Compassion et Impérialisme

Quel lien peut-il y avoir entre les dérives d’une organisation enlevant de faux orphelins tchadiens et un ministre préparant l’opinion au bombardement de l’Iran ? Entre un donateur du téléton et la croisade de l’axe du bien ? Entre les foules manifestant leur indignation devant le crime horrible d’un seul enfant et …l’infime mobilisation contre les crimes de guerre des armées d’occupation à Gaza ou en Irak ? Entre les rodomontades d’un imposteur sans frontières invité sur tous les plateaux télévisés et l’assourdissant silence face à la misère et à l’exploitation à notre porte autant que dans des horizons plus lointains ?

COMPASSION ET IMPERIALISME

Quel lien peut-il y avoir entre les dérives d’une organisation enlevant de faux orphelins tchadiens et un ministre préparant l’opinion au bombardement de l’Iran ? Entre un donateur du téléton et la croisade de l’axe du bien ? Entre les foules manifestant leur indignation devant le crime horrible d’un seul enfant et …l’infime mobilisation contre les crimes de guerre des armées d’occupation à Gaza ou en Irak ? Entre les rodomontades d’un imposteur sans frontières invité sur tous les plateaux télévisés et l’assourdissant silence face à la misère et à l’exploitation à notre porte autant que dans des horizons plus lointains ?

Comment se construisent nos indignations sélectives ? Qui les manipule ? Et surtout quelle est notre responsabilité ? Mais cela peut-il durer ?

LA COMPASSION EST UNE « VERTU » CAPITALISTE :

En face de ses « laissés pour compte » la démocratie dans sa déclinaison capitaliste a élevé la compassion au rang de substitut à ce qui aurait du être source d’interrogation profonde sur sa propre nature et les effets de sa mise en oeuvre.

Cette promotion sentimentale n’est pas secondaire ou annexe, elle s’inscrit dans une stratégie de pouvoir. Tocqueville en Amérique avait déjà observé cette « douceur démocratique » qui visait surtout à atténuer les désirs de violence que générait spontanément une société de domination et d’exploitation ; la démocratie bourgeoise depuis les origines n’est pas l’outil de la lutte des classes elle en est l’adversaire visant à en délégitimer le projet en niant la cause des révoltes possibles. Le « point aveugle » d’une idéologie qui ne veut pas se remettre en cause est ainsi occupé par « les sentiments » qui remplacent « la » politique. Annah Arendt avait aussi montré que la pitié pouvait être instrumentalisée pour écarter les citoyens de la réflexion politique. Les églises ont presque toujours et partout joué le même rôle (1- 2). Une part du sarkozysme qui voit le président se placer toujours au côté des « victimes », d’abord mais aussi en dernier lieu, joue de ce même registre qui permet de compatir aux effets sans examiner les causes dans une société ou règne la violence sociale et institutionnelle. Cette violence même est entretenue qui affecte le plus grand nombre, alors que la délinquance relativement marginale traduit la saturation des processus régulateurs normalement présents dans une société apaisée. La tension qui est entretenue servira de justificatif à l’ordre autoritaire et la posture compassionnelle exonérera les vrais responsables de leur devoir de réduire les injustices sociales. « Tenter d’expliquer c’est vouloir justifier » (3) disait le candidat présidentiel…La compassion et le bâton sont les deux faces de la démocratie compassionnelle.

LA COMPASSION EST SPECTACLE :

En réalité la compassion ne fait qu’entériner l’existence d’une souffrance ou d’un état dont on peut renoncer à corriger la cause. Le sujet même qui en bénéficie pourrait légitimement se révolter contre cette fausse bienveillance tardive qui se veut compensatoire de l’impuissance ou dissimulatrice de la non-volonté qui l’a précédée. Il est une « politique de la pitié » qui devrait faire honte à ceux qui portent la responsabilité des situations créées. Lorsque la situation elle-même prend allure de réquisitoire il est plus facile de mobiliser l’émotion que réviser une politique…La société du spectacle et des médias trouve même dans ce sentimentalisme devenu universel une matière première merveilleusement télégénique comme le sont les immenses camps de réfugiés ou les modestes tentes rougeoyantes du canal Saint Martin au seuil de l’hiver. Cette matière première toujours renouvelée sert d’épître a nos rituels compassionnels collectifs qui nous détourneront des vraies causes de la misère et des guerres. Le téléton fera pleurer dans les chaumières et taire les questionnements de fond sur le financement de la recherche et les profits exorbitants des firmes pour lesquelles la maladie est un marché comme les autres. Le fait divers le plus odieux jette dans la rue des foules compatissantes bien plus nombreuses que celles pour revendiquer l’abolition de la misère, la fin des ventes d’armes ou le refus d’envoyer nos soldats tuer femmes et enfants au-delà des mers. Le tsunami remplit les caisses des organisations non gouvernementales et masque l’indifférence aux crimes des guerres impérialistes faites en notre nom et financées par nous. Les dames patronnesses de jadis se fédèrent désormais en ONG reconnues d’utilité publique, prêts à prêcher des croisades nouvelles pour sauver de faux orphelins ou légitimer des ingérences « humanitaires » aux vraies motivations inavouables.

