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Je suis un débile qui n’a rien compris à 1968

FALD

Je n’ai pas fait Mai 68. J’en aurais presque eu l’âge. Que dis-je presque ? Je suis sûr que des gens plus jeunes que moi ont fait les barricades. Moi non. D’abord, dans le recoin des Pyrénées où je suis né, il n’y avait pas de barricades. Les routes n’étaient pas pavées, et certaines n’étaient même pas encore goudronnées, ou alors, très récemment. Pas de pavés, pas de barricades, et pas de plage dessous.

Ensuite, j’étais à l’époque ce qu’il faut bien appeler une friche. Dans énormément de domaines, même si j’avais officiellement un niveau scolaire tout à fait correct. Certes une friche agricole, là-bas, c’est bien le moins qu’on puisse faire ! Une jachère en quelque sorte. Dès que je me suis un peu défriché et que j’ai commencé à semer, ça a poussé. Le terrain était bon. Rien à voir avec les gosses qui sortent de nos jours de l’école sans rien et qui s’apparentent plutôt à des friches industrielles, polluées à souhait, ne pouvant plus produire que broussailles et déchets toxiques.

Je vivais un peu en dehors du monde, n’ayant tout simplement pas les moyens de voyager ni de sortir beaucoup. On n’avait pas la télé à la maison. Quand on voulait voir quelque chose, on allait au bistrot du patelin où, pour un café, on restait toute la soirée, ou tout l’après-midi les jours de match du tournoi des cinq nations, devenues six depuis.

Je vivais aussi en dehors du monde car affligé d’une timidité poussée jusqu’à la maladie mentale. Je n’étais pas seulement paralysé face aux jolies filles, je n’osais pas non plus me renseigner sur les choses qu’on n’apprenait pas à l’école, le sexe, bien sûr, mais aussi, pour ce qui nous intéresse ici, la politique. Et j’avais beau être seulement à moitié con, je ne pouvais pas tout deviner tout seul.

Et je n’étais pas aidé, c’est le moins qu’on puisse dire. Si par hasard j’osais dire quelque chose, c’était généralement faux et justement ceux qui auraient dû m’aider, me détromper, m’enseigner, mes aînés, trouvaient plus amusant de se foutre de ma gueule et de me laisser dans ma merde.

La lecture des journaux disponibles à la maison, la Dépêche du Midi et autres Paris Match, ne m’aidait pas non plus beaucoup. D’autant que ma façon de lire était assez superficielle car je n’aimais pas beaucoup ça, même si ma faiblesse en math et la prétention familiale à ce qu’on fasse des études m’avaient orienté en section soi-disant littéraire, appelée « A » à l’époque. J’ai fini par faire une carrière de prof, une anti-carrière plutôt, en regrettant toute ma vie, et encore aujourd’hui à l’entrée de la vieillesse, de n’avoir pas appris ce que j’appellerai toujours un vrai métier, dans le bois ou la mécanique.

Bref, à dix-sept ans, j’étais pour ainsi dire un analphabète de la vie en général et de la politique en particulier.

Pourtant, j’ai eu du nez.

Quand Mai soixante-huit est arrivé, je ne l’ai tout simplement pas pris au sérieux. Et pour de tout autres raisons, j’en suis heureux aujourd’hui. En ce qui concerne le soixante-huit intellectuel, bien sûr. Pas le soixante-huit syndical, que j’ai compris plus tard.

En ce temps là, comme on dit dans l’Evangile auquel on réussissait encore à me faire croire, j’ai vu arriver les prophètes de la révolution comme j’avais, depuis mon enfance, vu certains citadins, tous plus ou moins considérés comme des Parisiens, qui, dès qu’ils arrivaient dans nos campagnes, n’égorgeaient personne, ni fils ni compagnes, mais semblaient vouloir civiliser le paysan. Du paysan, moi, il ne me manquait que la propriété foncière. Mais face à cette mentalité, j’étais volontiers de ceux qui scandaient : « Parigot tête de veau, Parisien tête de chien. » Je sais, vu de cinquante-cinq ans bien tassés plus tard, ça n’a pas l’air bien malin, mais il faut se reporter à l’époque.

Tout changeait terriblement vite dans les années 50 et 60, tant la technique que la culture. Les gens de mon âge ont vu, quand ils étaient gosses, les paysans travailler avec les bœufs, puis acheter leur premier tracteur, qui était chaque fois un événement. Quand l’orage menaçait, on prenait des fourches, nous les petits vacanciers, et on allait aider à charger la charrette. Certains disaient merci, d’autres rigolaient en nous demandant si on ne trouvait pas la fourche plus lourde que le stylo. Sauf que nous, nous tenions une fourche comme une fourche, alors que ces moqueurs auraient tenu un stylo... comme une fourche.

On avait écouté la radio du grand-père, un vrai meuble, en véritable bois d’arbre, puis on a emporté les premiers transistors aux champs ou dans nos promenades. Pas assez riches pour avoir possédé un phonographe à manivelle, nous avons écouté nos premiers disques en plein air sur un « Teppaz » à piles. Et quelle musique ! La fin de carrière de Tino Rossi s’y joignait aux débuts de Johnny Hallyday !

Evidemment, dans notre bon pays de France, toutes ces nouveautés, excepté les tracteurs, arrivaient d’abord à Paris, puis mettaient bien huit jours à atteindre la « Province », comme ils disent. Il n’était pas rare qu’il en faille même quinze pour qu’elles atteignent la campagne.

Cela suffisait pour que ces certains citadins qualifiés à tout hasard de Parisiens, se sentent très supérieurs quand ils arrivaient dans le bled dont leurs parents avaient encore parfois l’accent. Ils venaient chez les « ploucs » et s’étonnent encore aujourd’hui de s’être fait traiter de « Parigots ». Les Parisiens qui parlent aujourd’hui de racisme en se rappelant cela ont tout faux. Premièrement, c’était une défense justement contre ceux qui se croyaient de race supérieure. Deuxièmement, ceux qui n’avaient pas cette sale attitude n’avaient pas droit à l’appellation incontrôlée de « Parigots », en tout cas, on n’y ajoutait pas « têtes de veaux ».

C’est avec cette mentalité qui relevait plus de la légitime défense que de l’idéologie de haut niveau que j’ai vu arriver les soixante-huitards. Même si ceux-là venaient plutôt de Toulouse, proximité géographique oblige. Il apportaient la bonne parole révolutionnaire comme le curé du village faisait réciter le catéchisme. Or, si je croyais encore un peu en Dieu et autres foutaises, c’était grâce à (aujourd’hui, je dirais « à cause de ») l’aumônier du lycée, très branché Vatican II et autres « modernisations » de l’Eglise, qui aurait été un théologien de la libération s’il avait vécu en Amérique Latine, qui s’était baladé en civil avant que ce soit vraiment permis et qui se prononçait déjà pour le mariage des prêtres. On était quelques uns à aimer discuter avec lui et à l’écouter, même si par ailleurs, on savait par cœur « Les Bigotes » de Jacques Brel. Du fait de mon anti-carrière d’exilé, on s’est perdus de vue et je ne saurait dire si on est tous devenus athées. Moi, oui. Quant à ce curé, je ne sais pas s’il a trouvé Jean-Paul II insupportable ou s’il s’est laissé embobiner par lui et a tourné casaque comme l’immense majorité des chrétiens progressistes de l’époque. Je ne l’ai pas non plus revu depuis des décennies.

