Entre menaces et mauvais signes, la Révolution cubaine poursuit sa route

Jacques-François BONALDI
ENTRE MENACES ET MAUVAIS SIGNES, CUBA POURSUIT SA ROUTE La quinzaine dernière a été marquée à Cuba par une série de faits et d’évènements, tous plus symboliques et emblématiques les uns que les autres. Et tous centrés, ou presque, autour du soixante-cinquième anniversaire de l’invasion de la baie des Cochons (comme on dit à l’étranger) et de la victoire-éclair de Playa Girón (comme on dit ici, ou encore plus simplement : Girón). À savoir 15-19 avril 1961. L’ « encerclement énergétique » Tout d’abord, depuis le dimanche 19, le début de la distribution dans tout le pays des différents produits raffinés à Cienfuegos à partir des cent mille tonnes de pétrole que le pétrolier russe Anatoly Kolodkin a apportées à Cuba, la première livraison depuis décembre 2025, sous forme de donation à titre humanitaire, ce qui a permis aux deux semi-alliés et adversaires, la Russie et les Etats-Unis, de tirer honorablement leur épingle du jeu, chacun pouvant revendiquer une sorte de victoire : la (…)Lire la suite »

Le front malien de la Troisième Guerre mondiale

Artyom Kouréev
Éditorial du rédacteur en chef de l’African Initiative (agence de presse russe sur l'Afrique).
« Le scénario syrien ne s’est pas répété », « première épreuve sérieuse pour l’Africa Corps », « les Russes se sont retirés de Kidal », « le gouvernement malien a perdu le contrôle du nord du pays » : tels sont les titres contradictoires qui ont fait la une des médias internationaux tout au long du week-end. Entouré de smartphones et d’ordinateurs portables, l’auteur de ces lignes, en tant que rédacteur en chef du seul média russe consacré à l’Afrique, a passé deux jours à analyser la situation. Une situation, pour le moins complexe, mais très révélatrice de la nature des guerres de l’information contemporaines. Du côté des djihadistes du JNIM*, des communiqués triomphants ont presque immédiatement annoncé la défaite de l’Africa Corps du ministère russe de la Défense et des forces gouvernementales maliennes. Les médias occidentaux ont publié, de manière coordonnée et à l’identique, des images du retrait (d’ailleurs organisé et serein) du contingent russe de Kidal. Pourtant, ces (…)Lire la suite »
La CGT, c’était mieux avant ?

Venezuela : qui sont nos amis, qui sont nos ennemis

Jean-Pierre PAGE
“Options”, la revue officielle de l’Union Générale des Ingénieurs, cadres et techniciens de la CGT (UGICT-CGT) est à l’origine d’une interview de Thomas Posado qui se livre à un réquisitoire en règle contre le Venezuela et la révolution bolivarienne initiée par Hugo Chavez, puis Nicolas Maduro et aujourd’hui par Delcy Rordriguez.
Cette interview est en fait une falsification grossière de la situation réelle du Venezuela. Thomas Posado ment délibérément ! Dans quels buts le fait-il et pourquoi l’UGICT-CGT s’en fait-elle le porte voix ? On pourrait considérer que la CGT se fait manipuler par un de ces “experts” de plateau dont la collusion avec les émules de la forcenée Maria Machado est évidente. En fait non, soyons lucide, dorénavant la CGT participe directement à la campagne internationale orchestrée par Washington contre la poursuite de la révolution bolivarienne pour en dénaturer la perception que des militants sincères peuvent en avoir quant ils ne disposent pas de tous les éléments. Il n'est pas sans intérêt de noter que cela se fait dans "Options", le journal de l'UGICT-CGT dont la secrétaire générale était il y a trois ans Sophie Binet. Comme je l'ai expliqué dans un article, (2) S. Binet a fait passer internationalement la CGT avec armes et bagages dans le camp d'en face. C'est à dire celui de (…)Lire la suite »
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NON, LA CHINE N’EST PAS UN “CAPITALISME D’ETAT”

Bruno GUIGUE
Il y a des expressions qui connaissent une histoire singulière, et le signifiant “capitalisme d’État” est sans doute l’un des plus élastiques de la science politique de notre temps. Lorsqu’il s’agit en Occident de nommer la Chine contemporaine, d’en donner une représentation savante, ou, pour employer un langage marxiste, de désigner la formation sociale qui la caractérise, voilà que le “capitalisme d’État” fait immédiatement irruption dans le discours : de la droite à la gauche, des marxistes aux libéraux en passant par les conservateurs, tout le monde semble tomber d’accord. Comme s’il était frappé au coin du bon sens que la Chine relève d’une telle catégorie, une belle unanimité, de Steve Bannon à Frédéric Lordon, efface les inimitiés idéologiques habituelles. (1) Chez les critiques de droite, désigner la Chine comme un “capitalisme d’État” a une fonction particulière dans un discours en forme de réquisitoire judiciaire : il s’agit d’accuser le gouvernement chinois de ne pas (…)Lire la suite »

Le jeu impérial

Andrés Piqueras
Une analyse matérialiste dialectique des possibilités stratégiques des États-Unis après la poursuite de leur défaite dans la bataille d’Iran
Nombreuses sont les spéculations qui circulent sur les possibles stratégies, ou l’absence de stratégies, de la part de l’hégémon impérial, les États-Unis, pour tenter de préserver leur domination mondiale. Depuis ceux qui affirment allègrement que dans son affrontement avec l’Iran – qui date de longtemps mais s’accentue maintenant – les États-Unis « ont déjà perdu la guerre », jusqu’à ceux qui nous parlent de l’hécatombe nucléaire qui planerait sur la formation perse et sur une bonne partie de l’Asie en général. Pour faire une bonne analyse matérialiste dialectique, nous devons toujours aller au-delà du concret et du partiel, vers la conception ou le regard holistique, d’ensemble, de totalité. C’est la première chose. En outre, il est indispensable de laisser de côté toute personnification des relations sociales qui centre les analyses sur des individus ou des singularités politiques comme responsables des processus historiques. Il est encore plus nécessaire d’écarter les (…)Lire la suite »