L’homme révolté, celui décliné par Marx autant que par Camus ou Sartre est remplacé par l’homme compassionnel, celui si bien décrit par Myriam Revault D’Allones (4) ; mais cet homme là est-il encore un démocrate et exerce t-il sa liberté de citoyen ou est-il instrumentalisé ?

COMPASSION ET IMPERIALISME :

Les damnés de la terre, les oubliés et les assassinés de toutes les famines et de toutes les guerres, voient parfois se diriger vers eux au mieux les héritiers des « french doctor » et les dispensateurs de « l’aumône onusienne » faite aux pauvres. Mais cet exercice lui-même connaît ses limites car nécessitant financement propre : La situation n’est pas exactement la même lorsqu’il s’agit comme l’ONU le fait depuis longtemps d’écouler des excédents de production en valorisant aussi la bonne conscience occidentale et lorsque la hausse des cours résultant de la spéculation financière crée une vraie pénurie et une cherté qui augmente le prix de l’aumône…

Il nous est annoncé une « crise alimentaire mondiale » dont la dimension vertigineuse pourrait bien devenir « génocidaire » pour les continents les plus fragilisés par les entraves antérieures au développement, la spoliation de leurs richesses et l’organisation administrée de leur « dépendance » par l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et le Fond Monétaire International (FMI) qui ont déployé leur génie à anéantir l’autosuffisance alimentaire dont l’absence va s’avérer mortelle.

Les luttes d’émancipation ont été dans de vastes zones précédemment colonisées étouffées dans le sang d’abord puis découragées par la corruption des gouvernants dans des contrats asymétriques d’aide au développement qui ne visaient qu’a prolonger la dépendance et la faiblesse de continents entiers. La bonne conscience occidentale a eu besoin de s’inventer une aptitude à la compassion en substitut de repentance pour les crimes coloniaux antérieurs commis et pour masquer la violence entretenue, qui culmine dans la corruption et le marché des armes rendant meurtrières les luttes fratricides souvent manipulées pour le contrôle des matières premières par des firmes occidentales.

UNE CRISE ALIMENTAIRE INEDITE :

La crise qui débute s’annonce déjà terrible par son étendue prévisible et le nombre de victimes qui feront des souvenirs du Biafra et du Sahel des épisodes mineurs dans une tragédie continentale qui échappera au contrôle et peut-être aussi à la volonté de l’occident. Il se pourrait que cette crise alimentaire mondiale fasse exploser les limites du concept « compassionnel » et en révèle l’imposture globale.

Les peuples « assistés » savaient depuis longtemps la véracité du proverbe oriental selon lequel « La main qui reçoit est toujours plus basse que la main qui donne » ; sans doute la détresse prévisible et nos abandons probables changeront-ils certains comportements. En 2000, un rapport onusien tombé dans l’indifférence universelle de nos bonnes consciences prévoyait pour la seule Afrique et avant 2020 une mortalité par famine et épidémies qui pourrait atteindre quarante millions de morts…Nous nous accommodons déjà très bien de cette surmortalité qui décime le continent et n’avons guère soutenu les peuples africains en procès contre les firmes pharmaceutiques refusant le droit aux génériques de populations non solvables ou les paysans criant leur détresse devant l’appropriation des semences par des firmes US. Le chiffre avancé en 2000 est très sérieusement révisé à la hausse mais cela suffira t-il à rompre notre indifférence ? Nous faisons chez nous le décompte précis de nos « accidents » quotidiens et nous avons oeuvré à comptabiliser nos tragédies européennes jusque à inscrire la revendication de l’indemnisation des survivants ; pourtant nous continuons à penser, au fond, que certaines vies n’ont pas la même valeur que celle de nos propres enfants.
La compassion qui sera bientôt débordée se révélera pour ce qu’elle n’avait jamais cessé d’être, l’allié objectif de la violence dont elle prétendait corriger les effets. Ce qui va changer dans le siècle qui s’ouvre c’est que les impostures du capitalisme mondialisé éclateront au grand jour, même dans les zones ou le credo de cette idéologie semblait inattaquable, comme la crise des « subprimes » le démontre déjà sur le territoire US. La crise financière cache une crise sociale bien plus profonde et grave que les revers financiers de quelques investisseurs hasardeux, elle va révéler l’existence d’un apartheid mondial organisé que nul projet ne prévoyait de réduire.

