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Contre-réforme des retraites : un argumentaire de Philippe Arnaud

Face à la propagande gouvernementale et médiatique, il convient d’aiguiser les couteaux. C’est ce que fait Philippe Arnaud avec sa précision coutumière. Philippe s’exprime ici en tant que responsable des Amis du Monde Diplomatique à Tours.

1. On vous dit : il faut bien travailler plus longtemps car on vit plus longtemps. Faux !C’est inverser le rapport des causalités ! C’est parce que, depuis 1945, la durée globale du travail a tendanciellement diminué, par jour, par mois, par an, et tout au long de la vie, que les Français vivent plus vieux. Si on augmente la durée du travail (selon tous les critères de temps), la durée de la vie se remettra à diminuer.

2. On vous dit : la longévité ne cesse d’augmenter. Très inexact ! Si, vers 2003, la durée de la vie augmentait d’un trimestre par an, cette augmentation a fortement régressé, pour ne plus être que d’un mois par an.

2.1. Lorsqu’on vous parle de l’augmentation de la longévité, voici ce qu’il faut rétorquer : ce n’est pas la durée de la vie qui compte, c’est la durée de la vie en bonne santé ! Or, celle-ci, il y a quelque temps, était de 64 ans pour une femme et de 63 ans pour un homme. [J’en sais quelque chose, c’est à 63 ans qu’on m’a diagnostiqué un diabète]. Quand on vieillit, on attrape des maladies chroniques : diabète, cancer, Parkinson, Alzheimer, hypertension, plus baisse des facultés visuelles, auditives, mémorielles, baisse des réflexes, de la capacité à récupérer, etc. [Je tente une image : quand on perd la moitié de ses facultés, ou quand on souffre la moitié du temps, c’est comme si, pour soi, l’année ne comptait plus que six mois. A quoi sert une pension lorsqu’on n’en jouit qu’à moitié ?].

2.2. Sur la longévité, vous pouvez aussi rétorquer ceci : à l’âge de 35 ans, l’écart d’espérance de vie entre un ouvrier et un cadre est de 7 ans, et celui de l’espérance de vie en bonne santé est de 10 ans. Les 40 % d’hommes des catégories socioprofessionnelles les plus modestes dans la tranche des 48-55 ans ont un risque de l’ordre de 30 % supérieur d’avoir une retraite de moins de dix ans (et un risque d’environ 15 % plus élevé de ne pas même atteindre la retraite). [Michaël Zemmour, voir infra]. Conclusion : lorsque le gouvernement retarde l’âge de départ à la retraite, il prend une décision de classe : il abrège délibérément la vie des plus modestes. [Je dis bien la vie et non pas seulement la durée de vie à la retraite].

2.3. Sur cette longévité, vous pouvez ajouter ceci : sous la pression du Medef, le gouvernement Macron a supprimé quatre critères de pénibilité. Ces critères sont la manutention manuelle de charges, les postures pénibles, les vibrations mécaniques (par exemples les ouvriers maniant des marteaux piqueurs) et l’exposition aux risques chimiques. A la place, il a mis en place une "usine à gaz" d’examens médicaux laissant les médecins libres de déterminer à quel point les salariés ont été handicapés par ces risques. Cette non-prise en compte va encore abréger la durée de vie des ouvriers. Encore une décision de classe...

3. On vous dit : il n’y aura pas de retraite inférieure à 1200 euros. Sauf que le gouvernement omet de préciser : pour les salariés qui auront eu 43 années de cotisations complètes ! Or, parmi les plus petits salaires, il est très rare que les gens aient eu carrières complètes. Souvent ils ont eu de longues périodes de chômage, des CDD, des temps partiels subis. Il est donc rare qu’on trouve, pour les petites payes, des carrières complètes. Cette disposition ne concernera donc qu’un nombre minime de bénéficiaires. Cela rappelle la mauvaise foi des compagnies d’assurances de santé américaines, qui entretiennent des armées d’experts, qui refuseront de prendre en charge votre opération sous prétexte que, 30 ans auparavant, vous avez oublié de prendre un médicament pendant une semaine ou que vous avez fumé un paquet de cigarettes...

