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Le dialogue et le spectre

Pierre LEVY

Nous y sommes. Pour établir le budget de la France, le gouvernement négocie, non plus guère avec le Parlement – dont c’était pourtant la raison d’être historique : lever l’impôt – mais avec Bruxelles, officiellement ; et avec Berlin, plus officieusement. Certes, ce n’est pas la première fois que les décisions budgétaires se trouvent sous la pression de l’Union européenne.

Il convient cependant de ne pas banaliser cette rupture historique : la subordination des décisions les plus politiques à des instances extérieures au peuple est aujourd’hui avouée et assumée. Le renforcement de la « gouvernance économique européenne », à la faveur de la crise de l’euro, est passé par là. Lorsqu’en 2010, Edouard Balladur, le premier, proposa de confier à l’UE les doubles commandes budgétaires des Etats ayant adopté la monnaie unique, même certains partisans de l’Europe jugèrent cette idée « excessive ». Quatre ans plus tard, la mainmise est devenue très concrète. Paris est sous pression pour aller au-delà des 21 milliards de coupes prévues dans les dépenses publiques – un montant déjà sans précédent – et pour mettre en œuvre fissa lesdites réformes structurelles. Parmi celles-ci, le projet de loi visant à « libérer l’activité » – un intitulé délicieusement orwellien – présenté par le sémillant ministre de l’Economie, Emmanuel Macron. Le texte repose sur l’hypothèse aussi classique que douteuse, selon (...) Lire la suite »
Aides à la presse, un scandale qui dure

Le poids des euros, le choc des critères

Serge HALIMI

Fin 2013, les chiffres publiés par le ministère de la culture et de la communication ont signalé que le magazine Closer avait, l’année précédente, reçu une aide publique trois fois supérieure à celle du Monde diplomatique (1). La publication qui se consacre aux potins sur les célébrités se hissait ainsi au 91e rang des titres aidés par le contribuable, tandis que ce mensuel n’accédait alors qu’à la 178e place. L’injustice parut sans doute insoutenable puisque l’année suivante, tandis que Closer progressait de trois places… Le Monde diplomatique disparut du classement (2).

D’autres modifications étaient intervenues entre-temps. Avec 16,2 millions d’euros de subsides divers, Le Figaro raflait d’une très courte tête au Monde la médaille d’or des publications assistées par ce que, dans d’autres circonstances, les libéraux appellent la « mamma étatique ». Même lorsqu’ils sont détenus par des industriels et des financiers, les journaux et les magazines les plus gavés de publicité et les plus éloignés de toute mission d’information publique se taillent en effet la part du lion des aides publiques. Les quatre magazines de télévision Télé 7 Jours, Télé Star, Télé Loisirs et Télé Z se sont ainsi adjugé près de 20 millions d’euros en 2013. Moisson moins abondante pour Le Monde diplomatique et Manière de voir : 108 600 euros. Dans une question écrite adressée à Mme la ministre de la culture et de la communication et publiée au Journal officiel le 27 mai dernier, le député socialiste d’Ille-et-Vilaine Marcel Rougemont s’est étonné que Closer ait reçu « une aide publique en 2012 d’un montant de 558 (...) Lire la suite »

La valise ou le cercueil.

Ahouansou SÉYIVÉ

L’affaire fut, dès le départ, cousue de fil blanc.
Il y eu d’abord l’opération Serval lancée en janvier 2013, sensée sauver les Maliens des islamistes, puis vint le temps de l’opération Barkhane déclenchée cet été en vue de sécuriser le Sahel, mais dont l’objectif véritable visait évidemment à repositionner la France dans cette région d’Afrique et de pérenniser sa présence militaire.