Que certains personnages (5) aient lumineusement illustré cette évidence par un parcours montrant que l’on pouvait avoir été french doctor, sauveteur de boat-people et distributeur de riz en Somalie, avant d’approuver les bombardements de l’OTAN dans les Balkans puis l’invasion de l’Irak et demain la guerre contre l’Iran, montre que la compassion dévoyée n’est pas de gauche ou de droite, elle n’a pas de couleur politique, elle est le contraire de la politique ! La compassion est faite pour endormir les consciences et pas pour réveiller les citoyens, elle est faite pour diaboliser ceux qui encouragent les luttes d’émancipation et les révoltes légitimes en leur opposant un contre-faux-modèle d’humanisme qui s’autolégitime pour justifier le pire. C’est du droit de l’hommisme dont je parle ici.

DROITS DE L’HOMME ET IMPERIALISME :

Les Droits de l’Homme sont devenus l’idéologie de substitution qui nous détourne de jeter un regard sur notre propre univers capitaliste. Le lien avec l’homme compassionnel doit être entretenu pour que nul ne s’interroge sur le fait que le premier droit défendu sera celui de propriété, c’est à dire objectivement la légitimation de la dépossession dans un ordre du monde qui s’est construit selon un mode historiquement très inégalitaire. La défense des droits de l’homme trouve dés son exposé sa propre limite qui est de ne pas prétendre transformer un ordre injuste, seulement peut-être en corriger quelques excès…

Rien d’étonnant à ce que ces droits de l’homme soient mobilisés comme argument premier des croisés de l’axe du bien dans un choc des civilisations qui est d’abord le renforcement d’une révolution conservatrice.

La « bonne foi » des citoyens embrigadés dans le soutien à cette croisade est souvent sincère. Mais les nouveaux « croisés » devraient s’interroger sur l’évidence du mauvais accueil que leur font les populations qu’ils voudraient "délivrer’ ou "civiliser’…Leur bonne foi est sans doute égale à celle des "conquistadores’ de jadis face aux peuplades "sauvages’. On ne peut qu’encourager la lecture du court essai magistral d’Immanuel Wallerstein, (6) nous montrant la pleine actualité de la « Controverse de Valladolid » dont les termes relatifs à la définition de l’universalisme étaient déjà débattus au XVIme siècle. Le débat de l’époque analysé par l’auteur s’avère intégralement transposable dans une analyse que nous pouvons amorcer de notre « droit d’ingérence », au nom de présumées valeurs dont nous serions dépositaires.

Sans attendre le rappel de cette controverse magistrale d’autres voix s’étaient élevées dans le siècle contre nos prétentions impérialistes : Celle d’Aimé Césaire qui expliquait magistralement le 24 octobre 1956 la raison de sa rupture non pas avec les idées communistes mais avec le parti communiste français (6) : celles de Frantz Fanon et d’Abdel-Malek dans les années soixante ; puis celle d’Edward Said surtout depuis les années quatre-vingt…Chacun su décrypter l’évidence de l’imposture de nos « droits de l’homme ».

Après la lecture de Wallerstein chacun reconnaîtra combien dans notre entourage sont encore peu nombreux les héritiers de Bartolomé de las Casas qui défendait les "indiens’ et combien ressemblent furieusement à son contradicteur Sepùlveda ceux qui prétendent mener en notre nom une « guerre de civilisation ».

