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L’aliénation linguistique (4)

Bernard GENSANE


On ne va peut-être pas toujours taper sur les Anglo-américains et sur la manière dont nous nous aliénons par rapport à eux.

Parlons, pour une fois, des Africains.

Soit une petite fille de huit ans, née à Neuilly et résidant dans cette ville de rêve. Vous allez l’entendre dire, fort naturellement, "Ma poupée , elle est trop belle", ou encore, "Cette glace à la vanille, elle est trop bonne". Ce qu’elle veut dire, c’est que cette poupée est TRES belle ou que sa glace est TRES bonne.

Cette enfant n’a aucun contact avec aucun Arabe, aucun Africain noir. Et pourtant, elle leur doit cette inexactitude.

Il existe en Afrique de l’Ouest une langue véhiculaire (langue seconde parlée couramment) qui s’appelle le dioula (environ 20 millions de locuteurs). Cette langue ne fait pas la distinction entre très et trop. Elle utilise dans les deux cas le mot caman (prononcez tiaman). La confusion très/trop a d’abord concerné ce qu’on appelle désormais les "quartiers" avant de se répandre dans toute la société.

Si la petite habitante de Portum Lulliaco est vraiment sous influence, elle ira jusqu’à dire que sa glace est "trop bonne, même" (caman dè).

URL de cet article 9719
http://www.legrandsoir.info/L-alienation-linguistique-4.html
 
Éric Laurent. Le scandale des délocalisations.
Bernard GENSANE
Ce livre remarquable est bien la preuve que, pour l’hyperbourgeoisie, la crise n’est pas le problème, c’est la solution. Éric Laurent n’appartient pas à la gauche. Il est parfois complaisant (voir ses livres sur Hassan II ou Konan Bédié). Mais dans le métier, on dit de lui qu’il est un “ journaliste d’investigation ”, c’est-à-dire … un journaliste. Un vrai. Sa dénonciation des délocalisations, par les patronats étatsunien et français en particulier, est puissamment documentée et offre une mise en (...) Lire la suite »
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Jolie-môme

Depuis 1974 en France, à l’époque du serpent monétaire européen, l’État - et c’est pareil dans les autres pays européens - s’est interdit à lui-même d’emprunter auprès de sa banque centrale et il s’est donc lui-même privé de la création monétaire. Donc, l’État (c’est-à-dire nous tous !) s’oblige à emprunter auprès d’acteurs privés, à qui il doit donc payer des intérêts, et cela rend évidemment tout beaucoup plus cher.

On ne l’a dit pas clairement : on a dit qu’il y avait désormais interdiction d’emprunter à la Banque centrale, ce qui n’est pas honnête, pas clair, et ne permet pas aux gens de comprendre. Si l’article 104, disait « Les États ne peuvent plus créer la monnaie, maintenant ils doivent l’emprunter auprès des acteurs privés en leur payant un intérêt ruineux qui rend tous les investissements publics hors de prix mais qui fait aussi le grand bonheur des riches rentiers », il y aurait eu une révolution.

Ce hold-up scandaleux coûte à la France environ 80 milliards par an et nous ruine année après année. Ce sujet devrait être au coeur de tout. Au lieu de cela, personne n’en parle.

Etienne Chouard

#1251
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