4. On vous dit : la présente réforme est destinée à soutenir le système de retraites. (Comme la corde soutient le pendu). Sauf que le report de l’âge de la retraite va, à la fois, diminuer fortement la surcote et, corrélativement, augmenter la décote. Quand vous partez plus tard que l’âge légal, on vous "récompense" par une surcote (c’est-à-dire un supplément de pension). Et quand vous partez avant, parce que vous vous estimez épuisé, on vous pénalise par une décote (c’est-à-dire un retranchement de pension). En faisant passer l’âge de la retraite de 62 ans à 64 ans, on supprime deux ans de surcote et on ajoute deux ans de décote : toujours ça de gagné...

5. On vous dit : il faut sauver le système de retraites car il est en déficit. Ce qui est malhonnête, dans cette déclaration, c’est qu’on ("on" = le patronat, la droite, le gouvernement) parle toujours de milliards de déficit (les milliards cela impressionne) sans mettre ce chiffre en regard avec deux autres chiffres : d’abord celui du montant total des retraites, dans les 345 milliards. Si on prend comme valeur du déficit 14 milliards (chiffre variant beaucoup, et pouvant même, certaines années, être nul, voire présenter un excédent) et le montant des retraites à 345 milliards, c’est comme si, avec un salaire de 2300 euros (salaire moyen en France), on était, à la fin du mois, dans le rouge de 93 euros. Il y a donc là de quoi relativiser. L’autre chiffre à mettre en regard est celui du montant des cadeaux fiscaux consentis aux riches et aux entreprises. Rien qu’en 2019, le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE) versé aux entreprises fut de 40 milliards, pour un nombre d’emploi créé sans rapport. On voit donc le "déficit" des caisses de retraites d’un tout autre œil...

5.1. A cet égard, il faut se rendre compte d’un point aveugle, d’un angle mort dans le regard du gouvernement. C’est que, pour rééquilibrer le régime des retraites, il ne compte que sur des mesures de temps : allonger la durée de cotisation ou retarder l’age de départ à la retraite. Jamais le gouvernement n’envisage une hausse des cotisations ou des impôts, alors qu’il n’est jamais en panne d’invention fiscale pour créer la CSG ou la CRDS. Alors qu’il suffirait, même à un taux minime, de rétablir l’ISF ou de revenir sur des exemptions d’impôts ou des exonérations de cotisations sociales pour résorber le déficit. Là aussi, on a affaire à une décision de classe : le gouvernement ne veut pas mécontenter ses sponsors et ses électeurs, c’est-à-dire les plus aisés...

6. On vous dit : il faut bien retarder l’âge de départ à la retraite (ou augmenter la durée de cotisation), car il y a de plus en plus d’inactifs et de moins d’actifs pour subvenir à leurs besoins. Sauf que cette objection peut être contrée de trois côtés. D’abord les inactifs, ce ne sont pas seulement les vieux : ce sont aussi les jeunes, tant qu’ils sont à la charge de leurs parents. Or, depuis plusieurs années (depuis 2010) selon les calculs, on a une baisse de la natalité, donc moins d’inactifs jeunes. Ensuite que la "charge" des vieux n’est pas une charge physique, comme si les actifs devaient porter les vieux sur leur dos. Les actifs entretiennent les inactifs avec de la richesse créée : or celle-ci augmente avec les progrès de la productivité. En 1920, la moitié de la population française travaillait dans l’agriculture et nourrissait environ 42 millions de personnes. Aujourd’hui, 2 % de la population travaille dans l’agriculture et nourrit 67 millions de Français (et il y a même, ponctuellement, des excédents). Et comment le gouvernement ose-t-il dire cela alors que la grande distribution envisage de supprimer 200 000 caissiers et caissières pour les remplacer par des caisses automatiques, où ce seront les clients eux-mêmes qui paieront en scannant leurs emplettes avec leur téléphone portable ? Et cela vaut pour tous les secteurs : les Impôts, la Poste, où on demande aux gens de faire sur Internet le travail fait auparavant par les fonctionnaires, ou bien dans les services, où les utilisateurs sont incités à faire leurs réparations eux-mêmes, en utilisant des tutoriels, à la place des techniciens qu’on licencie ! Qui peut sérieusement penser que ces entreprises vont voir baisser leur chiffre d’affaires et leurs profits ?