EN CONCLUSION : Nous vivons un défi inouï à la veille d’une catastrophe alimentaire mondiale dont les effets encore aggravés par les désordres écologiques et climatiques dépasseront les habituelles capacités de dissimulation par nos entreprises compassionnelles. Notre indifférence génocidaire sera mise en accusation par des centaines de millions d’hommes, femmes et enfants, qui paieront le prix de nos choix. Le président Bush disait pour justifier son indifférence au sort de la planète : « Notre mode de vie n’est pas négociable ». La formule concentre et résume toute l’horreur du capitalisme mondialisé fondant sa prospérité sur l’existence des inégalités extrêmes.

Mais ce credo est aussi celui de tout l’impérialisme occidental qui ne fait que culminer aux USA, en occupant aussi l’esprit de beaucoup d’autres peuples ; et l’Amérique n’est pas la dernière à user du leurre compassionnel pour se dédouaner de ses responsabilités. Jusqu’à quand ?

Devrait-on résumer en disant « compassion ou révolution ? » ; sans doute le choix n’est-il pas aussi binaire. Mais les deux termes méritent être juxtaposés pour que s’éclairent certaines contradictions ; pour que le concept d’internationalisme et de solidarité ne soit plus un concept mystificateur ; pour que la mobilisation de nos "bonnes consciences’ perçoive ce que peut dissimuler la défense des "droits de l’homme’ et de quelles manipulations elle peut faire l’objet, les exemples sont nombreux.

(1) Le sabre et le goupillon…Encore et toujours.
http://www.oulala.net/Portail/artic...

(2) Le Pape confirme les bienfaits de la colonisation
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(3) Le 26 9 2005 Le ministre de l’intérieur Nicolas Sarkozy, lors de l’émission "˜Contre courant’ sur F2 énonce : « Lorsqu’on commence à expliquer l’inexplicable, c’est qu’on s’apprête à excuser l’inexcusable »

(4) L’homme compassionnel - Myriam Revault D’Allones (Ed Seuil 2007 )

(5) Du Biafra à …La guerre préventive- La fin d’un « french doctor ».
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(6) L’Universalisme Européen - De la colonisation au Droit d’ingérence - Immanuel Wallerstein (Ed Demopolis 2007)

(7) La lettre d’Aimé Césaire à Maurice Thorez.
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COMMENTAIRES  

05/05/2008 14:19 par r_i_d

L’instrumentalisation de la compassion et des révolutions ne date pas d’hier, mais l’usage de ces instruments fait de plus en plus de victimes, parce que la croissance démographique signifie que nous sommes aujourd’hui plus nombreux à mourir que nous l’étions hier, et parce que se poursuit l’amélioration de nos armes, parmi lesquelles la famine et la faim, ces fléaux que nous maîtrisons de mieux en mieux pour battre le grain humain.

Les survivants, les vivants traversent des crises existentielles de plus en plus intenses, car ils sont de mieux en mieux informés, cependant qu’ils ont de moinss en moins de raisons objectives pour garder espoir ou pour conserver une image positive d’eux-mêmes. Cette crise continue jusqu’à ce que l’indifférence l’emporte sur la compassion (ou la foi ?), et on voit de nos jours des révolutions basées sur l’indifférence. Autrement dit, je prends le pouvoir et j’en abuse, parce que cela vous est désormais égal.

De toute façon, la compassion et l’indifférence coexistent depuis longtemps dans cette source de toutes les contradictions : Le coeur humain. Notre génie en a fait son outil favori, son plus bel instrument. Il n’y a qu’un intellectuel ou un idéaliste oublieux de la nature humaine pour s’en étonner !

05/05/2008 14:30 par r_i_d

//la famine et la faim,// (mon commentaire)

Je voulais dire : la famine et les épidemies !

05/05/2008 14:20 par whereislove

"Notre mode de vie n’est pas négociable" et oui par cette simple phrase Georges sr a résumé toute l’horreur de la situation. Et l’occident de s’émouvoir hypocritement devant les évènements tragico-médiatiques tels que le tsunami avant de retomber dans sa criminelle indifférence. Evidemment certains diront : "mais que peut-on faire ?" se disant impuissants.