Aussi, comme au bon vieux temps du partage de la Conférence de Berlin et des conquêtes coloniales, le souci du bien-être des populations locales avait été mis au centre d'une rhétorique justifiant l'incongrue présence de militaires français sur le sol africain, en ce début de XXIème siècle. Malgré quelques réticences d'un exécutif malien faiblard, sans forces de défense dignes de ce nom, et ne devant sa bonne fortune qu'à l'interventionnisme du gouvernement français, l'ouverture d'une base française à Tessalit avait été entérinée par un accord de « Partenariat de défense » signé à la mi-juillet 2014 (Lire ici). Lisant entre les lignes, nous annoncions un retour en force et durable d'une France, à genoux économiquement, sur le sol africain. Les dialectiques de la lutte contre le terrorisme, de celle de l'aide au développement et de la lutte contre le trafic de drogue nous apparaissaient alors comme le minuscule cache-sexe d'ambitions néocoloniales. Les dernières décisions et actions françaises dans la (...) Lire la suite »

Vivement le retour de Jules Moch et du tir des gendarmes à balles réelles.

Jacques-Marie BOURGET

Au début j’ai cru avoir mal entendu. A la radio un confrère parlait de « grenades offensives lancées » contre les opposants au barrage de Sivens... J’ai pensé à une confusion, à la panne de mon oreille récemment dévorée par un virus.

Je ne voyais pas, en France en 2014, des gendarmes lancer ce truc à tuer sur des êtres humains. Et j’avais quelque raison de penser cela. Avant tout une immense expérience militaire. Né trop tôt pour échapper au Service National – pendant 16 mois avant de déserter – j’ai donc été un caporal (eh oui) contraint de « faire son service ». Pour être précis cet accident de ma vie s’est déroulé à Grenoble, au 6e Bataillon de Chasseurs Alpins. Et là, dans cette école de la cruauté, de la mort et de la bêtise, qu’ai-je appris, outre que le grand danger pour la France venait d’un Est bien trop rouge ? J’ai appris la vraie nature et l’usage de la grenade offensive. Je me souviens parfaitement des cours donnés par l’adjudant et rabâchés et répétés, avec croquis au tableau et fiche aide mémoire comme celle qui facilite la confection du beurre blanc. Le radotage de nos experts était clair : la grenade offensive – qui ne doit jamais être lancée dans un lieu fermé – est « dangereuse par son bouchon allumeur ». Ah, le lamento sur le (...) Lire la suite »
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Le cas de Renato Soru, eurodéputé milliardaire

L’imposture de l’Europe sociale

Capitaine Martin

Renato Soru a fondé Tiscali, le fournisseur d’accès à Internet basé en Sardaigne, région qu’il a présidée de 2004 à 2009. L’homme d’affaires italien est depuis mai 2014 eurodéputé et perçoit à ce titre les émoluments que prévoit une telle fonction : une rémunération mensuelle (avant imposition) de 8.020,53 euros qui, après déduction de l’impôt européen et de la cotisation d’assurance accidents, s’établit à 6.250,37 euros.

À l’instar de nos députés nationaux, les députés européens perçoivent différentes indemnités. Ces dernières visent à couvrir les frais qu’ils encourent dans l’exercice de leurs fonctions parlementaires. Ils touchent ainsi une indemnité de frais généraux de 4.299 euros par mois ; cette indemnité vise à couvrir les frais encourus dans l’État membre électeur (comme les frais de gestion du bureau de député, les frais de téléphone et postaux ainsi que l’achat, l’utilisation et la maintenance d’équipements informatiques et télématiques). Ce n’est pas tout. Les députés doivent souvent voyager à l’extérieur ou à l’intérieur de leur État membre d’élection dans l’exercice de leurs fonctions, mais à d’autres fins que des réunions officielles (par exemple, pour assister à une conférence ou à une visite de travail). À cet effet, pour les activités en dehors de leur État membre d’élection, les députés peuvent bénéficier du remboursement des frais de voyage, de leur hébergement et des dépenses jusqu’à un maximum annuel de 4.243 euros. (...) Lire la suite »
La victoire de Dilma est la défaite du PSDB et des médias traditionnels brésiliens

Brésil : Dilma Rousseff fait face et vainc à nouveau les « golpistes » (Carta Maior)

Lecteur

Ce fut une victoire majuscule. La réélection de Dilma Vana Rousseff (PT) s'est écrit par de nombreux chapitres inédits, et porte une force symbolique qui, si elle n'est pas plus forte encore que celles des autres victoires du PT, est unique. Cette femme née à Belo Horizonte en 1947 laisse une fois de plus à genoux, et pantoise, la répression qui a tenté de révoquer ses droits politiques.

