« Informer n'est pas une liberté pour la presse mais un devoir »
RSS Syndication Twitter FACEBOOK MA TUER FeedBurner Google Reader Wikio

L’Étranger

Bernard GENSANE


Hier soir, sur Canal +, un collaborateur de Denisot devisait avec le porte-parole des Roms autrichiens. Un gros bonhomme, jovial et triste à la fois. Il s’appelait, je vous le donne en mille, Sarközy.

Cela fait des mois que je me tue à le dire et à l’écrire : là est le mal-être de notre kleiner Mann, là est sa névrose, là est la violence qu’il retourne contre les étrangers à son monde et les étrangers tout court. Il en va de même pour Éric Besson, dont la mère est libanaise.

Bien sûr, on n’explique pas le nazisme par le fait qu’Hitler avait, très vraisemblablement, du sang juif dans les veines (et pas à la vingt-cinquième génération). Mais les excès délirants d’un régime qui, de toute façon, eût été fasciste, naquirent dans le rapport qu’entretint ce pauvre type avec sa famille pitoyable et avec son origine fort douteuse à ses yeux.

Lors de son discours de remerciements aux militants, le soir de sa victoire à l’élection présidentielle (avant d’enfiler un jeans et d’aller festoyer au Fouquet’s avec ses copains milliardaires qui sont le sens politique de son existence), notre kleiner Mann prononça une phrase passée presque inaperçue : « La France, elle m’a tout donné. » Un Français, disons, pour simplifier, de souche, n’aurait jamais dit cela. Mais un individu aux trois-quarts étranger, marié, à l’époque à une femme qui se vantait de ne pas avoir une goutte de sang français dans les veines, avant de convoler avec une Italienne, se considérait dans ce rapport d’échange, de don (au sens “ maussien ” du terme).

Mais le problème, avec Sarközy, est celui du contre-don. Aux Français, il inflige sa propre peine. Un individu en souffrance, mais capable de générosité, sachant mettre son problème en perspective, sachant donc le relativiser, l’évacuer de son propre champ, sera en empathie avec les autres et ne vivra que pour eux. Il croira, peut-être un peu naïvement, que chaque acte posé par lui peut sauver l’humanité. Sarközy, pour sa part, fait payer sa faute originelle à ceux qu’il voit comme différents de lui. Il croit que chaque victime expulsée apportera une solution à son problème d’identité, allègera sa propre extranéité. Ou encore que chaque clochard embarqué par la police fera oublier que son père hongrois coucha autrefois sous les ponts de Paris.

Pour son exécution, Meursault souhaitait être accueilli par des cris de haine...

URL de cet article 11362
http://www.legrandsoir.info/L-Etranger.html
 
La Désobéissance éthique, par Élisabeth Weissman
Bernard GENSANE
Le livre d’Élisabeth Weissman fait partie de ces ouvrages dont on redoute de poursuivre la lecture : chaque page annonce une horreur, une bonne raison de désespérer, même si, de ci delà, l’auteur nous concède une ou deux flammèches d’espoir. Un livre de plus qui nous explique magistralement, avec rigueur et humanité, pourquoi et comment la classe dominante française met à mort l’État, les valeurs républicaines, la citoyenneté, la solidarité, la société au sens classique du terme. Préfacé par ce grand (...) Lire la suite »
LA PUBLICITE POUR AMAZON.COM QUI FIGURAIT ICI A ETE SUPPRIMEE PAR NOS SOINS
SUITE A LEUR CENSURE CONTRE WIKILEAKS
 
 
Les Nouveaux Chiens de Garde
 
img_mini_5_internationale (3K) img_mini_boycott_israel (3K) img_mini_free_for_five (3K)
Jolie-môme

« Il faut prendre à César tout ce qui ne lui appartient pas. »

Paul Eluard, Notes sur la poésie, GLM, 1936

#375
Vos dons sont vitaux pour soutenir notre combat contre cette attaque ainsi que les autres formes de censures, pour les projets de Wikileaks, l’équipe, les serveurs, et les infrastructures de protection. Nous sommes entièrement soutenus par le grand public.
L'opinion des auteurs que nous publions ne reflète pas nécessairement celle du Grand Soir
 
suivez le Grand Soir sur :
RSS Syndication  |  Twitter FACEBOOK MA TUER FeedBurner NetVibes Google Reader Wikio