Et bien tout d’abord arrêter d’accepter d’être pris pour des cons. Je ne comprends par exemple pas l’émoi que peut provoquer chez certaines personnes l’affaire Bettencourt. Après tout c’est elle qui s’est jetée dans la gueule du loup et je pense qu’il y a des sujets bien plus importants et sérieux à traiter. Mais nous humains faisons preuves d’égoïsmes, d’aveuglement et d’indifférence jusqu’à ce que cela nous pète à la figure. Oui nous ne nous intéressions pas au cynisme des dirigeants parce que ça concernait les autres. Mais qui est l’autre ? L’autre un jour ça peut être nous. Ce qui devait nous intéresser c’est l’idéologie de ceux qui dirigent. Quand Bush dit "notre mode de vie n’est pas négociable", pensez-vous qu’il s’adresse aux centaines de millions d’occidentaux ou aux centaines de millions d’états-uniens ? Non il s’adresse à ses "semblables", une minorité de riches fous avides de pouvoir, quitte à bâtir ce règne sur le sang de milliers de ricains (guerre en Irak) ou de dizaines de millions de citoyens du monde. En croyant naïvement que leurs dirigeants étaient des "amis qui leur voulaient du bien" les occidentaux se sont enfoncés dans des sables mouvants où ils ne pourront plus en sortir. Voilà le monde tel un ballon qui a du mal à s’élever et il faut lâcher du lest. Le lest aujourd’hui se sont des millions de gens du tiers-monde, mais demain ce sera qui ? Il serait temps que les gens ouvrent les yeux.

Je vois certains encore croire que Bush voulait apporté la "démocratie en Irak" et qu’il veut faire de même en Iran se débarrassant du président iranien qui a pourtant été démocratiquement élu. Mais j’ai envie de demander à ces gens, qui sont-ils pour avoir le droit de vouloir imposer un concept aussi fumeux que la démocratie dans d’autres pays ? Peuvent-ils eux-mêmes donner une définition claire de la démocratie et des droits de l’homme ? Pensent-ils que dans un pays comme les Etats-Unis le peuple a encore le pouvoir ? Ont-ils balayé devant leur porte avant de chercher à balayer devant la porte des autres ? Entre la "démocratie" américaine et la "tyrannie" de certains pays laquelle fait le plus de tort aux humains à court et à long terme ? Parce que certains n’aiment réfléchir qu’à court terme or il serait bon de réfléchir à très long terme. Et à ce sujet les Etats-Unis sont une vraie menace pour le monde : pollutions en tout genre (les émissions polluantes et déchets de son industrie, l’uranium appauvri, les OGM), destruction d’infrastructures vitales (Irak) etc... Non seulement ils menacent les générations actuelles, mais ils menacent aussi les générations futures. Alors certains feraient mieux de voir le mal où ils se cachent vraiment et non là où on leur dit qu’il se cache. Les "armes de destruction massives" de Saddam Hussein ne sont pourtant pas si loin...

La situation dans le monde est chaotique mais nous devons nous en prendre à nous-mêmes. En nous enfermant dans une crédulité absolue en nos dirigeants et à leurs foutaises nous sommes co-responsables de ce "désastre". En fantasmant sur des futilités telles que les grosses voitures, les téléphones cellulaires derniers cris etc... Nous ne sommes pas interrogés sur les conséquences de l’apparition de ces merveilles sur la terre. Nous ne nous interrogeons pas aussi sur les déclarations aberrantes de nos dirigeants. Des concepts aussi fumeux que "la guerre contre le terrorisme", "notre mode de vie n’est pas négociable", "avec ou contre nous" et autres joyeusetés du genre étaient pourtant des indices sérieux que quelque chose de grave se passait. Nous aurions vu que ce n’est que le combat désespéré du minorité pour conserver un pouvoir contre-nature et destructeur.

Internet nous offre une occasion unique de discuter, de nous informer, d’échanger des idées, profitons-en car nul ne sait combien de temps ça va durer. Surtout que "la guerre contre la terreur", pourrait servir de prétexte pour fermer ce dernier espace de liberté ! Car la liberté, la vraie est une épine fort douloureuse dans le pied de ces "vampires" devant qui même Dracula passerait pour un enfant de coeur.

06/05/2008 13:36 par xéno

A cette bonne description des conséquences de la compassion, il manque une explication de ce besoin.
- la culpabilité du bonheur ?
- la volonté de dominer ?
- l’achat d’un salut éternel ?
- la consolation du plus misérable ?
- une jouissance pathologique du spectacle de la misère ?
- la sécurité du sentiment d’appartenance à une caste ?
- ...

Rien qu’à l’énoncé de ces causes possibles, il semble que la compassion soit d’abord l’expression d’une douleur et d’un mal-être de celui qui la ressent, et ceci d’autant plus qu’il se traduit la plupart du temps par un voyeurisme passif.