S'il restait un doute sur le fait que cette élection était celle du candidat du système patriarcal brésilien contre tout le reste, l'édition du Journal National (de la TV Globo NdT) de la veille des élections l'a balayé. Le journalisme a envoyé son message, dans la personne de William Bonner (le présentateur du Journal NdT). Divisée entre les intérêts publics et privés, la télévision de la famille Marinho a répondu à nouveau à l'appel de sa classe en exhibant un reportage sur des allégations présumées selon lesquelles Dilma et Luiz Inacio Lula da Silva (l'ex-président NdT) avaient connaissance d'un système de paiement de commissions occultes qui utilisait des fonds de la Petrobras. La Globo a essayé de donner une conclusion infecte à une campagne électorale non moins infecte. Sous le prétexte d'une « attaque » au siège du groupe Abril (après que la revue Veja fut parue avec 24 heures d'antécédence en exhibant une couverture présentant la photo sinistre de Dilma et de Lula avec la manchette « Ils savaient », (...) Lire la suite »

Lettre perdante

Jacques SAPIR

Ainsi, François Hollande se refuse à publier la lettre envoyée par la Commission de Bruxelles sur le budget français. Le Premier Ministre italien, M. Renzi, n’a pas eu cette pudeur, et il en a profité pour attaquer de front la-dite Commission. On pourrait croire que c’est là une différence de style et, on le sait, le style c’est l’homme. Mais il y a quelque chose de plus dans ce comportement timide, et pour tout dire puéril, de notre Président.

La lettre révélatrice Ce que cette lettre révèle, car de bonnes âmes, MEDIAPART pour les nommer, en ont publié le texte obtenu par des fuites venant soit de Bruxelles soit de Paris, c’est l’arrogance d’une Commission européenne. Mais, pourquoi donc cette dernière prendrait-elle des gants ? Après tout, c’est bien François Hollande qui signa le Traité sur la stabilité et la gouvernance, le TSCG, qui met la France sous la tutelle de Bruxelles, c’est à dire en fait de l’Allemagne. Ce que François Hollande redoute, tout comme un mauvais élève craint le courroux de ses parents et cherche à leur cacher une mauvaise note, c’est d’être confronté aux conséquences de ses actes. Ce traité, le fameux traité « Merkozy », négocié par Mme Merkel et Nicolas Sarkozy, organise la soumission institutionnelle de la France à un pouvoir étranger. Oh, bien sûr, il est aujourd’hui facile d’affirmer qu’il n’est pas question que Paris modifie son budget pour satisfaire tant Bruxelles que Berlin. Mais, le mal est fait. Soit nous nous (...) Lire la suite »
Comment François Hollande a balayé Nicolas Sarkozy en 2012 tandis que Dilma Rousseff a failli être battue par Aecio Neves en 2014.

Brésil : les médias nous ont enfumés, nous enfument et nous enfumeront encore

Vladimir MARCIAC

Hier, dimanche 26 octobre 2014, Dilma Rousseff a été réélue présidente du Brésil avec avec 51,64% des suffrages contre 48,36% à son concurrent Aecio Neves (chiffres donnés ce matin, lundi 27 octobre, par nos « grands » médias en ligne. Ils peuvent varier à la marge dans la journée).

