Des prêts à taux bas, un logement, un bonus salarial pour les pauvres et l’école gratuite pour tous.

Daniel Ortega, un président élu et.... populaire.

M&R Consultores

Notre ami Thierry Deronne nous envoie depuis Caracas cet article qui peut surprendre un citoyen français habitué à élire des hommes politiques avant de les détester et de voter par la suite pour leurs adversaires (la sempiternelle alternance gauche-droite).

Surprenants aussi les avantages accordés au pauvres dans un pays pauvre, le développement d’une politique sociale sous le nez des USA qui voient dans toute mesure de solidarité la main du communisme.

Surprenant enfin, alors que partout dans le monde les résultats d’élections qui déplaisent à l’empire sont contestés par des instituts, des médias et, pour finir, par une partie du peuple concerné, ce constat d’un institut privé d’études d’opinion qui montre que le peuple nicaraguayen ne tombe pas dans le piège déstabilisateur.

Nos lecteurs avisés ne manqueront pas de noter des points du programme de Daniel Ortega qui heurtent la conscience ( sur l’avortement...). Non moins avisés ceux qui constateront qu’avec lui le Front sandiniste a ravi le pouvoir à une droite féroce et à un père Fouettard qui a trop longtemps tiré les ficelles : l’Oncle Sam.

Ainsi, un pays minuscule (6 millions d’habitants), pauvre, trop proche des USA, nous démontre qu’il est possible de préférer à l’alternance molle une alternative qui rend l’espoir à tout un peuple et aux peuples de la région.

LGS

Nicaragua : selon la firme privée M&R Consultores près de 80 % des citoyen(ne)s considèrent que Daniel Ortega a remporté les élections
mercredi 4 janvier 2012

Lorsque le 6 novembre 2011 le candidat du Front Sandiniste Daniel Ortega remporta la présidence du Nicaragua avec 62, 4 % des suffrages, le chef de la mission d’observateurs de l’OEA et ex-chancelier argentin Dante Caputo déclara que les résultats obtenus par ses équipes corroboraient les chiffres du Conseil Suprême Électoral nicaraguayen (CSE) ainsi que ceux des autres missions d’observateurs électoraux, et que les irrégularités observées pendant le scrutin étaient "non significatives". La majeure partie de l’opposition de droite a cependant refusé de reconnaître ces résultats, parlant de "fraude".

L’institut privé d’études d’opinion M&R Consultores vient de publier, ce 5 janvier 2012, les résultats de son enquête sur ces élections de novembre 2011.

Cette étude a été réalisée du 5 au 21 décembre 2011 à travers des interviews à des hommes et des femmes de plus de 16 ans, des secteurs urbains, semi-ruraux et ruraux de tout le pays. Sa marge d’erreur est de +/-2.50% et a un taux de fiabilité de 95%.

A la question : "Daniel Ortega a-t-il gagné ou non les élections de 2011 ?" , 79.4% des sondés répondent qu’il est bien le vainqueur, alors que 17.9% affirment qu’il a perdu. 2.6% n’ont pas d’opinion.

65.5% se déclarent "satisfaits" par la victoire du candidat Ortega et jugent les résultats sont "corrects" . 16.6% se disent "résignés" , considèrant qu’Ortega est le vainqueur mais que les résultats ont été « gonflés" . 17.9% se sentent "indignés" parce qu’ils considèrent qu’Ortega n’a pas gagné et que les résultats sont "gonflés" .

De tous les sondés 59.1% croient qu’il n’y a pas eu d’anomalies dans le processus électoral. 36.8% considèrent que si. 4.1% n’a pas d’opinion.

Le comportement de l’électorat a changé.

Selon les profils d’électeurs dégagés par l’étude de M&R Consultores , 53.6% s’identifient comme sympathisant(e)s sandinistes, 36.8% comme indépendant(e)s et 9.6% comme opposant(e)s.

A noter qu’une enquête antérieure montre que du mois d’août 1995 au mois de septembre 2010, les sondés qui s’identifiaient comme sympathisants sandinistes oscillaient entre 22 et 36.8% alors qu’en juin, octobre et décembre 2011 ce chiffre est passé à 57.1%, 61.9% et 53.6% respectivement.

