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"puisque nous avons accusé Assad, nous ne pouvons pas revenir en arrière et accuser Erdogan"

Obama, Erdogan, les rebelles syriens et la ligne rouge (London Review of Books)

Seymour HERSH
En 2011, Barack Obama a mené une intervention militaire alliée en Libye sans consulter le Congrès américain. En août dernier, après l'attaque au gaz sarin sur Ghouta, une banlieue de Damas, il était prêt à lancer une nouvelle attaque aérienne alliée, cette fois pour punir le gouvernement syrien pour avoir traversé la « ligne rouge » qu'il avait tracée en 2012 sur l'utilisation d'armes chimiques. Puis, deux jours avant la date prévue, il a annoncé qu'il allait demander l'approbation du Congrès. L'opération militaire fut reportée tandis que le Congrès se préparait pour les audiences, pour être finalement annulée lorsqu'Obama a accepté l'offre de M. Assad de renoncer à son arsenal chimique suite à un accord négocié par la Russie. Pourquoi Obama a-t-il temporisé puis cédé sur la Syrie alors qu'il n'avait pas hésité à se précipiter sur la Libye ? La réponse se trouve dans un affrontement entre ceux de l'administration qui étaient décidés à faire respecter la ligne rouge et les chefs militaires qui pensaient que faire la (...) Lire la suite »
Voici pourquoi les entreprises de fracturation hydraulique se pourlèchent les babines, en observant ce qui se passe en Ukraine

Gaz et Stratégie du Choc en Ukraine (The Guardian)

Naomi KLEIN

Du changement climatique à l’Ukraine, l’industrie du gaz naturel est sans égale, lorsqu’il s’agit d’exploiter une crise à son profit – elle applique ce que j’appelle la stratégie du choc

Pour vaincre Vladimir Poutine, il suffirait d’inonder le marché européen de gaz-naturel-extrait-aux-États-Unis-par-fracturation-hydraulique, du moins l’industrie aimerait-elle nous le faire croire. Deux projets de loi, qui viennent d’être présentés au Congrès des États-Unis – l’un devant la Chambre des Représentants (H.R. 6), l’autre devant le Sénat (H.R. 2083) – apportent leur contribution à l’escalade de l’hystérie antirusse ; ils ont pour objectif d’autoriser les exportations de gaz naturel liquéfié (GNL) à l’issue d’un examen en procédure accélérée, au nom de l’aide qu’il conviendrait d’apporter à l’Europe, pour lui permettre de ne plus dépendre des énergies fossiles de Poutine, tout en renforçant la sécurité nationale des États-Unis. Selon Cory Gardner, le membre républicain du Congrès qui présenta le projet à la Chambre, « s’opposer à cette législation, équivaut à raccrocher au nez de nos amis, de nos alliés, alors qu’ils appellent à l’aide ». Il disait peut-être la vérité – pour ceux dont les amis, les alliés (...) Lire la suite »
Le pays où seuls les riches manifestent contre les pénuries, la faim, les taudis.

Venezuela : les « barrios » ne descendent pas

Eleazar Diaz RANGEL

Venezuela. Le 28 mai 2007 à 10 heures, je me trouvais dans le bureau d’Eleazar Diaz Rangel (1), directeur d’Últimas Noticias, un des plus importants quotidiens d’Amérique-latine par son tirage et son prestige (on peut le comparer à ce que fut Le Monde de Beuve-Méry). Pour les besoins d’écriture d’un livre, j’enquêtais depuis deux ans sur une organisation française que dirigeait une personnalité super-médiatisée qui, à la même heure, donnait une conférence de presse anti-chaviste à l’hôtel Hilton de Caracas. Eleazar Diaz Rangel m’écouta, fit venir un journaliste et me confia à lui. Après la publication de l’article qui en résulta et de celui qui rendit compte de la conférence de presse de Robert Ménard (car c’était lui !), Reporters sans frontières a résolument classé Últimas Noticias parmi les journaux chavistes !
Ci-dessous, Eleazar Diaz Rangel nous raconte une autre entrevue avec un journaliste européen.
Maxime Vivas
LGS