Les Echos : « Dilma Rousseff, réélue de justesse »… « score étriqué »… Le Monde nous parle d’un « résultat serré ». « La candidate du Parti des travailleurs a battu d'une courte tête son adversaire de centre droit, Aecio Neve ». La Dépêche : « Brésil : Dilma Rousseff réélue présidente de justesse avec une courte avance… ». L’Obs : « La présidente sortante a devancé avec une courte avance… » (passons sur la beauté de la phrase où l'on apprend que si la candidate devance c'est qu'elle est devant). L’Express : « Dilma Rousseff, réélue de peu… ». La plupart ont repris une dépêche de l'AFP, qui donne l'information ET son avis. Notons les mots suivants : de justesse, résultat serré, score étriqué, courte tête, courte avance, réélue de peu. On pourrait dire que l'écart n'est pas énorme (moins de 2,5 %), mais aussi que les élections présidentielles nous ont habitués à ça. Or, justement... Petit retour en arrière : Le 5 mai 2012, François Hollande est élu président de la République avec 51,64 % des suffrages exprimés, contre (...) Lire la suite »

Dilma Rousseff réélue présidente du Brésil : le soulagement.

José FORT
Pour les progressistes latino américains et au delà, le résultat de l’élection présidentielle au Brésil est source de soulagement et de satisfaction. Avec 51,4% des suffrages (selon le chiffre annoncé à 1h, heure française), Dilma Rousseff est réélue présidente du Brésil, pays de plus de 200 millions d’habitants qui couvre la moitié du territoire de l’Amérique du Sud. Il y a quinze jours, les sondages la donnaient perdante. Tous les médias liés à l’oligarchie ont été mobilisés contre celle qui symbolise – malgré les limites de son action et les dérives corruptives survenues jusque dans son gouvernement – une politique de progrès social, de souveraineté nationale, de coopération avec les nations de la région et plus généralement de projection sur l’avenir dans le cadre des Brics, la nouvelle structure internationale réunissant la Chine, la Russie, l’Inde, l’Afrique du Sud et le Brésil. Dilma Rousseff a dû subir durant la campagne électorale tous les coups bas, la bourgeoisie croyant son heure de revanche arrivée, (...) Lire la suite »

Discours du Président Vladimir Poutine durant la dernière séance plénière de la XIe session du Club Valdaï (Texte Complet)

Vladimir Poutine
Vladimir Poutine a pris part à la dernière séance plénière de la XIe session du Club International de Discussion Valdaï. Le thème de la réunion était : L’ordre mondial : de nouvelles règles ou un jeu sans règles ? Cette année, 108 experts, historiens et analystes politiques originaires de 25 pays, dont 62 participants étrangers, ont pris part aux travaux du Club. La réunion plénière a présenté une synthèse des travaux du Club au cours des trois journées précédentes, qui ont été consacrées à l’analyse des facteurs d’érosion du système actuel des institutions et des normes du droit international. Retranscription : Chers collègues, Mesdames et Messieurs, chers amis, C’est un plaisir de vous accueillir à la XIe réunion du Club Valdaï. Il a déjà été mentionné que le Club a de nouveaux co-organisateurs cette année. Ils comprennent des organisations non gouvernementales russes, des groupes d’experts et de grandes universités. Il a également été suggéré d’élargir les discussions à des questions qui ne sont pas seulement (...) Lire la suite »

Le rôle diplomatique secret de Google dénoncé par Julian Assange

Guillaume Champeau

Dans un livre publié en septembre dernier, le fondateur de Wikileaks décrit en profondeur le rôle diplomatique joué très discrètement mais efficacement par Google, en particulier dans les pays arabes. Pour Julian Assange, Google est devenu une officine au service des intérêts américains, notamment grâce à sa filiale Google Ideas dirigée par Jared Cohen.