Une étude des sources de ce sentiment permettrait de comprendre les mécanismes qui font qu’un même individu peut à une certaine époque passer de la solidarité la plus structurante, à la compassion la plus désespérante.

Il semble qu’en abordant les interactions entre compassion et impérialisme, vous ayez trouvé un sacré brin de laine qui mériterait d’être tiré de l’écheveau des bonheurs et malheurs humains.

06/05/2008 17:47 par Sam's

Bonsoir,

Oui vraiment votre analyse a su exprimer en mots ce que je n’aurais su décrire avec autant de lucidité et avec objectivité sans complaisance aucune.

Mais dans "l’hypnose consensuel de notre vie quotidienne", il est bien difficile d’être vigilant de toutes les dérives mondialistes, par le cloisonnement et la manipulation médiatique dont on nous assène.

A mon avis la faillite du système actuel est non seulement prévisible mais prévue et contrôlée
Ce qui est également programmé c’est que le bouleversement radical à venir nous amène à réclamer nous-mêmes ce que l’on nous prépare( démocratie manipulée et contrôlée)
Reste à savoir si tout se déroulera comme prévu, car les aléas sont nombreux : il y a plusieurs candidats à la gouvernance mondiale et la bataille finale est féroce.
Mais si un postulant a eu la "sagesse" de placer des hommes à lui dans toutes les tendances,il est sûr de l’emporter.
L’ajustement se fera par la suite.

Ce qui est important est d’orienter notre vigilance non pas sur l’après 11/9 et autres mensonges machiavéliques, mais de veiller à reconnaitre au fil de l’actualité indépendante et alternative, les évènements géopolitiques, économiques et financiers qui, mis bout à bout, lèvent quelque peu le voile sur ce qui est en train de se tramer.

Une piste concerne la grande manipulation de la FED (Réserve Fédérale Américaine)vers - et encourageant - toutes les grandes Banques Centrales à injecter d’énormes quantités de liquidités auprès des banques privées, afin qu’elles assurent leurs fonctions dans l’économie, contre garantie en bon du trésor, de leur créances douteuses et autres titres insolvables. Cela ne remet en cause pour rien au monde, les structures financières spéculatives qui y sont rattachées.

Ce ne sont que des mesures à court/moyen termes et c’est reculer pour sauter encore plus profondément dans un effet levier inverse qui, lorsqu’il faudra assainir ces comptes douteux, plongera les États Nations à socialiser cette dette, c’est à dire à faire payer les citoyens par l’impôt, mais aussi et surtout, par la mise en place de réformes démantelant le droit du travail,la protection sociale et affamant un peu plus les peuples les plus pauvres.

C’est ce que nous propose Sarkozy depuis qu’il est au pouvoir et Sarkozy est un pion qui dès le départ, en pleine connaissance de cause, a adhéré au "plan du New Deal Mondial" pour être "up to date" - dans la course - et prétendre jouer un rôle dans la nouvelle donne de la mondialisation à venir.

Un autre indicateur est bien évidemment le pétrole qui aujourd’hui a passé la barre des 122 $ le baril !
Les guerres actuelles ne sont motivées que dans l’intention de contrôler la distribution de l’or noire qui atteindra son pic de production au début de la prochaine décennie. Se poser aussi la question du pourquoi "Otaniser" la guerre Afghane et suivre la montée belliqueuse des menaces du Pentagone contre l’Iran...

L’avant 11 septembre est une des conséquences de ce qui se passe aujourd’hui et les bénéficiaires des enjeux à venir, cherchent par tous les moyens à détourner notre attention comme par exemple la spéculation des marchés alimentaires et les gesticulations des droits de l’hommistes contre la chine, qui détient soit dit en passant, 25 % de la dette américaine.