Eleazar Diaz Rangel : il y a peu, un matin de mars, je recevais un journaliste européen, parmi tous ceux qui visitent le Venezuela lorsqu’il fait l¨actu¨. Certains d’entre eux visitent les médias pour recueillir des témoignages et des opinions qui les aident à se faire une idée plus complète de la situation du pays pour les reportages, chroniques ou articles qu’ils doivent envoyer dans leurs pays. A une de ses questions, j’ai parlé des ¨guarimbas¨ (barrages violents des militants de droite), de leur composition de classe, de leur localisation à Caracas et dans d’autres villes, toujours dans des secteurs où vivent des familles de classe moyenne et gouvernées par des maires de partis d’opposition, ainsi que de leur éventuel financement, qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête du Parquet. Le bureau du directeur de Últimas Noticias possède de grandes baies vitrées qui donnent sur de vastes zones de Petare, avec ses collines peuplées de barrios(quartiers populaires) et d’immeubles résidentiels et (...) Lire la suite »

Colombie : Où les dockers vendent leurs salaires en échange de prêts

David Bacon

À Buenaventura, le plus grand port de Colombie, les agents d’embauche paient 200 USD pour deux semaines de travail dans le chargement et le déchargement de cargos. Mais ils ne paient pas comptant.

Le jour de paie, les dockers ou débardeurs doivent s’adresser à un usurier et emprunter de l’argent contre la promesse d’un salaire, pour une somme cependant nettement inférieure – entre 170 et 180 USD. « Ils sont de fait contraints de vendre le salaire que leur doit l’agent d’embauche », s’indigne Jhon Jairo Castro, président du syndicat des dockers (Union Portuaria), à Buenaventura. Castro a été interviewé à San Francisco, où il a fait appel au soutien de l’International Longshore and Warehouse Union. Pour obtenir ce salaire, ils doivent travailler un nombre d’heures nettement supérieur à la durée de travail maximale de 48 heures par semaine fixée par le gouvernement. Certains travaillent huit heures, puis s’arrêtent durant les huit heures suivantes pour reprendre ensuite durant encore huit heures. D’autres font ce qu’on appelle l’ « équipe du diable » – ils restent sur les docks durant 24 et parfois 36 heures mais ne sont rémunérés que pour huit heures. « Tout le monde est engagé à la journée et (...) Lire la suite »

Via Campesina : L’internationalisme paysan

Esther VIVAS

La terre, l’eau et les semences sont indispensables pour cultiver et pour se nourrir. De la nourriture pour tous ou de l’argent pour quelques uns, telle est la question. La Via Campesina, le plus grand mouvement international de petits agriculteurs, d’ouvriers agricoles et de paysans sans terre, le revendique quotidiennement. À l’occasion de la journée internationale de la lutte paysanne, nous retraçons son histoire.

Combattre la mondialisation alimentaire La mondialisation alimentaire, développée par et pour l’agro-industrie et les chaînes de supermarchés, privatise les biens communs, élimine ceux qui prennent soin de la terre et qui la travaillent et elle transforme l’alimentation en un business. La libéralisation de l’agriculture n’est rien d’autre qu’une guerre menée contre la paysannerie. Il s’agit de politiques qui, soutenues par les institutions et les traités internationaux, font disparaître les petits et moyens agriculteurs et les communautés rurales. Face à cette offensive, la Via Campesina est née en 1993 en tant que principal instrument de ceux qui résistent et combattent dans les campagnes contre la mondialisation néolibérale et les diktats d’organisations internationales telles que la Banque Mondiale, le Fonds Monétaire International et l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC). Les origines de La Via Campesina remontent aux années 1980 lorsqu’à l’occasion de l’ « Uruguay Round » du GATT (ancêtre de (...) Lire la suite »

L’ obscénité de la guerre dans un monde de misère et de souffrance (Information Clearing House)

