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Brexit / Frexit : c’est par la porte à gauche que la France doit sortir du carcan européen

Georges Gastaud est le secrétaire national du PRCF.
« La nation, c’est le peuple », Georges Politzer.

Brexit : pas de quoi pleurer !

On s’en doute, les militants franchement communistes et 100% anti-Maastricht du PRCF ne se joignent pas au chœur des médias euro-béats qui pleurent le départ du Royaume-Uni de cette lugubre prison des peuples qu’est l’UE. C’est pourtant la moindre des choses, après les années passées par l’oligarchie britannique à saboter la décision souveraine de ses concitoyens, que d’accéder enfin au vœu majoritaire des Britanniques, classe ouvrière en tête : celui de quitter une Europe supranationale entièrement conçue pour démolir les services publics, comprimer les salaires, doper les délocalisations, accélérer les privatisations, démonter les acquis sociaux, humilier la souveraineté des peuples, guerroyer contre les peuples du Sud, tenir en laisse les pays de l’Est, presser militairement la Russie et forclore toute alternative de progrès au nom de la très totalitaire « économie de marché ouverte sur le monde où la concurrence est libre et non faussée » que consacrent tous les traités européens.

Intérêt et limites de classe du Brexit pour les travailleurs britanniques

Cela ne signifie nullement que nous, PRCF, idéaliserions en quoi que ce soit le Brexit tel que va l’organiser le Parti conservateur (les sociaux-démocrates du parti travailliste ayant refusé, comme à leur habitude, de porter clairement les aspirations ouvrières à la souveraineté nationale et au progrès social). Car, évidemment, toute une partie des capitalistes britanniques tournés vers l’Atlantique et arrimés à Trump ne quittent une dépendance que pour une autre, avec l’espoir d’aller encore plus loin dans la dérégulation sociale déjà largement engagée par Thatcher et Blair. Du moins les Tories ne pourront-ils plus désormais s’abriter derrière Bruxelles pour refuser de satisfaire les revendications populaires : tant mieux pour le prolétariat britannique, car ce n’est pas un mince atout, dans la lutte des classes, que de n’avoir face à soi institutionnellement, « que » les exploiteurs de son propre pays lorsqu’il s’agit de faire reculer le capital et, le jour venu, d’abattre le capitalisme lui-même [1].

Alors que nous, travailleurs français, qui combattons la funeste retraite par points, avons à combattre non seulement le gouvernement liberticide de Macron, mais la « recommandation » de Bruxelles faite à la France au printemps 2018 d’instituer au plus tôt un « régime unique » pour « réaliser son ajustement structurel », « faire cinq milliards d’économies » et profiter des « gains de productivité réalisés dans les administrations publiques afin d’améliorer le ratio de la dette ».

Autrement dit, lorsqu’un peuple refuse un diktat européen (comme l’est en réalité la retraite à points), ce peuple doit vaincre désormais non seulement « sa » grande bourgeoisie, mais aussi les vingt-six autres Etats européens bourgeois coalisés qui peuvent compter en outre, pour bloquer l’internationalisation des luttes, sur le renfort jaunâtre de la Confédération Européenne des Syndicats (présidée par Laurent Berger, et c’est tout dire !)...

Frexit PROGRESSISTE !

Il ne faut donc pas confondre le Brexit dirigé par la bourgeoisie britannique avec le Frexit progressiste centré sur le monde du travail et tourné vers le socialisme que propose le PRCF. En France, rappelons-le, tous les P.D.G. du CAC-40 se sont prononcés pour le maintien à tout prix de l’euro en 2008, quand la crise financière mondiale a ébranlé le système monétaire, y compris en appelant servilement au renforcement de l’hégémonie allemande sur l’UE et sur la gestion de la monnaie unique.

En France, le MEDEF unanime s’est rangé en ordre de bataille derrière le Manifeste « Besoin d’aire » publié en 2012 par Laurence Parisot, alors présidente du syndicat patronal : antinational et antisocial en diable, le grand patronat « français » appelle toute honte bue à dissoudre la nation en construisant les « Etats-Unis d’Europe » et l’« Union transatlantique », à liquider les communes et les départements pour « reconfigurer les territoires » sur le modèle des Euro-Länder, à passer au tout-anglais impérial sur les lieux de travail (l’anglais a été qualifié de « langue des affaires et de l’entreprise » par le Baron Seillière, parlant au nom des patrons européens).