C’est dire que j’étais prêt à réagir comme je l’ai fait quand les gauchistes sont arrivés pour regarder de haut ceux qui n’avaient lu ni Marx, ni Lénine, ni Trotski, ni Mao, ni Gramsci, ni Bakounine ni tous ceux que j’oublie parce que je ne les ai toujours pas lus non plus. Toulousains, sans doute, mais dans ma tête, quand-même Parigots-têtes-de-veaux.

Et vu qu’ils citaient ces auteurs comme un témoin de Jéhovah cite la bible, ils avaient beau n’avoir que trois ou quatre ans de plus que moi, ils me rappelaient le curé de mon village, qui m’avait précédé de quatre-vingt-un ans en ce bas monde.

Comme on le vois, les raisons qui m’ont poussé à apprendre le billard au bistrot du coin au lieu de faire la révolution avec certains autres, puisque le lycée était fermé, ces raisons étaient très instinctives.

Mais même si elles n’étaient pas rationnelles, ces raisons, je leur sais gré de m’avoir évité de prendre une pantalonnade au sérieux.

Car depuis, j’ai quitté ma campagne, ce que je regrette, et j’ai appris deux ou trois choses, ce que j’apprécie.

Avec mon bac 1969, j’ai débarqué à Toulouse, en fac de lettres, et je me suis mis à fréquenter un tas de milieux, étudiant bien sûr, mais aussi occitaniste, culturel, en particulier le théâtre, et politique, divers, mais toujours à gauche, gauchistes, anars, cocos. Il m’est bien arrivé aussi, à l’occasion de l’une ou l’autre fiesta qui n’avait rien de politique au départ, de me rendre compte que j’étais tombé au milieu de réacs, voire de très réacs, carrément fachos. Je les évitais par la suite, même si ces rencontres ont eu l’utilité de me montrer de l’intérieur leur grande étroitesse d’esprit, et surtout, leur anti-humanisme crasse, dès qu’ils se croient entre eux.

Vis à vis des communistes, j’étais comme la plupart des jeunes Français des années cinquante et soixante, et contrairement à ce qu’il est de bon ton de raconter, j’avais appris pendant toute ma scolarité à les considérer comme de vrais bandits. La France du Général de Gaulle lisait Paris Match, France Dimanche, les romans de Guy des Cars, et n’avait absolument rien de marxiste.

J’écris cela en pensant à la prétention imbécile de Bernard-Henri Lévy qui raconte à qui veut l’entendre qu’il aurait démarxisiés la France vers 1977. Ce qu’il prend pour la France, ce sont les fils de bourgeois qui prolongeaient un peu leur crise d’adolescence en jouant aux marxistes en attendant de toucher l’héritage.

En 1968, moi, je n’étais pas capable de démasquer l’escroquerie politique, mais mon instinct anti-parigots ne m’avait pas trompé.

Et j’ai appris beaucoup plus tard que celui qui ne s’était pas trompé non plus, ce qui lui vaut une haine féroce des anciens combattants du Quartier Latin, c’est Georges Marchais.

Le trois mai, avant même qu’il n’y ait ces événements qui ont fait la gloire des gauchistes, il publiait un article dans lequel il racontait à l’avance leurs futures décennies de carrière au service du capitalisme. Parmi tous ces fils à papa qui jouaient à être plus à gauche que les communistes en ne tapant justement que sur les communistes, il en avait même repéré un qui se la jouait perso : Daniel Cohn Bendit.

En 2008, pour les quarante ans des événements, les micros et caméras se sont bien évidemment tendus complaisamment vers ce personnage et sa première intervention a été pour traiter Marchais d’ordure et d’antisémite. L’expression ainsi incriminée est « l’anarchiste allemand Cohn Bendit ». Or, en ce 3 mai 1968 (et avant, car la date d’écriture est forcément antérieure à la date de publication !), tout ce que savaient de ce Monsieur les rares personnes qui le connaissaient déjà, c’est qu’il était allemand et se réclamait plus ou moins de l’anarchisme. Mais, procès soi-disant antistalinien et néanmoins sans avocat oblige, cette expression est devenue antisémite dans l’histoire officielle.

Cela ne peut pas surprendre venant de Cohn Bendit. et vu le mépris que j’ai pour lui, cela ne me dérange pas non plus. Je dis souvent que les insultes, il faut les prendre pour d’où elles viennent.

Ce qui, par contre, m’a gonflé au plus haut point en ce printemps 2008, c’est la lâcheté des dirigeants communistes, du moins ceux qui se prétendaient encore tels. Ils ne m’ont hélas pas surpris non plus, car leur soumission aux roses-verts m’avaient fait quitter le parti déjà en 1999. Mais là, ils ont été en dessous de tout.

Car la réponse au sale petit Cohn était facile, évidente. Tellement évidente que dès le lendemain de cette diatribe je me suis mis sur Internet à la recherche de l’article incriminé. Je ne lisais pas l’Huma en 1968, je l’ai déjà dit, et en consulter les archives entre 1978 et 1998 quand on est provincial tendance rural, il n’en est pas question. Par contre en 2008, je m’attendais quand même à ce que les directions de l’Huma et du parti communiste mettent cet article en ligne.

Eh bien non ! Internet était plein de gloses cohnbenditesques imbéciles (Tiens, un pléonasme ! Il faudra que je corrige.) sur l’antisémitisme supposé de Marchais. On y trouvait aussi quelques contradictions timides par des militants communistes, mais d’article, point ! J’ai fini par le trouver, mais sur le blog personnel d’un jeune coco d’Istres, visiblement passionné d’histoire, du nom de Nicolas Maury.

Le plus triste, c’est que les Buffet, Hue, Laurent et autre Le Hyaric auraient certainement publié ce texte en se battant la coulpe, en portant la haire et en se flagellant à la discipline s’il avait contenu le moindre dérapage, si Marchais, parfois bien impétueux, s’était laissé aller à quelque méchanceté pas très utile.

Tout ce qu’on peut lui reprocher en sachant ce qu’on sait aujourd’hui, c’est sa foi du charbonnier dans la classe ouvrière. Plus tard, on s’est moqué de sa référence aux « masses populaires » qui relevait de la même foi. Alors que les dites masses ont toujours, dans l’histoire, prouvé leur connerie et leur capacité à se laisser manipuler. Mais en 1968, Marchais pouvait-il savoir que le prolo du vingt-et-unième siècle serait un gros beauf raciste perméable à toutes les démagogies de droite plus ou moins extrême ? Ce n’était pas du tout évident.

Car à l’époque, la classe ouvrière a su se mobiliser, et s’il reste quelque chose de 68, c’est bien ce que les intellos méprisent le plus et ce que les patrons s’acharnent à détruire : les avancées sociales obtenues par la grève des salariés, avec la CGT.

Il est de bon ton, dans les salons mais aussi, hélas, dans les colonnes de l’Huma, de gloser sur ce PCF et cette CGT qui n’auraient rien compris à 68. Et pourtant ! Quand les événements commencent-ils à être vraiment des événements ? Quand le parti et le syndicat s’en sont mêlés ! Car ceux que l’on traite de tout et en particulier de sectaires, ils ont appelé à la grève d’abord pour protester contre les brutalités de la police contre ces gauchistes qui ne pensaient qu’à taper sur le parti et la CGT. Mais c’étaient qui les sectaires pour l’histoire officielle ? Le parti et la CGT, bien sûr !

Et comme la situation était déjà très tendue dans les entreprises, entre autres à cause de salaires qui ne suivaient que de très loin une inflation à deux chiffres, la grève s’est durcie et a duré jusqu’au constat de Grenelle, surnommé « accords » par la même histoire officielle.