7. On vous dit : les pays étrangers européens sont tous passés à 65, 66, 67 ans... Certains envisagent même de passer à 70 ans. Sauf que, "malgré l’enchaînement des réformes, et peut-être même grâce à l’échec de certaines d’entre elles, la retraite reste plus protectrice et plus égalitaire en France que dans les pays comparables". [Je tire cette citation in extenso de l’article de Michaël Zemmour, paru dans Le Monde diplomatique de novembre 2022]. Sauf que certains pays étrangers, comme l’Allemagne, l’Italie et l’Espagne ont une natalité bien plus basse que la France, donc moins de classes actives qui arrivent sur le marché du travail chaque année. Sauf que beaucoup de ces pays ont des travailleurs pauvres, comme l’Allemagne...

8. On vous dit : pour compenser la baisse des retraites, il faut autoriser la retraite par capitalisation (ou les fonds de pension, c’est la même chose). Sauf que la capitalisation ne reverse pas l’argent épargné sous par sou pendant 40 ans : comme la répartition, l’argent de la capitalisation est toujours prélevé sur les richesses produites au jour même du prélèvement. La richesse ne se transporte pas à travers le temps. Sauf que l’argent ne s’engendre pas lui-même : les intérêts, les dividendes, les plus-values ne tombent pas du ciel. Cet argent, ce sont des salariés qu’on fait travailler plus et qu’on paye moins, ce sont des médicaments qu’on vent plus cher, ce sont des locataires dont on augmente le loyer, ce sont des ouvriers pakistanais qui crèvent sur les chantiers du Qatar, ce sont des salariés français qu’on licencie pour transférer leur travail à des ouvriers indonésiens payés au lance-pierre. Sauf que l’argent placé en Bourse par des gérants est parfois complètement évaporé lors d’une crise boursière et que les nouveaux pensionnés, arrivés à l’âge de liquider leurs droits n’ont plus que leurs yeux pour pleurer (salariés d’Enron, de Maxwell, de plusieurs pays d’Amérique latine). Sauf que seuls les plus riches peuvent se permettre une capitalisation qui leur rapporte un peu, car la capacité d’épargne croit plus que proportionnellement au revenu, les plus pauvres n’épargnant pour ainsi dire rien. Sauf quele résultat de la capitalisation revient à un transfert d’argent des pauvres vers les riches. Sauf que répartition et capitalisation sont incompatibles : la capitalisation est inéluctablement amenée à assécher, à stériliser, à anéantir la répartition. Celui qui prône un mixte de répartition et de capitalisation est d’aussi mauvaise foi que le pâtissier qui proposerait un gâteau au chocolat et au cyanure. Car ce gâteau ne serait pas au chocolat etau cyanure (comme on dirait au chocolat et aux noix ou au chocolat et à la confiture d’orange). Ce serait un gâteau au cyanure. Carrément...

9. Pour revenir au premier point (le report de l’âge de départ à la retraite), il faut souligner ceci : "en 2019, à 61 ans, 35 % des ouvriers n’avaient ni emploi ni retraite et seulement 28 % un emploi. Pour eux, un report de l’âge de départ allongera une période passée au chômage, au revenu de solidarité active (RSA), en maladie ou en inactivité." [Michaël Zemmour, op. cit.] En effet, il est très fréquent que, dans la cinquantaine, on dise à des salariés : tu n’es pas assez rapide, tu ne te mets pas à l’informatique, tu ne veux pas déménager, tu ne comprends pas assez vite, alors tu peux prendre la porte". N’est-il pas pervers de retarder l’âge de la retraite jusqu’à 64, 65, 66... 70 ans, tout en licenciant les gens avant 60 ans ?