Pendant ce temps, Macron affiche sa détermination à accomplir le « saut fédéral européen » en substituant la « souveraineté européenne » à la souveraineté nationale et l’« armée européenne » à l’idée même de défense nationale, tout cela dans le cadre de l’OTAN et de ses projets de revanche contre le peuple russe. Cette orientation antinationale de « notre » grande bourgeoisie est tellement ancrée dans l’ADN de « nos » milieux monopolistes que désormais, Peugeot – dont le PDG Yves Calvet appelait à voter non à Maastricht en 1992 – abandonne toute posture « patriotique » et protectionniste : décidé à fusionner avec Chrysler-Fiat pour devenir pleinement une transnationale, PSA entend dorénavant poursuivre – sous un nouveau nom anglais ? – sa quête de profit à l’échelle planétaire. C’est bien ce que signifie l’expression patronale « besoin d’aire » (dans le passé on eût dit « Lebensraum », espace vital !), car désormais l’oligarchie « française » étouffe dans l’Hexagone et tente de recentrer ses prédations et ses fusions monopolistiques sur l’échelon transcontinental.

Dans ces milieux héritiers des Emigrés de Coblence, des Versaillais de Thiers et de la juteuse collaboration économique » des années noires (pas pour le capital en tout cas !), nul ne souhaite plus sortir la France de l’euro, cette austérité continentale calée sur le mark, de l’UE, cette Sainte-Alliance dirigée par Berlin et supervisée par Washington, de l’OTAN, cette machine à combattre la Russie et la puissance chinoise émergente. Si bien que, non seulement les droites LR et LREM, non seulement le PS, mais aussi la dynastie Le Pen (père, fille et nièce...) et jusqu’à Dupont-Aignan s’inscrivent désormais totalement dans les limites de l’euro et de l’UE supranationale que ces messieurs-dames prétendent tous « réformer du dedans ».

Quant aux sociaux-démocrates et à leurs éternels satellites électoraux « eurocommunistes », ils imposent au mouvement ouvrier le slogan mensonger de la « réorientation progressiste de l’Europe » qui empêche le mouvement populaire de briser les chaînes de la social-eurocrate et de l’appareil euro-dépendant de la CES présidée par Berger ! C’est aussi ce qui fait toute l’inconsistance objective du « souverainisme » bourgeois dans sa prétention à séparer la question de l’indépendance nationale de son contenu anticapitaliste ; pourtant, seule cette dimension anticapitaliste est susceptible de fusionner le patriotisme populaire au combat social pour faire du peuple travailleur le centre de gravité de l’émancipation indissolublement nationale et sociale de notre pays. C’est déjà ce que dessinait le CNR quand il invitait, dans son programme “ Les jours heureux ”, à « mettre le monde du travail au centre de la vie nationale ».

Patriotisme et combat pour le socialisme sont indissociables !

C’est pourquoi nous, militants communistes fidèles aux luttes du grand PCF contre la Communauté Européenne de Défense (1954) et pour le Non populaire à Maastricht, réaffirmons ceci : le combat pour l’émancipation de la France sera dirigé par le monde du travail ou ne sera pas, tant la reconquête de la souveraineté nationale est inséparable de la nationalisation démocratique des secteurs-clés de l’économie, de la reconstitution planifiée du « produire en France » et de la mise en place d’une constitution nouvelle centrée sur la démocratie populaire. Car alors que la bourgeoisie révolutionnaire de 1793 a longtemps tracté le mouvement visant à fonder la nation républicaine, la grande bourgeoisie contre-révolutionnaire d’aujourd’hui dissout la nation dans ce que Bruno Lemaire nomme crûment l’« empire européen ».

C’est pourquoi, dans les conditions françaises, n’en déplaise au souverainisme bourgeois qui dénie la dimension anticapitaliste, anti-impérialiste et antifasciste du Frexit, le retrait français de l’UE atlantique ne peut être que centré sur le monde du travail unissant les couches populaires et moyennes contre la grande bourgeoisie antinationale. Décidément, si un peu de patriotisme superficiel éloigne du combat de classe pour le socialisme, beaucoup y ramène... et réciproquement !