Si le PCF et la CGT avaient été aussi indifférents aux jeunes que ces mêmes jeunes devenus vieux l’ont raconté jusqu’à nos jours, ils n’auraient pas appelé à les soutenir, et mai 68 n’aurait été qu’une agitation étudiante un peu plus violente que les autres mais tout aussi oubliée. Et l’explosion sociale, inévitable, aurait eu lieu plus tard, probablement à la rentrée de l’automne.

Et puis, dites-moi : si la manière dont on présente les choses était vraie, les Geismar, Cohn-Bendit et autre Denis Kessler auraient fait depuis longtemps la révolution communiste en France, contre le PCF, puisqu’ils ont réussi à battre ce parti à plate couture, jusqu’à soumettre ses dirigeants, Buffet, Laurent, qui n’osent plus contester vraiment le système capitaliste, et Hue qui ne le conteste plus du tout.

Un de nos philosophes fondateurs a dit que la preuve du pudding, c’est qu’on le mange. Et la preuve que Marchais avait raison le 3 mai 68 de prédire aux gauchistes une carrière au service du capitalisme, c’est qu’ils ont fait carrière au service du capitalisme !

Si on écoute les soixante-huitards officiels, ils auraient fait faire à la France un bond sociétal énorme. On leur devrait la contraception, par exemple. Sauf que la loi date de 1967. On leur devrait la libération de l’avortement, sauf que cela s’est fait beaucoup plus tard, et sans eux.

Certes, De Gaulle et sa bande d’attardés avaient les deux pieds sur le frein en particulier en ce qui concerne la liberté sexuelle. Mais, autour de nous l’évolution allait bon train, en Europe de Nord, en Californie, et en France ça venait aussi, même si c’était plus lent.

C’est douloureux pour l’ego des soixante-huitards intellos, mais sans l’intervention des salariés à partir du 13 mai, il ne resterait rien d’eux !

Ma culture est surtout faite de chansons, ce qui me rend particulièrement méprisable pour ces bourgeois qui ont tout lu et rien compris. (Pas vrai : en réalité, ils ont tout compris, ils font ce qu’il faut pour que le bas peuple ne comprenne rien, et cela leur réussit.) Or, un jour, dans une émission de radio, j’ai entendu quelqu’un dire que 1968 était la seule révolution qui n’avait pas laissé de chanson emblématique, malgré les efforts désespérés de Claude Nougaro. Mais tout simplement parce que ce n’était pas une révolution. La chanson soixante-huitarde par excellence existe bien, seulement, elle date de 1966. Ce sont « Les Elucubrations d’Antoine ». Comme je l’ai déjà dit, les évolutions sociétales étaient déjà en route ! Et ce qu’ils allaient devenir, ces fameux soixante-huitards, Jacques Brel le chantait déjà avec pas mal d’exactitude en 1967, justement dans « Les Bonbons 67 », et la même année, un an avant les prétendus événements, Ferrat les traitait déjà de pauvres petits cons. Vingt ans plus tard, il leur retaillait un costard trois pièces cravate en chantant ces jeunes imbéciles devenus des vieux cons.

L’article de Marchais, quand je l’ai découvert en 2008, n’a fait que confirmer ce que les chansons m’avaient déjà appris.

Mais pour les deux ou trois personnes qui liront un jour cela, je resterai toujours un débile qui n’a rien compris à mai 68.

Fald

EN COMPLEMENT

DE FAUX RÉVOLUTIONNAIRES À DÉMASQUER G. Marchais

Comme toujours lorsque progresse l’union des forces ouvrières et démocratiques, les groupuscules gauchistes s’agitent dans tous les milieux. Ils sont particulièrement actifs parmi les étudiants. À l’université de Nanterre, par exemple, on trouve : les « maoïstes » ; les « Jeunesses communistes révolutionnaires » qui groupent une partie des trotskystes ; le « Comité de liaison des étudiants révolutionnaires », lui aussi à majorité trotskyste ; les anarchistes ; divers autres groupes plus ou moins folkloriques.

Malgré leurs contradictions, ces groupuscules – quelques centaines d’étudiants – se sont unifiés dans ce qu’ils appellent « Le Mouvement du 22 mars Nanterre » dirigé par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit.

Non satisfaits de l’agitation qu’ils mènent dans les milieux étudiants – agitation qui va à l’encontre des intérêts de la masse des étudiants et favorise les provocations fascistes – voilà que ces pseudo-révolutionnaires émettent maintenant la prétention de donner des leçons au mouvement ouvrier. De plus en plus on les trouve aux portes des entreprises ou dans les centres de travailleurs immigrés distribuant tracts et autres matériels de propagande.

Ces faux révolutionnaires doivent être énergiquement démasqués car, objectivement, ils servent les intérêts du pouvoir gaulliste et des grands monopoles capitalistes.

Un des maîtres à penser de ces gauchistes est le philosophe allemand Herbert Marcuse qui vit aux États-Unis. Ses thèses sont connues. Elles peuvent être résumées de la façon suivante : les partis communistes « ont fait faillite », la bourgeoisie a « intégré la classe ouvrière qui n’est plus révolutionnaire », la jeunesse, surtout dans les universités, « est une force neuve, pleine de possibilités révolutionnaires, elle doit s’organiser pour la lutte violente ».

Bien entendu, les adeptes de Marcuse, chez nous, doivent tenir compte de la force, de l’influence du Parti Communiste Français, et de la combativité de la classe ouvrière. Mais tout en y mettant des formes, ils portent leurs coups contre notre Parti – et la CGT – et cherchent à mettre en cause le rôle fondamental de la classe ouvrière dans la lutte pour le progrès, la démocratie, le socialisme.

Les thèses et l’activité de ces « révolutionnaires » pourraient prêter à rire. D’autant qu’il s’agit, en général, de fils de grands bourgeois – méprisants à l’égard des étudiants d’origine ouvrière – qui rapidement mettent en veilleuse leur « flamme révolutionnaire » pour aller diriger l’entreprise de papa et y exploiter les travailleurs dans les meilleurs traditions du capitalisme.

Cependant, on ne saurait sous-estimer leur malfaisante besogne qui tente de jeter le trouble, le doute, le scepticisme parmi les travailleurs et, notamment, les jeunes. D’autant que leurs activités s’inscrivent dans le cadre de la campagne anticommuniste du pouvoir gaulliste et des autres forces réactionnaires. De plus, des journaux, des revues, des hebdomadaires – dont certains se réclamant de la gauche – leur accordent de l’importance et diffusent à longueur de colonnes leurs élucubrations. Enfin et surtout parce que l’aventurisme gauchiste porte le plus grand préjudice au mouvement révolutionnaire.

En développant l’anticommunisme, les groupuscules gauchistes servent les intérêts de la bourgeoisie et du grand capital.

Le Parti Communiste Français est le meilleur défenseur des revendications immédiates des travailleurs manuels et intellectuels. Il représente une force essentielle dans le combat pour éliminer le pouvoir des monopoles et lui substituer un régime démocratique nouveau permettant d’aller de l’avant dans la voie du progrès social, de l’indépendance nationale et de la paix. Il est le meilleur artisan de l’union des forces ouvrières et démocratiques, de l’entente entre tous les partis de gauche, condition décisive pour atteindre ces objectifs. Sans le Parti Communiste, il n’est pas de véritable gouvernement de gauche, il n’est pas de politique de progrès possible.