A cet égard, je ne résiste pas au plaisir de rapporter les propos d’une personnalité qui a excellemment décrit cette perversité : "Franchement, ce serait hypocrite de décaler l’âge de la retraite... Quand on est peu qualifié, quand on vit dans une région qui est en difficulté industrielle, quand on est soi-même en difficulté, quand on a une carrière fracturée, bon courage déjà pour arriver à 62 ans ! C’est ça la réalité de notre pays. On va vous dire : non, non, faut aller jusqu’à 64 ans ! Vous savez déjà plus comment faire à 55 ans ! Les vous disent : les emplois, ce n’est plus bon pour vous. C’est ça la réalité... Vous dire : mes bons amis, il faut travailler plus longtemps, c’est le délai légal, ce serait hypocrite !".

Qui a prononcé ces fortes paroles ? Philippe Martinez, de la CGT ? Jean-Luc Mélenchon, de LFI ? Olivier Besancenot, du NPA ? Que nenni ! C’est Emmanuel Macron, lui-même, président de la République, le 25 avril 2019...

Chers tous, ce contre-argumentaire est largement incomplet, lacunaire, et sans doute, sur nombre de points, inexact. Je vous demande donc de le prendre comme un schéma, une trame, un point de départ, un cadre, à rectifier, à corriger, à amender et à rediffuser avec toutes les améliorations que vous y aurez apportées. Mais si déjà il a pu vous donner un peu d’assurance face à de potentiels contradicteurs, j’en serais très heureux...

PS (additif du GS) : La France serait le pays où l’on prend sa retraite le plus tôt ? Mensonge !

Algérie 60 ans, Biélorussie 60 ans (55 ans femmes), Bulgarie 60 ans, Chine 60 ans (50 ans femmes !), Inde 60 ans, Malte 61 ans, Népal 58 ans, Bolivie 58 ans, Russie 60,5 ans (femmes 55,5 ans), Suède 61 ans, Ukraine 60 ans, Viet Nam 60 ans...

COMMENTAIRES  

15/01/2023 14:10 par John

Nuance qui ne contredit pas l’ensemble des arguments soulevés par l’auteur, celle de la capitalisation.
Le régime Suisse comprend un régime de répartition l’"AVS", et deux régimes de capitalisation :
la "LPP" obligatoire à partir d’un certain niveau de salaire
le 3ème pilier qui est optionnel et limité dans le montant que l’on peut placer chaque année.
Ce système ne nuit pas à la répartition mais il faut savoir que la Suisse est le pays des banques et des assurances, ces dernières (puissantes) ont oeuvré ( au siècle dernier) à ce que le régime de répartition soit minimal.
Le régime de répartition français est certainement le plus juste et le plus efficace qui soit pour l’activité économique et pour les retraités, mais depuis la perte de la maîtrise de sa gestion par les salariés (c.a.d les représentants syndicaux), c’est l’Etat (et donc le patronat) qui dénature son fonctionnement et ses objectifs initiaux.

15/01/2023 14:13 par Bostephbesac

Merci pour ces croustillantes infos . J’ en savait certaines, mais pas toutes.

17/01/2023 07:37 par Chklakla

10. On vous dit : " cette réforme est faite pour sauver notre système de retraite à répartition".
Sauf qu’il existe 2 sortes de répartition dans notre système de retraite. Une répartition avec une logique communiste ( le régime de base) et une répartition avec une logique capitaliste ( les caisses complémentaires du type Agirc-Arco).
La première consiste à se partager du salaire : un pourcentage du salaire de référence : par exemple 85% du salaire brut pour un départ à la retraite à 50 ans comme l’avait conçu en 1946 Ambroise Croizat en fondant le régime général qui se voulait universel. Puis la seconde au fonctionnement capitaliste : on cotise dans des caisses un certain nombre de trimestres et on recoit le solde de ce qu’on aura cotisé 37 annuités ou 43 avec la contre-réforme actuelle.