[1] Observons qu’au moment où la Grande Bretagne sort de l’Union Européenne, Boris Johnson est obligé de concéder une augmentation de 6% du SMIC, il met en œuvre des investissements publics sans précédent depuis longtemps dans le National Health Service (le service national de santé) et lance la renationalisation de plusieurs lignes importantes de chemin de fer. Quel contraste avec la situation des travailleurs en France, où l’hôpital public est étranglé par l’euro-austérité, les lignes TER et la SNCF, les aéroports, la Poste privatisés et les salaires bloqués en application des directives européennes et sous la contrainte de l’Euro !

COMMENTAIRES  

02/02/2020 12:22 par irae

Oui les pleureuses sous ce n’est qu’un aurevoir et autres simagrées qui se posent toujours un peu là quand il est question de fustiger ces vilains émeutiers de gilets jaunes et autres anti retraite par points en doctes défenseurs de la démocratie électorale. Le vote devenu baillon manipulatoire par excellence mais dont les taux d’abstention toujours plus élévés tendent à prouver que le peuple paraít-il infantile comprends de mieux en mieux la supercherie.
Pourtant nos donneurs de leçons en démocratie, où tu fermes ta gueule et à la niche, entre 2 scrutins s’y entendent quand le résultat du vote ne va pas dans leurs sens et que piteux ils constatent que leur propagande à la tonne est inopérante. Soudain le respect des principes dont ils se faisaient les chantres vacille. Et on les voit furieux, comme en 2005 et lors du brexit fustiger et injurier à pleins plateaux tv de commentateurs ces cons d’électeurs. Et pas un mot quand le vote du peuple souverain est bafoué comme en 2008.
Aucun respect non plus pour les votes venezueliens, par exemple, qui contredisent trop visiblement leur propagande neo-libérale.
Bref de la démocratie oui mais seulement si elle leur donne raison.
Quant au brexit bien joué le peuple britannique pourtant peu porté au marxisme et au communisme. Oui l’UE est une grande machine acéphale neolibérale portée sur les fonds baptismaux par les usa après guerre pour favoriser son commerce et qui n’a fait que remplacer la guerre militaire par la guerre commerciale et instaurer la lutte individuelle de tous contre tous.
Sauf que les britanniques n’ont pas du tout la même constitution que nous et que contrairement à la notre pas possible de contourner un référendum même en essayant toutes les manipulations.

02/02/2020 15:17 par Jean-Yves Leblanc

Ma première remarque sera de dire : "Enfin, un article sur le Brexit". Le Brexit a beau être un des événements politiques majeurs de ces dernières années, c’est un sujet quasiment tabou au sein de la gauche radicale. Tout le monde râle contre l’UE mais, préférant conserver ce qu’ils combattent, nos grands révolutionnaires persistent à voir dans l’UE un petit bout d’internationalisme ! Bravo donc à cet article du PRCF qui nous invite - c’est le minimum - à ne pas pleurer sur le Brexit.

Ma deuxième remarque porte sur le début du second paragraphe :
"les sociaux-démocrates du parti travailliste ayant refusé, comme à leur habitude, de porter clairement les aspirations ouvrières à la souveraineté nationale et au progrès social"
Quel euphémisme ! Pendant plus de 3 ans les travaillistes ont trahi le vote de 2016 en faisant tout pour que le Brexit n’ait pas lieu et juste avant les élections de décembre dernier, ils demandaient un second référendum pour effacer le premier !
C’est uniquement la victoire des conservateurs - rendue possible par le vote massif des travailleurs anglais pour les Tories - qui a permis le Brexit et donc le respect de la volonté populaire. Une victoire du Labour l’aurait enterrée.
Au Royaume Uni, il n’y a pas de RN qui colonise les villes ouvrières depuis des années. Les travailleurs des Midlands sont viscéralement attachés au Labour mais ils ont voté ponctuellement à droite pour virer leurs traîtres et pour faire entendre leur voix.