"Personne ne veut reconnaître que Google a beaucoup grandi et en mal. Mais c'est le cas". En septembre dernier est paru chez OR Books le livre When Google Met Wikileaks, écrit par Julian Assange. Le magazine Newsweek en publie cette semaine de très longs extraits, dans lesquels le fondateur de Wikileaks décrit avec minutie le rôle de l'ombre joué par Google dans la politique internationale des Etats-Unis. Le passage est véritablement passionnant, et mérite d'être lu. Il est étayé par des documents, dont beaucoup avaient fuité sur Wikileaks, qui donnent corps à l'analyse. En résumé, Julian Assange estime qu'à travers l'action très politique de deux responsables de Google, son président Eric Schmidt et le beaucoup plus discret Jared Cohen, la firme de Mountain View est devenue une officine diplomatique au service des intérêts américains. Elle accomplirait une version modernisée du soutien qu'apportait la CIA aux dictateurs d'Amérique du Sud pendant la guerre froide. Il ne s'agit plus aujourd'hui de (...) Lire la suite »

Jérusalem, capitale de l’apartheid, attend l’insurrection (Haaretz)

Gideon LEVY

Arrestations massives, colons violents, expulsions et dépossessions : c’est le lot des Palestiniens de Jérusalem avec lequel personne n’aurait dû être surpris par l’attaque terroriste de mercredi.

L’attaque terroriste de mercredi soir à Jérusalem n’aurait dû surprendre personne. Après tout, deux nations vivent dans le Pretoria de l’État d’Israël. A la différence des autres zones occupées, il y aurait là une certaine égalité entre les deux peuples : cartes d’identité bleues accessibles pour tous, liberté de mouvement, impôt foncier payable à la municipalité, sécurité sociale – tous Israéliens. Mais Jérusalem sombre dans les mensonges. Elle est devenue la capitale israélienne de l’apartheid. A l’exception d’Hébron, aucun endroit ne subit un régime de séparation aussi criant et cynique. Et maintenant que la botte israélienne s’abat encore plus fort sur la capitale, la résistance dans le ghetto-en-devenir s’intensifie : battus et opprimés, abandonnés et pauvres, emplis de sentiments de haine et d’un appétit de vengeance. L’insurrection est en route. Quand la prochaine vague de terreur émergera des ruelles de Jérusalem Est, les Israéliens prétendront être surpris et furieux. Mais il faut dire la vérité : en dépit (...) Lire la suite »

Jacob Appelbaum : le temps de la Révolution (Exberliner)

Nadja VANCAUWENBERGHE
Collaborateur de longue date de Julian Assange, ami proche des confidents d'Edward Snowden, Laura Poitras et Glenn Greenwald, et désormais lui-même un allié de confiance du dénonciateur de la NSA, c'est un homme d’une crédibilité sérieuse sur la scène Snowden. Jacob Appelbaum est un dissident-né doté d'un esprit combatif et de compétences oratoires certaines. Débutant comme militant pour la marijuana médicale en Californie à 15 ans, Appelbaum a passé plus de temps à s'inquiéter de la planète Terre (plus tard avec Greenpeace et Rain Forest Action Network) et de l'écosystème de son ordinateur que de sa scolarité. Au début de la vingtaine, il était occupé à aider des amis à apporter la technologie à l'Irak (installation de satellites Internet au Kurdistan) ou la déconstruction du système de stockage sur disque chiffré d'Apple. Sa participation au projet Tor (depuis 2004) et WikiLeaks allaient bientôt suivre. En 2010, Rolling Stone l’a étiqueté "l'homme le plus dangereux du cyberespace", une étiquette qui l’agace (...) Lire la suite »