C’est là qu’on mesure la faiblesse des syndicats(hélas y-compris de la cégète pourtant à l’origine du régime général) et de l’opposition de gauche ( LFI, NuPes, PCF et NPA) par méconnaissance de notre système de retraites : ses différents régimes et leur mode de calcul aux logiques opposées.

Macron, lui, connait ces différences qu’il pervertit en parlant de régime unique et universel non pas fondé sur le régime général, qu’il vise à démolir, mais fondé sur la logique capitaliste assurantielle du " j’ai cotisé [tant d’années], j’ai droit au différé de mes cotisations proportionnel aux années cotisees.

Sans compter que derrière la démolition du régime général : c’est l’étatisation de la gestion des retraites qui est visée. Évincer les travailleurs de la gestion dite " paritaire" ( toujours favorable au MEDEF grâce aux syndicats jaunes) et fondre l’argent des caisses de retraites dans le budget déficitaire de l’État.

Le combat devrait se porter sur la défense du régime UNIQUE et UNiVERSEL du RÉGIME GÉNÉRAL dans sa logique communiste de 1946 : la RÉPARTITION des salaires et non pas la répartition des années de cotisations individualisées. Répartition de 85% du salaire brut pour toute personne ayant atteint l’âge de (55 ans ? 60 ans ? Il faut en débattre) et qu’elle que soit l’étendue de sa " carrière" professionnelle et peu importe le nombre d’années cotisees. C’est un projet de transformation sociale celui que SAVAIT porter la CGT fondatrice avec Croizat de ce modèle social.
Répartition communiste du régime général ET gestion de ce budget par les travailleurs eux-mêmes surtout pas par l’Etat via les hauts-fonctionnaires des agences régionales !!

Pour comprendre la logique communiste decla répartition du régime général il faut faire l’analogie avec le soin. Quand on doit subir une opération ou une chimio, la sécu rembourse ( enfin c’est hélas de moins en moins vrai) en fonction du besoin et non pas en fonction du nombre d’années qu’on aura cotisé et qu’on soit un fumeur, buveur, héroïnoman ou se foutant de son hygiène de vie on a droit aux mêmes droits qu’une personne soucieuse de sa santé. C’est le fameux slogan " A chacun ses moyens selon les besoins de tous". C’est cette même blogique qu’un seul régime de base unique et universel devrait pouvoir répondre.

17/01/2023 12:33 par André

Et si on parlait un peu plus des impacts de leurs « réformes » en France ?

Impact en Angleterre : Les ministres et les journaux à sensation peuvent tenter de caricaturer Mick Lynch en Grinch à propos des grèves, mais ce sont leurs actions et celles de leurs amis des entreprises qui font que, au cours des cinq dernières années, 674 452 dessertes ferroviaires ont été supprimés des horaires – réduisant l’offre de l’équivalent de 36 jours de grève non-stop – et qu’au cours des dix dernières années, les tarifs ont augmenté deux fois plus vite que les salaires.

Source : https://www.les-crises.fr/les-conservateurs-sont-responsables-de-l-effondrement-des-services-publics-au-royaume-uni/

17/01/2023 12:33 par Lou lou la pétroleuse

Merci Chklakla. Enfin ! Enfin quelqu’un le dit. J’y réfléchissais depuis plusieurs jours : pourquoi personne ne remet en cause ces caisses parallèles, dites complémentaires, que ce soit à l’assurance maladie ou à la retraite "de base", qui nous coûtent un pognon de dingue et rapportent plus aux actionnaires qu’aux salariés malades ou retraités ... quand elles ne font pas faillite !?