Ma troisième remarque porte sur le "Frexit progressiste" (ou "par la porte de gauche") du PRCF.
La gauche Britannique est plus éclairée que la française. Il y a une aile Lexit (gauche pro-brexit) au Labour et le parti communiste britannique (qui continue à avoir de l’influence et dont le journal le Morning Star fait encore autorité) est pour le Brexit contrairement au PCF qui pleurniche avec Macron sur la rupture de l’UE. Corbyn était d’ailleurs partiellement pro-Brexit avant de se renier. Or l’expérience britannique vient de montrer que, malgré cela, la seule porte de sortie était à droite.
Dans la situation française où il n’y a presque personne à gauche pour demander le "Frexit", que peut bien représenter l’adjectif "PROGRESSISTE" que le PRCF lui accole en gros caractères si ce n’est un voeu pieux ? Voeu pieux qui implique clairement 2 choses ou peut-être même 3 :
- Pas de stratégie d’union des forces souverainistes
- Attente indéfinie d’une reconquête des masses populaires par un PRCF actuellement inexistant ou d’un retour de la FI au souverainisme ?
- Retour électoral prochain à une union de la gauche "progressiste" (FI, PCF, EELV, NPA ...) moyennant l’oubli pudique du terme "Frexit" et l’abandon du souverainisme ?

PS : Le (1) en bas de l’article démontre que les luttes sociales ne peuvent plus aujourd’hui se subordonner aux étiquettes politiques et que le vote stratégique des classes populaires anglaises était pertinent.

02/02/2020 15:26 par Assimbonanga

Effectivement, ceci est fort déstabilisant : "au moment où la Grande Bretagne sort de l’Union Européenne, Boris Johnson est obligé de concéder une augmentation de 6% du SMIC, il met en œuvre des investissements publics sans précédent depuis longtemps dans le National Health Service (le service national de santé) et lance la renationalisation de plusieurs lignes importantes de chemin de fer"...

Cela porte le SMIC au niveau du smic français, à peu près. Et il lance des "travaux" urgents repoussés depuis trop longtemps. A toute chose malheur est bon !

Il suffirait qu’il se mette à prendre le fric là où il se condense (dans les hauteurs financières) et il deviendrait socialiste (au sens premier) !

02/02/2020 16:16 par JC

C’est un peu chipoter sur la couleur de la pince qui viendra couper les liens (puisque le Frexit, c’est quelque chose de "technique", ça n’a pas de coloration particulière autre que de remettre la souveraineté à l’échelle nationale). La direction à prendre après, c’est la question suivante : on cligne des yeux, la lumière du soleil éblouit un peu, on jette un œil (enfin en réalité on a déjà étudié la carte depuis longtemps et on a une assez bonne idée de quoi faire pour tout un tas de choses, là encore qui dépendent peu d’idéologies puisqu’il y a un paquet d’urgences) et on y va.

Chacun voit aussi son progressisme à sa porte, pour Macron, le progrès c’est que l’État protège mieux le pouvoir de l’argent contre les humains. Donc manier ces mots-là, ça sous-entend de ne s’adresser qu’à son groupe avec lequel on partage les mêmes définitions et repères, autrement dit c’est se faire plaisir mais de façon stérile. Or, il n’est pas besoin d’être de ce courant de pensée pour évidemment approuver bon nombre de mesures qui seront de fait sociales et défavorables au capital.

Dupont-Aignan, d’après ce que je crois comprendre (lors de la fête du Brexit), serait sur un plan A / plan B à la Mélenchon, en terme de stratégie électorale (il dit qu’il veut d’abord renégocier, enfin on l’a vu en 2017). Là encore c’est s’interroger sur la couleur des chaînes, mais bon, le Brexit est un événement de nature à faire bouger les lignes, comme Philippot le faisait remarquer, LFI et RN abandonnent l’idée de sortir de l’UE, déjà bien trop peu mise en avant, au moment-même où elle va prendre de l’ampleur... Faut espérer un énième retournement de veste parce qu’on ne sera pas de trop pour instruire la population. Reste le problème syndical, là aussi c’est assez verrouillé au sommet.

Je parle d’instruire la population car on voit bien que beaucoup de gens défendent l’UE sans savoir ce que c’est et quel impact ça a dans la vie (j’ai des micro-trottoirs de RT en tête...), et ils ont toujours l’impression que c’est quelque chose de beau et de normal, de façon abstraite. Et les politiciens font leurs électoralistes au lieu de prendre vraiment leur rôle de meneurs, de personnes qui en savent forcément plus vu qu’ils y consacrent leur vie. On a dit non en 2005, ça compte pourtant, non ?