Mais notre Parti n’a pas comme seul objectif de lutter contre la malfaisance politique du pouvoir des monopoles et de lui substituer un authentique régime démocratique. Effectivement il lutte pour l’abolition du capitalisme et l’instauration d’une société socialiste où sera bannie à tout jamais l’exploitation de l’homme par l’homme. Pour une société qui réalisera l’entière égalité sociale de tous ses membres et où le but de la production ne sera plus le profit d’une petite minorité mais la satisfaction des besoins matériels et culturels de tous.

Pour atteindre ces objectifs, notre Parti Communiste fonde son action avant tout sur la classe ouvrière qui est la force sociale décisive de notre époque.

La grande mission historique de la classe ouvrière est de liquider le capitalisme et d’édifier le socialisme, seule société véritablement humaine.

Il en est ainsi parce que la classe ouvrière ne possède toujours aucun moyen de production, qu’elle est la classe la plus exploitée et, par conséquent, la seule classe véritablement révolutionnaire jusqu’au bout. Il en est ainsi parce que les conditions mêmes de développement de la production font que la classe ouvrière est la mieux organisée, la plus disciplinée et la plus consciente.

Les pseudo-révolutionnaires de Nanterre et d’ailleurs auront beau faire, ils ne changeront rien à cette réalité historique. D’ailleurs c’est bien la classe ouvrière qui a donné naissance au système socialiste qui libère l’homme de toute forme d’exploitation et d’oppression et assure progressivement la satisfaction de ses besoins matériels et culturels. Au système socialiste qui apporte tout son appui à la lutte des peuples pour leur indépendance nationale. Au système socialiste qui, par son exemple, convaincra toujours plus les travailleurs des pays capitalistes qu’il est de leur intérêt de s’engager dans la voie du socialisme.

Ces vérités élémentaires qui prouvent que le Parti Communiste Français est en France le seul parti révolutionnaire, dans le bon sens du terme, nous devons les rappeler énergiquement à ces pseudo-révolutionnaires. Nous devons leur rappeler aussi ces paroles d’Anatole France à l’adresse des intellectuels : « Pour combattre et vaincre nos adversaires, rappelez-vous citoyens que vous devez marcher avec tous les artisans de l’émancipation des travailleurs manuels, avec tous les défenseurs de la justice sociale et que vous n’avez pas d’ennemis à gauche. Rappelez-vous que, sans les prolétaires, vous n’êtes qu’une poignée de dissidents bourgeois et qu’unis, mêlés au prolétariat, vous êtes le nombre au service de la justice. »

Mais il est bien évident que nous ne confondons pas les petits groupuscules gauchistes s’agitant dans les universités avec la masse des étudiants. Au contraire, ceux-ci bénéficient de notre entière solidarité dans la lutte qu’ils mènent pour la défense de leurs légitimes revendications contre la politique désastreuse du pouvoir gaulliste dans le domaine de l’éducation.

Les étudiants ont besoin du soutien actif des travailleurs. C’est pourquoi ils doivent s’appuyer sur eux dans leur combat. Et la classe ouvrière a le plus grand intérêt d’avoir à ses côtés les étudiants en lutte pour leurs propres objectifs et pour ceux qui leur sont communs.

En effet, pour autant qu’elle a un rôle décisif à jouer dans la lutte pour le progrès, la démocratie et le socialisme, la classe ouvrière ne saurait prétendre y parvenir seule. Elle a besoin d’alliés. Les étudiants, la jeunesse en général, sont parmi ces alliés indispensables. C’est pourquoi il faut combattre et isoler complètement tous les groupuscules gauchistes qui cherchent à nuire au mouvement démocratique en se couvrant de la phraséologie révolutionnaire. Nous les combattrons d’autant mieux que nous ferons toujours plus connaître les propositions du Parti et sa politique unitaire pour le progrès social, la démocratie, la paix et le socialisme.

Georges MARCHAIS

COMMENTAIRES  

28/04/2018 14:30 par Geb.

Meeerde !! On nous aurait menti. ;-)

Ca fait "du bien". "Du bien" de voir que finalement une des meilleures analyses que j’ai pu lire sur la prétendue "Révolution" de mai 68 a été faite et surtout mise en page par un "jeune" qui n’y était pas.

J’étais alors un"jeune" communiste sortant de la JC, récemment démobilisé, et nouvel adhérent et militant du PCF.

Lors des événements, à mes questions légitimes, (Que tous nous nous posions), mes parents militants PCF et Résistants de la première heure m’avaient répondu comme Fald décrit que Marchais l’a fait alors. Qu’il ne s’agissait pas d’une "révolution", du moins au sens où nous Communistes l’entendions. Ce n’est que lorsque les exactions du Pouvoir envers les étudiants sont devenues trop criantes que nous nous sommes mobilisés sous la poussée de la volontée populaire*. J’ai d’ailleurs ignorées jusqu’à aujourd’hui les paroles de Georges. Pourtant j’étais alors fervent lecteur de la presse communiste dans laquelle je travaillais et que je diffusait à plein temps .

Et ce qu’il analyse :"Et l’explosion sociale, inévitable, aurait eu lieu plus tard, probablement à la rentrée de l’automne. est bien ce qui était la la réalité objective du moment.

Depuis, à la lumière des "révolutions de couleur" je me suis mis à penser que Mai 68 fut une opération à la Soros permettant d’abattre "deux oiseaux d’une seule pierre" :

Premièrement 68 a permis de prendre de court une autre possible "révolution", avec un réel caractère révolutionnaire, porteuse elle de bien plus de revendications que simplement des desiderata sexuels, posturaux, vestimentaires, ou salariaux. Révolution qui aurait soulevées de vraies volontés de changement radical de société. Et qui aurait été menée à l’initiative des organisation réellement révolutionnaires. Et en 68 je peux témoigner qu’on y était prêts. Sur TOUS les plans. Le souvenir de la Résistance était loin d’être éteint dans les Masses et le Parti Communiste avait encore une réelle structure militaire et militante, une masse de militants réellement engagés non négligeable, avec à sa tête des dirigeants rompus à l’action politique et/ou directe.

Ensuite, mai 68 a permis au Capital et aux Anglo-saxons de "dégager" un De Gaulle qui rejetait l’hégémonie américaine, était contre une Europe supra-nationale, menait une stratégie de Défense tous azimuts, et niait "Bretton Wood", (Les "accords" économiques de 1944), et l’hégémonie du dollar en désirant revenir à l’"Etalon or"... Et de le remplacer par le Macron de l’époque, Georges Pompidou, commis de la Banque Rothschild.

Il a seulement manqué alors une compréhension stratégique suffisante du problème en interne au PCF qui aurait pu permettre une action coordonnée entre les forces anti-atlantistes et les forces révolutionnaires comme cela s’est réalisé en 45 entre Gaullistes et Communistes face au nazisme. Ca n’aurait pas été facile à faire avaler aux militants sur le moment, mais plus tard on nous en a fait avaler bien d’autres bien plus nocifs sans problèmes. On a manquée là une belle opération de "réal politik".

De Gaulle ne se faisait certainement aucune illusion sur la nature première des événements et de "qui" était derrière. Et contrairement aux idées propagées par la suite, lorsqu’il est parti à Baden-Baden voir Massu ça n’est pas évident qu’il y soit allé pour éventuellement intervenir contre une réelle "révolution communiste" mais plutôt contre une "subversion" qui le visait directement en raison de ses positions anti-hégémoniques.