Leur suppression progressive accompagnée du recasage de leurs salariés faisait partie du programme de la LFI il n’y a pas si longtemps !
N’y a-t-il plus personne pour rappeler qu’il fut un temps où l’argent des cotisations était réuni dans une caisse unique, celle des Dépôts et Consignation, et géré par les représentants des salariés ? Et qu’en ce temps-là il n’y avait pas de caisse déficitaire !?

17/01/2023 12:44 par Lou lou la pétroleuse

A Chklakla,
Petite correction : le slogan fameux, tel que je l’ai appris, c’est plutôt : "de chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins"

17/01/2023 13:17 par robert

Une autre devinette :
Qui a dit :"Cette volonté de reculer l’âge de la retraite est doublement injuste, injuste car elle écarte d’emblée la recherche d’autres recettes et notamment la mise à contribution de l’ensemble des revenus, en particulier ceux issus du capital. Entre les niches fiscales et les boucliers du même nom, beaucoup pourrait être fait pour que l’effort ne porte pas encore une fois sur les seuls salariés. Mr le ministre, ma question est double mais elle est très simple : allez vous réellement prendre en compte les propositions des différents partenaires sociaux ou allez vous imposer une réforme déjà décidée par l ‘Elysée, allez vous oui ou non reculer l’âge de la retraite de 60 à 63 ans ?"

réponse : c’était en 2010,le député socialiste Dussopt en 2010 face au ministre du travail d’alors, Eric Woerth

17/01/2023 14:50 par CAZA

Bon robert sympa la citation
j’ai fais suivre illico in petto région Annonay
Où les citoyens ( sans piège à cons ) l’ont réélu .
Dussopt le chafouin de tous les râteliers .
Il parait qu ’il appartenait , sans rire , à l’aile gauche du PS !!!
C’est Gala qui en parle le mieux du suce .... pompe
https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/olivier-dussopt-ces-deux-drames-familiaux-qui-ont-frappe-le-ministre-du-travail_494942

17/01/2023 21:13 par GLPR

" il y a de plus en plus d’inactifs et de moins [en moins] d’actifs pour subvenir à leurs besoins" :
Répartition ou capitalisation, c’est toujours sur les richesses produites par les actifs qu’il faut prélever pour subvenir aux besoins des retraités, le "poids" à supporter par les actifs reste le même. Les retraités ne peuvent pas bouffer les billets de banque ou l’or qu’ils auraient capitalisé, l’argent n’est qu’un bon à tirer sur les richesses à produire.

18/01/2023 12:50 par jean

Il conviendrait d’ajouter à cet article qui remet les pendules à l’heure un point important souvent occulté : le fonds de réserve pour les retraites instauré sous Jospin (pour une fois qu’i ; a fait quelque chose d’utile ...)représente aujourd’hui 30 milliards d’euros ! le Président du Conseil des retraites a faire récemment une déclaration tonitruante sur l’existence d’un pactole de 116 milliards d’euros et de 24 milliards d’euros d’excédant pour la Cades ... propos tenus par Gilles Raveaud l (économiste attéré , intervenant à Attac je crois lors d’une intervention sur LCI)