02/02/2020 18:18 par irae

J’apoute en complément au post d’Assimbonanga la renationalisation de certains réseaux ferrés à rebours de toutes les injonctions communautaires. Ce que c’est que d’être souverain en son pays.

03/02/2020 02:36 par Roubachoff

Frexit de droite ou de gauche, aucune importance, pourvu qu’il y ait Frexit. Après la sortie de l’UE, la vie ne s’arrêtera pas, et l’histoire non plus. Quand j’ai rappelé ici, il n’y a pas si longtemps, qu’un homme de droite, en 1940, a sauvé l’Europe du nazisme, j’ai sacrément dégusté, et pourtant... Aujourd’hui, ce sont des hommes de droite qui ont tiré la Grande-Bretagne du cauchemar fédéraliste. Pour le moment, ils prennent des mesures plutôt positives, et si ça devait changer, le Labour, une fois remis de la catastrophe Corbyn, repartira à la conquête du pouvoir. Ou qui sait, une nouvelle force de gauche émergera. En d’autres termes, l’exemple britannique, quoi qu’il arrive, montre bien que Tsípras avait tort. Ce n’est pas en restant dans la "prison des peuples" qu’on s’en évade.
Puis qu’on en parle, tout le monde a vu le discours d’adieu de Farage à l’UE ? De droite ou non, ce type a des tripes et de l’humour. Mais le plus drôle, c’était la pionne allemande qui essayait de ramener l’ordre. Pour finir, les eurodéputés partants lui ont symboliquement montré leurs fesses, et j’ai rarement autant ri. Après coup, ça m’a beaucoup moins amusé, parce que ça souligne l’insondable bêtise de nos "amis" germaniques, auxquels Macron et sa bande (mais pas qu’eux) sont inféodés.

03/02/2020 11:37 par malitourne

Le problème c’’est le 《Fremain》. Le Frexit c’est la solution. Le Frexit c’est le choix de la démocratie pour la France. Le Fremain c’est l’assujetissement de la France a une politique supranationale ordolibérale austéritaire que la majorité du peuple refuse. Le Frexit est une cause populaire avant d’être une cause idéologique. Le Frexit prime donc sur l’idéologie car il institue le pouvoir au peuple. Le Frexit est bleu blanc rouge.

03/02/2020 14:15 par Assimbonanga

Tout le monde s’est extasié du pape François.
Tout le monde s’extasie de Boris Johnson.
Moi, je dis qu’on ne change pas la nature intrinsèque des gens.
Boris Johnson lâche du mou pour faire passer la pillule.
On verra la suite, je ne suis pas près de m’enthousiasmer pour lui !

03/02/2020 15:27 par dani

Quand on est dans une prison, on cherche a en sortir, quel que soit le moyen, et quelle que soit la porte !
En sommes, M. Gastaud se plait à rester enfermé dans la prison l’UE tant que la porte de sortie n’est pas celle de la gauche, quelle inconséquence pour un dirigeant politique ! Vous vous condamnez par pureté idéologique à rester les bras croisés à regarder passer le train de l’histoire en attendant que vous soit proposée les clés de la porte de gauche, vous pourrez attendre longtemps comme ça !
Car le Frexit ne pourra avoir lieu, et vous savez parfaitement au fond de vous-même, seulement et seulement si se met en place une large coalition qui va de la gauche à la droite, type CNR, pour arracher la France de cette construction totalitaire qui nous détruit à petit feu. Car on en est là, la maison brule M Gastaud, mais peut-être pas encore suffisamment pour vous. C’est en ce sens que le Frexit n’est ni de gauche ni de droite, il est ou il n’est pas.

03/02/2020 17:56 par Papa Razzi

Pour sûr, le Brexit nous concerne bien davantage que les ronds de jambe de Guaido ou les gesticulations de quelque has-been en Amérique latine.
Mais cela n’est visiblement pas l’avis de ceux qui vaticinent du fond de leur poulailler d’acajou, en croyant que Macron va reculer à cause des 27 256,4 amendements déposés par la FI et que Blanquer est le principal acteur du déclin de la France.

Inutile d’aborder le sujet du Frexit, l’imperméabilité des cerveaux réfractaires sera vaincue par la réussite économique, extrêmement probable, du RU.
En attendant, que de temps perdu à vouloir rester dans l’UE, ou plus exactement l’AE, j’entends l’Agglomération Européenne, car il n’y a pas plus d’union entre les peuples européens que de beurre au cul.