Alors merci à vous de nous aider à rester en éveil

Cordialement

Sam’s

Alambic’up

05/09/2009 12:34 par Anonyme

Connaissant très bien l’Afrique, pour y être né et y avoir passé la majeure partie de ma vie(je ne parlerai que de cela), faisant suite aux révoltes, aux massacres et aux famines (ici la liste est longue) incessantes qui se passent sur ce continent, les Occidentaux ont si mauvaise conscience qu’ils ont inventés l’O.N.G...Forme nouvelle, peut-être, de néo-colonialisme mais qui, si ses dirigeants sont propres, est porteuse d’espoir pour ce continent pillé et abandonné dont le Monde dans son entier se soucie comme d’une guigne ! Cependant nous y avons, nous Français, notre part de responsabilité et l’histoire objective se doit d’être dite…Bien que nous n’ayons pas été, paraît-il, les plus mauvais des exploiteurs…Les allemands au Cameroun, par exemple, étaient plus avancés que nous dans la barbarie…L’esclavage tel qu’on nous l’a présenté n’est pas uniquement le fait des Occidentaux...C’est vrai qu’avec les colonies du « Nouveau Monde », nous avons « animé le besoin en bois d’ébène »...Car ces conquistadors pensaient que « les indiens n’étaient pas assez performants » et que « les nègres étaient plus souples et travailleurs » (sic) ! Au XVII° siècle notre « Bon Roi Louis » a crée « le Code Noir » et le comptoir de Saint Louis du Sénégal...Pour alimenter les colonies des Amériques, on a joué sur le tribalisme des anciens « Rois Nègres » pour razzier d’autres tribus et importer des villages entiers et à l’époque l’Église se tâtait pour savoir si ces hommes avaient une âme...Dans nos nouvelles possessions...Les armateurs de Nantes, par exemple, ont fait des fortunes colossales avec le commerce triangulaire, mais Espagnols, Portugais Anglais et Hollandais n’étaient pas loin derrière…Les « Rois Nègres » aussi ont fait fortune…Aidés en cela par les « Marabouts », devenant les grands pourvoyeurs de nos turpitudes…Leurs griots battaient « djembé » avec des baguettes en or (ceci s’appelant, je ne l’ai pas inventé…Le mot est souvent utilisé par mes frères intellectuels africains : « Nègreries »)*1…Après l’abolition de l’esclavage, on mêla ces pauvre types, toujours en utilisant les mêmes méthodes, dans nos sales combines guerrières…à la sortie de Dakar, il y a un lieu qui est encore occulté dans la mémoire collective des français…Le massacre en 1944 du camp de Tiaroye et de ses pauvres tirailleurs sénégalais qui demandaient la démobilisation avec un petit pécule *2…Ils ont tous été massacrés…Je n’en dirais pas plus…Car de nos jours les survivants de la 2° guerre sont à peine indemnisés…Soudan, Somalie, Tchad, Zimbabwe, Kenya, Cameroun et maintenant le Gabon...Je ne puis que constater que nos politiciens, Dr. K en tête, font tout pour maintenir l’ancienne A.O.F. dans une état de désespérance quotidienne et pour conserver notre pré carré...Le Gabon représentant, je crois, 12 à 15% des importation de pétrole en France...N’oublions pas que beaucoup de chefs africains ont acquis, en France, une légitimité, « Bongo Nouvô » en tête ! Mais n’oublions pas la Chine présente partout et l’Inde présente plus particulièrement en Afrique de l’Est, la Corée du Sud (qui en finit avec les ressources halieutiques de l’Afrique de l’Est), qui contribuent aussi pillage...Ces pays auraient torts de s’en priver et au nom de quelle morale on va les en empêcher…Mais les dirigeants africains, eux-mêmes, sans éthique sont corrompus jusqu’à la moelle...Alors oui pour l’humanitaire, mais il ne peut s’accompagner que d’un vrai combat politique et honnête (il y a trop d’intérêts en jeu) qui doit dénoncer les responsables *3…Tout du moins en France…Par exemple : les pétroliers, Areva, Pasqua, le fils Mitterrand, les mafieux de toutes les chapelles, les « kakous de nos services secrets » qui vont en Somalie pour vendre clé en main du « Sécuritaire » à des « Chef de Guerres » d’un gouvernement fantoche…En face, en mer, il y a sûrement du pétrole…Etc.
Pour quand un Monde nouveau et qui ne sera pas, ce coup ci, une utopie (bien que quelquefois nécessaire pour un peu respirer un peu) et qui posera les vrais questions !

Jean-Marie Brunier

Notes : *1-Cheikh Anta Diop in « Civilisation ou Barbarie »-Présence Africaine 2001 & Cheikh Anta Diop in « Antériorité des Civilisations Nègres »-Présence Africaine 1967
*2- Camp de Thiaroye, film de 1988 d’Ousmane Sembène
*3- Stephen Smith in « Négrologie » ou « Pourquoi l’Afrique se meurt » - Calmann-Lévy 2 003

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