Ce que nous savons des forces de subversion de l’OTAN aujourd’hui, et des coups fourrés qui sont venus après en Italie, en France et dans l’Europe entière, il en était certainement conscient. Surtout après 5 tentatives d’assassinat contre sa personne menées par les réseaux "stay-behind" et similaires.

*Je me souviens bien à ce sujet que la presse mainstream de l’époque avait plutôt tendance à souligner les exactions des CRS, donnant volontiers la parole aux Cohn-Bendit et autres Rocard, en sublimant les actions des militants gauchistes sur les barricades.

https://www.google.com/url?q=http://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/18/photo-comment-les-icones-de-mai-68-ont-ete-fabriquees_5272685_3232.html&sa=U&ved=0ahUKEwj8z93x-dzaAhUBJpoKHRqYB2gQFggeMAk&client=internal-uds-cse&cx=partner-pub-4636572950243239:4429050447&usg=AOvVaw1t11hKkRNH2rFMcgCwisn7

https://www.google.com/url?q=https://clinoeil.hypotheses.org/1334&sa=U&ved=0ahUKEwj8z93x-dzaAhUBJpoKHRqYB2gQFggOMAM&client=internal-uds-cse&cx=partner-pub-4636572950243239:4429050447&usg=AOvVaw1Qk0-gkY8dXVxBsWq4vcX4

28/04/2018 14:50 par niko

Bravo, un texte intelligent. En plus j’apprécie l’humour acide bien placé ;)

28/04/2018 15:42 par Fald

Geb :

Restons modestes !

Et ce qu’il analyse :"Et l’explosion sociale, inévitable, aurait eu lieu plus tard, probablement à la rentrée de l’automne. est bien ce qui était la la réalité objective du moment.

Ce n’est pas mon analyse, c’est juste une idée que j’ai retenue d’un plus qualifié que moi : Georges Séguy. ("Le Mai de la CGT", que j’ai lu, lui aussi, avec des décennies de retard.)

28/04/2018 16:00 par BEYER Michel

Entièrement d’accord avec l’article de "Fald" et la réponse de "Geb".
J’ai aussi vécu cette période en tant que militant CGT et PCF. Les acquis pour la CO ont été importants. Mais sur le fond, la CO, avec le PCF, a été la grande perdante dans son objectif de conquêtes révolutionnaires.
C’est le début de la grande contre-offensive du patronat contre les "conquis" de la Libération par le CNR. Cette contre-offensive continue de plus belle. 50 ans de combat et la lutte continue. Cela donne une idée de la profondeur des enjeux.
Les vrais gagnants de 1968 sont Pompidou Giscard et le grand patronat, bien aidés par les "révolutionnaires en peau de lapin". Taxer "Mai 68" de Révolution est un leurre....

28/04/2018 16:07 par Danael

La plus belle lettre de débile sur mai 68 que j’ai lue à date. Une tendresse bien lucide. Merci Fald !

28/04/2018 16:32 par Georges SPORRI

Ma "réception" de cet article = perplexité ! Ma version : Mai68 est un phénomène "composite" que personne n’avait prévu ni contrôlé . Et qui a créé un choc initial et ouvert des espaces politiques à divers mouvements, parfois spectaculaires comme le mouvement pour l’avortement, la très longue grève des étudiants-lycéens de 1976 précédée par la grève de 1973 (contre l’armée), le mai68 des hôpitaux et des banques sous Giscard, les gigantesques manifestations contre les plans Barre, les premières grèves étudiantes bien soutenues par la classe ouvrière en 1980 ( statut des étudiants étrangers ) - A cela on peut ajouter des mouvements plus discrets mais très efficaces , je pense à l’anti psychiatrie + psychiatrie désaliéniste, à l’énorme grève des loyers des foyers Sonacotra, aux "comités de soldats" = tentative de démocratisation de l’armée // Je ne cite pas 1972 ( programme commun de la go-gôche ) ni 1981 qui sont des épisodes tristes ! En fait le mouvement commence en mai68 et crêve en mai81 !!!

28/04/2018 17:23 par mingalon

A chaque commémoration il faudrait se boucher les oreilles et les yeux pour ne pas ré-entendre et relire les vieilles balivernes des renégats de 68 qui eux ont tout compris de ces temps là.
En piste pour leur one-man-show les Henri Weber,Pascal Bruckner,Béhachelle,Cohn-Bendit,Serge July,Bernard Kouchner,Alain Finkielkraut,Luc Ferry,Gilles Lipovetsky,Jacques Julliard et consorts qui vont nous ressasser leurs vieilles rengaines une fois de plus .
Pour ceux qui n’ont pas compris Mai 68 et qui risquent de se faire emboucaner par les précités voici deux publications indispensables :
La pensée anti 68 de Serge Audier chez La Découverte.
Mai 68 et ses vies ultérieures de Kristin Ross chez Agone .
Et là tout s’éclaire.

28/04/2018 19:45 par CN46400

L’article de Marchais est paru en page 1 de l’Huma, 10 jours avant la grève, et l’énorme manif du lundi 13 mai en réaction contre les matraquage du 10 mai à Gay-Lussac. Cette manif a été préparée par une réunion à la Grange aux Belles (19 ou 20°) dans l’après midi du dimanche 12 mai qui rassemblait tous les CDH de la région parisienne, convoqués dans la matinée (L’Huma Dimanche était diffusée le dimanche matin à l’époque). Je me souviens de la présence de René Andrieu à la tribune qui a lancé le mot d’ordre qui devait dominer la manif : 10 ans ça suffit ! Ce qui n’était pas anodin et rappelait l’opposition du parti au coup d’état gaulliste du 13 mai 1958. En outre, des dispositions pratiques ont été prises pour que les dirigeants du PCF et de la CGT puissent, tranquillement, occuper la tête de la manif avec ceux de l’UNEF. Cette manif, bien protégée, se déroula sans aucune anicroche, et marque le démarrage du mouvement social.
Les attaques d’antisémitisme contre Marchais, qui sont sorties de l’entourage de Cohn Bendit, sont a replacer dans la perspective de la position, anti-israêlienne, prise par le PCF , un an avant, en juin 1967, qui était très contestée par les communistes d’origine juive, nombreux à Paris.

28/04/2018 20:33 par pedrito

Ton texte est pour moi un vrai régal. En 68, j’avais 29 ans, j’étais au PC, et j’y croyais......Jusqu’en 83 !
Je vis près de Tarbes. Où mon parti s’est agenouillé devant la social démo, cette mante religieuse qui a bouffé la gauche. Es-tu toujours bigourdan ?

28/04/2018 21:31 par Anike Mirande

Merci beaucoup pour votre excellente contribution et pour le texte de G.Marchais. À l’époque, comme vous, j’ai senti la supercherie de ces pseudo -révolutionnaires qui sont allés, pour beaucoup, à la mangeoire du capitalisme par la suite. Quel naufrage de la combativité et des luttes pour une société vraiment juste, fraternelle et solidaire, faisant table rase du pouvoir de l’argent, sont-ils arrivés à provoquer, ces cyniques assoiffés de fric, de pouvoir et très médiocrement, de notoriété.

28/04/2018 21:45 par Renard

Et oui Marchais avait raison face aux étudiants gauchistes, on ne répétera jamais assez que le gauchisme est l’ennemi du socialisme, d’ailleurs à ce propos je dis chiche à LGS de republier le texte de Marchais sur l’immigration car oui normalement le socialisme est contre l’immigration alors que le gauchisme soutient à fond l’immigration (comme le libéralisme d’ailleurs). Cherchez donc "Jaurès, les socialistes et l’immigration" sur internet à ce propos.