03/02/2020 23:00 par Danael

Pour l’instant les partis politiques qui demandent le Frexit sont très minoritaires en France. Et vu l’état de division interne à gauche comme à droite , je ne me fais aucune illusion sur une sortie de l’UE avec les partis en place. Ceux qui pensent que le Frexit n’est qu’une affaire technique sont des technocrates simplistes qui n’inspirent guère la confiance des gens à cet instant. J’aurais davantage confiance pour ma part aux luttes sociales persistantes chez nous et de plus en plus radicales dans leurs revendications. Elles donnent au moins le goût d’ un autre monde tout en pointant du doigt l’ effondrement des solutions que peut offrir le libéralisme à la société. Cela se passera donc comme aujourd’hui, d’abord dans la résistance, les rencontres et la cogitation avec un maximum de secteurs de la société en lutte. Il n’y a de sens qu’en partant de là. Les coalitions de partis telles qu’elles se présentent avec les vieilles recettes d’étiquettes c’est fini. La montée de l’abstentionnisme dans les élections qui comptent devrait nous avertir. Dans notre démocratie où les jeux sont pipés d’avance, les élections commencent à devenir ce poison qui divise et distrait au lieu de nous faire avancer .

04/02/2020 00:26 par Roubachoff

@Assimbonanga
Personne ici ne s’extasie sur personne. Ce n’est pas un télé-crochet ou l’élection de Miss France. Force est simplement de constater que Boris Johnson s’est sorti d’une situation pourrie et que Nigel Farage a été assez rigoureux pour retirer ses candidats et, ainsi, ne pas saboter les dernières élections. A comparer avec 2017, où la gauche n’a pas réussi à s’entendre pour empêcher un second tour Macron/Le Pen. (La faute à qui, c’est un autre débat...)
Quant au pape François, si je voulais faire ma Mila, je dirais que je lui... Mais restons polis.

04/02/2020 00:38 par rey

Excellent article de Jean-Yves Leblanc, qui devrait aider le PRCF à laisser tomber ses incantations puériles sur la sortie nécessaire par la porte de gauche. Le PRCF fait d’ ailleurs de timides progrès en ce sens en signalant les avancées concédées par B.Johnson : gageons qu’ une bonne partie des classes populaires préfère une augmentation du SMIC initiée par un politicien très à droite à une austérité européiste défendue par une gauche morale et financièrement sans problèmes.

04/02/2020 10:36 par Georges SPORRI

En commettant une "fixette" sur le "frexit" et en se gargarisant avec le mot "patriotisme" ad nauseam le PRCF crée un pont imaginaire très malsain avec le nationalisme de droite. Il alimente le délire des souverainistes qui veulent l’union sacrée entre la bourgeoisie nationale et le prolétariat. Il valide les fantasmes selon lesquels la France serait une pauvre petite prisonnière alors qu’elle est une sale mattone. C’est ce que la FI a pigé en laissant tomber ces balourdises.

Sinon la gauche "lutte des classes" a forcément comme ennemi principal "sa" bourgeoisie nationale et toutes les forces de droite ce qui inclut 80 % du PS !

04/02/2020 12:49 par babelouest

Pour commencer à bien connaître Gastaud (qui ne m’aime pas, je ne sais pas exactement pourquoi, ou peut-être parce que j’ai eu l’audace parfois de le contredire, justement en pointant son côté il faut le dire un peu sectaire) je pense effectivement qu’il est vissé dans son marxisme (que je ne partage pas avec lui, je suis bien trop libre pour cela). Oui, une sortie de l’union se doit d’être sociale, et elle peut l’être dès que les empêcheurs sont écartés. C’est ce qu’était le CNR né A LA FOIS (et c’est important) des communistes et des gaullistes. On se contentait de faire jouer au maximum le pragmatisme, les grands idéaux passant après.