18/01/2023 17:03 par françois gerard

Ce qui est important pour se faire une idée juste de la possibilité de financer les retraites, c’est de prendre en compte la productivité du travail. La productivité du travail ( en général ) en France depuis 30 ou 40 ans et même plus parfois augmente chaque année de 2 % environ . Cela veut dire que chaque salarié produit 2 % de richesse supplémentaire par rapport à l’année précédente. Cette augmentation est possible grâce principalement à l’introduction de machines plus performantes dans le procès de production.
Les capitalistes disent, si la productivité augmente, c’est grâce à nos capitaux et donc à nos machines que la richesse est plus abondante, donc, on a le droit de vouloir garder les richesses supplémentaires.
Le salariat peut rétorquer, vos machines et vos capitaux, c’est grâce à notre travail par l’intermédiaire de l’exploitation et de l’extorsion de la plus value que vous les engrangez et les achetez, mais c’est nous qui les produisons et les avons produit par notre travail, hier comme aujourd’hui
La productivité a néanmoins, en régime capitaliste un effet pervers, le Chômage, et oui, le machinisme en régime capitaliste peut engendrer du chômage.
si le taux de production ( le fameux PIB ) est égal au taux de productivité, le chômage reste stable
si le PIB est supérieur à la productivité du travail, le chômage baisse, si le PIB est inférieur, le chômage augmente ;
Ici aussi les gains de productivité doivent revenir principalement au salariat, sinon la modernité peut lui apparaitre comme son ennemi.
l’histoire des canuts de Lyon en est l’exemple type
en 1970, la productivité moyenne du travail d’un salarié permettait de financer une retraite. En 2022, les gains de productivité ont été multiplié par 3, et même plus dans certains cas, ce qui fait qu’un salarié peut produire suffisamment pour 3 retraités, le PIB ayant augmenté dans des proportions équivalentes. ;
Avec les gains de productivité et qui va en profiter, nous sommes au coeur de la lutte des classes.

18/01/2023 17:30 par koursk

La jet set veut frapper fort *** A la fois les classes populaires de l’otanie sous son joug, plus fortement encore celles des pays latins et slaves *** Elle veut aussi frapper les pays qui échappent à son contrôle comme la Chine et la Russie *** La jet set a imposé aux finances publiques françaises une dépense de 40 millions d’équipement des forces de l’ordre afin de mater les mouvements sociaux s’opposant à ses volontés de casse du système de retraite par répartition, d’indemnisation du chômage, du système public de santé et de répartition... *** La jet set impose aux finances publiques de presque toute l’otaneuro zone une commande publique totale de plusieurs centaines de milliards d’armes produites par son bazar militaro-industriel à destination d’une Ukraine à otaniser*** La jet set mobilise pour cette Ukraine ses propres armées privées, et aussi les armées publiques régulières des territoires otaniens sous son contrôle *** Espérons qu’en France les classes populaires se mobilisent en demain jeudi 19 janvier 2023 contre la casse du système de retraite par répartition, la casse du système de protection sociale, le démantèlement des services publics... Espérons que toutes les classes populaires de l’otaneuro zone se concertent pour se mobiliser ensemble contre les intérêts particuliers des multimilliardaires, pour accompagner les mobilisations au Royaume Uni *** Ce sont les mêmes qui organisent la casse sociale en otanie, qui veulent continuer à néocoloniser l’Amérique latine, l’Afrique et l’Asie *** Le même panier de crabes qui phosphore sur la dislocation de la Fédération de Russie, de République Populaire de Chine, pour avoir la mainmise sur les immenses richesses des deux grands pays *** Le slogan des penseurs néolibéraux attitrés de la jet set, ’tout au privé et aux intérêts particuliers, et rien au public et à l’intérêt général’ *** Ils sont déjà furax que les états russe et chinois soient les rentiers publics des richesses des deux pays *** Et la richesse des finances publiques solidifie encore plus la Fédération de Russie et la République Populaire de Chine, en mesure de proposer des coopérations d’égal à égal avec les pays des continents du sud *** Et depuis quelques années, la jet set et ses multimilliardaires sont sur le reculoir sur la scène internationale et géostratégique *** La jet set perd du terrain en Amérique latine, Afrique et Asie *** Ses rentes, s’ils augmentent encore, proviennent surtout d’un pillage encore plus intense des finances publiques de l’otanie, pour compenser, les pertes d’accès aux matières premières des continents du sud, ainsi que les pertes sur les marchés financiers mondiaux que leur font subir la puissance publique russe et chinoise *** Si la jet set continue à perdre de l’influence et des profits à l’international, les classes populaires de l’otaneuro zone ont une chance de faire annuler toutes les malversations antisociales dont elles sont victimes, et mettre fin en France à la casse, des retraites par répartition, de la protection sociale, des services publics...

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