Adnan Al-Daini
Une étude menée par le professeur Linda J. Blimes de l'Université de Harvard conclut que le coût pour les Etats-Unis des guerres en Irak et Afghanistan, pris dans leur ensemble, s’élèvera entre 4 000 et 6 000 milliards de dollars. Ce chiffre inclut les soins médicaux ou d'invalidité à long terme pour les militaires, les anciens combattants et leurs familles, le réapprovisionnement militaire et les coûts sociaux et économiques. Le coût jusqu'ici s'élève à 2 000 milliards de dollars. Pour avoir une idée de ce que représente ce chiffre colossal de 6 000 milliards de dollars, celui-ci équivaut à 75.000 $ pour chaque foyer aux Etats-Unis. Le nombre de morts Irakiens et Afghans dans leur ensemble est estimé entre 600 000 et 1 million, et celui des troupes de la coalition à environ 8 000, dont plus de 7 000 sont Etatsuniens. La souffrance et la misère des veuves, des orphelins et des familles derrière ces statistiques est inimaginable. Notre propension à déshumaniser « l'autre » rend les choses trop faciles (...) Lire la suite »

La littérature est en deuil : Gabriel Garcia Marquez est mort

Ahmed BENSAADA

J’ai rencontré Gabriel Garcia Marquez en 1982, sur le quai d’une gare parisienne. Il était là, devant moi, bien en vue. Son teint basané, ses épais sourcils et sa moustache fournie, lui donnaient plus l’air d’un Arabe que d’un Latino.

Cependant, il était difficile de se tromper sur ses origines à la vue du « liqui-liqui » qu’il arborait fièrement. C’était le même costume immaculé qu’il portait quelques jours auparavant, lorsqu’on lui décerna le prix Nobel de littérature. Je fis quelques pas vers le quai, mais ses yeux me suivirent et son sourire persistant semblait me toiser. Je décidai alors de m’approcher du romancier colombien. Son poster plus grand que nature occupait une grande partie de la devanture du kiosque à journaux. Je le regardai dans les yeux et son sourire me parut plus convivial. Sous l’affiche, une pile de livres identiques : Cent ans de solitude était imprimé en lettres blanches sur la couverture, juste au-dessus d’une maison rurale, quelques palmiers et d’autres arbres dont j’ignorais le nom. « Cent ans de solitude » ? Comment est-ce possible ? Je pris la décision d’acheter le livre sous le sourire bienveillant émanant de l’effigie du célèbre moustachu qui ne cessait de me dévisager. Enfoncé dans le siège du train (...) Lire la suite »
Mumia Abu-Jamal dialogue avec Marc Lamont Hill

Un Homme Noir Libre emprisonné (desinformemonos)

Carolina Saldaña

Alors qu’il va bientôt avoir 60 ans, le journaliste et activiste toujours emprisonné continue de produire de la littérature et des essais car dit-il « la lutte contre le complexe industriel carcéral est plus grande que moi » et il réaffirme sa confiance en les gens qui se mobilisent pour lui.

Je suis penseur, écrivain, activiste, créateur, homme, père, époux, grand-père, et fils, mais surtout je suis un homme noir libre, vivant en prison. « Pourquoi te considères-tu libre » ? « Parce que je dis ce qui est dans mon cœur ». Ainsi se définit Mumia Abu-Jamal dans un bref dialogue avec Marc Lamont Hill, co-auteur de son septième livre The classroom and the cell (La salle de classe et la cellule). Alors que s’approche la date du 24 avril et avec elle la célébration du 60ème anniversaire de Mumia en Philadelphie aux Etats-Unis, de plus de gens expriment leur sympathie pour cet homme noir libre qui dit toujours ce qu’il a dans le cœur bien qu’il soit dans une position de grande vulnérabilité. S’étend aussi un sentiment de ras-le-bol pour ce long emprisonnement de 32 ans, 4mois et 15 jours. « Il faut le sortir de là, et tout de suite ! » dit un des musiciens qui jouera au « FestivalfreeMumia » à Mexico pendant la semaine du 21 au 26 avril. Il est évident que Mumia a des ennemis terribles, à (...) Lire la suite »

Syrie : Comment fabriquer un nouveau prétexte pour une intervention militaire étrangère ?