La souveraineté est essentielle, parce que sans elle on est coincés par l’émanation des banquiers : Bruxelles. Elle n’est pas suffisante, n’en déplaise à Monsieur François Asselineau, qui veut sortir (au bout de deux ans ou plus quoi qu’il en dise), puis dire : débrouillez-vous maintenant. Je pense que cela manque de courage. Il est vrai qu’il n’a, et de loin, pas la même position sociale que moi.
.
Parce que la souveraineté passe aussi par celle de la langue, je conclurai : oui, la France doit sortir de l’union, ou plus exactement constater qu’elle n’y est jamais entrée (voir le référendum — du peuple, par le peuple, pour le peuple — du 29 mai 2005) et donc agir en conséquence.
https://ti1ca.com/kuse9x5y-2020-01-28-constit-a-modif-2020-01-28-constit-a-modif.pdf.html

04/02/2020 18:02 par Autrement

Moi ce qui me préoccupe dans une prise de position politique, c’est sa possibilité de réalisation actuelle, sa traduction pratique.
Le CNR ? Les Jours heureux ? Bien sûr.
Mais vous qui prétendez qu’il n’y a pas de différence entre sortir de l’UE par une porte ou une autre, vous avez sous la main un De Gaulle potable ? Vous avez sous la main un parti communiste à 20%, respirant la Résistance et la créativité ?

Ce qu’il y a d’intéressant dans le CNR, pour nous aujourd’hui, ce n’est pas une impossible coopération de la carpe et du lapin, que seuls en leur temps les combats communs contre l’occupant avaient pu permettre. Et rappelons qu’il a suffi d’une grosse poignée de dollars bien placés pour exclure du gouvernement les ministres indésirables.
Ce qui nous intéresse pour le présent dans le CNR, c’est le contenu de son programme, ce sont les conditions de possibilité de son application effective, c’est sa démarche populaire, prolongeant les conquêtes de 36.

Quant à Churchill (alias Boris Johnson ?!), j’ai l’impression que son cigare continue à enfumer beaucoup de monde. C’est l’URSS, ce sont les résistants des différents pays, qui ont sauvé l’Europe du nazisme. Ce n’est pas Churchill, lui qui, dès 1943, mettait en oeuvre son plan pour liquider la résistance grecque.
Et Boris Johnson ne sauvera pas l’Angleterre de la crise du capitalisme.

04/02/2020 18:39 par Chrls

@04/02/2020 à 00:26 par Roubac
Quant au pape François, si je voulais faire ma Mila, je dirais que je lui... Mais restons polis.


Ouais restons polis,votre mila ne serait ’elle pas une nouvelle Greta ?

Tiens ,je paries que vous n’oserez pas pisser sur le troisième livre de la religion ...

Le grand soir ou la petite veileuse ...

04/02/2020 20:57 par Albert-Nord

Il n’y a pas si longtemps, la plupart des commentaires que je viens de lire ici auraient été considéré comme lepeno-pasquo-réac !
Le temps et les événements portent leurs effets.
J’aime bien le PRCF, mais avant de donner des leçons d’orthodoxie à tout le monde, il devrait déjà reconquérir le PCF... parti ultra européiste vautré dans la plus grande imbécillité.

Sophia Hocini du PCF insulte Zamane Ziouane
Verbatim :
Sophia Hocini PCF ; Je suis absolument contre une sortie de l’union européenne. Pour moi les eurosceptiques ce sont des gens qui sont profondément racistes, qui sont véritablement dénués de valeur..etc

Brexit, Frexit, Fascistes ?

05/02/2020 00:32 par Roubachoff

@Chris
"Ma Mila"... Vous êtes sûr d’avoir le sens de l’humour ?
@Autrement
Par pitié, ne recommencez pas ! En 1940, les Russes étaient liés aux Allemands par un pacte et la résistance existait à peine. Ce débat a eu lieu sous un autre article, il n’y a pas si longtemps. On passe à autre chose.

05/02/2020 08:32 par cunégonde godot

M. Gastaud :
Brexit / Frexit : c’est par la porte à gauche que la France doit sortir du carcan européen

Il n’y a pas de porte à un carcan.
Un Etat-nation peut à tout moment rendre caduc un traité.
Le peuple britannique souverain considèrant que la contrainte européiste n’est que soumission au néo-totalitarisme mondialiste a décidé de se (re)prendre en main.
M. Johnson a remporté des législatives sur un programme à deux termes : l’indépendance nationale, et un plan de réformes sociales et d’infrastructures – le premier terme conditionnant le second.
Qui vivra verra...