Face à l’aiguisement de la crise systémique du capitalisme

Georges GASTAUD, Annie LACROIX-RIZ, Antoine MANESSIS
Wall Street, Londres, Paris, Tokyo, Francfort : les bourses des valeurs tanguent partout dangereusement ; le prix du pétrole aussi (c’est le signe d’une baisse de l’activité économique mondiale), la « croissance » américaine tant vantée est anémique ; la zone euro, « modèle allemand » en tête, met le cap sur la déflation continentale, ce symptôme bien connu non seulement de la récession, mais de la dépression économique ! Quant à la France, à l’Italie, à la Grèce, à l’Espagne, etc., la crise systémique mondiale du capitalisme et celle de la zone euro s’y doublent d’une véritable crise existentielle de ces Etats : tant il devient évident, y compris désormais pour des économistes « alter-européistes » comme Bernard Maris, que l’euro a été taillé sur mesure pour la grande industrie allemande et que la monnaie unique n’a pas eu d’autre effet que de plomber les industries du « Sud » européen en renchérissant leurs produits sur le marché mondial (l’euro fort est en effet le clone du Deutsche Mark). C« rise du capitalisme, (...) Lire la suite »

Pour l’instant Fabius a raté sa troisième Guerre mondiale.

Jacques-Marie BOURGET

Heureusement que, dans le monde occidental, personne n’écoute Laurent Fabius, et guère plus son employeur, François Hollande. Sinon, en plus d’être en guerre au Mali, en Centrafrique et en Irak et en Syrie, nous aurions déjà bombardé Moscou afin de punir Poutine pour son soutien à Assad et aux indépendantistes ukrainiens. Et bombardé aussi, en amuse Bush, les villes de Téhéran et de Damas. Avouons que si le ministre des Affaires étrangères de la France était plus entendu, la planète aurait une autre gueule et nous serions au cœur d’une troisième guerre mondiale ce qui donnerait du travail à Dassault et aux correspondants de guerre.

La conquête avortée. Est-ce un problème de timbre de voix, pas assez puissant ? Il est clair, et depuis longtemps, que Fabius a du mal à imposer son discours. Les lecteurs les plus âgés se souviendront du plus jeune Premier ministre de l’histoire, un "Laurent le Magnifique" pour lequel Matignon n’était qu’un marche pied vers l’Élysée. Pourtant, bien décidé à ne prendre aucun risque et à ne jamais insulter l’avenir, Fabius s’est forgé une doctrine : ni coupable ni responsable. Le parapluie devient son emblème et son rang de locataire de Matignon son paratonnerre. En 1984, lors d’un débat télévisé qui l’oppose à Chirac, Laurent lâche au bulldozer corrézien : « Mais n’oubliez pas que vous parlez au Premier ministre de la France ». Ce tout accompagné d’un va-et-vient de la main, celui que l’on fait pour éliminer une miette de pain. Fabius était programmé pour être roi, rien ne devait accidenter la mécanique. On le voit se rendre chez le boulanger pour acheter son pain, laissant la Ferrari au garage il roule en 2 CV : (...) Lire la suite »
Parlons (Inter) Net
Sivens : Carcenac, éléphant local du PS, chante Boris Vian

En guise d’oraison pour Remy Fraisse, le socialiste (sic) Thierry Carcenac, président du Conseil général du Tarn, a eu un mot qui restera dans les annales : « Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête ».

Transmis à Jean Moulin, Guy Môquet, Manouchian, au Tarnais Jean Jaurès, aux dizaines de milliers de Résistants et, d’urgence, à nos soldats qui croient défendre notre liberté en bombardant des populations arabes.

Désertez ! leur conseille en quelque sorte Carcenac. Mourir là-bas serait « stupide et bête ».

Je dirai même plus : ça serait idiot et imbécile.
Tandis que « Vivre et faire carrière sans idéal avec le PS tarnais, c’est une aubaine, et c’est relativement malin et rusé ».

Exercice : trouver deux adjectifs pléonastiques pour qualifier Thierry Carcenac. Exemples : socialo et libéral. Ou encore : renégat et félon.

Théophraste R. (chef des réserves de goudron et de plumes au Grand Soir).

NB. Pour les amateurs d’anagramme : dans Carcenac, il y a cancer, cancre, carcan et rance.

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