Mouna ALNO-NAKHAL
Un questionnaire circule parmi les internautes syriens : « Vous attendez-vous à de nouvelles attaques chimiques dans l’une quelconque des régions syriennes ? ». La suite étant sous-entendue... pour en imputer, une fois de plus, la responsabilité au gouvernement syrien et enfin justifier une intervention militaire humanitaire qui sauverait les malheureux terroristes en déroute. Nul besoin d’être devin pour imaginer la réponse, d’autant plus que c’est i24News, une chaîne d'information israélienne dont les programmes sont diffusés en anglais, français et arabe, qui a ouvert le débat les 7 et 8 Avril 2014 [1][2]. Elle nous apprenait que, de source sécuritaire israélienne, le « régime de Bachar al-Assad a utilisé une arme chimique non létale le 27 mars 2014 sur la banlieue de Damas... ajoutant que l'agent chimique était neutralisant, mais qu'il ne tuait pas ». Non létale. Ouf ! Ce n’était donc ni le feu d’artifice nécrosant à base de phosphore blanc pour juste enfumer le ciel de Gaza lors de l’opération « (...) Lire la suite »
THE ROVING EYE

Ça tourne mal en OTANie du sud (Asia Times)

Pepe ESCOBAR

Comme disait Lénine, « Que faire » ? Retourner à Bruxelles et Berlin ? À savoir une visite en OTANie du nord, consumée par son obsession anti-russe paranoïaque et enchaînée à l’arnaque entropique du Pentagone sur l’euro ? Peut-être une virée en Erdoganie chez l’accro à la guerre en Syrie ?

SUR LA ROUTE EN PROVENCE Sans discussion possible, la Joie de vivre a tranché ; donc votre serviteur a retrouvé son fils, Nick, en Catalogne, et, armés de la Piccolina (une camionnette Peugeot des années 80 propulsée par un moteur Citroën ) nous taillons la route vers la Provence, première villégiature d'OTANie du sud. Aux amphétamines des années 60, nous avons préféré de délicieux liquides infidèles qui ont arrosé la gastronomie provençale. Appelons-ça une enquête souterraine, pas vraiment bluesy ni nostalgique, sur le malaise économique du Club-Med du sud, la paupérisation de la classe moyenne, la montée de l'extrême droite, et la perspective brumeuse d'une OTAN économique. Dans le cadre de retrouvailles familiales extrêmement agréables. Et carrément subversive : pas d'ordinateur ni de téléphone. Dieu boit-il du Bandol ? Nous avons eu la chance de tomber sur la semaine inaugurale de la fondation Van Gogh à Arles – son remarquable portail d'entrée orné de la signature géante de Van Gogh ; son jardin (...) Lire la suite »

Une oppression intériorisée ? (Palestine Chronicle)

Samah Jabr

La tyrannie sans répit imposée par l’occupation israélienne a un effet dévastateur sur l’état psychologique de la communauté palestinienne. L’un des plus graves effets est l’intériorisation de l’oppression et l’affaiblissement de l’idée même d’être Palestinien.

J’ai observé que depuis les élections de 2006 en Palestine - qui ont été suivies par l’arrestation des parlementaires élus et un boycott international du gouvernement palestinien légitime - l’esprit plein de vigueur de la communauté palestinienne, qui avait auparavant évolué à travers de longues années de résistance, avait finalement été réduit à un état de démoralisation. La négation de ces élections a représenté un coup dur de plus après l’impact plus subtil des Accords d’Oslo, promus à l’origine dans le cadre du projet de libération de la Palestine. Mais les rapports publiés à l’occasion du 20e anniversaire de ces accords ont montré que durant cette période, le nombre de colons israéliens en Cisjordanie avait doublé et que la surface contrôlée par les colonies avait augmenté au point de représenter 42 % de la terre palestinienne. De plus, un système de restrictions appliqué aux déplacements et à l’activité commercial des Palestiniens a eu pour effet de diviser les familles palestiniennes et de décimer l’économie. (...) Lire la suite »