05/02/2020 12:07 par Autrement

@Roubachoff. Pas de pitié pour les distorsions de l’histoire à des fins d’actualité à la mode. Je réitère.
Avant le pacte germano-soviétique, combien de fois faut-il le rappeler, il y a eu les accords de Munich : vous les mettez donc entre parenthèses ? Et avant cela encore, il y a eu les vains efforts de Staline pour rallier l’Europe à une coalition anti-nazi.

Churchill était derrière Chamberlain. Celui-ci, après sa démission, a été membre du cabinet de guerre de Churchill. En 1940, devant l’envahissement de la France, ça faisait un peu moche, Churchill l’a re-démissionné. Pour sa propre popularité.
Churchill ne rêvait qu’un chose, comme d’ailleurs les autres Munichois : non pas vaincre les nazis, mais les diriger contre l’URSS. Il a défendu les intérêts de la Couronne, c’est-à-dire de l’impérialisme anglais. Voyant que contre toute attente, Hitler attaquait à l’ouest, il a bien fallu défendre son pays contre l’invasion.

Mais dire qu’il a "sauvé l’Europe du nazisme" est une contre-vérité et une insulte inacceptable faite à ceux qui l’ont vraiment sauvée.

06/02/2020 06:06 par Roubachoff

@Autrement
En 1940, il faudra le répéter combien de fois ?
Depuis toujours, je me fais étriper quand je rappelle à certains de mes interlocuteurs qu’avant le Pacte germano-soviétique, il y a eu l’abjection de Munich. Tout ce que je tiens à souligner, c’est que l’histoire peut être paradoxale — parce que l’important, ce n’est pas ce que les hommes croient faire, mais ce qu’ils font.
Dernière intervention de ma part sur ce sujet.

06/02/2020 11:14 par Autrement

Pardon, mais en 1940, - puisque vous soulignez la date -, c’est la résistance grecque dont on pourrait dire qu’elle a sauvé l’Europe du nazisme, car c’est elle qui a non seulement retenu les troupes de Mussolini, mais forcé les troupes allemandes à intervenir et à occuper durablement la Grèce ; elle a ainsi suffisamment (et héroïquement) retardé leur avance vers l’Est, et Staline a eu le temps de parachever ses préparatifs. Voilà, c’est tout pour moi aussi.

08/02/2020 21:07 par François de Marseille

@ Roubachoff : J’ai vu le discours de Farage, et j’ai beaucoup apprécié. Farage c’est la droite dure certes mais c’est aussi le Brexit. Et alors, De gaulle c’était aussi la droite dure, et il a fait ce qu’il fallait pour son pays. C’est pas le CNR qu’il avait en tête quand il s’est battu, mais c’est ça qu’il a eu.

@ Sporri : "En commettant une "fixette" sur le "frexit" et en se gargarisant avec le mot "patriotisme" ad nauseam le PRCF crée un pont imaginaire très malsain avec le nationalisme de droite. Il alimente le délire des souverainistes qui veulent l’union sacrée entre la bourgeoisie nationale et le prolétariat"

Tu pars en couille totale, camarade. J’ai l’impression d’entendre la propagande pourrave des merdias. L’extreme droite on y est avec l’ue, les jérémiades de ce genre me font penser à un ado petit bourgeois persuadé de sauver le monde en pleurnichant sur le fn. Tu vaux mieux que ça.

08/02/2020 21:21 par François de Marseille

@ Albert Nord : "Sophia Hocini PCF ; Je suis absolument contre une sortie de l’union européenne. Pour moi les eurosceptiques ce sont des gens qui sont profondément racistes, qui sont véritablement dénués de valeur..etc"

Le PCF...rien que le nom fait rire, lire leurs délires est devenu un sketch comique. Le PCF n’est plus dans la course, ni pour les idées (completement hors sol) ni pour le poids électoral (tombé aux oubliette et c’est bien fait pour leur gueule). C’est un parti gâteux qui raconte n’importe quoi, personne ne prête plus attention à leurs délires.

La seule issue à court terme serait d’assainir la FI, qui présente une bonne base de travail, mais elle se renferme actuellement dans une logique qui ne la menera, de mon point de vue, nulle part.
C’est sûr que si le PRCF avait la base électorale de la FI ou si la FI avait la rigueur intellectuelle du PRCF, ça aurait d’la gueule ;o).

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