Mais ceci dit il ne faut pas oublier non plus que le PCF aussi avait trahi les revendications ouvrières en 68 en négociant au rabais les accords de grenelle car le PCF avait reçu ordre de Moscou de ne pas trop perturber le pouvoir gaulliste. Le PCF était grand sur beaucoup de domaine mais c’est sa soumission à l’URSS qui a fini par le tuer.

28/04/2018 23:53 par act

Perplexité, idem.
Pour quelle raison jeter ainsi le bébé (les convergences de luttes, les rencontres sincères des ouvriers et étudiants, les situationnistes, etc) avec l’eau du bain (Cohn-Bendit et ses semblables).
Les situationnistes qui font partie des initiateurs de ce mouvement social, prirent rapidement distance. La critique qu’ils en firent est une des plus intéressante mais cela ne les empêcha jamais d’en souligner les aspects positifs.

29/04/2018 00:28 par depassage

Mais ceci dit il ne faut pas oublier non plus que le PCF aussi avait trahi les revendications ouvrières en 68 en négociant au rabais les accords de grenelle car le PCF avait reçu ordre de Moscou de ne pas trop perturber le pouvoir gaulliste. Le PCF était grand sur beaucoup de domaine mais c’est sa soumission à l’URSS qui a fini par le tuer./

Il faut lire avant d’écrire. Geb vous donne des réponses à ce sujet. il ne fallait pas déstabiliser de Gaulle et c’est ce que le PCF avait fait. Certainement un peu trop tard. Et Moscou avait raison.

29/04/2018 09:05 par legrandsoir

... le PCF aussi avait trahi les revendications ouvrières en 68 en négociant au rabais les accords de grenelle...

En 1968 (il faut le préciser pour nos jeunes lecteurs) les syndicats étaient tous regroupées sous le label de PCF (!).
Il y a des erreurs historiques qui frisent le trollisme

29/04/2018 04:57 par BEYER Michel

Grâce à @Renard, j’apprends que le PCF a négocié les accords de Grenelle.....Bon, je lui conseille de vérifier ses sources....

29/04/2018 08:47 par CN46400

@ Renard
Ouais, la main de Moscou, comme celle de la CIA pour Geb, et celle de ma soeur, elle était où ? Le rabais de Grenelle avec + 35% sur le SMIG et +50% sur le SMAG (agricole) pour les non parisiens. Allez en parler à ceux qui tenaient les piquets de grève en province, et revenez nous voir sur LGS. A Paris les patrons ont dû doubler la mise pour obtenir la reprise. Quand aux sifflets chez Renault, il suffit d’écouter l’enregistrement sonore du meeting pour constater que c’est au gouvernement qu’ils s’adressaient et pas à Séguy, mais 50 ans après il y a encore ceux, rares, qui osent le rediffuser, et les autres, historiens de pacotille qui, pour mieux mentir, ne font que parler.
Quand à l’immigration en 68, pas de chômage donc, pas de pb. Dans une taule qui bossait pour les télécoms un chef d’équipe, qui s’estimait lésé par l’avancement d’un prolo portugais pestait tous les matins contre les "sales portos", jusqu’à ce qu’un jeune portos soulève une de ses filles, silence total après...

29/04/2018 09:02 par calame julia

Si 1968 avait été une révolution avec son intelligence, je doute que la moitié des
retraités d’aujourd’hui oublient de mettre leur lunettes pour lire le montant de la
cotisation csg qui s’applique (malgré les essais de désinformation) aux très petites
retraites.
En complément de cet article (Merci FALD) les livres qui ont accompagné cette
période en disaient plus sur la r-évolution de la société que les occupations des théâtres...
Les quelques irréductibles de 68 qui en avaient compris la substantifique moëlle restent
bien à l’écart des "...vieilles balivernes des renégats de 68...".

29/04/2018 09:15 par Ange Lini

Phrase emblématique de Mai 68 :
" Ce n’est qu’un début, continuons le combat ! "
Phrase emblématique d’un autre débile qui n’avait rien compris a Mai 68 :
" Ce n’était qu’un combat, dont il fallait continuer le début ! "
Michel Collucci

29/04/2018 11:45 par Geb.

@ CN...

Je n’ai jamais parlé de la "main de la CIA" dans le "Constat de Grenelles".

Par contre j’ai parlé de "la main de la CIA" dans le "déclenchement" des événements de mai qui était destiné à précéssionner un mouvement ouvrier réellement révolutionnaire en gestation et à le faire évoluer dans des directions plus favorables aux intérêts atlantistes.

Et nous aussi nous y étions dans les usines. Pour mon compte en tant que Travailleur du Livre das la Presse communiste que nous tirions jour et nuit et diffusions dans les entreprises occupées. Plus la garde armée de nos locaux et des UD et UL CGT, 24/24 h.

Pour ce qui est des "avantages" acquis alors, tous furent perdus en 1973 avec Giscard et la hausse du prix du Pétrole qui écrasa pratiquement tous les avantages salariaux gagnés en 68 avec ses 17% d’inflation annuelle.

@ Renard,
Ensuite, ça n’est pas le PCF qui a négocié le "Constat" de Grenelles, (et pas les "Accords"), mais les Syndicats dont la CGT. Et il est vraisemblablement certain que Moscou a prévenu les camarades au plus haut niveau de la réalité de "qui" menait le combat gauchiste, (Comme Moscou a plus tard "prévenu" les camarades en 1981 de ce qui allait se passer avec l’opération Mitterrand).

Mais en 68 l’URSS empêtrée dans sa fausse "déstalinisation", la crise avec la Chine, l’exacerbation de la Guerre froide, et de graves problèmes politiques et économiques internes, avait autre chose à faire que de s’occuper des affaires des autres partis "frères".

29/04/2018 14:23 par Georges SPORRI

Je ne pense absolument pas qu’une révolution communiste était possible en 68 // L’article rappelle que la société de consommation n’était pas encore établie ( privations et puritanisme existaient encore car la franchouille était en gros retard sur certains plans ) // Je rappelle que les campagnes étaient beaucoup plus peuplées qu’aujourd’hui et que l’âge moyen de la population était de 10 ans inférieur à ce qu’il fut en 2012 // Moins d’autoroutes, moins de supermarchés, plus de commerçants, plus de paysans et un taux de chômage inférieur à 3% // C’était une autre réalité que les discours millénaristes pseudo-communistes des groupuscules décrivaient très mal // D’autre par en 1976 le partage des richesses était 70% pour les salaires / 30 % pour les profits ( aujourd’hui 60% / 40% ) car l’aspiration à consommer plus ( vacances, loisirs ... ) était l’unique but de la grève de masse.

29/04/2018 14:51 par CN46400

@ geb
Le PCF piloté par Moscou en 68, pur fantasme. Prague, le Vietnam et Cuba préoccupaient plus Moscou que Paris. De Gaulle a utilisé politiquement, le 30 mai, l’image, mais on attend toujours les preuves...