Courrier au médiateur du Monde, concernant le Venezuela

Maurice LEMOINE
Paris, 19 avril 2014 Médiateur du Monde, mediateur@lemonde.fr Monsieur le médiateur, Avez-vous conscience que votre quotidien accorde infiniment plus d’importance, en nombre de signes, d’articles, de pages (et de virulence) – examinez vos archives récentes, vous serez surpris du résultat ! –, à « la répression sans états d’âme » (28 mars) des étudiants et opposants vénézuéliens par le gouvernement de Nicolas Maduro qu’à (par exemple) la condamnation à mort, le 24 mars, de 529 partisans de l’ex-président égyptien Mohamed Morsi, pour des violences commises durant l’été 2013 ? C’est pourtant ce que tout lecteur du Monde, même moyennement attentif, peut constater. Curieuse disproportion... Que votre collaborateur Paulo A. Paranagua mène une croisade personnelle et haineuse contre la gauche latino-américaine – et en particulier celle qui gouverne à Caracas, au terme d’élections reconnues par la communauté internationale – est son droit le plus strict. Qu’il entraîne Le Monde – en témoigne votre éditorial « Les (...) Lire la suite »
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Gabriel Garcia Marquez s’en est allé

La « solitude » des bonnes causes

Chems Eddine CHITOUR
« Tout le monde veut vivre au sommet de la montagne, sans soupçonner que le vrai bonheur est dans la manière de gravir la pente... le secret d'une bonne vieillesse n'était rien d'autre que la conclusion d'un pacte honorable avec la solitude. » - Gabriel Garcia Marquez (Cent ans de solitude) Un coup d'éclair dans un ciel serein. Gabriel Garcia Marquez s'en est allé sur la pointe des pieds. « Présidents, écrivains et célébrités, lit-on dans une dépêche de l'AFP, ont rendu un hommage général au prix Nobel colombien de littérature, Gabriel Garcia Marquez, géant des lettres latino-américaines. Le président colombien a estimé que « les géants ne meurent jamais Le président américain : J'ai eu le privilège de le rencontrer une fois à Mexico où il m'a offert un exemplaire dédicacé du livre que je chéris encore aujourd'hui ». Le président mexicain a estimé qu' « avec son oeuvre, Garcia Marquez a rendu universel le réalisme magique latino-américain, marquant la culture de notre temps ». Pour le président du Venezuela, « (...) Lire la suite »

Le Venezuela montre que les manifestations peuvent aussi être une défense des privilèges (The Guardian)

Seumas Milne
Note : C’est pour ses révélations sur le système mondial de la NSA que le Pulitzer a été décerné au journal The Guardian (Londres) parce qu’"exemple distingué de service public en tant que quotidien d’information". The Guardian vient aussi de sauver l’honneur du journalisme occidental au sujet du Venezuela. Alors que ses confrères sont restés enchaînés au fond de la Caverne de Platon, il a dépêché un envoyé spécial sur place, rappelant l’époque glorieuse où informer était synonyme d’enquêter. Journaliste à The Economist avant de devenir chroniqueur et rédacteur associé au Guardian, Seumas Milne a effectué des reportages au Moyen-Orient, en Asie du Sud, en Russie, en Europe de l’Est et en Amérique Latine. Il est l’auteur d’un livre à succès sur la grêve des mineurs anglais de 1984–5 intitulé L’ennemi intérieur : la guerre secrète contre les mineurs, fruit d’une enquête sur les agissements du MI5 et de la Special Branch dans ce conflit. * * * Si on l’ignorait avant, la recrudescence de protestations globales au cours (...) Lire la suite »

Le Traité de libre échange au « Téléphone sonne »

Philippe ARNAUD

J’ai écouté, hier mardi 15, entre 19 h 20 et 20 h, en voiture, l’émission "Le téléphone sonne" sur France Inter. Le sujet en était "Le Traité de libre-échange transatlantique entre l’Europe et les États-Unis". Il y avait quatre invités : deux pour et deux contre, tous les quatre députés européens. Les deux pour étaient Nora Berra, députée française, membre du PPE (Parti Populaire Européen = droite) et Christian Dan Preda, député européen roumain, même parti. Les deux contre étaient José Bové (Les Verts) et Patrick Le Hyaric (Gauche Unie Européenne).