Selon le directeur de M&R Consultores, Raúl Obregón, "dans les vingt dernières années la société nicaraguayenne s’est divisée entre opposants, sandinistes et indépendants et le comportement de ces derniers a été de se décider pour l’un ou l’autre candidat ou parti dans les derniers mois avant le scrutin, pour revenir ensuite á leur position d’indépendants."."Or, pour la première fois en 20 ans, l’indépendant s’est décidé pour la candidature de Daniel Ortega (…). Ces indépendants qui appuyaient Ortega ont commencé á s’identifier à l’appareil qui le porte, le Front Sandiniste de Libération Nationale" .

Évaluation de la gestion gouvernementale.

Alors qu’en décembre 2009 M&R Consultores notatit une forte opinion négative du travail réalisé par le président Ortega et de son style de gouvernement, avec 57 et 60% respectivement, l’étude actuelle indique que 60% de tous les sondés approuvent le travail réalisé jusqu’à présent par Ortega. 22.4% ne l’approuvent ni ne le désapprouvent. 16.7% le désapprouvent. 0.4% n’ont pas d’opinion.

Sur le style de gouvernement, 63% des nicaraguayen(ne)s considèrent Daniel Ortega comme un "gouvernant démocratique respectueux des lois du pays" , 28.8% le voient comme un "gouvernant autoritaire qui agit pour instaurer une dictature" . 2% n’optent pour aucune de ces positions et 6.3% n’ont pas d’opinion.

Par ailleurs, 69.9% considèrent que le Nicaragua "a progressé" , 20.7% qu`il "stagne" , 5.8% qu’il "a régressé" et 3.7% sont sans opinion.

Les programmes sociaux les plus appréciés par les sondés sont le "Plan Techo" - un programme (appuyé par l’ALBA) d’installation de toits de zinc pour les familles pauvres - qui recueille 50.4 pour cent d’approbation, suivi par le « Plan Usura Cero » - un programme de crédits populaires sans usure financière - qui recueille 33.8 pour cent. Le « Bono Productivo » - programme de crédits socioproductifs octroyés majoritaiement aux femmes pauvres et en milieu rural, obtient 19.1 % ; le « Bono Solidario » - programme d’appoint salarial, 16.9 % ; le logement populaire 13.6 % et l’éducation gratuite 12.4 %.

Source : Firme de sondages M&R Consultores, http://www.myrconsultores.com/

Traduction : Thierry Deronne pour www.larevolucionvive.org.ve

COMMENTAIRES  

05/01/2012 15:22 par Anonyme

Bonjour LGS,

« la sempiternelle alternance gauche-droite »...

1) nous parlons ici de bipartisme.

2) êtes-vous bien certains que la gauche, la vraie, fait partie de cette alternance ?

3) est-il possible, en Occident, de faire élire un parti d’inspiration bolivarienne, ennemi du capital, un parti qui pendant toute la campagne électorale fera la promotion de son programme dont l’article 1 sera la redistribution de la richesse, malgré le chantage économique véhiculé par la médiasserie ?

Michel Rolland

06/01/2012 13:15 par Eric

très longue vie à ce gouvernement progressiste
Eric Colonna

12/01/2012 11:09 par Malvina E.

La victoire de Daniel Ortega est une revanche du peuple nicaraguayen qui s’est vu ravir, à la fin des années 80, les conquètes sociales et politiques chèrement acquises lors du processus révolutionnaire des années 70- par une présidente totalement inféodée aux USA*. Le retour au pouvoir de l’ancien dirigeant guerrillero et président, grace à une stratégie de division des partis de droite et rattachement à une église catholique rétrograde (au niveau hiérarchique), s’explique à mon sens par un programme clairement orienté vers l’amélioration des conditions de vie des nicaraguayens les plus pauvres. C’est ainsi que des moyens de subistance (maison, lopin de terre, animaux et outils) ont été donnés aux femmes chefs de famille. Il est cependant regretable que, dans une société où les femmes sont majoritaires, l’avortement reste interdit. Gage donné à la hiérarchie catholique ? En tout état de cause, le peuple nicaraguayen a du faire preuve de beaucoup de ténacité, patience, intelligence et combativité pour parvenir à relever un tant soit peu la tête dans cet isthme centraméricain "patio trasero" (arrière cour) des USA.
*après plusieurs années de désinformation dans les médias internationaux, de harcèlement des "paladins de la liberté" (mercenaires) financés et entrainés par les USA qui causeront la mort de nombreux nicaraguayens et un certain nombre de volontaires/techniciens et professionnels internationaux, de blocus, etc.

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