29/04/2018 16:29 par Tartampionne

Chaque 68 ayant été différent selon les individus, leur vécu et/ou engagement personnel, chacun pourrait raconter le sien "à sa sauce". La mienne vaut-elle écoute ?
je suis fille, née durant la guerre, famille gaulliste, moi apolitique. Mais j’avais lu tout Pearl Buck depuis l’âge de 15 ans, puis Sartre, Gide etc. Donc je connaissais l’Histoire de la Chine depuis le 19ème et avant, bien plus que les "Maos" ou gauchiste.
J’ai adhéré au PCF en 65 : conséquence de la guerre du Vietnam. J’ai vite été exclue en qq mois car ma vision de la Chine et sa Révolution n’était pas "dans la ligne" je savais que c’était les paysans, car pas de classe ouvrière en Chine années 30/40. Me voila donc repoussée vers le gauchisme.
Je travaillais dans un bureau dans une boite où j’étais secrétaire, pas d’autre employé. Ce sont ce genre de boite où on ne fait jamais grève sauf si on veut vraiment se faire lourder.
Mais à mes heures "perdues" je me suis vite rapprochée de l’unique usine proche de chez moi, j’y allais seule : c’était surtout des femmes. 480 Frs/mois, comprenant en plus de l’usine la fonction de mannequin sans supplément, sauf pour les heures de boulot !!
J’ai beaucoup échangé avec elles.
Je ne suis jamais allé au Quartier Latin, j’habitais la banlieue. Juste dans quelques rues de Paris où tout le monde parlait ensemble, et la marche à pied ça rapproche. Je m’étais rapproché des "gauchistes" (obsédée par la guerre du Vietnam) mais je me sentais pas "gauchistes" moi, juste en divergence avec le PCF qui m’avait humiliée et lourdée. Aux manifs moi dans les cortèges de gauchistes (vu que j’avais été expulsée du PCF comment faire autrement ???) où j’ai été matraqué par le service d’ordre du PCF/CGT. J’avais la trouille franchement. Et comprenais rien de rien. Pourquoi eux voulaient me taper dessus ? sans blague ???
Pour en arriver au bout du bout : le jour du vote des ouvriers de l’usine : question on continue la grève ou on l’arrête. Je les ai accompagné à pied en camarade au local syndicale. Hésitation. Puis quelques bras se lèvent pour l’arrêt de la grève… votée à la minorité. Faut dire que lever les bras j’ai jamais rien vu d’aussi peu démocratique.
Ce femmes reviennent vers l’usine. Frustrées, en colère, je suis avec elles, je les écoute, les réconforte comme je peux, mais elles ont raison. Elles refusent de reprendre le boulot. Elles restent sur le trottoir. Les Chefs CGT sont à la porte et répètent jusqu’à plus soif : "liberté du travail" en langage clair ça veut dire aller au turbin et taisez vous, de quoi vous vous plaignez vous les femmes ???
On est resté là un moment sur le trottoir, démoralisées, elles plus que moi évidemment : c’était leur vie. Certaines ne sont pas rentrées à l’usine… l’usine a fermé quelques temps plus tard.
La morale de l’histoire pour moi : j’ai gardé une méfiance en tous les syndicats et les partis. On m’a traité de "gauchiste" toute ma vie, insupportable. Il y a peu je me suis décidé à adhérer à la CGT. Oui j’ai pas la mémoire courte. Un peu têtue.
C’était une belle époque de misogynie.

29/04/2018 18:37 par CN46400

@ Tartampionne
Bien des salariés ont découvert la lutte de classe en 68 avec bien des situations cocasses. J’ai vu une dizaine d’assenssoristes Otis brivistes, dans un chantier du 13°, qui croyaient qu’en se déclarant grévistes le patron allait venir pour les ramener à Brive. J’ai vu un camarade communiste, CGT à fond pendant la journée et en bagarre, coté maos, tous les soirs contre les CRS. J’ai vu, dans ma propre taule, des non grévistes réclamer le doublement de leur paye quand il fût décidé de payer les jours de grève aux grévistes, et ce alors que la production avait été nulle pendant le mois. Les pointeuses, dégagées dans l’allégresse générale dans les premières minutes du déclenchement de la grève, seront réinstallées quand le patron acceptera l’horaire variable...Et ce bon camarade qui quitte le meeting pour aller dévaliser la supérette du coin : ouais, tu comprends, j’étais là pendant la guerre, moi...
Enfin on s’est bien marré, en juin ma paye a franchi le mur des 1000F et en juillet on s’est mariés...Mais, pour moi, l’effet 68, politiquement offensif, durera jusqu’en 81. Après, une longue suite de batailles défensives, et çà continue...

29/04/2018 22:11 par Renard

Le PCF piloté par Moscou en 68, pur fantasme. Prague, le Vietnam et Cuba préoccupaient plus Moscou que Paris.

La bonne blague.. parce qu’ils n’avaient pas assez de personnel pour s’occuper de tout ça à la fois ? Les gars sa fait trente ans que l’URSS a disparu faut peut-être commencer à arrêter de croire ses salades..

Oui j’ai dis une grosse connerie quand j’ai dis que le PCF a négocié au rabais pour négocier les constats de grenelle, j’aurais du dire que le PCF, sur ordre de Moscou, a fait pression sur les syndicats pour négocier au rabais les accords. Henri Guillemin qui est un historien que je respecte infiniment et qui recherche humblement la vérité confirme cette thèse dans sa vidéo sur De Gaulle https://www.youtube.com/watch?v=JncAtLZN6J0

Vous me tombez dessus pour un abus de langage mais c’est sa le fond de l’affaire : oui le PCF a trahi les attentes ouvrières en négociant un accord qui prenait le chemin de la société de consommation plutôt que le chemin du socialisme. Y’en a ici qui ont vraiment des dogmes dans la tête et pour qui l’URSS est aussi sainte et immaculée que la vierge pour d’autres !

29/04/2018 23:20 par Geb.

@ CN...

"@ geb
Le PCF piloté par Moscou en 68, pur fantasme. Prague, le Vietnam et Cuba préoccupaient plus Moscou que Paris. De Gaulle a utilisé politiquement, le 30 mai, l’image, mais on attend toujours les preuves..."

Faut lire le dernier paragraphe de ma réponse, Camarade.

C’est en substance exactement ce que je dis... ??? Alors ?

Quand à une "révolution" communiste jamais Marchais ni Séguy n’en ont parlé. Il s’agissait d’un "mouvement" qui aurait permis de conforter une position anti-atlantiste et anti-supra nationalisme européen, tout en apportant de vraies réformes sociales et sociétales progressistes. De la même façon que le CNR en 45.

Et je vais aussi préciser qu’en 68 la revendication première des jeunes travailleurs était bien plus d’accéder au savoir et à l’échelle sociale professionnelle et salariale, que de demander un droit sexuel ou postural que de toute façon, nous les jeunes, y compris communistes, mettions en oeuvre sans avoir besoin d’autorisation. Et ceci Fald l’a bien précisé dans son rappel des différentes chronologies des acquis dans ce domaine. (Je précise que la "pilule" a été mise sur le marché pharmaceutique français en 1957 et qu’elle n’a jamais été "mise en vente dans les Monoprix"... Même après 68).

Pour le reste tout ça c’est de l’histoire ancienne pour ne pas dire que c’est de l’Histoire tout court. Mais ceux qui ne sont pas en mesure de comprendre que la narrative de mai 68 telle qu’elle a été sublimée dans le récit bourgeois n’est qu’une fable et qui pensent que le Prolétariat, le vrai, du moins avant qu’il ne soit endoctriné sans antidote, ne s’en est pas aperçu lors de la casse monumentale qui à suivi, ne seront jamais en mesure de contrer les coups qui leur tombent dessus aujourd’hui..

Le Mouvement ouvrier s’est fait baiser pour une poignée de lentilles en ce joli mois de mai, pour des "acquis" secondaires et vite repris, et s’est fait confisquer sa révolution en gestation par une bande de petits bourgeois en col Mao et la Grande finance. Point barre.

