi'liln, s'est terminée sous l'agression des Forces d'occupation israéliennes contre la foule, atteignant trois militants avec des (...)
Info-Palestine
La Fed pessimiste sur la croissance
▪ Eh bien... août est terminé. Pour les actions américaines, c'était le pire mois depuis presque une décennie. Le journal britannique Telegraph nous en dit plus : "'Il est assez clair que l'économie américaine a le dos au mur', a déclaré Barry Knapp, directeur de la stratégie actions US (...)
La Chronique Agora
Là-bas
Kadhafi et l'Europe Décidément, Mouammar Kadhafi a toujours le mot pour rire. De passage à Rome pour le 2e anniversaire de la signature du traité d'amitié italo-libyen, le fougueux colonel a estimé que « l'islam doit devenir la religion de l'Europe ». Le chef d'État libyen s'exprimait devant un (...)
Politis
La Palestine n'est pas à vendre !
Ces négociations sont une farce, et elles sont vouées à l'échec ; mais pire que cela, elles couvrent les crimes israéliens qui se perpétuent.... Appel du réseau de la communauté palestinienne aux Etats-Unis contre les négociations. 1er septembre 2010 Le réseau de la communauté palestinienne (...)
Info-Palestine
Un symbole de la civilisation du “déchaînement de la matière”
C'est plutôt comme un symbole que comme une observation “rationnelle” sur les variations statistiques, sur les méthodologies, sur la situation quantitative, etc., que nous apprécierions la quasi-similitude étonnante, ou bien révélatrice, de ces deux dates: le 18 août et le 21 août. (...)
Dedefensa