Auteur Frederic LORDON

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La gauche et l’euro : liquider, reconstruire

Frederic LORDON
1. L’euro interdit radicalement toute politique progressiste possible. 2. S’il en était encore besoin, le traitement criminel infligé à la Grèce en six mois de brutalisation (rebaptisée « négociation ») prouve que l’entreprise de « transformer l’euro », ou l’hypothèse d’un « autre euro possible », sont des chimères qui, par désillusions successives, ne mènent qu’à l’impasse et à la désespérance politiques. 3. Abandonner aux extrêmes droites (qui au demeurant n’en feront rien [1]…) toute (…)
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L’euro, ou la haine de la démocratie

Frederic LORDON
Forcément, ça leur a coupé la chique. Qu’on puisse jouer la carte de la démocratie, c’est la chose qui est maintenant tellement hors de leur entendement qu’elle les laisse toujours sidérés, pantois et démunis. Vraiment, à cet instant, on aurait voulu voir leurs têtes, mâchoires décrochées comme des tiroirs de commodes fraîchement cambriolées : Sapin, Hollande, Moscovici, leurs experts organiques, leurs journalistes de propagande, tous ceux qui n’ayant que la « modernité » à la bouche se sont (…)

Pour une monnaie commune sans l’Allemagne (ou avec, mais pas à la francfortoise)

Frederic LORDON
Tel le radeau de la Méduse, la Droite Complexée (DC, ex-Parti socialiste [1]) s’accroche maintenant aux hypothèses les plus ténues pour éviter de sombrer corps et âme dans la honte historique. Une vaillante escouade de « responsables du PS français et du SPD allemand » a, par exemple, enfin cerné l’origine du « mal européen » dont elle redoute, à raison, d’avoir à pâtir : c’est « l’alliance néolibérale et conservatrice majoritaire [2] » — comprendre Angela Merkel et David Cameron. Que David (…)

Conspirationnisme : la paille et la poutre

Frederic LORDON
Le peuple est bête et méchant, le peuple est obtus. Au mieux il pense mal, le plus souvent il délire. Son délire le plus caractéristique a un nom : conspirationnisme. Le conspirationnisme est une malédiction. Pardon : c’est une bénédiction. C’est la bénédiction des élites qui ne manquent pas une occasion de renvoyer le peuple à son enfer intellectuel, à son irrémédiable minorité. Que le peuple soit mineur, c’est très bien ainsi. Surtout qu’il veille à continuer d’en produire les signes, (…)

LE COMMENCEMENT DE LA FIN

Frederic LORDON
Résumé Pour l’auteur, directeur de recherches au CNRS, la certitude de la catastrophe finale commence à se profiler. Le néolibéralisme, en effet, est un régime d’endettement généralisé : ménages, institutions financières, États. La crise menace de mettre à bas tout le système des institutions financières, car si la puissance publique a pu sauver les banques de la crise de la dette privée, il n’est pas certain qu’elle puisse y parvenir pour les dettes publiques. Les agences de notation (…)

Ce n’est pas la Grèce qu’il faut exclure, c’est l’Allemagne !

Frederic LORDON
La proposition allemande d’exclure la Grèce de l’Union monétaire européenne n’est finalement que le couronnement logique d’une longue suite de manifestations de mépris, entamée dans les années 90 avec le thème du « Club Med », alias les pays du Sud de l’Europe, incapables de se tenir à des règles de gestion macroéconomique rigoureuses (« allemandes »), poursuivies avec la proposition, entourée de rires gras, de vendre quelques îles grecques, et maintenant arrivées à leur terme avec la (…)

Crise : Monnaie, Union Européenne... et pommes de terre (4/4)

Frederic LORDON, Pascale FOURIER
[Transcription] Pascale Fourier : J’ai toute une série de petites questions bêtes... Frédéric Lordon : En général, ce sont les meilleures... Quand ca commence comme ça d’ailleurs, c’est là que je m’inquiète : question bête égal question qui tue... Pascale Fourier : A un moment, on nous a dit que le nombre de milliards qui circulaient dans la sphère financière était beaucoup plus important que ceux qui circulaient dans l’économie réelle. Je n’arrive pas à comprendre... D’où viennent ces (…)

Crise : Protectionnisme ?... (3/4)

Frederic LORDON, Pascale FOURIER
[Transcription] Pascale Fourier : Vous voulez mettre fin à la concurrence internationale ?.... Frédéric Lordon : Ah, la filoute !! « Est-ce que vous seriez pas un peu protectionniste, espèce de monstre, va ! ». Alors oui, oui, je pense que de toute manière on n’échappera pas à ce débat... « Protectionniste » : plus qu’une insulte, une imputation de monstruosité Je me refuse absolument à rentrer dans le débat protectionnisme versus autre chose. C’est la pire question du monde ! Elle est (…)

La crise est celle du "capitalisme de basse pression salariale" (2/4)

Frederic LORDON, Pascale FOURIER
[Transcription] Pascale Fourier : Vous voyez la nationalisation des banques comme la condition suffisante ou seulement nécessaire ? Frédéric Lordon : La réponse à cette question commence par préciser l’horizon temporel auquel on peut la poser : on va dire qu’il y a le court-moyen terme, et puis il y a plus long. A court-moyen terme, la nationalisation des banques est quasi-suffisante pour enrayer la crise. A court-moyen terme, je pense que la nationalisation bancaire, la (…)

Crise : la nécessaire nationalisation intégrale des banques (1/4)

Frederic LORDON, Pascale FOURIER
[Transcription] Pascale Fourier : Frédéric Lordon, vous êtes directeur de recherche au CNRS, et notre président va pouvoir être très content, parce que visiblement vous avez trouvé quelque chose... Vous m’avez dit tout à l’heure que, tel Popeye avec ses petits muscles, vous aviez trouvé en octobre un magnifique plan pour sauver l’ensemble de l’économie de la planète. Frédéric Lordon : Du système solaire plutôt... C’est très bien. C’est un lancement extraordinaire : je suis dans les (…)

« Les États-Unis sont entrés dans un déclin irréversible et l’Amérique Latine court un danger »

Frederic LORDON
Frédéric Lordon a rendu un oracle au sujet du système financier international. Cet économiste français, directeur de cherche au CNRS, auteur de dizaines de travaux mondialement reconnus et de plusieurs livres, a exposé les ressorts de la crise et de son résultat final - l’actualité - bien avant que les marchés mondiaux et le système bancaire international soient à genoux. Son dernier livre : [1], offre un diagnostic précis des racines qui ont conduites le système à l’abime des pertes (…)

Quatre principes et neuf propositions pour en finir avec les crises financières

Frederic LORDON
Alors que la crise présente n’est que la répétition formelle d’une scène caractéristique de la déréglementation financière déjà expérimentée maintes fois depuis deux décennies, il devrait être parfaitement clair pour tout le monde que, sitôt les pertes digérées - il faudra certes encore quelques trimestres -, banques et fonds n’auront pas d’autre préoccupation que d’identifier le nouveau compartiment de marché susceptible de livrer le surplus désiré de rentabilité financière. Et le cycle (…)