Je vous invite (si vous ne l'avez déjà fait) à aller écouter cette émission ici Vous pourrez y entendre tous les sophismes et les paralogismes, toutes les arguties, tous les mensonges par omission, toutes les demi-vérités (et même quarts de vérités) proférés par les deux eurodéputés favorables au TAFTA. J'en donne quelques exemples : Nora Berra : "[Ce traité offre] des opportunités nouvelles pour créer des emplois, renouer avec la croissance, créer des emplois." [Remarque. Chaque fois qu'on veut faire passer un projet de loi ultralibéral (ou qui va saboter l'environnement), on commence toujours par invoquer la création d'emplois. A l'inverse de cette vertueuse déclaration d'intention, il est intéressant de noter, un peu plus tard, l'ordre dans lequel Nora Berra énumère les différentes libertés de circulation : d'abord celle des biens, puis celle des capitaux, puis celle des services... et, enfin, celle des travailleurs !] Christian Dan Preda : "c'est une négociation très logique. C'est deux milliards (...) Lire la suite »

Mexique : La nuit silencieuse de Tlatelolco

l'Audible

Le 2 octobre 1968, des centaines de manifestants étaient massacrés sur la place de Tlatelolco, à Mexico. Un événement longtemps passé sous silence. Et pour cause, un rapport datant de 1975 révèle que la CIA et le FBI étaient impliqués…

« Ils sont beaucoup. Ils viennent à pied, le sourire aux lèvres […] Des jeunes étudiants et étudiantes qui, bras dessus bras dessous, vont à la manifestation avec la même joie que quand ils allaient à la foire il y a quelques jours à peine. » Les premières phrases de La Noche de Tlatelolco d’ Elena Poniatowska résonnent comme un chant d’allégresse. Un chant à la gloire de cette jeunesse volontaire version années 60 qui, un peu partout dans le monde, a marqué l’Histoire avec ce qui lui passait par la main. Mais l’Histoire, au Mexique, a pris un autre cours. C’était le 2 octobre 1968, dix jours avant les Jeux Olympiques de Mexico. La ville avait connu deux mois de manifestations estudiantines, toutes sévèrement réprimées, mais ô combien mobilisatrices : 180000 manifestants s’étaient rassemblés au plus fort du mouvement. A l’époque on protestait pour tout et son contraire ; on voulait plus de liberté, plus de reconnaissance et, comble d’ironie, on voulait que prenne fin la répression policière. Nobles causes pour (...) Lire la suite »
Parlons (Inter) Net
Les présentateurs de la télé sont sympas

Brice Hortefeux l’avait dit des arabes en Auvergne : « Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

Manuel Valls l’avait dit des basanés à Evry : « Vous me rajoutez quelques blancs, quelques white, quelques blancos. »

François Hollande s’avisa que la question se posait aussi avec les Espagnols. Avec Anne Hidalgo et Manuel Valls, la patrie de Cervantès était sur-représentée aux commandes. Aquilino Morelle débarqué, le président se débrouilla pour que David Pujadas dégage aussi. Car de tous, c’était le plus voyant.

Mais on sait que Normal 1er n’a pas la main heureuse dans le choix des hommes. David Pujadas fut remplacé par le sosie de Pierre Gattaz. Dans son JT, le faux Gattaz ne disait pas autre chose que son prédécesseur catalan, mais sans le sourire désarmant, le regard franc, l’apparence, l’enveloppe, le velouté…

Il n’y a que dans les contes que la méchante fée est laide et vieille, que le prédateur est un ogre hirsute. A la télé, nos ennemis (les amis de la finance) sont habituellement choisis pour leur charme et leur physique. Dame ! sur les boulevards, n’achète-t-on pas l’épluche-légumes magique au bonimenteur sympathique, enjoué et... escroc ?

Bref, n’oublions pas que la fonction première de l’impeccable dentition dégagée par les sourires télégéniques est de mordre.

Théophraste R. (Découvreur de « Tronches de premier de la classe »).

PS. Prière aux téléspectateurs qui recherchent le « gendre idéal » de s’adresser au CSA qui transmettra.







 
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