Et de ce jour il a commencé sa lente agonie, et celle du PCF.. De l’intérieur en particulier.

Parce qu’à la lumière des événements qui ont suivi et des analyses erronées qui en ont été tirées, (Démolition du Secrétaire du PCF sur une phrase sur l’URSS tirée hors contexte par nos propres ennemis, abandon de la notion de "Lutte de Classe", abandon de la notion de "Dictature du Prolétariat", "mea-culpa" du PCF sur des errements présumés de l’URSS où nous n’étions pour rien, fermeture des "Ecoles du Parti" sous prétexte de ne pas "endoctriner", séparation de la "lutte syndicale" de la "lutte politique", (Comme si lutter "syndicalement" contre la Classe antagoniste n’était pas "politique"), "ouverture du Parti"à n’importe qui pourvu qu’il soit plus ou moins d’accord sur un ou deux points du programme du Parti, casse de notre Presse communiste et sa mise sous tutelle du pognon du Capital, jusqu’au résultat actuel de collaboration de classe pure et simple, on a pu aussi comprendre les raisons de la défection des Masses.

Ca n’est pas avec une "Nef des Fous" qu’on peut mener un combat féroce contre de féroces ennemis mais avec des combattants soudés et convaincus ...

Le PCF a été infiltré par des "mites" venues de ce mouvement, fiers de leur narrative frelatée et de leur "aura" bidon, qui ont lentement grignoté la crédibilité du Parti de l’intérieur. Pour certains de ces derniers ce sont, hélas, des camarades comme moi qui les avons parrainés par naïveté ou ignorance.

On ne va pas aller plus loin pour le moment, mais pour paraphraser quelqu’un que j’aimais bien, si vous me faites boire un peu je vous citerai des faits et des cas, et si vous me faites boire un peu plus je pourrai aussi vous citer aussi des noms...

30/04/2018 00:11 par Dominique

Pour moi, un slogan résume Mai 68 : Sois réaliste, exige l’impossible !

J’avais 10 ans, en Suisse il ne se passait rien ou presque, et le seul média honnête de la région fut France Inter. J’ai ainsi pu me rendre compte que les gens dans la rue avaient raison, mais qu’ils étaient mal barré avec un premier d’la classe autoproclamé comme Kohn Bendit qui me semblait déjà bien hypocrite et totalement opportuniste, un régime français totalement répressif et une gauche qui passât à côté de l’essentiel :

Non à la guerre !
Non à la société de consommation !

Puis ce fut 76 et ses cris :
Business as usual !
No future !

Pourtant j’ai essayé d’y croire. 76 c’était aussi le mouvement anti-nucléaire. En Suisse nous avons obtenu, une myriade de formations combinant les formes d’actions institutionnelles et directes, un moratoire sur la construction des centrales nucléaires en Suisse. J’y ai participé sans me rendre compte sur le moment que ce mouvement a permi au système de récupérer l’écologie. Fini les critiques de la société industrielle de consommation de masse, vive le moratoire sur la constructions des centrales nucléaires, moratoire obtenu une fois qu’ils en aient eu construit suffisamment pour faire de la Suisse un pays exportateur d’électricité.

Aujourd’hui nous savons tous que comme celles et ceux que les racistes appellent migrants, la sixième extinction de masse ne s’arrêtera pas à nos frontières. Mai 68 fut donc une opportunité perdue, ce fut une opportunité de régler le fond du problème, de régler notre mode de vie. Malheureusement, ce sont les cons qui sont au pouvoir chez nous et dans nos institutions, si bien que Mai 68 ne pouvait pas réussir. Il fallait un regard d’enfant pour comprendre ce qui se passait lors de Mai 68, et bien de mes camarades à l’école avaient déjà fait le choix de s’en foutre, suivant ainsi l’exemple de leurs parents. En fait Mai 68 m’a appris bien plus sur notre société et sur la petitesse de la majorité des gens qui la composent que toutes les lectures que j’ai pu faire - c’est malheureusement W. Reich qui a raison, il y a en tout être humain un petit et un grand homme, mais dans notre société d’aliénés c’est généralement le petit qui gagne. Le lire est une chose, Mai 68 m’a permis de l’expérimenter avant de le lire.

Tout cela implique que ce sont les punks qui ont malheureusement raison, aujourd’hui encore plus qu’en 76. Et pourtant il y a une alternative : débrancher notre mode de vie qui est en train de niquer la planète. Le seul problème est qu’aucune formation politique ne veut en entendre parler, ils préfèrent tous le slogan de Bush :
Notre mode de vie n’est pas négociable.

30/04/2018 09:37 par CN46400

@ grb
"Plat de lentille"
En voilà une formule qu’elle est bonne ! Ils dégustent des ortolans et raillent ceux qui se contentent de lentilles. De Rocard à Macron, voulez-vous une liste ?....

30/04/2018 10:22 par mandrin

ouais après tout ça, on se demande pourquoi le coucou chante à la st fidèle...

03/05/2018 21:26 par Jean Cendent

En fait le mouvement commence en mai68 et crêve en mai81 !!!
Bingo ! En plein dans le mille.

Et Tonton « et Son ps » est arrivé au pouvoir après quoi ? Pour ce spécimen, 3 bonnes décennies de tentatives.

En mai 81, lycéen, primo-votant ( comme cause les médias de nos jours), j’allais appendre comment certaines personnes, les décideurs de gauche même plurielle peuvent bousiller la vie d’autrui .
Et aussi que le meilleur instrument de musique en fRance est le népotique PISTON.

Mieux vaut un mai 68 pour l’ébullition qu’un mai 81 piège à cons .

03/05/2018 23:27 par Fald

Jean Cendent
Le 10 mai 81 j’ai voté Mitterrand avec (moralement !) une pince à linge sur le pif, c.a.d. uniquement pour virer Giscard.
Le 11 mai 81, un collègue socialiste rosâtre est rentré en salle des profs le matin et a commencé un discours à base de "grand espoir populaire".
Je l’ai envoyé sur les roses avec ces mots : "Oh, ça va ! On a vidé la poubelle, mais on n’a pas rempli le frigo."
Pendant l’année qui a suivi, j’ai été plutôt agréablement surpris, mais ça n’a pas duré. Comme prévu, on n’a pas rempli le frigo.
Et surtout, ce 11 mai, je n’imaginais pas à quelle vitesse on allait de nouveau remplir la poubelle.

23/05/2018 01:55 par Salvador

Quelques éléments de réflexion au sujet de la diversité de la population soixante-huitarde :
http://www.laviedesidees.fr/Une-contre-histoire-de-Mai-68.html

23/05/2018 08:15 par babelouest

Merci Salvador, cet article correspond tout-à-fait à ce que j’ai vécu et ressenti en tant que jeune étudiant en 1968, sachant que j’avais fait l’effort de m’encarter trois mois plus tôt... chez les jeunes gaullistes de gauche (oui, cela existait alors).

Quand je me retourne, et que je revois mon parcours, je note qu’il me semble n’avoir guère changé – si, je suis plus radicalisé qu’alors ! – alors que d’autres que j’ai connus ont "viré bourgeois", si je peux m’exprimer ainsi. Est-ce un hasard, si au long des luttes diverses on retrouve souvent les mêmes ? Cela implique que "le reste" bouge peu. Vient un temps d’ailleurs, où cela fatigue de se voir si peu nombreux.

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